Le coeur en miettes

Hier, je suis retournée chez la psy… Ça a pris même pas la moitié de la rencontre pour réaliser que la raison pour laquelle je suis si fâchée contre ma mère c’est qu’elle est redevenue celle qu’elle était avant. Avant quoi, je ne sais pas parce que je ne sais pas ce qui a changé, mais elle est redevenue un monstre, la mauvaise mère de mon enfance.

J’ai le coeur en miettes. Dire que c’est elle qui dit que je l’ai poignardée en annonçant ma grossesse sur Facebook au lieu de l’appeler. Franchement. Sa résolution pour 2015 c’est de ne plus se laisser marcher sur le coeur. FRANCHEMENT.

Va falloir que je me concentre sur l’essentiel. Mon fils qui va naître en avril, le fils que j’ai déjà, mon chum, notre vie ensemble.

100 ans plus tard dans les Maritimes

Hey mon dernier post date de février. Étrangement, je suis encore fâchée ! Mais, c’est parce que ma mère en rajoute…

Quoi de neuf ?

  • Un bébé pour avril ! Enfin ! Ça aura pris 3 fausses couches, des tests de fertilité, la fin de l’allaitement et du Clomid !
  • C’est un garçon…
  • On a bien de la misère à lui trouver un nom.
  • Je me tiens loin de ma mère pour le moment parce qu’elle a décidé de faire Noël chez elle alors qu’elle était invitée chez nous depuis un an. Tout est une question de perception et beaucoup de choses m’ont fâchée dernièrement…depuis que mon fils est né.
  • Des nouvelles amies, des nouveaux engagements…
  • J’ai fait le programme de Jamie Eason sur Bodybuilding.com au début de 2014. Je suis très fière d’avoir complété mes 12 semaines. Ça a demandé beaucoup d’organisation et bien du courage. Ma masse musculaire s’est développée…
  • Bien sûr, la fin de Weight Watchers a caché ma belle masse musculaire. Pas grave, je recommence après l’accouchement !

Qu’est-ce que j’ai à pardonner ou à me faire pardonner?

J’ai déjà demandé à ma soeur de pardonner les affaires vraiment horribles que je lui disais quand on était petites. Je me suis excusée de bien des choses à bien du monde.

Ce que j’ai à pardonner, je ne veux pas le pardonner. Je ne pardonne pas à mon ancien coloc (entre autres) et je ne me le pardonne pas non plus. Je me sens coupable, j’ai encore peur des fois. Je ne sais pas comment pardonner et je ne pense pas que j’ai besoin de le faire. Il y a des choses qui ne se pardonnent pas mais ça ne veut pas dire que je vis dans le passé, que je suis fâchée et que j’y pense tout le temps. Quand je pardonne, je recommence tout le temps à penser que la personne a changé, je redeviens naïve. Quand je ne pardonne pas, je reste solide sur mes deux pieds. Pas question de croire à cette personne là.

C’est mon père et ma mère qui m’ont rendue comme ça. Je les en remercie. Ma mère, je lui ai pardonné bien des choses. Mon père, non. Mais, je n’ai jamais eu besoin de courir après ma mère alors que j’ai couru après mon père. J’ai espéré qu’il change, cru ses niaiseries. En ne lui pardonnant pas, je ne lui donne pas d’autres chances de me faire mal et je ne me donne pas d’occasions de recommencer à ouvrir une porte qui doit rester fermée.

Est-ce que c’est effrayant ? Oui. Mais, il faut ce qu’il faut.

Nightmare

This morning I woke up crying. I dreamed that my mom was dead because of me. The assassin coming for me had murdered her instead.

No one was crying for her. No one would let me live my grief. I felt so alone and guilty, I called my ex-therapist to make an appointment.My superiors didn’t understand why I was crying.

My family did an intervention. It was only a few days after my mom had died and I was supposed to just let it go.  I wanted everyone to just leave me alone.

The smallest things would make me cry like a book, girls in green dresses.I was pregnant and my mom wouldn’t be there.

The guilt, the sadness, the anger.

What a terrible dream to wake me up. I cried for a full five minutes after I woke up. Luckily my boyfriend wasn’t gone for work so he cuddled me.

Let’s hope the rest of the day goes better !

