Maudite communication, maudits secrets

J’ai été tellement toute seule longtemps. Peu d’amis, une famille que j’haïssais, des chums insignifiants, pas importants. J’ai été seule dans une famille de cinq, seule dans un couple, seule toute-toute-seule. Seule face à un agresseur, seule face à l’échec, seule devant le temps qui s’étire, qui finit pus.

Entre les secrets qu’on m’a demandé de tenir, les miens que je ne pouvais pas raconter, les choses que j’ai découvert par hasard, j’ai ressenti beaucoup de colère.Il y a, en plus, les choses « pas importantes » qu’on tait. J’ai découvert la solitude. Le silence.

Je ne sais pas combien de fois j’ai tu des choses vraies, des émotions intenses, des malaises profonds. Je ne sais pas combien de fois je suis allée seule à l’hôpital sans en parler à personne ou en faisant semblant que ce n’est pas grave. Combien de secrets j’ai gardé, importants ou non. Des secrets sur des viols, de l’inceste, des maladies mentales, ces choses qui devraient être dites. Des secrets niaiseux sur qui reçoit un plus gros cadeau, qui a un blog, qui a le plus gros salaire. Pourquoi on se dit rien ? Pourquoi, comment ça se fait que les gens ne posent pas les vraies questions ?

Au primaire, j’ai eu une amie qui se faisait battre par sa mère. J’en ai eu une autre que son père avait touchée. Et ce n’étaient même pas mes premiers secrets. J’étais troublée. Mais, je n’avais personne avec qui en parler de toute façon.

Il y a quelques années, ma mère ET ma soeur m’ont raconté qu’elles ont vécu de l’inceste. C’était un premier pas qui s’est pas mal fini là. Pas moyen de vider le sac, de faire le tour de la question. Moi, j’étais pognée avec ça parce que c’est un secret. Moi, j’étais en ébullition, mais je ne pouvais raconter ça à personne. J’haïs les secrets. Pis les surprises. Ça m’est tombé dessus comme une brique. Ma mère n’a pas jugé important de nous dire ça avant. Elle n’a pas jugé important de me dire qui lui avait fait ça. On a probablement cette personne-là dans notre entourage encore… Pour ma soeur, eh bien, je suis tombée malade. À retenir ce secret-là, j’ai fait une dépression.

Je déteste les surprises. Comme quand j’ai appris sur internet qu’un membre de la famille était décédé. Deux fois! Comme quand j’ai appris juste avant que ça arrive que mon chum crissait sa job là sans en avoir une autre qui l’attend ou comme quand j’ai appris qu’un de mes ex avait écrit sur son blog qu’il m’avait trompée.

Est-ce que c’est par peur de la colère que les gens se taisent ? Par peur de se faire juger ? Ou, comme mon chum m’a dit tantôt, parce que c’est pas important ? Comment est-ce que quelqu’un peut juger de ce qui est sans importance ? Parler de ce qui se passe, ça permet de dédramatiser, de rire, de ne plus être seul, de voir la vérité, de se soulager, d’être avec la personne qui écoute. Parler peut rapprocher. Et si ça éloigne, c’est que l’autre personne ne mérite pas de faire partie de notre vie.

Comment faire pour qu’un couple sacre le camp dans les poubelles ? Ne rien se dire. Parce que c’est pas important ou que c’est platte. Laisse-moi te dire que « j’ai fait une lasagne aujourd’hui » c’est crissement plus platte à se dire que « hey, ma prof n’a pas transmis nos notes et l’école nous a mis un échec sur notre bulletin ». Chacun dans sa cuisine, dans son bureau, dans son salon, il y a un tas de mots qui se perdent dans l’espace. Je trouve ça enrageant d’entendre les affaires les plus poches du genre « on as-tu quelque chose à écouter », d’être obligée de poser des questions pour savoir ce qui se passe, peu importe ce que c’est. « Il ne se passe rien ». Ça me décourage quand quelqu’un me dit ça. Il ne se passe rien, ça veut dire que la vie est platte en maudit. Il n’y a pas de découvertes, pas de réflexions, pas de questions existentielles, pas de comédie loufoque sur la vie quotidienne.

