The lowers and the uppers

The title makes me think of when I was bipolar but I’m in fact talking about the program at the gym ! 🙂 I am trying on a three-months program I found in older issues of Oxygen and I’m in the first month where I train the upper and then the lower. I wonder why can’t we just train them both at the same time and save some time ?

In fact, I was thinking about depression yesterday. It seems so far away, so long ago, that I was in a depression. It seems unreal when I think about it now. But it was very real. Difficult, painful. Horrible. Fall is also the time when it creeps back. Well, it used to.

I feel so much better than I used to. I feel so normal. When I become irrational, suspicious, moody it’s because of PMS. So I’m grateful for PMS. Because it’s only PMS. Not a rapidly cycling bipolar event. I’m grateful I survived. I’m grateful I’m feeling better and that tears mean I feel pain or sadness and if I cry it’s going to make me feel better…instead of making me go for a loop. I’m grateful all my energy is there and that when I’m tired I can sleep.

So today I’m going to go to the gym and train the lower, the upper if I have time, and then pilates if I feel like it. Pilates will train the abs so I hope I feel like it. Nothing is better for the abs !

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Anormal

La normalité c’est, je crois, la généralité, la loi du plus grand nombre. Par exemple, c’est normal de mesurer 5’6″, c’est une taille normale pour une femme. 6’2″, comme Julia Child, c’est pas normal.

En psychopathologie, on parle de comportement anormal, de abnormal psychology. Schizophrénie, dépression, autisme, narcissisme, frotteurisme, tout rentre là-dedans. En prenant en compte que une personne sur deux va avoir un épisode de dépression dans sa vie…est-ce que ça n’en fait pas un état normal ?

Si on voit la dépression comme normale, ça change les choses. Non ?

Show and Tell 7

When I was a kid, I used to draw houses, cats, princesses. I took arts in school every year. I was planning to get a degree in arts one day. I went to college in arts too. I used to be very figurative in what I did. It used to be that you could clearly see what I was drawing and painting. And then it changed.

Maybe it was the depression. Maybe it was that I just couldn’t concentrate or breathe or live. I started to paint more gestually. Like I had to get stuff out of my system faster. Maybe it was everything I was keeping inside but that I still needed to get out : the agression, my parent’s drinking, my breakup with D. We had to do a remake of a painting and that’s when it started. My plan was to remake the painting in another colour but it wasn’t different enough. So I went at it differently by being more gestual and it was liberating. I was in a zone and I was surprised by the result but so were the teachers and students.

After that, I went to study something else in Montreal. The depression was still there but I didn’t have the time to draw or paint. Until 2002 when everything was threatening to crash down. Well, it had crashed. I was a train wreck. New meds, a roommate I was afraid of, relationships that went nowhere, a workplace that made people lose their sanity, learning that My Sister had almost been raped by my biodad…it was horrible. And I wanted to keep everything under control all the time. But sometimes it was just bubbling inside me, threatening to eat me alive and then I had to paint or go mad.

So I started painting again and the only thing I could do was abstract. Full of colour, full of movement. Dyptics, tryptics, huge canvases or many small ones.

This one was made in the small hours of the morning.  I was thinking about my ex-roommate. I was afraid, couldn’t sleep even if I kept a knife near my bed. I write this and everything seems so far away, so unbelievable. This painting is a witness of that time when I was deeply afraid, deeply ashamed, a time when I couldn’t speak. I just couldn’t. I was lost, completely lost. The only thing I had was my job and my cat (a beautiful white and black female with huge green eyes). And all I could do was paint when I couldn’t bury myself in my work anymore, or watch TV until I black out.

I rarely have time to paint anymore but every time I do a painting, it’s abstract, it’s huge, it’s colorful and a bit haunted.

To know how to participate in the Show and Tell and see what the other kids are up to this week click here !

Coeur brisé = Dépression

La capacité à s’abîmer dans les idées noires en temps de rupture amoureuse est familiale ça a l’air.

Ma petite soeur s’est encore fait joué un tour par son moron de Y. Elle est donc déprimée de nouveau. je la vois se ronger, y penser. Je l’entends se traiter de niaiseuse. Son estime est sous zéro, son dos est courbé, elle perd son appétit et deviens maigre.

Je pourrais lui dire que ça va passer. Je pourrais lui dire « un de perdu, dix de retrouvés ». Je pourrais lui dire « botte-toi le cul ». Rien de ça ne fonctionnera. Il faut vivre sa tristesse, pleurer, être en colère, pour pouvoir passer à autre chose.

