Mon histoire d’amour

My cousin asks me how much time it took before I started going out with my boyfriend.

Quand on s’est rencontré, on savait qu’on voulait garder l’autre dans notre vie même s’il ne se passait rien de romantique. Le premier soir, c’était le fun de se parler, de marcher ensemble et il y avait entre nous deux des choses que je cherchais : le respect, la galanterie, l’humour, le gros bon sens…

Quelques jours plus tard, première « date », j’ai rencontré ses amis. Là, j’ai vu qu’il était respecté de ses amis et qu’ils avaient du fun ensemble. C’est du drôle de monde, mais ils sont tous très gentils. Ça, ça m’a rassurée sur son caractère, sur comment il s’entourait de gens qui ont de l’allure.

Il est venu me reconduire jusque chez moi à pied et on s’est embrassé pour la première fois. Coup de tonnerre ! Nous, on savait déjà qu’on voulait être ensemble. On voulait voir où ça irait. On ne se mettait pas de pression. Le sexe est arrivé quelques jours plus tard (2 adultes consentants, hein…).

Ça a l’air fou. Ça a l’air d’un coup de foudre…mais non. C’était très raisonné, j’étais super prudente. On se voyait peut-être 3-4 jours par semaine. Des fois, on dînait ensemble, des fois on soupait, on sortait.

Quelques semaines plus tard, on se faisait déjà serment. On était une équipe soudée.

Mais, c’est pas toutes les histoires qui sont comme ça. Nous, on savait ce qu’on voulait parce qu’on avait vécu d’autre chose avant. On était au même point dans la vie. On avait décidé qu’on voulait pus d’histoires compliquées, d’ex pourris, de problèmes.

Tous les deux on avait une job, pas de problèmes d’alcool, de jeu, de drogues, etc. Nos ex étaient pus dans le portrait . On était indépendants, on vivait tout seuls depuis un bout, on voulait tous les deux une famille et une vraie vie de couple. Y’était pas question d’être des amis avant de sortir ensemble. On serait restés des amis si ça n’avait pas cliqué romantiquement. Pis après plus qu’un an ensemble, c’était rendu qu’on savait que si on cassait, on ne voulait pas rester amis parce que ça ferait trop mal. On s’aime tellement que voir l’autre avec un nouveau chum ou nouvelle blonde ou le/la voir souvent en amis, ça ferait bien trop mal.

Il correspondait à ce que je cherchais. Mature, confiant, calme, affectueux, etc. Je me sentais bien avec lui. Je me sentais juste bien.

J’ai eu d’autres histoires où ça a commencé plus ou moins vite, mais je ne me sentais pas comme ça. Légère, bien, en sécurité. Avec lui, oui. Et c’était réciproque.

Mais, quand j’étais plus jeune, les histoires de rester amis ça n’a jamais mené nulle part. Quand tu veux quelque chose de sérieux, tu « dates ». Être amis avant c’est du niaisage parce que c’est pas ça le but ni pour toi ni pour lui. Non, tu « dates ». Une bonne règle c’est d’attendre 8 « dates » avant de passer au physique.

En-dedans de huit dates tu finis par voir son vrai caractère, ses défauts, s’il appelle quand il dit qu’il va appeler, s’il paie ton souper ou s’il oublie son portefeuille, s’il conduit prudemment…et il s’il finit éventuellement par se contredire dans ses histoires. Est-ce qu’il respecte que tu veux avoir 8 dates avant de passer à autre chose ? Pas 8 jours en ligne, une date ou deux par semaine. Est-ce qu’il te met de la pression ? Est-ce qu’il boit trop ? Est-ce qu’il regarde juste toi ou les autres filles aussi ?

Mais, être amis avant ça a pas d’allure. L’amitié comme l’amour viennent avec le temps. Avec mon chum, ça a été pareil. On a commencé à se voir et plus ça allait, plus on était amis et plus on s’aimait.

Dis-toi aussi qu’en amour, y’en a pas de garanties. Ça marche ou pas. Il faut prendre des chances. Mais, pas avec le premier qui te donne de l’attention. Filtre ! Filtre !

