Le coeur en miettes

Hier, je suis retournée chez la psy… Ça a pris même pas la moitié de la rencontre pour réaliser que la raison pour laquelle je suis si fâchée contre ma mère c’est qu’elle est redevenue celle qu’elle était avant. Avant quoi, je ne sais pas parce que je ne sais pas ce qui a changé, mais elle est redevenue un monstre, la mauvaise mère de mon enfance.

J’ai le coeur en miettes. Dire que c’est elle qui dit que je l’ai poignardée en annonçant ma grossesse sur Facebook au lieu de l’appeler. Franchement. Sa résolution pour 2015 c’est de ne plus se laisser marcher sur le coeur. FRANCHEMENT.

Va falloir que je me concentre sur l’essentiel. Mon fils qui va naître en avril, le fils que j’ai déjà, mon chum, notre vie ensemble.

Cette année !

Cette année, c’est l’année où…

  • Je vais être plus renseignée politiquement question de savoir quoi faire pour apaiser mon angoisse Harper. Merci à Facebook et Twitter. Merci à ma belle-soeur qui m’a fait encore plus peur.
  • Je vais manger encore mieux…c’est-à-dire que je vais résister aux tentations des restaurants et à mon chum et ses « j’ai envie de… ». Habituellement, il a envie de St-Hubert.
  • Je vais finir mon cours de Psychologie de la personnalité. Je suis en train de faire un cours sur les psychothérapies.
  • Je vais voir mes muscles ! Je vais continuer le gym 3-4 fois par semaine et je vais inclure un cours de step ou de zumba.

Lettre à ma psy

Chère N.,

Ça fais maintenant 8 mois que je ne te vois plus. Une fois, on s’est croisées à la sortie du métro et ça a été une rencontre émotive. J’étais un peu sous le choc de te voir là, en-dehors de ton bureau, dans ta vraie vie. J’aurais aimé te parler longuement.

Il n’y a pas de semaine où je ne me demande pas si tu vas bien, si tu as lu un bon livre dernièrement, si en d’autres circonstances on aurait pu être amies.

J’imagine que c’est normal étant donné nos 4 ans à se voir toutes les semaines sauf quand il y avait tes vacances ou les miennes.

Je veux te dire merci.

  • Merci d’avoir été là pour moi à des moments où je me sentais seule, troublée, en chute libre.
  • Merci de m’avoir permis de crier, pleurer, rire, frapper les bras du fauteuil, dessiner, soupirer, parler.
  • Merci d’avoir été une constante dans ma vie.
  • Merci de m’avoir permis de ne pas « avorter » une autre relation.
  • Merci de m’avoir permis de m’engager dans quelque chose.
  • Merci de m’avoir fait rire.
  • Merci d’avoir fermé les rideaux quand j’avais du soleil dans les yeux et d’avoir tamisé les lumières quand j’avais une migraine.
  • Merci de m’avoir montré c’est quoi la réalité.
  • Merci de m’avoir expliqué plein de choses, d’avoir reformulé tes mots pour que je comprenne mieux.
  • Merci pour ta patience.
  • Merci de m’avoir chicanée un peu quand je le méritais.
  • Merci d’avoir soupiré quand je faisais une connerie.
  • Merci d’avoir fait le chemin avec moi.
  • Merci d’avoir fait du chemin avec moi.

Merci.

Une personne bipolaire ne devrait pas avoir d'enfants ?

Une fois, j’étais dans un groupe de discussion chez Revivre et je ne sais pas comment, mais le sujet est venu aux enfants. Je crois que ça se passait en 2001 après mon changement de médicaments et ma rupture avec le Prince charmant. Je ne voulais plus d’enfants. Il aurait fallu que j’arrête les médicaments pendant la grossesse et ça me terrifiait. Je ne pensais pas pouvoir prendre soin d’un bébé dans cet état non plus.

Il y a quelqu’un qui a réagi fortement après mon aveu de ne pas vouloir d’enfants. Si je me rappelle bien, c’était une femme et elle a fait un commentaire du genre : « Je suis contente que tu dises ça parce que je pense qu’on (les bipolaires) ne devrait pas avoir d’enfants. »

Je vous rappelle que en 2001, j’étais en dépression majeure (merci Wellbutrin), j’avais 25 ans, j’étais encore un être impressionnable, en déni, et fucké.

Première réaction : Euuuuh…

Deuxième réaction : Plein de gens bipolaires ont des enfants.

Troisième réaction : Honte d’avoir déjà voulu des enfants. La femme avait peut-être raison.

Avec le temps, le doute est resté. Est-ce que c’était mieux comme ça ? Ouin, peut-être. Peut-être que je ne devrais pas avoir d’enfants. Je ne serais pas une bonne mère, je ne pourrais pas prendre soin du bébé, je ferais un baby blues c’est sûr, j’endommagerais mes enfants.

