Lundi positif

Je trouve la chanson tellement belle, positive ! J’ai le goût de pleurer chaque fois que je le regarde. J’ai aussi le goût de sauter et crier !

  1. Je ne sais pas si je vais dire oui, mais un café près de chez moi m’a demandé de leur faire des biscuits pour les vendre.
  2. Mon chum m’a tellement gâtée pour la Saint-Valentin ! Il a fait du ménage, m’a acheté des fleurs, va m’amener au resto ce soir…
  3. Des draps propres. Je ne sais pas pourquoi, mais il y a un feeling d’être au sec en sécurité. (je me relis et là, ça me donne l’impression que je parle de porter des couches!)
  4. Prendre un bain avec du sel et des huiles essentielles.
  5. I’m a firework.
  6. J’ai vu mon amie samedi soir et on a eu une conversation personnelle étonnante, sans jugements. Il y a enfin quelqu’un dans ma vie qui me comprend sans me juger, qui a vécu des choses semblables aux miennes. Une conversation qui nous a soulagées.
  7. Je suis étonnée d’avoir passé à travers des épreuves très difficiles…je ne suis plus une victime ! Quand je regarde ce que j’ai vécu, je me demande c’est qui cette fille-là ? Je me rends compte, que je suis rendue ailleurs et que j’ai plus de contrôle sur ma vie qu’avant.
  8. La compréhension que la violence c’est un manque de vocabulaire. Si tu cries après le monde, fait du chantage émotif, fait des menaces, donne des coups, joue à la victime comme au bourreau, c’est que tu manques de vocabulaire pour communiquer et t’exprimer en adulte responsable.
  9. La compréhension que les choses sont parfois, souvent, hors de notre contrôle. On ne peut pas tout contrôler. On ne peut pas contrôler les gens non plus. Des fois, il faut savoir laisser aller…dire ce qu’on ressent et laisser la personne faire son chemin à sa façon peu importe le temps que ça prends.
  10. Pouvoir prendre congé. Quel luxe !
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Vagina Warrior moi aussi

Septembre 2007

Depuis que j’ai lu les Monologues du Vagin, ma vie n’est plus pareille.

J’avais déjà les yeux ouverts sur la violence faite aux femmes. Mais, pas sur la violence qu’on se fait. Que dire sur la violence faite aux femmes par l’humanité qui laisse continuer la boucherie physique et émotionnelle ?

Avoir un vagin donne un pouvoir sur l’humanité. La majorité des femmes sont inconscientes de ce pouvoir qu’elles ont, le plus puissant des pouvoirs : créer la vie ou la refuser. Les hommes savent très bien que les femmes créent la vie. Et la violence faite aux femmes dans le monde c’est du sexisme ? du racisme ? un génocide ?
On a étendu le silence sur le vagin tout-puissant en rendant ce mot tabou. Dans certains pays, on pratique l’ablation du clitoris. Le plaisir est ammoral. Dans d’autres cultures, on recouvre les femmes. Les femmes sont sales. Elles sont des objets. Y a-t-il un pays dans lequel il n’y a pas de trafic sexuel ? Partout, les femmes sont battues, violées et tuées.

Le but de cette violence ? Faire taire ce pouvoir, réduire à néant l’indépendance des femmes, les humilier, rendre impossible aux femmes leur développement personnel et social parmi les hommes. Les hommes ont peur des femmes. Ils savent qu’elles sont supérieures. Pas en tout, mais ils savent qu’elles créent la vie. Sans les femmes, aucune vie n’est possible.

Ici, au Québec, tant que la femme n’est pas attaquée, la police ne fait rien. Et lorsque la femme porte plainte pour viol, la femme doit avoir des preuves de son viol : rape kit, des photos, du linge, etc.

Qu’est-ce que j’ai fait pour mériter de me faire violer, moi ?
Hum, j’habitais avec lui, un gars que je considérais un ami, à qui je faisais confiance. Je me confiais à lui. Il savait tout de moi. Je savais que je ne lui plaisais pas et si, au début (quand on a appris à se connaître plusieurs mois avant d’habiter ensemble), j’étais attirée parce qu’il me regardait intensément, me donnant l’impression qu’il m’écoutait, je ne l’étais plus. En fait, j’étais mal à l’aise, pétrifiée quand il me touchait et je ne savais pas quoi dire. Je me sentais coupable de ne pas vouloir qu’il me voie alors je le laissais faire. On ne m’a pas appris à dire non et à cette étape de ma vie, j’étais plus que gênée, je ne savais pas qui j’étais, je sortais d’une dépression majeure, je venais de terminer une relation à long terme et mon coeur était en mille miettes.
J’étais également coupable d’être une femme et pas celle qu’il désirait. Il harcelait une collègue de travail qui ne me ressemblait pas du tout. Je n’étais pas elle mais j’étais là.
J’avais un amant et ce n’était pas lui.
J’étais moi dans toute ma force de vie même si j’étais vulnérable. Justement, j’étais vulnérable. Et j’étais la personne idéale sur qui il pouvait exercer son pouvoir.