Publicités

J’y ai pensé mais ça fait longtemps

Ton dernier commentaire a rouvert mes souvenirs sur notre relation. Vu qu’on ne se voit plus comme avant (pas un reproche, c’est une constatation et c’est normal), tu n’es plus un sujet de pensées comme tu l’as été. Il faut que j’enlève les toiles d’araignées.

C’est vrai que tu corresponds à mon pattern. Tu es le genre de personne que j’attire pour certains points, tu es aussi le genre de personne qui m’attire. Au moment où on s’est connu, je pense qu’on répondait tous les deux à nos patterns. C’est ce que je pense. C’est pour ça que c’était vraiment le fun pour moi d’être avec toi dans ce temps-là.

Inquiète-toi pas, chaque fois qu’on se voit ou que je te parle au téléphone le naturel revient au galop… 🙂
Je me rappelle que j’aimais le drame, dans le temps. Notre histoire m’en faisait vivre. Mais, c’était un drame agréable, le genre que je reproche à mes amies adultes d’aimer vivre. Je n’ai pas été traumatisée. J’ai vraiment aimé ce que j’ai vécu avec toi. Tu m’as ouvert l’univers. C’est quétaine à dire, mais, c’est quand même vrai.

Tu m’as acceptée comme j’étais (tout croche et vraiment naïve). Tu as pris soin de moi (tu me flattais, tu me faisais à manger, tu me massais).  Tu m’as écoutée quand je voulais parler (combien d’heures je t’ai tenu au téléphone à parler sans te laisser dire un maudit mot). Tu as été là pour moi à un moment de ma vie qui était vraiment très difficile et tu as rendu ma vie plus amusante, excitante. Tu m’as fait rire ! Tu m’as fait manger végétarien. T’étais tellement masculin, je te trouvais beau et fort.

Tout n’étais pas rose et je sais que tu te sens coupable parce que tu m’en as parlé. Je ferme le sujet chaque fois. Donc, je vais l’écrire ici. J’ai choisi de vivre ces moments-là avec toi même en sachant ce que ça voulait dire. Te voir juste aux deux semaines. Ne jamais rencontrer ta fille ou ta famille. Savoir que tu voyais d’autres filles. Ne pas se tenir la main en public.

Ça a duré 8 mois. Pis, c’est encore un beau souvenir.

Maudit que j’ai pleuré quand tu as choisi l’autre. Et j’étais vraiment pas contente quand tu m’as avoué que tu voyais encore ton ex, des fois, souvent. Oui, j’ai été triste des fois. Vu que j’étais dépendante, ça me serrait le coeur chaque fois que te disais au revoir pour une semaine.J’ai été confuse, fâchée, triste…

J’ai surtout été contente, allumée, excitée, et je me suis quand même sentie aimée. C’est grâce à toi si ma sexualité est comme elle est. Tu m’as aidée à me réconcilier avec la sexualité après des années à vraiment trouver ça pénible. J’ai eu du fun, j’ai été relaxe (je pense). Pour toi, c’était probablement ben ordinaire, mais pour moi c’était magique. Chaque fois qu’on s’embrassait, chaque fois, je prenais en feu. Je pense que c’est de ça que je me rappelle le plus.

Je suis passée à autre chose depuis le temps et…ce qu’on a vécu m’a permis de déterminer ce que je voulais pas dans une relation. Et ce que je voulais pas. D’ailleurs, ma liste du gars idéal a bien des points qui te correspondent. Je voulais quelqu’un de disponible, qui me voulait juste moi, qui voulait une famille. Je voulais voir la personne régulièrement, je voulais être amoureuse.

Mais, es-tu vraiment surpris de voir que tu corresponds à mes patterns ? Que j’ai choisi d’être avec quelqu’un qui je le savais partirait, qui n’était pas vraiment disponible ? Moi, je ne suis pas surprise. Mais, ça fait longtemps de ça.

