Un petit bout de mon NaNoWriMo

Dédié à Martin Tremblay, natif de l’Annonciation

On a tous dans notre vie un ou des moments où on s’est tourné la langue sept fois dans la bouche avant de se taire. Par choix, par gentillesse, par peur, peu importe.

J’ai eu une relation complète de cette façon. Je ne sais même pas si c’était vraiment une relation puisqu’on ne s’est rien dit. On ne s’est rien dit qui ressemblait à ce qu’il y avait dans ma tête où je vivais mon fantasme de relation.

 

J’avais 20 ans quand on s’est rencontré. Il s’appelait…Martin, tiens, c’est assez simple. C’était l’ami d’un de mes colocs. Je vivais avec trois colocataires : Hugo, Guillaume et Benoît. J’allais à l’école avec Benoît.

 

J’avais tout un crush sur Martin. Je le trouvais « différent ». C’est sûr que comparé à mes colocs, tout le monde était pas mal différent. Mais, quand on est jeune, je pense qu’on veut tellement vivre quelque chose d’unique qu’on mise sur ces différences-là, celles qu’on perçoit. On mise sur le monde « original », « spécial ». Bref, Martin ne fumait plus de pot. Je n’en fumais pas mais mes colocs, oui. Et leurs amis et les amis de leurs amis. Il ne buvait pas autant que les autres ou ça ne paraissait pas.

 

Pendant que je faisais mes devoirs, il venait me voir et s’assoyait avec moi. Il me parlait de sa job un peu, il me posait des questions, il me lisait ses poèmes. Je n’aimais pas vraiment la poésie mais j’étais touchée par ce qu’il écrivait et j’étais flattée qu’il me lise ce qu’il écrivait. On ne se connaissait pas, et la poésie, c’est personnel. Je voyais un côté de lui que peu de gens voyaient. C’est ce que je pensais parce qu’il m’avait dit qu’il ne partageait ça avec personne.

 

On était tellement différents. J’étais straight, conformiste. Je portais du linge ordinaire : jeans, t-shirt, DocMarten’s. Mes cheveux étaient attachés la plupart du temps. Je ne pensais pas qu’il pouvait être intéressé par moi et j’avais éloigné de mes pensées l’idée qu’on soit ensemble. Je ne lui en ai pas parlé. Ma règle générale c’était de ne pas poser de questions, de ne rien dire. Je ne pensais pas qu’il était intéressé à moi. Point. Dans ma tête, il n’y avait pas de signes. Dans ce temps-là, je ne savais pas que « actions speak louder than words ». Je pensais que les mots étaient importants. Pour moi, les mots voulaient tout dire. Mais, c’était à l’autre de parler, pas à moi.

 

Lui, il avait les cheveux plus longs que les miens. Ses cheveux étaient raides et d’un beau brun chaud, avec des reflets presque roux. Ils étaient tellement doux. Parfois, il portait un kilt et ce qu’il aimait par-dessus tou c’était porter ses vieux t-shirts de groupes Heavy Metal. Avec ses bottes d’armée, sa guitare, ses cheveux longs et son kilt, il ressemblait à un bum. Je pourrais dire que c’était nouveau pour moi, mais, si j’y pense comme il faut…des bums il y en a eu avant lui. Mais, aucun bum qui lui ressemble.

 

Il travaillait avec Hugo. Il fallait qu’ils se lèvent très tôt pour aller travailler, alors Martin couchait à l’appartement au moins 4 soirs par semaine. J’étais contente de le voir aussi souvent, c’était une personne agréable. Quand il n’était pas là, je m’ennuyais de lui. J’espèrais toujours le voir. En fait, j’avais probablement l’air d’un chien qui cherche son maître, à faire semblant de rien mais à tourner la tête 360 degrés pour voir s’il était là. Pathétique, mais vrai.

