Headache, heartbreak

I can’t stop thinking about it, I’m sad. I know it’s not going to last forever. What I’m feeling is the friend breakup…and PMS. In fact, PMS probably contributed to my Tchernobyl explosion of rage.

My headache is really from PMS. I hadn’t noted on any calendar at home when was my last period so I had to wait until I got back to work and check my agenda. BAM, today is the 28th day. My headaches are on schedule. If I had known I was this close to having my period, I would have gone for a walk before instead of having such a fit.

No use crying over spilt milk. I can still…cry a bit. Not for what I did but for the loss of this friendship I thought I had. For the relationship I idolized.

I feel like crap.

What I did to feel better :

  • Took my time opening and reading my million emails today.
  • Grocery shopping and making a lasagna
  • I ate 3 chocolates and half a bag of popcorn. 2 chocolates before dinner as well. And a Cozy Shack tapioca pudding. A bit of an overkill.
  • I wrote to my friend I was sure her man was coming soon. It made me better to encourage her.
  • I’m going to read in bed.
  • I watched 2 episodes of La Galère
  • I did only 30 minutes of homework.

I would like to say that friendship is crap but I don’t mean it. I’m already thinking of ways I could meet more people. Making friends at 35 isn’t as easy as it was when I was 20.

Un petit bout de mon NaNoWriMo

Dédié à Martin Tremblay, natif de l’Annonciation

On a tous dans notre vie un ou des moments où on s’est tourné la langue sept fois dans la bouche avant de se taire. Par choix, par gentillesse, par peur, peu importe.

J’ai eu une relation complète de cette façon. Je ne sais même pas si c’était vraiment une relation puisqu’on ne s’est rien dit. On ne s’est rien dit qui ressemblait à ce qu’il y avait dans ma tête où je vivais mon fantasme de relation.

 

J’avais 20 ans quand on s’est rencontré. Il s’appelait…Martin, tiens, c’est assez simple. C’était l’ami d’un de mes colocs. Je vivais avec trois colocataires : Hugo, Guillaume et Benoît. J’allais à l’école avec Benoît.

 

J’avais tout un crush sur Martin. Je le trouvais « différent ». C’est sûr que comparé à mes colocs, tout le monde était pas mal différent. Mais, quand on est jeune, je pense qu’on veut tellement vivre quelque chose d’unique qu’on mise sur ces différences-là, celles qu’on perçoit. On mise sur le monde « original », « spécial ». Bref, Martin ne fumait plus de pot. Je n’en fumais pas mais mes colocs, oui. Et leurs amis et les amis de leurs amis. Il ne buvait pas autant que les autres ou ça ne paraissait pas.

 

Pendant que je faisais mes devoirs, il venait me voir et s’assoyait avec moi. Il me parlait de sa job un peu, il me posait des questions, il me lisait ses poèmes. Je n’aimais pas vraiment la poésie mais j’étais touchée par ce qu’il écrivait et j’étais flattée qu’il me lise ce qu’il écrivait. On ne se connaissait pas, et la poésie, c’est personnel. Je voyais un côté de lui que peu de gens voyaient. C’est ce que je pensais parce qu’il m’avait dit qu’il ne partageait ça avec personne.

 

On était tellement différents. J’étais straight, conformiste. Je portais du linge ordinaire : jeans, t-shirt, DocMarten’s. Mes cheveux étaient attachés la plupart du temps. Je ne pensais pas qu’il pouvait être intéressé par moi et j’avais éloigné de mes pensées l’idée qu’on soit ensemble. Je ne lui en ai pas parlé. Ma règle générale c’était de ne pas poser de questions, de ne rien dire. Je ne pensais pas qu’il était intéressé à moi. Point. Dans ma tête, il n’y avait pas de signes. Dans ce temps-là, je ne savais pas que « actions speak louder than words ». Je pensais que les mots étaient importants. Pour moi, les mots voulaient tout dire. Mais, c’était à l’autre de parler, pas à moi.