Fâchée

Cet après-midi, on a encore eu une réunion et on était supposé parler de la distribution des tâches. Évidemment, ma boss a plutôt parlé des problèmes informatiques, fait sa mauvaise langue, chiâlé pour toutes sortes de choses…en mentionnant que j’ai mauvais caractère.

Ça me fait chier qu’elle fasse des remarques sur mon caractère devant d’autres gens. J’aimerais mieux qu’elle me le dise à moi à la place et qu’elle me dise ce qu’elle veut ou comment elle veut que j’agisse. L’affaire c’est qu’elle est tellement exigeante et tellement vite à descendre les compétences de quelqu’un que ça donne la permission de faire la même chose.

Maudite communication, maudits secrets

J’ai été tellement toute seule longtemps. Peu d’amis, une famille que j’haïssais, des chums insignifiants, pas importants. J’ai été seule dans une famille de cinq, seule dans un couple, seule toute-toute-seule. Seule face à un agresseur, seule face à l’échec, seule devant le temps qui s’étire, qui finit pus.

Entre les secrets qu’on m’a demandé de tenir, les miens que je ne pouvais pas raconter, les choses que j’ai découvert par hasard, j’ai ressenti beaucoup de colère.Il y a, en plus, les choses « pas importantes » qu’on tait. J’ai découvert la solitude. Le silence.

Je ne sais pas combien de fois j’ai tu des choses vraies, des émotions intenses, des malaises profonds. Je ne sais pas combien de fois je suis allée seule à l’hôpital sans en parler à personne ou en faisant semblant que ce n’est pas grave. Combien de secrets j’ai gardé, importants ou non. Des secrets sur des viols, de l’inceste, des maladies mentales, ces choses qui devraient être dites. Des secrets niaiseux sur qui reçoit un plus gros cadeau, qui a un blog, qui a le plus gros salaire. Pourquoi on se dit rien ? Pourquoi, comment ça se fait que les gens ne posent pas les vraies questions ?

Au primaire, j’ai eu une amie qui se faisait battre par sa mère. J’en ai eu une autre que son père avait touchée. Et ce n’étaient même pas mes premiers secrets. J’étais troublée. Mais, je n’avais personne avec qui en parler de toute façon.

Il y a quelques années, ma mère ET ma soeur m’ont raconté qu’elles ont vécu de l’inceste. C’était un premier pas qui s’est pas mal fini là. Pas moyen de vider le sac, de faire le tour de la question. Moi, j’étais pognée avec ça parce que c’est un secret. Moi, j’étais en ébullition, mais je ne pouvais raconter ça à personne. J’haïs les secrets. Pis les surprises. Ça m’est tombé dessus comme une brique. Ma mère n’a pas jugé important de nous dire ça avant. Elle n’a pas jugé important de me dire qui lui avait fait ça. On a probablement cette personne-là dans notre entourage encore… Pour ma soeur, eh bien, je suis tombée malade. À retenir ce secret-là, j’ai fait une dépression.

Je déteste les surprises. Comme quand j’ai appris sur internet qu’un membre de la famille était décédé. Deux fois! Comme quand j’ai appris juste avant que ça arrive que mon chum crissait sa job là sans en avoir une autre qui l’attend ou comme quand j’ai appris qu’un de mes ex avait écrit sur son blog qu’il m’avait trompée.

Est-ce que c’est par peur de la colère que les gens se taisent ? Par peur de se faire juger ? Ou, comme mon chum m’a dit tantôt, parce que c’est pas important ? Comment est-ce que quelqu’un peut juger de ce qui est sans importance ? Parler de ce qui se passe, ça permet de dédramatiser, de rire, de ne plus être seul, de voir la vérité, de se soulager, d’être avec la personne qui écoute. Parler peut rapprocher. Et si ça éloigne, c’est que l’autre personne ne mérite pas de faire partie de notre vie.