 

Vu que je ne voyais pas de futur pour nous deux, j’ai commencé à voir quelqu’un d’autre…un autre ami de mes colocs. Après tout, je trouvais ça niaiseux de tripper sur lui comme ça, sans aucun encouragement. L’expérience m’avait enseignée que ça ne donnait rien de bon d’avoir des sentiments aussi forts pour quelqu’un.

 

 

Ce qui est ironique c’est que le gars qui a pris la place de Martin, je le trouvais de mon goût quand je l’avais rencontré et j’avais laissé tomber parce que je pensais ne pas l’intéresser. Grand, musclé, cheveux noirs, yeux sombres, une belle gueule. Il avait l’air relax en permanence. Tellement sexy dans ses jeans droites, ses bottes d’armée (Ben oui, un autre avec des bottes d’armée! Mais,lui, elles avaient vraiment servi à son training dans l’armée!). J’étais surprise quand il m’a démontré son intérêt. À ce moment, j’avais déjà rencontré Martin et je m’étais dit « aussi bien être avec le deuxième meilleur si je ne peux pas être avec le premier ». Et ce n’était pas comme si je ne le trouvais pas à mon goût. mais, je ne trippais pas dessus et je n’aimais pas son odeur. En plus, il m’avait dit qu’il allait étudier à Vancouver…ça voulait dire que je ne serais pas avec lui longtemps. Et je m’en foutais.

 

Mais, Martin et moi avons fini par nous rapprocher. Ça avait tout à voir avec le fait qu’on était seuls dans l’appartement et que je savais que je pouvais aller le voir ce matin-là. On s’est collé, on s’est massé les pieds. Ah, les pieds. C’est peut-être comme ça que j’ai développé mon fétiche… Je ne sais pas ce qui m’a passé par la tête, pourquoi je suis allée le voir ce matin-là, pourquoi je lui ai massé les pieds. Si c’était à refaire, j’irais prendre un café avec lui à la place. Mais, je ne buvais pas de café encore. Bref, on a couché ensemble.

 

Et c’était merveilleux.

 

Il fallait que je termine mon autre relation qui s’en allait nulle part rapidement. Je n’étais pas amoureuse, je me sentais seule et je voulais arrêter de penser à Martin. Pendant une semaine ou deux, je les ai vu les deux. Ça ne se pouvait pas que Martin ne sache pas pour l’autre. Surtout que Guillaume m’avait surprise un matin avec Martin et le lendemain avec l’autre. Je ne me suis jamais justifiée, personne ne m’a rien dit. Ils me jugeaient dans mos dos. Ça me faisait mal mais je n’ai rien dit.

 

 

Je ne sais plus comment j’ai terminé ça avec l’autre. Peut-être qu’on a juste arrêté de s’appeler, de se voir. Ou bien Guillaume lui a dit pour Martin. Ça avait peu d’importance. Être avec Martin était le meilleur moment que je vivais de l’année, et même le meilleur moment que je vivrais pour plusieurs années. Il me faisait rire, il faisait des folies. Il était gentil avec moi et tendre. Je me sentais proche de lui. C’était peut-être dans ma tête. Je ne me rappelle aucune conversation…aucune parole ne m’a marquée. À part sa ville natale et le nom de son ex. Il voulait avoir des enfants plus tard et voulait que sa fille s’appelle comme son ex (si c’est pas un drapeau rouge gros comme la tour SunLife, ça, je sais pas ce que c’est).

Je sens encore ses bras autour de moi et ses cheveux sur ma peau. Il me semble que je revois le soleil sur les murs blancs de ma chambre, la porte ouverte sur une rue Saint-Denis bruyante. Je me sentais heureuse et légère avec lui. La dépression semblait lointaine; la police, la cour municipale, mon trouble bipolaire, l’agression subie pas longtemps avant semblaient irréels. Je me sentais comme si j’avais changé de peau, changé de vie. C’est dans cette vie-là avec lui que je voulais être et rester. Je voulais que ça dure, que le silence dure, que l’impression de compter pour quelqu’un dure.