Le lendemain, je me souviens lui avoir dit que ce ce qu’il m’avait fait était un viol. N’avait-il pas entendu mes protestations ? Il ne m’a pas répondu et je ne lui ai pas parlé pendant un temps. Un jour ? Deux jours ? Je ne sais pas. Mais, j’ai refoulé ce qui s’était passé au point de ne plus me rappeler. Ça a pris des mois avant que je m’avoue à moi-même que j’avais été violée. Avant que je m’en rappelle. J’ai eu un choc. Ça a pris des années avant que je sois capable d’en parler et de savoir quand est-ce que c’est arrivé : le premier mois du déménagement. Pas des mois après comme je pensais.

Je ne me rappelle toujours pas de tout ce qui s’est passé. Mais , la police n’a pas aidé. Ils l’ont plutôt aidé, lui, à s’en tirer en croyant son histoire malgré ses antécédents à lui. Ils n’ont eu aucune sympathie, aucune compassion ni aucune empathie pour moi.

Qu’ai-je fait pour mériter mon viol ?
Ai-je porté des vêtements sexy ? Des p’tites jupes courtes ? Des camisoles à froufrou ? Non.
Est-ce que je « savais » l’effet que je faisais sur lui ? Non. Il ne m’aimait pas, il n’était pas attiré par moi et je n’étais pas son genre.
Est-ce que je l’ai accusé de viol parce qu’on a couché ensemble et que je n’ai pas aimé ça ? Si c’était le cas, j’accuserais de viol tous les gars avec qui j’ai baisé une fois sur je sais pas combien. Dans la vraie vie (en-dehors des films porno) l’orgasme est rarement au rendez-vous et la liste d’épicerie l’est pas mal plus.
Je lui ai fait confiance. J’ai été son amie et j’ai dormi avec lui comme avec un frère. Je me suis confiée à lui et lui ai raconté mes journées. J’ai pris sa défense quand les filles de la job ont commencé à dire qu’elles étaient mal à l’aise avec lui. Puis, j’ai été au milieu du débat essayant de faire la médiatrice. Finalement, j’ai créé un groupe pour permettre aux filles de s’exprimer sur le harcèlement qu’elles subissaient.

Qu’ai-je fait pour mériter mon viol ?
J’ai été incapable de dire non à quelqu’un que je connais. J’ai été incapable de frapper, de crier et de mordre un homme que je considérais un ami, un frère, un collègue, un coloc.
J’ai réagi comme d’habitude.
Pourquoi ?
Parce qu’on m’a appris à me méfier des inconnus mais pas des gens que je connais.
Parce que j’avais peur de faire mal aux gens que je connais.
Parce qu’on m’a appris à être fine, à endurer en silence, à ne pas déplaire.
Parce que chez moi, on m’a appris que c’est normal de se faire toucher quand on veut pas, de se faire frapper par du monde qui nous aiment et qu’on aime et que je ne dois pas écouter mon sixième sens. Je ne dois pas réagir et je dois devenir invisible quand on devient violent avec moi comme ça, ça va s’en aller vite vite vite…

Parce que je ne pouvais pas croire qu’il me faisait ça et j’essayais tellement fort de croire que ça n’arrivait pas. Pas lui, pas mon ami.
Ça n’arrivait pas, je n’étais pas là, j’étais ailleurs. Loin dans ma tête.
Parce que je ne voulais pas croire que ça arrivait encore une fois, parce que je pensais que j’allais devenir folle…

Les Monologues du vagin ont changé ma vie parce que j’ai toujours su qu’Il était là, mon vagin. Je l’entends. Et je me suis demandé à mon tour…
Qu’est-ce qu’il porterait ? Un boa en plume rose et une mitraillette
Qu’est-ce qu’il dirait ? Respecte-moi quand je dis non. Avec n’importe quels mots, Non c’est Non, laisse-moi tranquille.