 

Lui, il avait les cheveux plus longs que les miens. Ses cheveux étaient raides et d’un beau brun chaud, avec des reflets presque roux. Ils étaient tellement doux. Parfois, il portait un kilt et ce qu’il aimait par-dessus tou c’était porter ses vieux t-shirts de groupes Heavy Metal. Avec ses bottes d’armée, sa guitare, ses cheveux longs et son kilt, il ressemblait à un bum. Je pourrais dire que c’était nouveau pour moi, mais, si j’y pense comme il faut…des bums il y en a eu avant lui. Mais, aucun bum qui lui ressemble.

 

Il travaillait avec Hugo. Il fallait qu’ils se lèvent très tôt pour aller travailler, alors Martin couchait à l’appartement au moins 4 soirs par semaine. J’étais contente de le voir aussi souvent, c’était une personne agréable. Quand il n’était pas là, je m’ennuyais de lui. J’espèrais toujours le voir. En fait, j’avais probablement l’air d’un chien qui cherche son maître, à faire semblant de rien mais à tourner la tête 360 degrés pour voir s’il était là. Pathétique, mais vrai.

 

Vu que je ne voyais pas de futur pour nous deux, j’ai commencé à voir quelqu’un d’autre…un autre ami de mes colocs. Après tout, je trouvais ça niaiseux de tripper sur lui comme ça, sans aucun encouragement. L’expérience m’avait enseignée que ça ne donnait rien de bon d’avoir des sentiments aussi forts pour quelqu’un.

 

 

Ce qui est ironique c’est que le gars qui a pris la place de Martin, je le trouvais de mon goût quand je l’avais rencontré et j’avais laissé tomber parce que je pensais ne pas l’intéresser. Grand, musclé, cheveux noirs, yeux sombres, une belle gueule. Il avait l’air relax en permanence. Tellement sexy dans ses jeans droites, ses bottes d’armée (Ben oui, un autre avec des bottes d’armée! Mais,lui, elles avaient vraiment servi à son training dans l’armée!). J’étais surprise quand il m’a démontré son intérêt. À ce moment, j’avais déjà rencontré Martin et je m’étais dit « aussi bien être avec le deuxième meilleur si je ne peux pas être avec le premier ». Et ce n’était pas comme si je ne le trouvais pas à mon goût. mais, je ne trippais pas dessus et je n’aimais pas son odeur. En plus, il m’avait dit qu’il allait étudier à Vancouver…ça voulait dire que je ne serais pas avec lui longtemps. Et je m’en foutais.

 

Mais, Martin et moi avons fini par nous rapprocher. Ça avait tout à voir avec le fait qu’on était seuls dans l’appartement et que je savais que je pouvais aller le voir ce matin-là. On s’est collé, on s’est massé les pieds. Ah, les pieds. C’est peut-être comme ça que j’ai développé mon fétiche… Je ne sais pas ce qui m’a passé par la tête, pourquoi je suis allée le voir ce matin-là, pourquoi je lui ai massé les pieds. Si c’était à refaire, j’irais prendre un café avec lui à la place. Mais, je ne buvais pas de café encore. Bref, on a couché ensemble.

 

Et c’était merveilleux.

 

Il fallait que je termine mon autre relation qui s’en allait nulle part rapidement. Je n’étais pas amoureuse, je me sentais seule et je voulais arrêter de penser à Martin. Pendant une semaine ou deux, je les ai vu les deux. Ça ne se pouvait pas que Martin ne sache pas pour l’autre. Surtout que Guillaume m’avait surprise un matin avec Martin et le lendemain avec l’autre. Je ne me suis jamais justifiée, personne ne m’a rien dit. Ils me jugeaient dans mos dos. Ça me faisait mal mais je n’ai rien dit.

 

 

Je ne sais plus comment j’ai terminé ça avec l’autre. Peut-être qu’on a juste arrêté de s’appeler, de se voir. Ou bien Guillaume lui a dit pour Martin. Ça avait peu d’importance. Être avec Martin était le meilleur moment que je vivais de l’année, et même le meilleur moment que je vivrais pour plusieurs années. Il me faisait rire, il faisait des folies. Il était gentil avec moi et tendre. Je me sentais proche de lui. C’était peut-être dans ma tête. Je ne me rappelle aucune conversation…aucune parole ne m’a marquée. À part sa ville natale et le nom de son ex. Il voulait avoir des enfants plus tard et voulait que sa fille s’appelle comme son ex (si c’est pas un drapeau rouge gros comme la tour SunLife, ça, je sais pas ce que c’est).