Ce que je lui dis c’est que c’est normal d’avoir mal, d’être triste et en colère quand on se fait laisser après avoir investi du temps, nos émotions et nos rêves dans quelqu’un qui ne le méritait pas. Pour chaque personne, ça passe plus ou moins vite. Plus grandes sont nos illusions, plus ça fait mal.

Je l’aime ma soeur. Ça me fais mal de la voir aussi triste. Je sais ce qu’elle traverse. Les nuits blanches, la gorge serrée, la couverte mouillée, la grisaille.

Je vais l’appeler plus souvent. Elle ne sait pas qu’il faut qu’elle appelle quand elle a besoin de parler. Elle ne sait pas que tout se passe et que quand une porte se ferme, une autre fenêtre s’ouvre.

 

10 chansons préférées

Le choix a été difficile !

  1. No More Drama / Mary J. Blige : La chanson originale, pas le remix. Avec le p’tit beat Young and Restless en arrière-plan. No more pain, no drama in my life…Pour tous les souhaits de ne plus avoir de drames dans ma vie, plus de douleur, plus cette tristesse débilitante. No more tears, I’m tired of crying
  2. I can do better / Avril Lavigne : Pour son côté « dans ta face » et pour ma grosse tête. En high, j’ai toujours pensé pouvoir faire mieux que les autres. Ça s’adonne que c’est vrai ! Héhé 🙂 Je dois dire que Avril Lavigne pour peindre, c’est génial.
  3. Humpty Dumpty / Aimee Mann : C’est la chanson qui m’a fait connaître Aimee Mann. Je l’ai écoutée en promo sur le site de Archambault, je pense. L’album au complet traite de santé mentale. Cette chanson-ci me touche vraiment. J’ai écouté son album en boucle.
  4. Sunrise / Norah Jones : La chanson de ma dépression et burnout de l’été 2004 ! Elle me donnait l’espoir que le soleil se lève et que je passe à autre chose, à un jour nouveau.
  5. Twenty One / The Cranberries : Quand j’avais 20 ans, j’écoutais The Cranberries le volume au max et en boucle et je déprimais et je rageais. Twenty One c’était la chanson de mon désespoir. Mais, elle me fait du bien comme l’eau de javel à un obsessif compulsif.
  6. Nocturne en C Mineur Opus 48 #1 / Chopin : Bon, c’est pas une chanson. Mais après des nuits et des nuits d’insomnie, je peux presque la chanter. C’est ce que je mets quand j’ai de la misère à m’endormir. La trame sonore de The Pianist et Les variations Goldberg de Gould.
  7. My Oh My / David Gray : « What on earth is going on in my heart, My oh my, You know it just don’t stop… » La chanson de mon épisode de 1999-2000.
  8. Sur le dos d’un papillon / Passe-Partout : Hep, génération 70-80, que voulez-vous. C’est la chanson de la bonne humeur et c’est celle que je chante aux bébés qui pleurent.
  9. Say it ain’t so / Weezer : J’ai eu de la misère à choisir juste une chanson de Weezer parce que j’aime tout ce qu’ils font. Ils me font rire, danser, chanter, peindre. J’hésitais entre celle-ci et The Damage in your Heart.
  10. Enid / Barenaked Ladies : Eux autres aussi j’ai eu de la misère à choisir juste une chanson, je les adore depuis la fin de mon secondaire. J’écoutais ça en cassette ! J’avais l’impression de vieillir en même temps qu’eux. Pour : « It took me a year to believe it was over, and it took me two more to get over the loss. » Et surtout… » I can get a job I can pay the phone bills, I can cut the lawn, cut my hair, cut off my cholesterol, I can work overtime I can work in a mine, I can do it all for you, But I don’t want to. »

6:51 du matin

J’ai décidé d’ouvrir mes cahiers qui datent d’avant mon diagnostic. Peut-être que je vais voir quelque chose, découvrir des souvenirs que j’ai oublié. En tout cas, on peut voir que je n’écrivais pas super bien…J’ai laissé les tournures de phrases et les fautes. C’est pas mal dramatique et intense. Je me tape moi-même sur les nerfs.

J’ai même gardé les couleurs…

30 décembre 1991

Samedi, ça faisait deux semaines que D. et moi on sort ensemble. Il est arrivé un peu vers 13 heures et il est parti à 4:30 du matin.