Comment faire pour qu’un couple sacre le camp dans les poubelles ? Ne rien se dire. Parce que c’est pas important ou que c’est platte. Laisse-moi te dire que « j’ai fait une lasagne aujourd’hui » c’est crissement plus platte à se dire que « hey, ma prof n’a pas transmis nos notes et l’école nous a mis un échec sur notre bulletin ». Chacun dans sa cuisine, dans son bureau, dans son salon, il y a un tas de mots qui se perdent dans l’espace. Je trouve ça enrageant d’entendre les affaires les plus poches du genre « on as-tu quelque chose à écouter », d’être obligée de poser des questions pour savoir ce qui se passe, peu importe ce que c’est. « Il ne se passe rien ». Ça me décourage quand quelqu’un me dit ça. Il ne se passe rien, ça veut dire que la vie est platte en maudit. Il n’y a pas de découvertes, pas de réflexions, pas de questions existentielles, pas de comédie loufoque sur la vie quotidienne.

Qu’est-ce qui est si dur à comprendre dans « je veux savoir ce qui se passe dans ta vie parce que je m’intéresse à toi »? Qu’est-ce qui est si dur à comprendre dans « je suis ton amie, je suis là pour toi, parle-moi »? Qu’est-ce qui est si dur à comprendre dans « on est ensemble, je veux (presque) tout savoir, je veux partager avec toi ta vie »?

J’en ai des amis maintenant. J’ai un chum que j’aime aussi. Je suis présente. Je suis LÀ. Comme je ne l’ai jamais été avant. Mes oreilles sont ouvertes. Comment ça se fait d’abord que j’ai su que mon amie avait eu peur d’avoir un cancer de la peau des semaines après le rendez-vous chez le médecin ? « Pas important » qu’elle m’a dit. Scuse ?!

Comment ça se fait que j’ai eu des tas de relations supposément intimes où on ne se disait rien ? Je n’écoutais pas ce que l’autre disait la moitié du temps et je ne parlais pas. Pas pire, hein, j’avais la paix. L’autre ne demandait pas comment ça va non plus.  Comment ça se fait que j’ai encore des relations supposément intimes qui ressemblent à ça même si j’ai changé ?

Je me demande franchement si ça vaut la peine d’être intéressée si c’est pour avoir l’impression d’achaler le monde, pour me faire dire que c’est pas important, ou, même, si c’est pour écouter du monde parler, chiâler ! pendant des heures et ne pas demander sincèrement comment, moi, je vais. Il y a ça aussi. Il y a du monde qui ne parle pas. Il y a des gens qui n’écoutent pas.

Moi, j’essaie. Maudit que j’essaie. Mais, je ne sais plus si ça vaut la peine. Je trouve ça négatif de ma part. Mais, en quelque part, si quelqu’un ne parle pas, ben, qu’elle s’arrange toute seule. Et si quelqu’un passe son temps à parler d’elle-même sans arrêter deux secondes (tsé le genre de personne qui ne dit pas comment elle se sent, elle fait juste chiâler sur tout, mais elle ne veut rien changer), ben qu’elle ne se demande pas pourquoi je n’écoute plus.

Argh.

Est-ce que ça veut dire que je ne devrais plus parler ? Que ce que je dis n’est pas important ? Comment connaître vraiment quelqu’un si la personne « cache » des choses ? Je ne veux pas tout savoir ni tout dire. Mais, il y a des choses qui sont importantes.

Facebook should have a necrology section

Facebook has been more a necrology section for me. I don’t read papers and I don’t have a TV. I do have a phone and people can’t pick it up to tell me someone is dead. So I learn of it on Facebook or by email. It sucks.

Yesterday, I saw that My Sister had written her condolences on the wall of two of my cousins. The cousins are brothers + their mom was sick = my aunt died. So I asked My Sister if she had died and she said « yes, yesterday ». Oh. Wow. My aunt died Tuesday and nobody told me. My parents didn’t call. However my sisters know.

Not the first time this has happened. At least this time it wasn’t as much a shock as this was.

I wonder what my mom’s excuse is for not calling me about this. It might seem self-centered but it seems to me that that when someone dies people have to do difficult things like calling everyone to make sure everyone knows that someone died. Even if they blubber, sniffle and cry while calling. My aunt was my mom’s boyfriend’s sister-in-law. Since my mom and him have been together for almost 30 years, his family is also ours. I’m sure this makes her sad. But not sad enough that she is in a pit of despair and catatonic.

If/when I have kids some day, I am going to call them when someone dies. And since my boyfriend’s family have a tendency to « forget » to call him also, we are going to both call the kids to make sure noone forgets to tell them when something happens.