Je sens encore ses bras autour de moi et ses cheveux sur ma peau. Il me semble que je revois le soleil sur les murs blancs de ma chambre, la porte ouverte sur une rue Saint-Denis bruyante. Je me sentais heureuse et légère avec lui. La dépression semblait lointaine; la police, la cour municipale, mon trouble bipolaire, l’agression subie pas longtemps avant semblaient irréels. Je me sentais comme si j’avais changé de peau, changé de vie. C’est dans cette vie-là avec lui que je voulais être et rester. Je voulais que ça dure, que le silence dure, que l’impression de compter pour quelqu’un dure.

Il avait l’habitude de m’attendre dans ma chambre, assis sur mon lit, quand je finissais de travailler tard et que je devais rentrer en autobus. Il attendait dans le noir que j’arrive. J’étais fatiguée mais toujours contente de le voir. Toujours très contente de ne pas parler, de le laisser me déshabiller, de l’embrasser.

« Les oreillons » de Tricot machine a sûrement été écrite pour notre histoire d’amour ordinaire. Je ne me suis jamais rendue à son oreille. Mais, je ne le pensais pas moins pareil. On marchait ensemble, on s’assoyait sur un banc de la rue St-Hubert pendant la nuit. On regardait les vitrines. J’avais toujours l’impression que ça allait sortir de sa bouche ou de la mienne. Comme une paire de poissons, notre bouche s’ouvrait puis se fermait sans un son. Le cri des poissons, ça doit être des je t’aime silencieux qui résonnent. Je n’étais jamais capable de le dire. Il ne l’a jamais dit.

 

Je venais d’être diagnostiquée bipolaire, j’étais déménagée à Montréal pas longtemps auparavant et j’avais rompu une relation extrêmement passionnée quelques mois avant de rencontrer Martin. J’étais très triste. Je voulais mourir ou devenir religieuse dans un couvent. Aucune de ces options n’en était une.
À force de me taire, de piler sur mes sentiments pour lui, j’ai créé un bouchon et l’illusion que je ne l’aimais pas. Je n’étais pas amoureuse et c’était juste pour le fun.

La fin du printemps est arrivé avec la fin de session. L’été approchait. Martin est parti chez ses parents en me disant qu’il appellerait. Il n’a pas appelé.

Il est revenu après quelques semaines que j’ai passées entre l’agonie et l’espoir, les questionnements et la colère. On a été marcher puis on est revenu chez moi. On s’est retrouvés. Il a dit qu’il avait perdu mon numéro de téléphone.

Il est reparti en disant qu’il appellerait. Il n’a pas appelé.

J’étais très triste et je me répétais que je n’étais pas amoureuse. Lorsqu’il est revenu, tous les colocataires étaient partis. J’avais des nouveaux colocataires et j’avais un nouveau chum qui, je le savais, ne partirait pas. J’étais déchirée. Mon coeur débattait, je pensais faire une crise cardiaque. J’aurais voulu balayer mon chum sous le tapis et aller dans ma chambre avec Martin. J’aurais voulu hurler ma frustration. J’aurais voulu hurler que ça ne se faisait pas de partir et revenir comme ça ! Mais, non. J’ai fait la fille qui s’en foutait et que c’était donc une belle surprise de le revoir, que faisait-il donc dans le coin !? Je te présente mon chum, mes nouveaux colocs.

Je ne l’ai plus revu.

Inconsciemment, je le cherchais partout et je le voyais partout. Mon coeur bondissait douloureusement dans ma poitrine quand je voyais un homme avec les cheveux longs dans la foule, par la fenêtre d’un autobus, dans le métro…dans une revue, à la télé…dans ma soupe, au travail…dans mes rêves… J’attendais qu’il cogne à ma porte en me disant qu’il était revenu.