Il avait l’habitude de m’attendre dans ma chambre, assis sur mon lit, quand je finissais de travailler tard et que je devais rentrer en autobus. Il attendait dans le noir que j’arrive. J’étais fatiguée mais toujours contente de le voir. Toujours très contente de ne pas parler, de le laisser me déshabiller, de l’embrasser.

« Les oreillons » de Tricot machine a sûrement été écrite pour notre histoire d’amour ordinaire. Je ne me suis jamais rendue à son oreille. Mais, je ne le pensais pas moins pareil. On marchait ensemble, on s’assoyait sur un banc de la rue St-Hubert pendant la nuit. On regardait les vitrines. J’avais toujours l’impression que ça allait sortir de sa bouche ou de la mienne. Comme une paire de poissons, notre bouche s’ouvrait puis se fermait sans un son. Le cri des poissons, ça doit être des je t’aime silencieux qui résonnent. Je n’étais jamais capable de le dire. Il ne l’a jamais dit.

 

Je venais d’être diagnostiquée bipolaire, j’étais déménagée à Montréal pas longtemps auparavant et j’avais rompu une relation extrêmement passionnée quelques mois avant de rencontrer Martin. J’étais très triste. Je voulais mourir ou devenir religieuse dans un couvent. Aucune de ces options n’en était une.
À force de me taire, de piler sur mes sentiments pour lui, j’ai créé un bouchon et l’illusion que je ne l’aimais pas. Je n’étais pas amoureuse et c’était juste pour le fun.

La fin du printemps est arrivé avec la fin de session. L’été approchait. Martin est parti chez ses parents en me disant qu’il appellerait. Il n’a pas appelé.

Il est revenu après quelques semaines que j’ai passées entre l’agonie et l’espoir, les questionnements et la colère. On a été marcher puis on est revenu chez moi. On s’est retrouvés. Il a dit qu’il avait perdu mon numéro de téléphone.

Il est reparti en disant qu’il appellerait. Il n’a pas appelé.

J’étais très triste et je me répétais que je n’étais pas amoureuse. Lorsqu’il est revenu, tous les colocataires étaient partis. J’avais des nouveaux colocataires et j’avais un nouveau chum qui, je le savais, ne partirait pas. J’étais déchirée. Mon coeur débattait, je pensais faire une crise cardiaque. J’aurais voulu balayer mon chum sous le tapis et aller dans ma chambre avec Martin. J’aurais voulu hurler ma frustration. J’aurais voulu hurler que ça ne se faisait pas de partir et revenir comme ça ! Mais, non. J’ai fait la fille qui s’en foutait et que c’était donc une belle surprise de le revoir, que faisait-il donc dans le coin !? Je te présente mon chum, mes nouveaux colocs.

Je ne l’ai plus revu.

Inconsciemment, je le cherchais partout et je le voyais partout. Mon coeur bondissait douloureusement dans ma poitrine quand je voyais un homme avec les cheveux longs dans la foule, par la fenêtre d’un autobus, dans le métro…dans une revue, à la télé…dans ma soupe, au travail…dans mes rêves… J’attendais qu’il cogne à ma porte en me disant qu’il était revenu.

 