Je ne me suis jamais sentie aussi bien avec quelqu’un. Surtout un gars. Je ne me sens pas en danger pour une fois.

Je l’aime plus que tout. Je sais que ce sera la mort qui nous sépareras. Depuis quelques temps, je suis encore plus accablée par des pressentiments. Personne ne m’empêcheras de me tuer s’il meurt. Je ne peux en parler, parce que les gens me croiront folle. J’ai tellement peur. Je l’aime. Et c’est avec lui que je veux vivre. Des fois, j’ai des flashs. Il avait une main sur mon ventre et c’est arrivé dans ma tête : « Ça va être beau avoir un enfant avec lui. » Seulement l’enfant me garderas en vie.

Je vis dans un rêve merveilleux quand il est là. Je ne me sens pas bien loin de lui. Je suis très inquiète. Je ne veux pas qu’il meure, moi! Il ne m’a pas sauvé la vie pour que je le perde. C’est un cauchemar quand j’ai mes maudits pressentiments !

J’y pense et j’en pleure. J’ai trouvé quelqu’un qui m’aime et que j’aime. C’est vrai cette fois. Je ne survivrai pas à sa mort. Ou je ferai une de ces dépressions…

J’ai besoin de lui. Il m’a tirée du trou, je ne le vois plus. D. est ma raison de vivre. On prend notre temps. C’est merveilleux de sortir avec lui. On n’aime pas le téléphone mais je n’aurai pas le choix de lui parler par ce moyen. Pas longtemps mais ça va me rassurer. Si je ne le vois pas pendant quatre jours on dirait que ça fait une semaine. Dans ma tête, dans mon coeur, ça fait un an que je sors avec lui. On allait à la même école que moi, au primaire. En plus, il est déjà venu chez moi avec B. D. se rappelle exactement de moi et se souviens que, déjà, à cette époque, j’avais « quelque chose de spécial ». On s’est perdus au secondaire. Rendus à la polyvalente, il ne m’a pas parlé mais savait qui j’étais. Moi, si on me demandais si je connaissais D.L., ça me disais quelque chose.

Le pire c’est que je le voyais souvent dans les corridors, à l’école. À chaque fois, c’était comme si son image me sautait à la figure. Je le remarquait où qu’il soie. Ça n’est jamais allé plus loin jusqu’à temps que ma soeur m’emmène au Lights, quand j’étais au fond du trou. Quand j’ai vu D. j’ai tout de suite reconnu le gars que j’avais si souvent vu. 2 semaines après on sortait ensemble.

Je le crois quand il dit qu’il m’aime. Ses gestes parlent d’eux-mêmes. Quand il voit que je suis fatiguée et qu’il me carresse le visage et les cheveux pour que je m’endorme. Quand il m’enveloppe de ses bras et qu’il me serre. Je peux sentir qu’il a besoin de moi, autant que j’ai besoin de lui. On n’a pas fait l’amour encore et c’est tant mieux. On s’embrasse, on se tiens les mains, on parle aussi. Pour une fois, je communique avec mon chum. Même si le physique est très important, le sexe n’est pas essentiel. Sauf qu’il me rend complètement folle quand il m’embrasse, surtout dans le cou. On a le temps, finalement. J’ai dû me faire des peurs, peut-être…Mais, il fait soleil et je pense que prendre mon temps, avec D., c’est sans doute, la décision la plus sage.

Blues

19 février 2005

Je suis assise dans ma cuisine. J’écoute Carmina Consoli en attendant que mes biscuits finissent de cuire. Ces biscuits, je ne les mangerai probablement pas, je les vendrai et je les donnerai. Je fais de bons biscuits. En fait, mes biscuits sont excellents. Pourquoi, ne les mangent-je pas ? Parce que je n’ai jamais faim pour ce que je me fais quand je suis seule.

De toute façon, je n’ai pas très faim en général. Je ne suis pas anorexique. J’ai presque mon poids santé, mais, pas tout à fait. Mais, mon poids est stable depuis 2000. Ce soir, aujourd’hui, toute la semaine, ce mois-ci, cette année, je suis triste.

Mes amis ne savent plus quoi faire pour me rendre « mieux ». C’est mon meilleur ami qui m’a donné cet ordi. Mais, rien ne me fait rire comme avant. Rien ne peut me rendre mieux.