 

Six ans plus tard, je racontais cette histoire à une psychologue que je voyais pour un problème de couple. C’était la première fois que j’en parlais. Je m’étranglais dans mes mots, le bouchon dans ma gorge m’étouffais, je pleurais et je répétais que je n’étais pas amoureuse. « Vraiment ? » m’a-t-elle demandé. « Je crois que tu l’es. » Et j’ai craqué. J’ai pleuré encore plus fort et j’ai dit que oui, je l’aimais. Je l’ai enfin avoué et maudit que ça faisait mal. Ce trou que je ressentais mais que j’essyais de combler avec mon chum, mes chats, les biscuits, le chocolat, la job, des pensées pour le futur…il était béant. Il faisait mal. Je pensais me vider…je sentais que le bonheur illusionnel que je m’étais créé coulait, suintait de ce trou-là et que tout ce qu’il resterait c’est de l’amertume, de la tristesse. C’était ce qui ressemblait à la fin du monde à mes yeux. Assise sur un petit fauteuil rembourré, une boîte de kleenex sur les genoux, j’entendais mon coeur craquer. Se briser.
Puis, le deuil s’est terminé. Éventuellement. J’ai arrêté de le chercher partout. J’ai gardé mon histoire en moi jusqu’à maintenant. Je n’en avais même pas parlé à mon chum avec qui j’ai cassé quelques semaines après cette rencontre avec la psychologue.

Je ne dis pas que je ne le cherche pas sur Facebook ou LinkedIn des fois. Mais savez-vous il y en a combien des Martin Tremblay ? Beaucoup. Et en quelque part, je suis contente de ne pas le trouver. Que pourrais-je bien lui dire ? « Je t’aimais. Tu avais le plus merveilleux des sourires. »

Fini

10 mai 2007

De Ma Soeur : Salut, j’espère que tu vas bien… Je voulais juste te dire que pour la fête des mères, je ne serai pas chez ta marraine, donc, ne te gêne pas pour y aller si jamais tu ne voulais pas y aller à cause que tu ne voulais pas me voir… Bonne journée

De moi  : Salut, Je vois que tu es consciente que j’évite les rencontres familiales. Si un jour, tu veux savoir pourquoi, on en parlera. Mais, je préfère les discussions calmes et adultes. La vérité n’est jamais facile.

De Ma Soeur : Salut encore, Je me doute bien que tu ne viens pas dans la famille à cause de moi, même si maman est certaine que c’est à cause d’elle… Petite soeur aussi et Bob, lui, il laisse passer. Par contre, puisque nous n’avons jamais su se comprendre, et que chacune de notre côté on est sûre de notre vérité sur l’autre, peut-être que ça ne vaut même pas la peine que je te demande ce que tu as à me reprocher. Peut-être qu’on se reparlera sur notre lit de mort ! Bref, maman en souffre et je sais que ça lui ferait plaisir que tu sois là pour la fête des mères. Tout ce que je voulais te dire c’est que je n’y serai pas.
Sortons les violons ici. Se joue un drame à grand déploiement…

Envoyé à Ma Soeur, ma mère, son chum et à ma petite soeur.
Eh bien,
je vois que tu n’as pas l’intention de résoudre ce très vieux problème qu’est notre non-relation. Pour ma part, je n’ai qu’une vie à vivre et rendue sur mon lit de mort, je vais avoir d’autre monde à voir. Je ne vais pas attendre au jour de ma mort pour passer à autre chose.

C’est effectivement parce que je n’endure plus les humiliations que tu m’infliges quand tu bois et même quand tu es à jeun que je ne vais plus dans les rencontres familiales. Je suis tellement en colère que je pourrais être méchante et me laisser aller. J’aime mieux garder ma dignité et ma santé mentale alors j’aime mieux rester « loin des yeux loin du coeur ». Ce n’est pas à cause de maman, ni à cause de petite soeur ni à cause de Bob. Je leur ai déjà dit. Quand on préfère penser que c’est sa faute plutôt que d’en parler c’est que c’est plus facile de se fermer les yeux. J’ai tenté de parler, d’établir un dialogue, ça n’a pas fonctionné.