Qu’est-ce qui est si dur à comprendre dans « je veux savoir ce qui se passe dans ta vie parce que je m’intéresse à toi »? Qu’est-ce qui est si dur à comprendre dans « je suis ton amie, je suis là pour toi, parle-moi »? Qu’est-ce qui est si dur à comprendre dans « on est ensemble, je veux (presque) tout savoir, je veux partager avec toi ta vie »?

J’en ai des amis maintenant. J’ai un chum que j’aime aussi. Je suis présente. Je suis LÀ. Comme je ne l’ai jamais été avant. Mes oreilles sont ouvertes. Comment ça se fait d’abord que j’ai su que mon amie avait eu peur d’avoir un cancer de la peau des semaines après le rendez-vous chez le médecin ? « Pas important » qu’elle m’a dit. Scuse ?!

Comment ça se fait que j’ai eu des tas de relations supposément intimes où on ne se disait rien ? Je n’écoutais pas ce que l’autre disait la moitié du temps et je ne parlais pas. Pas pire, hein, j’avais la paix. L’autre ne demandait pas comment ça va non plus.  Comment ça se fait que j’ai encore des relations supposément intimes qui ressemblent à ça même si j’ai changé ?

Je me demande franchement si ça vaut la peine d’être intéressée si c’est pour avoir l’impression d’achaler le monde, pour me faire dire que c’est pas important, ou, même, si c’est pour écouter du monde parler, chiâler ! pendant des heures et ne pas demander sincèrement comment, moi, je vais. Il y a ça aussi. Il y a du monde qui ne parle pas. Il y a des gens qui n’écoutent pas.

Moi, j’essaie. Maudit que j’essaie. Mais, je ne sais plus si ça vaut la peine. Je trouve ça négatif de ma part. Mais, en quelque part, si quelqu’un ne parle pas, ben, qu’elle s’arrange toute seule. Et si quelqu’un passe son temps à parler d’elle-même sans arrêter deux secondes (tsé le genre de personne qui ne dit pas comment elle se sent, elle fait juste chiâler sur tout, mais elle ne veut rien changer), ben qu’elle ne se demande pas pourquoi je n’écoute plus.

Argh.

Est-ce que ça veut dire que je ne devrais plus parler ? Que ce que je dis n’est pas important ? Comment connaître vraiment quelqu’un si la personne « cache » des choses ? Je ne veux pas tout savoir ni tout dire. Mais, il y a des choses qui sont importantes.

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Solitude à deux


Aujourd’hui, j’ai dîné avec mon amie V. Mon amie V. que je n’ai pas vu depuis deux ans. La meilleure coéquipière pour les travaux d’équipe. Avec elle, ma job irait cent fois plus vite.

En deux ans, il s’en passe des choses. Pas d’appels, pas d’emails.

On ne savait pas de quoi parler alors on parlait en général…travail, enfants, chums, maison et rénos, souvenirs des études qu’on a fait ensemble. Les choses ne changent pas. Pour sa fête, elle n’a rien fait de spécial. Son chum ne l’a pas fêtée.

Il y a quelque chose de réconfortant à être avec quelqu’un que je connais depuis longtemps. V., je la connais depuis 1994. De la savoir dans ma vie me soulage. C’est comme si je n’étais plus seule à porter qui je suis, comme si j’avais de la compagnie avec mon passé. C’est réconfortant de ne pas avoir à tout expliquer parce que la personne sait.

Pendant ces deux ans-là, j’ai douté de notre amitié. C’est long deux ans sans voir une amie. Une amie qui a rencontré Prince Charmant et Fiancé. Elle m’a connue avant, pendant, les médicaments. Elle m’a vue rire, pleurer, crier. Elle m’a vue le cerveau à 150% puis à 40%.