Lundi reconnaissant

  1. Sookie Stackhouse et ses aventures. J’ai lu 3 romans de la série depuis mercredi. C’est un divertissement incroyable.
  2. Le soleil est enfin sorti ce matin.
  3. Ma boss comprend à quel point c’est important que j’ai l’information nécessaire pour faire mon travail.
  4. J’ai eu 92% dans mon cours de psychopathologie.
  5. J’ai passé du bon temps avec mon chum en fin de semaine.
  6. Je constate que c’est facile de parler avec lui sérieusement.
  7. Ça fait un an qu’on vit ensemble et je pense que ça se passe bien.
  8. J’ai dormi 8 heures la nuit passée.
  9. Mon chat est resté tranquille toute la nuit.
  10. Le cours de zumba a fait du bien !
  11. Grâce à StumbleUpon, j’ai découvert StereoMood et NPR.

COCV

C**** oui c’est vendredi.

Je suis donc contente que la semaine soit finie !

J’ai parlé avec J-L ce matin (pas le meilleur moment, mais il fallait que ça sorte). C’est quand c’est le temps de faire des mises au point que je me rends compte (encore plus) que je suis avec la meilleure personne.

Il faut que je fasse plus d’efforts pour trouver des sorties. On aime pas les mêmes choses alors c’est pas évident. Lui, il faut qu’il soit pro-actif. Pas évident non plus. Sa job le déprime. Je trouve ça dur de voir qu’il a un down.Je l’aime mon chum.

Un bon parti

C’est quoi un bon parti pour une fille bipolaire ou dépressive ?

C’est pas le même genre de bon parti que pour une fille célibataire « ordinaire ».

Pour une fille bipolaire ou dépressive, un bon parti doit avoir les éléments suivants :

  • C’est un gars stable émotionnellement
  • C’est un gars qui ne consomme pas (drogues, alcool) et qui fait attention à ses finances
  • Il n’a pas de problèmes de jeu
  • Il a la poigne ferme. Il ne se laissera pas marcher sur les pieds et il n’est pas assez désespéré pour pardonner les incartades de sa dulcinée : infidélités, crise de nerfs en public, etc. Ça veut dire que les règles vont être établies dès le départ.
  • Il va se renseigner sur la maladie de sa blonde et va demander le numéro du médecin pour poser des questions.
  • Il veut être là mais il n’a pas un complexe de sauveur. Ça veut dire qu’il ne coulera pas avec sa blonde. Il ne fera pas tout pour elle, il ne la poussera pas à se soigner. Si la fille veut rester avec lui, elle va devoir se soigner comme il faut.
  • Il n’aura pas un comportement qui va la rendre insécure dans la relation.
  • Il va être gentil et patient. Pas de violence ou de harcèlement.

Pour une bipolaire, ça ne prend pas une nounou qui va tout excuser et qui va la traiter comme une enfant. Elle doit être encadrée et elle doit se faire mettre au pied du mur une fois de temps en temps. Mais, ça ne donne rien de faire des ultimatums, des menaces. Ça passe ou ça casse. Comme avec les enfants. Il faut que les règles soient claires et qu’il y ait des conséquences à ses actes.

Lundi reconnaissant / Grateful Monday

C’est mon premier Lundi reconnaissant ! Voici une liste des choses pour lesquelles je suis contente, fière, etc.

  1. J’ai un emploi
  2. J’ai fini mes travaux de psychologie
  3. J’ai assez d’argent dans mon CELI pour en transférer dans mon compte et acheter des lunettes et payer mon cours de psychopathologie
  4. Mon chum me respecte et m’aime
  5. J’ai plein d’affection
  6. Mon chat ronronne très bien maintenant
  7. Noël s’est bien passé parce que je m’en foutais un peu !
  8. J’ai trouvé du beau linge chez Reitman’s et Winners, très coloré
  9. Mon nouveau top rose me fait super bien et il est confortable
  10. Premier cours de zumba de 2010 ce matin, 6h45 !! 🙂

Un petit bout de mon NaNoWriMo

Dédié à Martin Tremblay, natif de l’Annonciation

On a tous dans notre vie un ou des moments où on s’est tourné la langue sept fois dans la bouche avant de se taire. Par choix, par gentillesse, par peur, peu importe.