Je n’en peux plus des rapports familiaux vides alors que je vois bien que vous n’êtes pas bien. Une souffre d’anxiété et de phobie sociale. Maman m’a confié un secret et refuse d’élaborer alors qu’il le faudrait. Et toi…que dire de plus sur toi ? Rien n’a été fait pour qu’on s’entende bien et que nos problèmes se règlent. Tu as raison on ne s’est jamais entendue alors qu’on aurait pu. Et Bob est Bob. Je pense qu’il évolue à son rythme. Je ne sais pas comment il fait mais il tient la route et il avance. Je me sens malade quand vous buvez. Je me sens mal à l’aise quand on parle de rien, quand on se demande comment ça va mais qu’on écoute pas. J’ai besoin de plus que ça comme famille et ça fait tellement longtemps que je sais que ma famille ne va pas bien, que ma famille est tout croche. Moi, je ne peux rien faire pour vous autres et tout ce que j’ai pu faire pour moi, pour aller mieux c’est d’arrêter de te voir Ma Soeur et de ne plus aller dans les rencontres familiales.

Oui, je me sens mieux. Triste mais mieux. Je dois faire le deuil de ma famille idéale, de celle que je voudrais : du monde capable de dire les vraies affaires, capables de se parler avec franchise sans boire, capables d’affronter le bon comme le pire avec honnêteté, qui se respectent entre eux autres, qui se regardent dans le miroir, qui respectent que j’ai des émotions et que oui, des fois, je suis déprimée et que d’autres fois, je suis de bonne humeur. Je n’en peux plus des secrets de famille. Je n’en peux plus du manque de support quand je vis quelque chose de grave. Je n’en peux plus de votre colère, de votre tristesse. Je n’en peux plus de parler de fleurs et de bouffe alors qu’à l’intérieur de vous je sais qu’il y a autre chose et que vous paraîssez tendus. C’est inacceptable de fermer les yeux sur la souffrance des membres de sa famille. J’ai ouvert les yeux sur la vôtre souvent pour me faire dire que vous ne voulez pas en parler. J’ai voulu parler de la mienne pour me faire dire que vous n’avez pas le temps ou pour recevoir de la colère de la culpabilité ou pire, le silence. J’ai fini de me sentir coupable, malade, enfermée.

On ne choisit pas la famille dans laquelle on naît, c’est vrai. Mais, on peut s’en choisir une autre. Je vous ai tellement aimés, idéalisés, j’ai eu tellement d’attente. Et toi, j’ai eu des attentes envers toi, jusqu’à ce que je lise ton dernier email. J’ai espéré que tu évolues un peu. C’est fini. Je passe à autre chose.

En attente

20 mai 2006

Veuillez rester en ligne…un préposé sera avec vous sous peu…votre appel est important pour nous…

Il paraît qu’il n’y a pas de hasards. Que chaque fois qu’une porte se ferme, une fenêtre s’ouvre. Paulo Coelho nous fait comprendre dans ses livres qu’il faut saisir les indices quand ils se présentent à nous, saisir les opportunités. Alors voilà. Je ne peux pas toujours repousser les gens. Je le fais mais il faut que j’arrête. Et si je prends l’opportunité de me laisser approcher ou d’approcher quelqu’un, bien, je devrais le faire de la bonne façon, hein. En maintenant mes limites et en respectant celles des autres.

Je viens d’arriver chez moi, il est 18h, j’ai passé la journée ailleurs. J’ai déjeuné à la Binerie avec le Troll, j’ai été à mon cours de yoga puis j’ai été à la bibliothèque et j’ai été lire et manger dans un restau. Je n’ai aucun message sur mon répondeur. Je ne suis pas surprise mais, je suis désenchantée. C’est ce qui arrive quand depuis près de deux ans, je m’isole et je rejette les peu de propositions de sorties de mes amis ou que j’essaie de modifier ma vie. C’est ce qui arrive quand tout le monde autour de moi change : nouveaux couples, emménagements, bébés…

Pour ma part, ma thérapie fait en sorte que j’ai encore plus le goût d’être seule. J’ai encore moins le goût de parler, je ne sais pas quoi dire ou comment le dire. Ou je ne veux pas en parler. Pas facile non plus quand tu ne peux en parler à personne. Pas de la thérapie, juste de…tout.