Ça faisait du bien de la voir. Je ne savais pas trop quoi dire, on est pratiquement devenues des étrangères.

Mais, je la connaissais avant R., avant les enfants et la maison, avant qu’elle devienne sage, avant le REER.

J’ai souvent mentionné la solitude à deux. En couple, la solitude à deux est dure à porter. C’est se sentir seul alors qu’on a quelqu’un avec soi, une douce moitié. En amitié, la solitude à deux, c’est sentir qu’on porte la solitude de l’autre avec la sienne. La solitude à deux en amitié, c’est partager la solitude.

Ça m’a fait penser à quand j’ai revu P., dix ans après toute notre histoire. Tout à coup, je me suis sentie plus entière. Je ne savais pas que j’avais un trou à l’intérieur de moi. Quand je l’ai revu, le trou s’est comblé et je me suis sentie moins seule. Comme si tout mon passé revenait.

En fait, j’ai l’impression que V. et P….et H. et tout le monde, se promènent avec des bouts de moi, une partie de moi. Quand je les vois, ces bouts-là se recollent. C’est réconfortant. Pas d’explications à donner, ils savent, ils ont vu, entendu, ont été là. Ils me connaissent.

Seule à deux…encore

Puisque c’est impossible de te parler, je t’écris.

Quand tu réponds « bof » chaque jour lorsque je demande si ta journée s’est bien passé, je trouve ça lourd. Quand tu me crie après comme tout à l’heure, j’ai de la peine et je trouve que je mérite mieux. Quand j’entends que je t’énerve avec mes « tsé », « là », je me dis que je mérite mieux qu’un gars aussi bête. Quand tu baisses les bras, je me dis, mais pourquoi je reste là ?

Je m’acharne pour quoi, là ? Pour quatre mois avec quelqu’un qui ne veut pas me parler, ne veut pas m’entendre, mais veut bien me baiser ? Je m’acharne sur une relation avec quelqu’un d’instable qui est capable de rester calme une journée et qui pète l’autre journée, qui se dit malheureux.

Ce soir, c’est encore pire. Je ne suis pas un chien et je ne mérite pas de me faire parler sur le ton sur lequel tu m’as parlé. Je peux comprendre que si on se chicane, ça arrive, mais là, c’est trop. J’en ai assez. Tu as dépassé la ligne de non retour.

Ne viens pas au chalet, je paierai ta part. N’achète pas de cadeaux, je m’en charge. Trouve une excuse à mes absences. Je n’ai plus envie d’arranger les choses.

Je mérite mieux que quelqu’un que j’énerve avec mes mots, avec ma présence et qui crie après moi. Tu n’es pas prêt pour une relation. Apelle-moi si tu veux m’entendre de vive voix te dire que c’est fini. Sinon, tu peux laisser faire, j’en ai ras le chapeau de ton attitude. Dire que Carrie s’est fait plaqué par post-it…on en est pas loin. C’est ce qui arrive quand on est pas capable d’écouter et de parler, j’imagine.

Dans les restaurants, on reconnaît les jeunes couples parce qu’ils parlent, s’interrompent, ont toujours quelque chose à partager. Les vieux couples, eux, n’ont plus rien à se dire. Ils regardent ailleurs en mangeant, leurs expressions figées dans l’ennui. Nous, chacun dans notre bulle, bien installés dans notre journal, devant la télé ou dans le silence, eh bien, nous ne sommes pas mieux que les vieux couples qui ne trouvent plus rien à se dire.

Pour ma part, j’essaie de ne pas t’emmerder et je n’y réussis pas. Pour ta part, tu veux lire ou écouter la télé, tranquille. Je me sens comme si je n’avais pas besoin d’être là. Je ne vois pas pourquoi je suis là.