J’ai eu une relation complète de cette façon. Je ne sais même pas si c’était vraiment une relation puisqu’on ne s’est rien dit. On ne s’est rien dit qui ressemblait à ce qu’il y avait dans ma tête où je vivais mon fantasme de relation.

 

J’avais 20 ans quand on s’est rencontré. Il s’appelait…Martin, tiens, c’est assez simple. C’était l’ami d’un de mes colocs. Je vivais avec trois colocataires : Hugo, Guillaume et Benoît. J’allais à l’école avec Benoît.

 

J’avais tout un crush sur Martin. Je le trouvais « différent ». C’est sûr que comparé à mes colocs, tout le monde était pas mal différent. Mais, quand on est jeune, je pense qu’on veut tellement vivre quelque chose d’unique qu’on mise sur ces différences-là, celles qu’on perçoit. On mise sur le monde « original », « spécial ». Bref, Martin ne fumait plus de pot. Je n’en fumais pas mais mes colocs, oui. Et leurs amis et les amis de leurs amis. Il ne buvait pas autant que les autres ou ça ne paraissait pas.

 

Pendant que je faisais mes devoirs, il venait me voir et s’assoyait avec moi. Il me parlait de sa job un peu, il me posait des questions, il me lisait ses poèmes. Je n’aimais pas vraiment la poésie mais j’étais touchée par ce qu’il écrivait et j’étais flattée qu’il me lise ce qu’il écrivait. On ne se connaissait pas, et la poésie, c’est personnel. Je voyais un côté de lui que peu de gens voyaient. C’est ce que je pensais parce qu’il m’avait dit qu’il ne partageait ça avec personne.

 

On était tellement différents. J’étais straight, conformiste. Je portais du linge ordinaire : jeans, t-shirt, DocMarten’s. Mes cheveux étaient attachés la plupart du temps. Je ne pensais pas qu’il pouvait être intéressé par moi et j’avais éloigné de mes pensées l’idée qu’on soit ensemble. Je ne lui en ai pas parlé. Ma règle générale c’était de ne pas poser de questions, de ne rien dire. Je ne pensais pas qu’il était intéressé à moi. Point. Dans ma tête, il n’y avait pas de signes. Dans ce temps-là, je ne savais pas que « actions speak louder than words ». Je pensais que les mots étaient importants. Pour moi, les mots voulaient tout dire. Mais, c’était à l’autre de parler, pas à moi.

 

Lui, il avait les cheveux plus longs que les miens. Ses cheveux étaient raides et d’un beau brun chaud, avec des reflets presque roux. Ils étaient tellement doux. Parfois, il portait un kilt et ce qu’il aimait par-dessus tou c’était porter ses vieux t-shirts de groupes Heavy Metal. Avec ses bottes d’armée, sa guitare, ses cheveux longs et son kilt, il ressemblait à un bum. Je pourrais dire que c’était nouveau pour moi, mais, si j’y pense comme il faut…des bums il y en a eu avant lui. Mais, aucun bum qui lui ressemble.

 

Il travaillait avec Hugo. Il fallait qu’ils se lèvent très tôt pour aller travailler, alors Martin couchait à l’appartement au moins 4 soirs par semaine. J’étais contente de le voir aussi souvent, c’était une personne agréable. Quand il n’était pas là, je m’ennuyais de lui. J’espèrais toujours le voir. En fait, j’avais probablement l’air d’un chien qui cherche son maître, à faire semblant de rien mais à tourner la tête 360 degrés pour voir s’il était là. Pathétique, mais vrai.

 

Vu que je ne voyais pas de futur pour nous deux, j’ai commencé à voir quelqu’un d’autre…un autre ami de mes colocs. Après tout, je trouvais ça niaiseux de tripper sur lui comme ça, sans aucun encouragement. L’expérience m’avait enseignée que ça ne donnait rien de bon d’avoir des sentiments aussi forts pour quelqu’un.