J’ai tellement de trucs dans ma tête, il me semble. Avant, je parlais tout le temps. Maintenant, il me semble que je n’ai plus rien à dire. Je suis vide. Est-ce que ça se peut ? En fait, le fait que ma vie n’a aucun sens, que je ne sache pas où je vais, que mon enfance fait de moi une adulte qui fait exprès de tout saboter pourrait expliquer au moins mon vide. Si tu savais la violence qu’il y a eu dans ma vie. Je n’ai jamais réussi à expliquer ça à personne sauf à mon ex, J-F. Pauvre lui, il a pété sa coche. J’ai encore plus appris à fermer ma gueule de peur…de faire peur. De peur d’être jugée, mal comprise, d’être encore plus abandonnée et rejetée. Puis, de le faire à mon tour, en réaction.

J’ai des nouvelles portes dans mon appartement. Bientôt, je vais avoir des nouvelles fenêtres. Je me sens plus en sécurité. J’ai moins peur la nuit. Mon histoire avec la police s’est soldée par un échec. La bataille était perdue d’avance. Il aurait fallu que j’ai des bleus, des os cassés, pour que la policière me prenne au sérieux. Mais, le fait d’y repenser en détail, de l’écrire, de me fâcher, de pleurer, d’en parler, enfin après tout ce temps m’a fait beaucoup de bien. Cette histoire me hantait encore avec mes chums suivants. Ça me rendait folle. Des fois, j’ai encore des visions. En fait, j’en ai de plus en plus. Il paraît que c’est parce que je recommence à habiter mon corps, à vivre mes émotions. Je trouve ça dur. Hyperventilation, palpitations, visions, panique, rêves. Plein de choses qui se superposent. Ça aide pas à aimer le sexe ou le sexe opposé.

Mes cours de yoga et d’aquaforme sont amusants et m’aident à relaxer. Et la semaine passée, j’ai fait un super ménage dans mon appart. J’ai pas fini, je veux réorganiser mes épices, nettoyer mes armoires. Depuis deux ans, je suis folle de ménage on dirait. Il y a des périodes où je nettoie comme une dingue. J’achète plein de gadgets au Dollarama et je frotte, ça libère l’esprit. Je donne des affaires que je ne veux plus avoir aussi, je vends mes livres, mes CD. J’ai vendu presque tous mes DVD. PAS mes DVD de Anne la Maiosn aux Pignons Verts, jamais ! Je les ai regardés plusieurs fois cette année. Je n’ai pas regardé la télé de novembre à avril. J’ai regardé des DVD. Je faisais une cure de télé après avoir été quatre mois avec Monsieur qui passait sa vie devant la télé. J’en pouvais pus.

Là, je suis avec le Troll et vraiment, j’essaie de le faire ralentir. En fait, c’est bizarre. Il travaille 50 heures par semaine, j’ai l’impression d’être en attente depuis qu’il est revenu de vacances. On a commencé ensemble, une semaine après il partait trois semaines, puis pas longtemps après sa cousine s’en venait pour trois mois. Elle est encore ici et elle reste chez lui. Elle travaille aussi à la boutique. Bravo l’intimité. Dès la première semaine, il voulait que ça soit exclusif…pas le temps de se connaître, ni de voir si quelqu’un d’autre fittait mieux, il est intense. Quand un autre gars me regarde, il met sa main sur moi. Ou il m’embrasse à pleine bouche d’une façon vraiment dégueu. La semaine passée, il a cassé parce que je lui demandais de me respecter en me demandant si ça me dérangeait qu’il mette de la musique quand j’écoutais déjà la télé. Sa vision des choses ? Il devrait pouvoir faire ce qu’il veut chez moi. Il ne devrait pas devoir me montrer de considération ni de politesse puisque je suis sa blonde. Tant pis si ça me choque qu’il pète, rote ou mâche la bouche ouverte. Je n’ai jamais manqué d’affection. D’écoute, de temps, oui. D’affection, non. Il ne veut pas d’enfants, mais il m’en ferait un quand même. Il voudrait prendre des années avant d’habiter avec moi mais il m’a proposé ça à matin quand même. Et il ne croit pas au mariage mais il m’a demandé de le marier il y a deux semaines.