J’ai parlé de manger à la table et je n’ai pas mis la table parce que je me suis dit, ensuite t’en avoir parlé, que si tu n’en parlais pas et que tu ne le faisais pas c’est que tu n’étais pas intéressé ou que tu n’en voyais pas l’utilité. J’ai baissé les bras. Puis, je m’en suis foutu, puis je m’en suis arrangé, la télé me permettait de ne pas te parler puisque je sentais que c’est ce que tu voulais. Finalement, ça a commencé à m’énerver entre le journal et le livre. Quand est-ce qu’on pouvait se parler des vraies choses ? Les vraies choses étant la vie en général.

Il ne restait que la voiture. Et là, il fallait que je ne parle plus non plus parce que tu devenais distrait. Je me sentais vraiment pognée et irritée. Rien à faire, j’avais un chum introverti et non communicatif. Aurais-je un chum fuyant l’intimité ?

Les problèmes du mois précédents étaient encore là, non réglés et se répétaient. On en avait parlé, les solutions étaient là et bien que j’en ai appliqué quelques-unes, je me sentais seule dans mon camp. Avec cette communication défaillante, vient le désir sexuel qui chute. Pour moi, l’envie baisse quand je n’ai pas de vrai contact avec la personne. Pourquoi je me laisserais prendre par quelqu’un qui s’isole quand ça lui tente et veut me « sauter » quand ça lui tente aussi ? J’avais de moins en moins envie de contact physique.

Le temps que tu choisissais pour me faire sentir ton désir était très mal choisi. Le matin, je pense déjà à combien de temps il reste pour la douche, s’habiller, déjeuner et à quelle heure tu vas dire qu’on est pas en avance. Une fois de temps en temps, le matin, ça va. Autrement, je n’ai pas le temps d’avoir du plaisir, je suis précipitée et je déteste ça.

La frustration s’est installée parce qu’avec la télé, même en se couchant à 21h, tu lisais tout de suite et ça devenait impossible de te faire des avances. Même les plus timides se faisaient recevoir de façon glaciale. La seule façon que j’ai trouvé de te séduire c’est en retardant le souper. Il faudrait carrément couper la télé, mais j’ai peur que tu souffres d’un symptôme de sevrage ou que tu me fasses une crise d’apoplexie.

Sexuellement, les femmes se font dire par les hommes d’être plus directes, de dire leurs préférences. C’est ce que je fais. Je n’ai pas le tour, c’est reçu comme des reproches. Je suis désolée. Mais le fait est là. Je veux être excitée avant de faire l’amour, pas juste mouillée et ça prend plus de cinq minutes. Des fois, plus de quinze minutes. Je ne peux pas gémir aussi fort que toi et, des fois, je te dis des choses que tu n’entends pas. Je dois répéter. « J’aime ça. Continue. » Ou autre chose. Des fois, je pense que tu entends. Peut-être pas. Je n’ai pas les mêmes réactions physiques que toi non plus et c’est comme ça. Je cherche à être bien plutôt qu’avoir un orgasme. Je veux avoir du plaisir, je cherche l’intensité. Il m’arrive d’être dans tous mes états. Par exemple : quand tu me joues dans le cou, quand on a joué avec ton jouet, quand je me caresse à côté de toi et que tu t’installes pour te caresser près de moi, quand tu me prends pendant que je me caresse.

Je ne tiens pas à avoir « une liaison pornographique » spectaculaire. Mais, dans la sexualité, mon plaisir est important et quand j’en parle c’est seulement pour te faire comprendre ça. Je veux participer, pas juste être bonne à pénétrer comme si j’étais là pour ça.

Quant à ton jouet, on en a parlé. Dans ma tête, c’était clair que tu devais faire l’intro et à l’avenir ce sera comme ça aussi. C’est ton jouet, tu l’amènes. Je ne suis pas celle qui doit tout faire (en faisant allusion que si je veux quelque chose, il faut que je le fasse genre fermer la télé et mettre la table dans la cuisine). Je te ferai plaisir…avec plaisir si les choses finissent par s’arranger.

