En attente

20 mai 2006

Veuillez rester en ligne…un préposé sera avec vous sous peu…votre appel est important pour nous…

Il paraît qu’il n’y a pas de hasards. Que chaque fois qu’une porte se ferme, une fenêtre s’ouvre. Paulo Coelho nous fait comprendre dans ses livres qu’il faut saisir les indices quand ils se présentent à nous, saisir les opportunités. Alors voilà. Je ne peux pas toujours repousser les gens. Je le fais mais il faut que j’arrête. Et si je prends l’opportunité de me laisser approcher ou d’approcher quelqu’un, bien, je devrais le faire de la bonne façon, hein. En maintenant mes limites et en respectant celles des autres.

Je viens d’arriver chez moi, il est 18h, j’ai passé la journée ailleurs. J’ai déjeuné à la Binerie avec le Troll, j’ai été à mon cours de yoga puis j’ai été à la bibliothèque et j’ai été lire et manger dans un restau. Je n’ai aucun message sur mon répondeur. Je ne suis pas surprise mais, je suis désenchantée. C’est ce qui arrive quand depuis près de deux ans, je m’isole et je rejette les peu de propositions de sorties de mes amis ou que j’essaie de modifier ma vie. C’est ce qui arrive quand tout le monde autour de moi change : nouveaux couples, emménagements, bébés…

Pour ma part, ma thérapie fait en sorte que j’ai encore plus le goût d’être seule. J’ai encore moins le goût de parler, je ne sais pas quoi dire ou comment le dire. Ou je ne veux pas en parler. Pas facile non plus quand tu ne peux en parler à personne. Pas de la thérapie, juste de…tout.

J’ai tellement de trucs dans ma tête, il me semble. Avant, je parlais tout le temps. Maintenant, il me semble que je n’ai plus rien à dire. Je suis vide. Est-ce que ça se peut ? En fait, le fait que ma vie n’a aucun sens, que je ne sache pas où je vais, que mon enfance fait de moi une adulte qui fait exprès de tout saboter pourrait expliquer au moins mon vide. Si tu savais la violence qu’il y a eu dans ma vie. Je n’ai jamais réussi à expliquer ça à personne sauf à mon ex, J-F. Pauvre lui, il a pété sa coche. J’ai encore plus appris à fermer ma gueule de peur…de faire peur. De peur d’être jugée, mal comprise, d’être encore plus abandonnée et rejetée. Puis, de le faire à mon tour, en réaction.

J’ai des nouvelles portes dans mon appartement. Bientôt, je vais avoir des nouvelles fenêtres. Je me sens plus en sécurité. J’ai moins peur la nuit. Mon histoire avec la police s’est soldée par un échec. La bataille était perdue d’avance. Il aurait fallu que j’ai des bleus, des os cassés, pour que la policière me prenne au sérieux. Mais, le fait d’y repenser en détail, de l’écrire, de me fâcher, de pleurer, d’en parler, enfin après tout ce temps m’a fait beaucoup de bien. Cette histoire me hantait encore avec mes chums suivants. Ça me rendait folle. Des fois, j’ai encore des visions. En fait, j’en ai de plus en plus. Il paraît que c’est parce que je recommence à habiter mon corps, à vivre mes émotions. Je trouve ça dur. Hyperventilation, palpitations, visions, panique, rêves. Plein de choses qui se superposent. Ça aide pas à aimer le sexe ou le sexe opposé.

Mes cours de yoga et d’aquaforme sont amusants et m’aident à relaxer. Et la semaine passée, j’ai fait un super ménage dans mon appart. J’ai pas fini, je veux réorganiser mes épices, nettoyer mes armoires. Depuis deux ans, je suis folle de ménage on dirait. Il y a des périodes où je nettoie comme une dingue. J’achète plein de gadgets au Dollarama et je frotte, ça libère l’esprit. Je donne des affaires que je ne veux plus avoir aussi, je vends mes livres, mes CD. J’ai vendu presque tous mes DVD. PAS mes DVD de Anne la Maiosn aux Pignons Verts, jamais ! Je les ai regardés plusieurs fois cette année. Je n’ai pas regardé la télé de novembre à avril. J’ai regardé des DVD. Je faisais une cure de télé après avoir été quatre mois avec Monsieur qui passait sa vie devant la télé. J’en pouvais pus.