Ah, et après sa cousine, une amie vient habiter chez lui trois semaines. Je vais pouvoir faire du vélo avec lui et me baigner avec lui, à la fin du mois d’août (on est en juin et c’est maintenant, l’été). Mais, au mois d’août, la boutique ferme à minuit. Pas pire. Il a quand même changé ses horaires pour qu’on puisse se voir tous les dimanches et un samedi sur deux. Mais, il passe quand même à la boutique ces jours-là. Pourtant, dès la première soirée j’avais dit que ça ne marcherait pas si j’étais avec quelqu’un qui travaillait autant. Mais, il a fait cet effort-là. Et il appelle. Même s’il ne répond pas aux emails. À moins, que je lui dise que je veux une réponse. Je te dis, je suis en attente. J’attends qu’il grandisse, qu’il m’écoute, qu’il ait du temps.

Je ne suis pas mieux. Quand je suis frustrée, je m’éloigne. Alors, j’ai décidé de prendre du recul en général. L’avantage est qu’on sort pour déjeuner ensemble assis à la même table pour au moins une demi-heure (c’est au moins ça), on est allé au cinéma pour la première fois, on va parler d’autre chose que sa job ou de sexe. L’autre avantage c’est que je vais voir si ce gars-là est vraiment pour moi. Tsé, il a cassé la semaine passée. Mais, il a continué de faire comme si rien n’était arrivé quand je suis allé lui porter ses affaires le lendemain. Il n’a rien dit de la semaine. Il me prend pour acquis. Je lui ai dit qu’on n’était plus ensemble, il n’avait pas dit qu’on reprenait. Ça a l’air qu’il fait ça au travail aussi.

C’est platte. Mes murs s’étaient baissés au début. Là, je les sens bien remontés. Je peux voir les drapeaux rouges.

****

AH ! Eh ben, il a rencontré une fille pendant ses vacances et toutes les conneries qu’il faisait c’est pour que je casse avec !! Il continuait de lui écrire. Il se sentait mal. Ben oui, il me rendait folle avec ses conneries, il me blâmait parce que je ne faisais pas assez d’efforts alors que je lui donnais des chances depuis le début et pendant ce temps, Le Troll, se faisait aller le grand charme avec une greluche française ! Ah ! Il est chanceux que je ne lui envoie pas une pluie de poissons d’argent, la lèpre, une brique…

Faith

When I was in grade school and for a part of high school I was « religious ». I used to pray every night before going to bed, just like in the Metallica song. I was the kind of kid that wanted things to go right and thought that if I prayed hard enough things would be alright. I would have no bugs in my bed, it might get better with My Sister, I might become a good person, my parents could stop drinking, their plane would not crash when they would travel…

I rarely go to church and I don’t want to be a nun anymore (I had bouts or religious fervor which is congruent with bipolar highs). I don’t have my Prague Jesus anymore. I don’t have faith anymore either. And I discovered how much I was faithless when I wanted to adhere to Al-Anon’s thinking. I just didn’t believe anymore. I couldn’t put my life into the hands of a superior being or force. I just didn’t believe in it anymore and it really saddened me, even more than hearing all the other’s sob stories.

When I had my major depression at the age of 25, that I broke up with my boyfriend, that I lost all my faith in my job and in the company I worked for, that I had to let go of my friend (bipolar, drug addict and drinker), I just stopped having faith.

I felt empty with no one to speak to about this. It was a huge crisis. For the first time in my life I had no guiding light. I didn’t have this heat in my heart anymore, this belief that things would be okay. And in fact, things stopped being okay and became worse. I was a captainless ship on high seas.

Going to Al-Anon, I tried believing again. But it felt like believing in father Christmas. Useless.

I always believed that God was inside each of us and that’s what made our dreams a possibility. I had lost sight of that, I didn’t want to think about it after having lost everything. I didn’t drown myself in sorrow, I didn’t even think about it between the realization I was faithless and entering Al-Anon and rediscovering it again.

I now try believing in myself instead. Some experiences teach me I can have faith in others and some (too many) experiences tech me I can’t. I can’t put any energy and faith in my family. I can put it in friends. Men ? Well, I’m still waiting for the one I can have faith in.