Tout le temps que j’ai pris des médicaments j’ai pensé à ça. Depuis que je n’en prends plus, j’y pense encore. J’en ai parlé en thérapie et ça a aidé à clarifier les choses. Pour moi. Mais, je connais une bipolaire qui ne prends pas de médicaments et qui a eu un bébé et qui essaie d’en avoir un autre. Ça ça me choque. Beaucoup. Je trouve que si tu as des enfants, prends soin de toi bonyenne.

C’est comme dans l’avion. Si les masques descendent du plafond, mets le tien avant d’aider tes enfants ou ton voisin. Sinon, tu vas mourir. Même affaire.

Qu’en pensez-vous ? Pour ou contre avoir des enfants ? Pourquoi ?

Mon Ex

Tout à l’heure, en revenant de souper au Quartier Chinois avec mon chum, j’ai croisé mon ex…mon ex psy.

Ça faisait bizarre. Elle est tellement plus grande que dans mon souvenir ! Elle a les cheveux plus longs.

J’étais tellement surprise. Je savais qu’elle habite dans mon coin, mais je ne pensais pas qu’elle débarquait à la même station de métro que moi. J’étais surprise de la croiser. Comme si elle avait cessé d’exister après que j’ai cessé de la voir.

Elle m’a dit que je lui manque, qu’elle pense à moi. Elle a dit qu’elle ne peut plus partager ses lectures avec moi. Ce n’est pas la première fois que j’ai l’impression que la relation n’allait pas seulement de ma bouche à son oreille, mais le contraire aussi. Sauf que je n’ai jamais été capable de lui poser de questions. Il me semble que la vie d’un psy est encore plus privée, plus secrète, que celle de n’importe quel professionnel.

Ça ne me gêne pas de savoir que la blonde de mon gynécologue utilise le même lubrifiant que moi. Mais, ça me gêne en tabarouette de demander à mon ex psy si elle habite tout près, comment va son fils, si elle a un chum ou si elle est monoparentale.

Je peux tutoyer mon gynécologue mais je suis incapable de me brancher entre le tu et le vous avec la psy.

Quand elle est partie de son bord, je sentais qu’elle était émotive. C’est peut-être dans ma tête. À moi aussi elle me manque.

Perception et obligation

Je suis en train de lire sur l’approche phénoménologique de Rogers quand je lis cette phrase (pas pour la première fois et elle me saute à la figure chaque fois) : « Les individus se comportent toujours de manière à conserver et à confirmer la perception qu’ils ont d’eux-mêmes ».

Et il y a ce mot qui revient toujours : perception.

Ça revenait toujours en thérapie. On était souvent dans le domaine de la perception. Comment je perçois les choses par rapport à comment une autre personne perçoit les mêmes choses. Chaque personne vit les choses différemment. Ce qui est traumatisant pour moi va passer six pieds au-dessus de la tête de quelqu’un d’autre. Ce qui me laisse indifférente va vraiment fâcher quelqu’un d’autre.

Puis, il y a la perception qu’on a de soi-même. Une de mes amies se perçoit comme quelqu’un qui a toujours besoin d’aide, qui n’a pas le choix, qui est perdue. Comme la phrase le dit plus haut, les gens se comportent de façon à conserver et confirmer la perception qu’ils ont d’eux-mêmes…mon amie persiste à dire qu’elle se perd toujours, qu’elle est incapable de trouver son chemin seule, elle refuse qu’on lui explique où est le nord. Elle se voit comme une personne vulnérable. Moi, je ne la vois pas du tout comme ça.

Je ne sais pas pourquoi, mais rendue là dans mes réflections, je me rappelle chaque fois comment j’avais dit à ma psy que je ne m’attachais pas à elle. Comment pourrais-je m’attacher à quelqu’un que je paie ? Elle n’a pas le choix de m’écouter, je la paie. Elle travaille pour moi.

Pis ça me rappelle comment je disais à ma mère qu’elle n’avait pas le choix de m’aimer ou de s’occuper de moi parce que c’est ma mère. C’est à ce moment que ma mère m’a appris que…elle ne devrait peut-être pas me dire ça mais…il y a des mères qui n’aiment pas leurs enfants, qui ne s’en occupent pas. J’étais surprise mais pas tant que ça. Ça ne m’a pas troublée. mais, en ce moment, je vois un parallèle entre ce que j’ai dit à ma mère et ce que j’ai dit à ma psy.

Un p’tit melting pot, ce soir.

Ça fait mal d'attendre

20 mai 2008

My therapist commented on how waiting seems to be painful to me. She’s right.

When waiting fro a reply to an email, a phone call or any kind of response from someone I’m in a painful limbo where I imagine everything that can go wrong.

I feel squiched in my thoracic cage, my heart throbbing in my throat. It’s difficult to wait to be acknowledge.

I decided to master the phone by not calling and not answering. I rarely give my number so it’s less painful. But emails are still the mind killer. Every damn time I’m in a swirl of anxiety. Let go, let go, let go.

Expect nothing in return like the first time and just let go.