 

 

Ce qui est ironique c’est que le gars qui a pris la place de Martin, je le trouvais de mon goût quand je l’avais rencontré et j’avais laissé tomber parce que je pensais ne pas l’intéresser. Grand, musclé, cheveux noirs, yeux sombres, une belle gueule. Il avait l’air relax en permanence. Tellement sexy dans ses jeans droites, ses bottes d’armée (Ben oui, un autre avec des bottes d’armée! Mais,lui, elles avaient vraiment servi à son training dans l’armée!). J’étais surprise quand il m’a démontré son intérêt. À ce moment, j’avais déjà rencontré Martin et je m’étais dit « aussi bien être avec le deuxième meilleur si je ne peux pas être avec le premier ». Et ce n’était pas comme si je ne le trouvais pas à mon goût. mais, je ne trippais pas dessus et je n’aimais pas son odeur. En plus, il m’avait dit qu’il allait étudier à Vancouver…ça voulait dire que je ne serais pas avec lui longtemps. Et je m’en foutais.

 

Mais, Martin et moi avons fini par nous rapprocher. Ça avait tout à voir avec le fait qu’on était seuls dans l’appartement et que je savais que je pouvais aller le voir ce matin-là. On s’est collé, on s’est massé les pieds. Ah, les pieds. C’est peut-être comme ça que j’ai développé mon fétiche… Je ne sais pas ce qui m’a passé par la tête, pourquoi je suis allée le voir ce matin-là, pourquoi je lui ai massé les pieds. Si c’était à refaire, j’irais prendre un café avec lui à la place. Mais, je ne buvais pas de café encore. Bref, on a couché ensemble.

 

Et c’était merveilleux.

 

Il fallait que je termine mon autre relation qui s’en allait nulle part rapidement. Je n’étais pas amoureuse, je me sentais seule et je voulais arrêter de penser à Martin. Pendant une semaine ou deux, je les ai vu les deux. Ça ne se pouvait pas que Martin ne sache pas pour l’autre. Surtout que Guillaume m’avait surprise un matin avec Martin et le lendemain avec l’autre. Je ne me suis jamais justifiée, personne ne m’a rien dit. Ils me jugeaient dans mos dos. Ça me faisait mal mais je n’ai rien dit.

 

 

Je ne sais plus comment j’ai terminé ça avec l’autre. Peut-être qu’on a juste arrêté de s’appeler, de se voir. Ou bien Guillaume lui a dit pour Martin. Ça avait peu d’importance. Être avec Martin était le meilleur moment que je vivais de l’année, et même le meilleur moment que je vivrais pour plusieurs années. Il me faisait rire, il faisait des folies. Il était gentil avec moi et tendre. Je me sentais proche de lui. C’était peut-être dans ma tête. Je ne me rappelle aucune conversation…aucune parole ne m’a marquée. À part sa ville natale et le nom de son ex. Il voulait avoir des enfants plus tard et voulait que sa fille s’appelle comme son ex (si c’est pas un drapeau rouge gros comme la tour SunLife, ça, je sais pas ce que c’est).

Je sens encore ses bras autour de moi et ses cheveux sur ma peau. Il me semble que je revois le soleil sur les murs blancs de ma chambre, la porte ouverte sur une rue Saint-Denis bruyante. Je me sentais heureuse et légère avec lui. La dépression semblait lointaine; la police, la cour municipale, mon trouble bipolaire, l’agression subie pas longtemps avant semblaient irréels. Je me sentais comme si j’avais changé de peau, changé de vie. C’est dans cette vie-là avec lui que je voulais être et rester. Je voulais que ça dure, que le silence dure, que l’impression de compter pour quelqu’un dure.

Il avait l’habitude de m’attendre dans ma chambre, assis sur mon lit, quand je finissais de travailler tard et que je devais rentrer en autobus. Il attendait dans le noir que j’arrive. J’étais fatiguée mais toujours contente de le voir. Toujours très contente de ne pas parler, de le laisser me déshabiller, de l’embrasser.

« Les oreillons » de Tricot machine a sûrement été écrite pour notre histoire d’amour ordinaire. Je ne me suis jamais rendue à son oreille. Mais, je ne le pensais pas moins pareil. On marchait ensemble, on s’assoyait sur un banc de la rue St-Hubert pendant la nuit. On regardait les vitrines. J’avais toujours l’impression que ça allait sortir de sa bouche ou de la mienne. Comme une paire de poissons, notre bouche s’ouvrait puis se fermait sans un son. Le cri des poissons, ça doit être des je t’aime silencieux qui résonnent. Je n’étais jamais capable de le dire. Il ne l’a jamais dit.