Là, je suis avec le Troll et vraiment, j’essaie de le faire ralentir. En fait, c’est bizarre. Il travaille 50 heures par semaine, j’ai l’impression d’être en attente depuis qu’il est revenu de vacances. On a commencé ensemble, une semaine après il partait trois semaines, puis pas longtemps après sa cousine s’en venait pour trois mois. Elle est encore ici et elle reste chez lui. Elle travaille aussi à la boutique. Bravo l’intimité. Dès la première semaine, il voulait que ça soit exclusif…pas le temps de se connaître, ni de voir si quelqu’un d’autre fittait mieux, il est intense. Quand un autre gars me regarde, il met sa main sur moi. Ou il m’embrasse à pleine bouche d’une façon vraiment dégueu. La semaine passée, il a cassé parce que je lui demandais de me respecter en me demandant si ça me dérangeait qu’il mette de la musique quand j’écoutais déjà la télé. Sa vision des choses ? Il devrait pouvoir faire ce qu’il veut chez moi. Il ne devrait pas devoir me montrer de considération ni de politesse puisque je suis sa blonde. Tant pis si ça me choque qu’il pète, rote ou mâche la bouche ouverte. Je n’ai jamais manqué d’affection. D’écoute, de temps, oui. D’affection, non. Il ne veut pas d’enfants, mais il m’en ferait un quand même. Il voudrait prendre des années avant d’habiter avec moi mais il m’a proposé ça à matin quand même. Et il ne croit pas au mariage mais il m’a demandé de le marier il y a deux semaines.


Ah, et après sa cousine, une amie vient habiter chez lui trois semaines. Je vais pouvoir faire du vélo avec lui et me baigner avec lui, à la fin du mois d’août (on est en juin et c’est maintenant, l’été). Mais, au mois d’août, la boutique ferme à minuit. Pas pire. Il a quand même changé ses horaires pour qu’on puisse se voir tous les dimanches et un samedi sur deux. Mais, il passe quand même à la boutique ces jours-là. Pourtant, dès la première soirée j’avais dit que ça ne marcherait pas si j’étais avec quelqu’un qui travaillait autant. Mais, il a fait cet effort-là. Et il appelle. Même s’il ne répond pas aux emails. À moins, que je lui dise que je veux une réponse. Je te dis, je suis en attente. J’attends qu’il grandisse, qu’il m’écoute, qu’il ait du temps.

Je ne suis pas mieux. Quand je suis frustrée, je m’éloigne. Alors, j’ai décidé de prendre du recul en général. L’avantage est qu’on sort pour déjeuner ensemble assis à la même table pour au moins une demi-heure (c’est au moins ça), on est allé au cinéma pour la première fois, on va parler d’autre chose que sa job ou de sexe. L’autre avantage c’est que je vais voir si ce gars-là est vraiment pour moi. Tsé, il a cassé la semaine passée. Mais, il a continué de faire comme si rien n’était arrivé quand je suis allé lui porter ses affaires le lendemain. Il n’a rien dit de la semaine. Il me prend pour acquis. Je lui ai dit qu’on n’était plus ensemble, il n’avait pas dit qu’on reprenait. Ça a l’air qu’il fait ça au travail aussi.

C’est platte. Mes murs s’étaient baissés au début. Là, je les sens bien remontés. Je peux voir les drapeaux rouges.

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AH ! Eh ben, il a rencontré une fille pendant ses vacances et toutes les conneries qu’il faisait c’est pour que je casse avec !! Il continuait de lui écrire. Il se sentait mal. Ben oui, il me rendait folle avec ses conneries, il me blâmait parce que je ne faisais pas assez d’efforts alors que je lui donnais des chances depuis le début et pendant ce temps, Le Troll, se faisait aller le grand charme avec une greluche française ! Ah ! Il est chanceux que je ne lui envoie pas une pluie de poissons d’argent, la lèpre, une brique…

Ah les bonnes idées !