En 2004, et en ce début de 2005, j’ai rencontré l’amour et je l’ai perdu, j’ai eu un avortement, j’ai travaillé jusqu’à en perdre l’esprit, j’ai eu un coup de foudre qui s’est soldé par un échec, j’ai tout donné jusqu’à ne rien garder pour moi, je me suis fait mal à la cheville et j’ai dû arrêter toutes mes activités sportives, j’ai fait le deuil de ma relation avec ma sœur, mon meilleur ami s’est fait une blonde, ma chatte de dix ans est morte, j’ai retrouvé mon ex et je l’ai reperdu, j’ai passé les Fêtes seule.

Ma vie est chaotique. Les seuls succès que je remporte sont au travail. Mon estime est à zéro, mon énergie est à zéro, je ne m’en vais nulle part. Les seuls hommes qui s’intéressent à moi veulent mon corps, celui qui m’aime a peur de moi, les autres sont intimidés. Je suis seule. Seule dans mon emploi. Seule dans ma vie. Seule à vivre comme je vis, toujours à travailler comme une dingue puis, à être zombie chez moi.

Je n’ai pas envie de sortir et je n’ai pas envie de nouveaux amis. Je vais passer à travers de ce que je vis comme je passe à travers tout. Mais, je trouve ça dur. Je suis déçue. Je suis triste. Je me sens lourde à l’intérieur de moi. Je me sens comme si je ne serai plus jamais la même, comme si je ne serai plus capable de croire quelqu’un. C’est déjà tellement difficile de trouver quelqu’un. Quand on finit par rencontrer la bonne personne, on s’aperçoit trop vite que tout n’est que mirage. Le voile tombe, il faut déjà partir.

Je n’en peux plus d’être adulte. Je n’en peux plus de ne plus savoir c’est quoi l’amour, de me poser des questions, de tout analyser. Je voudrais seulement aimer et vivre. Je veux vivre mes rêves. Je ne veux pas savoir que j’ai une amie qui n’aime plus son chum mais qu’elle reste avec lui quand même. Je ne veux plus savoir que mon ami n’a jamais su c’était quoi être amoureux et qu’il fait semblant d’être amoureux. Je ne veux plus savoir que mon autre ami n’aime pas sa blonde mais qu’il reste avec parce qu’ils ont une belle complicité. C’est trop dur ! Je veux croire à l’amour ! Je le veux, moi, l’amour ! Je veux être aimée et je veux aimer !

Et, pourquoi je ne l’aurais pas ? Je mérite d’être aimée. Je ne vois pas pourquoi un homme ne m’aimerait pas, un jour, comme je suis. Malgré mes défauts. Et, avec mes qualités. Je trouve juste ça long d’attendre et de repousser, de ne pas avoir le goût. Je suis jolie, intelligente, passionnée, aimante, pétillante, cultivée, bonne communicatrice, dynamique, pleine d’humour… Je suis créative, bonne cuisinière, bilingue, je suis une peintre colorée, je dessine bien, je m’intéresse à plein de choses, je suis sportive en autant que ça soit individuel…

Pourquoi, hein, pourquoi un gars ne s’intéresserait pas à moi ? Je suis grognonne le matin; si je ne connais pas la personne, je ne veux pas qu’elle me demande comment ça va; je ne suis pas diplomate, je suis exigeante avec moi et les autres, je suis intolérante envers ceux qui ne « sont pas capables », ceux qui sont profonds comme une casserole et j’ai ben de la misère avec ceux qui pensent juste à voyager.

Je suis déprimée en automne, agressive en hiver, irritable au printemps et pas si pire en été. Je ne sais jamais ce que je veux, je suis contradictoire, j’aime, j’aime pas, je suis stressée.

À part les décisions professionnelles ça fait des mois que je ne me fais plus confiance pour prendre une décision. Je ne fais confiance à personne parce que je ne les connais pas et je ne veux pas les connaître parce que les gens me déçoivent.

Finalement, ma vie m’épuise. Je m’épuise.

Oui, je vois une psy. Ça ne m’aide pas vraiment à voir plus clair dans mes relations amoureuses. Juste à respirer par le nez une fois de temps à temps. C’est de famille virer sur le top. Ma mère m’a déjà lancé un poulet qu’elle venait de faire cuire parce que je riais d’elle. Quand j’étais plus jeune, et moins stable, j’ai déjà lancé des ciseaux. Et un cadre. Je ne fais plus ça, je considère que :

1. C’est dangereux;

2. C’est du chantage émotionnel;

3. Je pourrais me ramasser dans le trouble.

4. Je pourrais tuer quelqu’un.