Je réalise que je suis bien chez moi, seule. Souvent, j’avais envie d’être chez moi, mais il était tard le soir. Pourquoi je n’ai pas demandé que tu me reconduises chez moi ? Parce que je ne voulais pas que tu te sentes rejeté, parce que je ne voulais pas remballer mes affaires, parce qu’il était tard. Parce que je ne voulais pas que ça sente l’échec dans notre « essai ».

La caverne était invitante en cas de dispute, mais autrement, je n’avais pas vraiment envie d’y être. Pas dans l’état où elle est. Je n’aime pas l’abondance d’objets dans un endroit où je suis supposée me reposer.

Je conçois très bien que tu m’a trouvé étouffante. Je voyais très bien mon comportement, mais je ne savais plus comment attirer ton attention. Je ne comprenais pas ton attitude. La situation actuelle.

Sincèrement, je me sens mieux chez moi. Chaque fois qu’on se voit, notre irritation refait surface. Je me sens malheureuse et angoissée, irritée et sur le bord de la crise de nerfs pendant nos « discussions ». Je me sens tellement inadéquate, je ne comprends pas comment on a fait pendant quatre mois pour penser qu’on pouvait être bien ensemble. Absolument rien dans tes mots ou dans ton attitude ne me rassure sur tes émotions ou sur tes envies. Je déteste l’incertitude et dans ce cas, je dois me retenir de trancher.

Il me semble que durant le mois précédent, on s’est dit qu’on s’aimait. En quelques semaines, ça s’est arrêté. Moi, je ne peux pas vivre une relation yo-yo. Je t’aime, je ne t’aime plus, je te touche, je ne te touche plus sauf quand ça fait mon affaire.

Au cours du mois, je t’ai donné autant d’affection qu’au début du mois puisque c’est ce que tu me demandais. En même temps, au début du mois, tu semblais très heureux. Puis, à la fin tu m’as dit que c’était trop. Je ne veux pas la même relation qu’avec mes parents : trop, pas assez, bien, pas bien. Je t’aime, je ne t’aime pas.

J’ai envie d’être acceptée comme je suis avec mes insécurités, avec mon passé tout croche. J’ai envie d’un gars qui s’assume et qui veut une vraie relation, avec des mots, des regards, une vie faite d’autre chose que sa bulle de tranquillité. Une vraie vie. Je veux un gars que je peux coller autant que je veux et qui va être capable de me le dire qu’il veut être seul. Ou qui est capable de me le dire comment il se sent : fâché, déçu, triste, content. Et qui comprend qu’écouter avec toutes ses oreilles c’est mieux qu’interrompre. Que ne pas être intéressée par les rouages subtils de la vente internet, c’est pas pire que ne pas être intéressé par le classement Dewey, LC ou par le système informatique de la bibliothèque.

Je suis intéressée par ce qui s’est passé dans ta journée, par toi, par tes collègues, ce qui t’a affecté, les bonnes nouvelles, pas par comment tu fais ta job, je ne la fais pas ta job. T’intéresses-tu à ma job, toi?

Anyway.

Tuesday night 22:59

I can’t wait to be in Toronto!

I am counting the nights until I finally wake up and it’s time to pack my last things and get ready to board the train. I know L. is doing the same. I have been waiting the whole year to see her again and talking on the phone during the conference calls just isn’t the same. Will the chemistry still be there? We had so much fun last year and we have so much to say. I shared more with her this year than I did with my ex. She inspired me and helped me a great deal during these very long and painful months. She made me laugh, think and smile. It’s so much fun when you discover someone new.

This is all very exciting. Tonight after meeting with my ex-fiancé, P., I went to Indigo’s and bought myself some books. I just started reading Millicent Min, girl genius from Lisa Yee and am really into it big time. I wonder if K. and L. read those books already because I also bought The Year of Secret Assignments by Jaclyn Moriarty. It seems funny. I bought two adult books and they make me feel like Bridget Jones. They will make my library look like Bridget’s anyhow! He’s just not that into you and Dateworthy. The first two are for having fun and the two others are for getting over this awful year and telling myself I was right for dumping the last two jerks! AND to let myself know I’m right for having high standards and keeping them. Somewhere, there is a right man for me, dammit.