Février 2005

Je m’en retourne à Montréal après une fin de semaine mouvementée. Le wagon est empli d’ados de retour d’un weekend en ville et d’étudiants de McGill. Je suis assise avec quatre beaux étudiants mâles, d’ailleurs.

J’ai donné son cadeau à L. Je regrette un peu de ne pas avoir eu plus de temps pour jaser avec les femmes hyperactives, joyeuses et dédiées de l’organisme envers lequel je suis engagée. J’ai encore pris trop de responsabilités avec beaucoup de joie, évidemment. I am very pleased to be doing all of this. Je veux et je vais faire encore plus. Et, ce qu’il y a de bien c’est que j’ai rencontré encore plus de gens extraordinaires dont celle qui s’occupera de la Newsletter et du site web. On a connecté, elle est gentille et je lui ai dit que lorsqu’elle viendrait à Montréal, elle devrait m’appeler !

Je ne sais pas comment je fais pour vivre toute l’année sans ces filles-là. Je retiens mon souffle en attendant de les revoir. C’est ça que je fais. Thank God for emails.

Bien que je n’ai rien écrit hier à ce sujet, j’ai pensé à Patrick 1er toute la fin de semaine. Je suis tellement heureuse de l’avoir re-rencontré. Hier, j’en pleurais, seule dans mon lit, sur mes oreillers doux comme des nuages. Il y a une telle chose qu’un bonheur trop grand pour être contenu à l’intérieur de soi.

Je me sens libérée du poids que je portais pendant toutes les années où j’ai cru que j’avais rendu mes anciens amoureux tous très malheureux. Si Patrick 1er a pris la peine de me téléphoner et de me revoir, de me considérer comme une amie, c’est que je n’étais pas si terrible que je le croyais. J’ai hâte de le revoir.

J’espère ne pas avoir tout inventé et fabulé : son sourire et son rire quand on était ensemble. Et si je n’avais pas vu des signes d’irritation ? Des signes que les gars ont qui veulent dire le contraire de « je te rappelle »? Et si le fait qu’il veuille que je le rappelle est une façon de se désengager?

Je ne pense pas que je serai capable de perdre Patrick 1er en plus de ce que j’ai vécu cette année. Puis, il y a « ce que j’ai vécu cette année ». C’est lourd. Je ne veux pas qu’il ait à porter ça, mon passé récent dont il ne sait rien. J’ai juste envie d’être avec lui. S’il pose des questions, je répondrai. Sinon, on verra au fur et à mesure, je crois. Je ne veux pas qu’il fuie. Comme les autres qui se sont sentis responsables de mon bonheur. Personne ne peut me rendre heureuse sauf moi. Mais, je ne peux pas changer comment les hommes se sentent. Ni les moyens qu’ils prennent pour fuir.

Dix ans se sont passés depuis notre rencontre. Dans mes fantasmes les plus fous, je rêvais que quelque chose comme ça se produise. Comment se fait-il que mes rêves se réalisent ? Est-ce que je suis récompensée parce que je suis une bonne personne ? Qu’est-ce que j’ai fait de bien ? Je le referais. Je suis tellement chanceuse. Ça m’a pris du temps, mais, j’ai fini par comprendre que j’ai une bonne famille (Maudit que c’est beau et puissant le déni, petit ajout de la rédaction quelque temps après ce billet) et que les amis c’est plus important que le reste. P2 et Val sont mes plus vieux amis et j’estime au plus haut point ma correspondance avec mes deux amies d’Australie et de Nouvelle-Écosse. De plus, je n’irais nulle part sans pouvoir me confier à une de mes collègues au bureau.

Après tout, les amis restent, l’amour passe et repasse et s’en va. Où sont les amants quand les problèmes sont là ? Nowhere in sight. Mes amis ne me jugent pas et m’écoutent et me donnent des bons conseils.

15 juin 2007 As it turned out, I had to live with rule number 4 and then 12. And then 16 : je parle des règles d’Olivia Joules.