Six ans plus tard, je racontais cette histoire à une psychologue que je voyais pour un problème de couple. C’était la première fois que j’en parlais. Je m’étranglais dans mes mots, le bouchon dans ma gorge m’étouffais, je pleurais et je répétais que je n’étais pas amoureuse. « Vraiment ? » m’a-t-elle demandé. « Je crois que tu l’es. » Et j’ai craqué. J’ai pleuré encore plus fort et j’ai dit que oui, je l’aimais. Je l’ai enfin avoué et maudit que ça faisait mal. Ce trou que je ressentais mais que j’essyais de combler avec mon chum, mes chats, les biscuits, le chocolat, la job, des pensées pour le futur…il était béant. Il faisait mal. Je pensais me vider…je sentais que le bonheur illusionnel que je m’étais créé coulait, suintait de ce trou-là et que tout ce qu’il resterait c’est de l’amertume, de la tristesse. C’était ce qui ressemblait à la fin du monde à mes yeux. Assise sur un petit fauteuil rembourré, une boîte de kleenex sur les genoux, j’entendais mon coeur craquer. Se briser.
Puis, le deuil s’est terminé. Éventuellement. J’ai arrêté de le chercher partout. J’ai gardé mon histoire en moi jusqu’à maintenant. Je n’en avais même pas parlé à mon chum avec qui j’ai cassé quelques semaines après cette rencontre avec la psychologue.

Je ne dis pas que je ne le cherche pas sur Facebook ou LinkedIn des fois. Mais savez-vous il y en a combien des Martin Tremblay ? Beaucoup. Et en quelque part, je suis contente de ne pas le trouver. Que pourrais-je bien lui dire ? « Je t’aimais. Tu avais le plus merveilleux des sourires. »

En route vers Toronto

Le vendredi 25 février 2005

En route vers Toronto, dans le train.
Hier, j’ai eu une surprise, une méga récompense. J’ai eu un email et un appel de P., un ancien chum que j’avais à 19 ans.

Nous étions tout feu tout flamme. Jaloux, possessifs, entêtés, irraisonnables et fous, on s’aimait comme ça n’avait pas d’allure. Certaines expériences et aventures n’ont jamais été recommencées avec d’autres et n’avaient pas à l’être. Et, à part pour mon voyage magique à l’Île d’Orléans il y a deux ans, l’été passé avec P.R. a été le plus bel été de ma vie. J’ai adoré nos balades en voiture, la musique à fond la caisse, les pieds par la fenêtre, j’étais un peu délinquante et déchaînée… Je le poussais à piquer la voiture de sa mère, je le poussais à ne pas porter de sous-vêtements… P. et moi, c’était les chicanes en plein milieu de la rue, les balades à vélo la nuit, sa mère qui appelle mes parents pour savoir où il est, la sexualité débridée de deux jeunes adultes aux émotions troublées, les crises de colère et de larmes.

Ce gars-là faisait des choses pour moi que j’étais incapable d’apprécier. J’étais spontanée comme je l’ai rarement été par la suite. J’ai été traitée comme une reine pour ma fête quand j’ai eu 20 ans. C’était le gars le plus affectueux, le plus dévoué que j’aurais pu connaître. Moi, j’étais folle. Folle.

Quand je suis déménagée à Montréal, mon moral a pris une drop. Ma vie s’est brisée, je ne trouvais plus mes repères. P. était là, mais loin. Il prenait la peine de faire le chemin de notre ville natale jusqu’à Montréal juste pour taper dans ma fenêtre. Je l’appelais et il m’appelait plusieurs fois par jour et toujours à 18h pendant le 6 à 6 de CKOI. J’étais tellement triste, seule à Montréal, et tellement dépendante de lui.

Personne n’avait jamais pris la peine de me chercher sur Internet et de faire le pas de me contacter de cette façon-là. Je suis surprise et enchantée, d’autant plus qu’il s’est « enmieuté ». Si c’est possible. C’est le dernier homme (c’était déjà un homme à 18 ans) qui m’a fait de l’effet juste en se déshabillant, en me regardant. Grand, belles épaules, P.  sent bon, et a un sourire d’enfer. Soupir. Désir charnel quand tu nous tiens. C’est pour ça que l’amitié entre hommes et femmes, ce n’est pas toujours une bonne idée.

Il a appelé quand il a dit qu’il le ferait. Il a été de bonne humeur malgré sa fatigue. Il est énergique et en forme bien qu’il travaille de nuit. Moi, j’avais une crainte : qu’il change d’idée, qu’il cancelle. Mais, non. Ce matin, il a rappelé pour qu’on y aille et peu de temps après, il était chez moi aussi beau et grand que dans mon souvenir.