P.P. is very nice. But he is not nice enough. So tonight I met with him and listened to what he had to say and when we parted I said “À la prochaine” he asked “When?” and I said that we would see. Well, we will see indeed. He kept me waiting two months. I am set in my mind that we are over. Of course I love him, he is great, but, hey, enough with being a fool and feeling I am not giving us and him enough of a chance. I did give us a chance.

I have given him chances for a year. When has he given me a chance? Where was he when I needed him? He said that he gave me what he could. Well, it is not nearly enough. He did not give any excuses but took “the blame” which is not enough and was really not clear on what he intended to change or ameliorate. P. called this meeting because he intended to change and things would be better etc. Pfft… what a crock n’est-ce pas. It looks like a husband promising is wife never to lay a hand on her again. Never believe that and never believe a man who says he’s gonna change. I do believe change when I see it though but I never saw anything promising in him during this last year. It just got worse so here you go.

So in my mind things are over. In my heart, I’m heavy. Another year passed and I wasted my time and I learned not to trust or maybe just another year where I learned that maybe my gutt instinct was right when it told me to dump him right from the start… shit. I should have listened instead of being honored he was interested and thinking that maybe it was my laaaast chance at happiness.

Salut

Salut P.,

Tantôt, tu es venu au travail. J’étais contente de te voir mais, je me sentais loin de toi. Je ne t’ai pas pris dans mes bras parce que je ne le sentais pas. Ce n’est plus naturel. Les déceptions s’accumulent et créent un mur qui m’empêche d’être naturelle et spontanée. J’ai de plus en plus de facilité à utiliser les reproches et de moins en moins à aimer.

Le temps passe. On se voit de moins en moins, je me sens moins concernée par la relation qu’on avait. Je me sens moins concernée dans le sens que, avant, elle avait un sens pour moi. Je m’en allais quelque part. Les sentiments que j’avais pour toi, en décembre 2003 jusqu’en mai 2004, étaient forts et réciproques. Mais, ça a mal fini. Puis, depuis la fin de l’été, ça a été de plus en plus mal. Même si je t’aimais, je ne faisais rien de bien. Tout allait tout croche. Depuis, c’est la débâcle et là, plus rien.

Là tout est pété. Je me sens plutôt gelée envers toi. Tu me dis des belles choses et tu persistes à croire que ça va faire la différence alors que les mots ne veulent rien dire pour moi s’il n’y a pas une action concrète qui va avec. Plutôt, je préfère les actions aux mots. Je t’aime ne veut rien dire pour moi. Ce ne sont que des mots vides. Je les dis quand je ressens quelque chose de très très fort. Mais, loin de toi depuis trop longtemps, je ne peux pas dire ces mots-là. Je ne ressens plus ces émotions-là. Je ne te connais plus, je ne te connais pas.

Je n’aurais pas dû te reprocher ton absence puisque c’est te reprocher des choses qui se sont déjà passées. C’est te reprocher le passé alors que je devrais regarder devant. Mais, je suis déçue quand on est supposé se voir et tu cancelles. Et non, le fait que tu sois malade ne constitue pas une excuse à mes yeux. Je suis exigeante mais c’est de même. Ne me dis pas qu’on va « peut-être » se voir. Confirme-moi une date sûre à 100% ou pas du tout. Je suis gelée à ton endroit parce que je me crée des protections. Ça fait des mois que j’ai mal et que le peu de confiance que j’essaie de te donner s’envole. J’ai déjà si peu confiance en moi.