 

Je venais d’être diagnostiquée bipolaire, j’étais déménagée à Montréal pas longtemps auparavant et j’avais rompu une relation extrêmement passionnée quelques mois avant de rencontrer Martin. J’étais très triste. Je voulais mourir ou devenir religieuse dans un couvent. Aucune de ces options n’en était une.
À force de me taire, de piler sur mes sentiments pour lui, j’ai créé un bouchon et l’illusion que je ne l’aimais pas. Je n’étais pas amoureuse et c’était juste pour le fun.

La fin du printemps est arrivé avec la fin de session. L’été approchait. Martin est parti chez ses parents en me disant qu’il appellerait. Il n’a pas appelé.

Il est revenu après quelques semaines que j’ai passées entre l’agonie et l’espoir, les questionnements et la colère. On a été marcher puis on est revenu chez moi. On s’est retrouvés. Il a dit qu’il avait perdu mon numéro de téléphone.

Il est reparti en disant qu’il appellerait. Il n’a pas appelé.

J’étais très triste et je me répétais que je n’étais pas amoureuse. Lorsqu’il est revenu, tous les colocataires étaient partis. J’avais des nouveaux colocataires et j’avais un nouveau chum qui, je le savais, ne partirait pas. J’étais déchirée. Mon coeur débattait, je pensais faire une crise cardiaque. J’aurais voulu balayer mon chum sous le tapis et aller dans ma chambre avec Martin. J’aurais voulu hurler ma frustration. J’aurais voulu hurler que ça ne se faisait pas de partir et revenir comme ça ! Mais, non. J’ai fait la fille qui s’en foutait et que c’était donc une belle surprise de le revoir, que faisait-il donc dans le coin !? Je te présente mon chum, mes nouveaux colocs.

Je ne l’ai plus revu.

Inconsciemment, je le cherchais partout et je le voyais partout. Mon coeur bondissait douloureusement dans ma poitrine quand je voyais un homme avec les cheveux longs dans la foule, par la fenêtre d’un autobus, dans le métro…dans une revue, à la télé…dans ma soupe, au travail…dans mes rêves… J’attendais qu’il cogne à ma porte en me disant qu’il était revenu.

 

Six ans plus tard, je racontais cette histoire à une psychologue que je voyais pour un problème de couple. C’était la première fois que j’en parlais. Je m’étranglais dans mes mots, le bouchon dans ma gorge m’étouffais, je pleurais et je répétais que je n’étais pas amoureuse. « Vraiment ? » m’a-t-elle demandé. « Je crois que tu l’es. » Et j’ai craqué. J’ai pleuré encore plus fort et j’ai dit que oui, je l’aimais. Je l’ai enfin avoué et maudit que ça faisait mal. Ce trou que je ressentais mais que j’essyais de combler avec mon chum, mes chats, les biscuits, le chocolat, la job, des pensées pour le futur…il était béant. Il faisait mal. Je pensais me vider…je sentais que le bonheur illusionnel que je m’étais créé coulait, suintait de ce trou-là et que tout ce qu’il resterait c’est de l’amertume, de la tristesse. C’était ce qui ressemblait à la fin du monde à mes yeux. Assise sur un petit fauteuil rembourré, une boîte de kleenex sur les genoux, j’entendais mon coeur craquer. Se briser.
Puis, le deuil s’est terminé. Éventuellement. J’ai arrêté de le chercher partout. J’ai gardé mon histoire en moi jusqu’à maintenant. Je n’en avais même pas parlé à mon chum avec qui j’ai cassé quelques semaines après cette rencontre avec la psychologue.

Je ne dis pas que je ne le cherche pas sur Facebook ou LinkedIn des fois. Mais savez-vous il y en a combien des Martin Tremblay ? Beaucoup. Et en quelque part, je suis contente de ne pas le trouver. Que pourrais-je bien lui dire ? « Je t’aimais. Tu avais le plus merveilleux des sourires. »