Je ne parle plus à Patrick 1er-le nombriliste-fumeur-de-hasch. Eh oui, à ce moment, je ne le savais pas, mais j’ai appris quelques semaines après que c’est un grand consommateur de substances illicites. C’était également une des personnes les plus narcissiques que je connaisse. Finalement, j’ai sacré mon camp ! Mais pas avant d’avoir dormi avec lui (sublime) et d’avoir retesté la marchandise (quelle déception, quelle amère déception !).

En fait, j’ai été tellement triste de sa façon de faire que j’ai préférer « oublier ». Puis, j’ai développé l’idée qu’un gars trop beau, trop centré sur lui-même ne donne du bon service qu’à lui-même. Dommage, il était bien meilleur à 19 ans, avant la drogue, la grosse tête. « Pis, est-ce que t’as aimé ça ? » Euh…la vérité ou… Et voilà une autre preuve que quand je suis très enthousiasmée par quelqu’un ou vice versa, il y a quelque chose de croche. J’ai décroché seulement quand j’ai été capable d’effacer son numéro de téléphone.

Il faut dire qu’un gars qui veut coucher avec toi, après avoir prétendu des dizaines de fois qu’il ne ressent que de l’amitié, après que tu lui ait dit que non, toi, tu ne veux pas parce que (remplir ici avec une histoire d’agression qui resurface) et qui insiste et insiste et cela malgré que TU insistes pour dire que ça va tout changer…Il m’a dit « non, rien ne va changer ». Il n’a rien écouté de ce que j’ai dit. Étrangement, c’est ici que « Oupsydasy », pouf pouf dans la mitte. Je lui ai dit et je me suis dit « Ah ouin, ça va rien changer ? ». On va voir.

Ça a changé que j’ai sacré mon camp et je ne l’ai plus rappelé. Lui, il s’est fait une blonde la semaine d’après et c’est pourquoi ça a pris plusieurs semaines avant qu’il rappelle. Quand il l’a fait, je lui ai dit :

-Tu vois, ça change quelque chose. Parce qu’on n’est plus amis : t’as pas appelé cette semaine-là. Franchement, t’appelles n’importe quand et là, on couche ensemble et pouf, tu disparais ?

-Hein ? Ben non, ça change rien. J’ai une blonde. Silence.

-Ah. Eh bien. Depuis quand ?

-Je l’ai rencontrée la fin de semaine après. Et là, il commence…son nom, son âge (genre vingt ans comme les autres), elle travaille dans un magasin de lingerie et en plein ses tiroirs, il l’a rencontrée sur internet, ça a cliqué tout de suite…blablabla

-As-tu dit à ta blonde que j’existe ? Que je suis ton ex ou qu’on a couché ensemble récemment ?

-Elle a pas besoin de savoir ça.

-Hm. Bon, bien, je pense pas que c’est une bonne idée de continuer à se voir.

Il n’a pas compris ça comme je l’ai dit. Personne ne comprend le concept « Ce n’est pas une bonne idée ». Pour moi, un gars qui parle pas de moi à sa blonde est un gars qui se cache, c’est un gars malhonnête. Patrick 1er est devenu malhonnête dès que c’est lui qui a voulu coucher avec moi, quand je ne voulais plus coucher avec lui. J’avais ENFIN accepté qu’on ne serait jamais rien sauf des amis.

Je l’ai laissé parler, comme je fais avec ma mère. J’ai raccroché. Lorsqu’il a rappelé, il planifiait emménager avec elle. Ça faisait cinq mois qu’ils se connaissaient. Est-ce que j’ai mentionné qu’il a 31 ans et elle, 26 ans max, qu’il travaille de nuit et elle de jour ? Ah, à 26 ans, elle a encore le temps de réaliser qu’elle est sa maîtresse et que sa femme c’est le pot, le hasch, le speed, l’ecstacy, les sorties…

Dire que les gens pensent que je n’ai jamais été naïve. On a qu’à regarder l’année 2005 pour voir combien je l’étais.

Autre note de la rédaction…y’a pas que l’année 2005, ma grande !