Et, franchement, de savoir que tu es si occupé alors qu’on se voit si peu, ça fait chier. Non, je ne te pose pas de questions parce que je ne veux pas savoir avec qui tu es, quel jour. C’est pour ça que je ne t’appelle pas le soir. Je ne veux pas savoir que tu es avec quelqu’un le soir. Quelqu’un d’autre. C’est un des aspects que j’ai toujours détesté, qui m’a toujours fait mal. Ta capacité à partager ton temps avec les autres, à partager ta vie, ta personnalité avec les autres mais pas avec moi. Je me suis sentie seule pendant tout ce temps parce que je n’étais pas une priorité. Je passe après le travail quand ton boss te demande de rentrer le samedi, puis je passe après ton frère, après tes amis, après ta sœur… Le dimanche de congé, si quelqu’un d’autre t’avait demandé à te voir, tu m’aurais flushé. Chaque fois que je me disais qu’on pourrait se voir, tu avais toujours autre chose à faire, quelqu’un d’autre à voir. C’est ça qui me gosse. Je m’en fous que tu me dises que tu es là pour moi. Je veux que tu me le prouve comme quand tu es venu chez le vétérinaire avec moi. Mais, j’aurais voulu que tu restes. Être là pour moi c’est être avec moi aussi. Mais, tu n’es pas avec moi.

C’est pour ça que ça ne marche pas toi et moi. Parce qu’on ne réussira pas à passer de temps ensemble. Tu donnes tout aux autres, je n’ai pas la vraie priorité. Et j’ai été très gâtée avant par quelqu’un d’autre. Je ne veux pas moins. Quand quelqu’un nous a déjà tout donné, nous a fait confiance, nous a accepté comme on était et que c’était réciproque, on veut la même chose ou plus, pas moins.

C’est bien le fun de se parler au téléphone. Mais, ça ne dure pas longtemps, on ne partage rien de bien profond et je ne pense pas que je suis la bonne personne pour toi. Tu n’es pas le bon pour moi. Après bien du tataouinage depuis décembre, tu devrais juste laisser tomber. Tu vois bien qu’on ne va nulle part.

Je me trouve pathétique d’attendre après toi comme ça. Chaque fois que j’ai voulu te voir ça s’est soldé par un échec. C’est toujours toi qui décide. Je me sens drainée de mon énergie, je suis de mauvaise humeur, je suis en manque de sexe, j’en ai plein le casque.

J’ai marché sur l’eau

I was 25, newly single after having lived with my beloved Prince Charming boyfriend who was no longer charming. We played pretend couple for his family…who played pretend for us on that very long week at their chalet near St-Jovite.

I was no longer charming either. My beautiful future had fallen apart, ripped at the seams by new medication, reality finally setting in about my family, illness pulling me deeper into pain. I was very depressed, almost psychotic those few weeks before Christmas but just in time for the Holidays I was a bit better, calmer. I just had to sleep ten hours each night. I had lost a lot of weight, couldn’t eat. I was facing separating a man I loved and was depending on to always be there as he had promised. I was afraid of being alone forever…again.

He said we would marry. He wanted children. He wanted so many things that I wanted for him because I loved him. But inside me I knew I couldn’t give him what he wanted. I had no future.

That first day of 2000, in the forest, along with his sister who walked farther away from me, letting me cry, I walked on the frozen lake and screamed my anger, my sadness, everything that I kept inside.

I realized I was walking on water. On a lake. I had always been afraid of lakes and rivers. Fear gripped my heart at the thought that a fairy could unfreeze the lake, I would drown !! Nobody would ever find me. What if it happened ? What if the lake wasn’t really frozen ? What if the ice broke ? But then Prince Charming’s sister took me by the hand and we simply walked and breathed and looked at the snow, the trees, the sun was making the snow sparkle.

That day I walked on water even if I was afraid. I walked all the way across the lake.

It took some time before a fairy unfroze myself though. I’m still a bit frozen, afraid that the ice might crack. But I have my moments of walking on the water.

I’m still single…I have had boyfriends and lovers but I have never been able to be with someone like I was with him. And no relationship has ever lasted since that breakup. I really needed him to be there while my world fell apart. He wasn’t, he never was really there. I was never really there for myself. The road to myself proved to be veryyyy long after that.