Ce matin, nous sommes allés déjeuner au Cartet et jamais une rencontre n’a été aussi spontanée et joyeuse. Je suis charmée et c’est réciproque ! Pourtant, hier, tout semblait partir amicalement selon son courriel. Ma sœur a dit : « On ne sait jamais. » Puis, c’est P. qui l’a dit aujourd’hui. Qui sait ? Je n’ose pas y penser de cette façon. Je ne voudrais pas être déçue.

À partir d’ici, tout ce que j’ai à faire est être moi-même. Comment faire autrement avec quelqu’un qui me connaît, qui se rappelle tout ce qui fait que je suis moi-même ? Il se souvient de tous les détails. Rien de ce qui a gossé les autres ne le dérange, il a toujours trouvé bien que je lise autant, que je m’intéresse à l’art, et que je cuisine… Lui, s’intéresse à la philo, la psycho, aux évènements courants. Il est curieux et m’a déjà appris quelque chose que je ne connaissais pas sur le dôme de l’Oratoire Saint-Joseph. Je trouve ça pas mal cool. Il trippe encore sur la musique techno et va aller au Bal en blanc bientôt.

Je suis impressionnée malgré moi. Il a été constant et s’est renouvelé à la fois. Il est devenu plus mature et plus sage. Il ne parlait pas comme ça avant. Je suis consciente d’avoir changé moi aussi en 10 ans, mais, lui… Il parlait du couple et, je me demandais où signer le contrat. Depuis quand les hommes savent-ils quoi dire ? Depuis quand les hommes, un homme, se chargent-ils de me convaincre réellement ? Je peux dire sincèrement que le seul qui ait réussi à me convaincre qu’il ferait attention à moi c’est P.B. Il ne savait pas dans quoi il s’embarquait, mais, bon, on s’est bien débrouillé. Quant à P., même s’il demeure un ami, il me donne le goût d’être mieux, de faire mieux. J’ai arrêté de me sentir seule dès le moment où je l’ai entendu au téléphone. C’est pathétique, incroyable et merveilleux. Est-ce que c’est ça le sentiment de retrouver quelqu’un ? De retomber en amour ? Je ne sais pas. Il me donne le goût de voyager, de ramasser mon argent, de conduire ! C’est trop dingue. 24h, c’est tout ce que ça prend.

J’ai eu l’impression très forte d’ « être enfin à la maison » quand j’ai touché H. la première fois. Au festival de jazz, sur de Maisonneuve, dans les gradins nous nous sommes touchés et je savais que j’avais trouvé quelqu’un de spécial, mon âme sœur. Je ne savais pas que trouver une âme sœur ne voulait pas nécessairement dire qu’il fallait sortir avec juste parce que c’est quelqu’un du sexe opposé.

Ce qui m’a soulagée c’est d’apprendre que P. et moi, on s’est connu assez longtemps pour qu’il sache pour ma maladie, mes médicaments et plein d’autres choses. Je ne savais plus s’il était au courant. C’est drôle, mais, pour moi, ça fait une différence. P. est maintenant la personne que je connais depuis le plus longtemps puisque je l’ai connu un peu avant V.

Vendredi soir, chambre du Primrose Best Western
Aaaaaaahhh, une chambre d’hôtel de luxe juste pour moi. My God, j’adore. Pas de distractions qui m’empêchent d’étudier des documents importants, sauf…écrire. Bof, je m’en crée des distractions. Penser à I’m-too-sexy-P.R., penser à P.P.-je-suis-trop-occupé-pour-toi qui a appelé avant que je parte, ma pizza super épicée, la télé plein de postes, les petits savons et autres gadgets offerts par l’hôtel et la vue magnifique sur la ville ! Ma vie va bien quand je peux me réjouir de si petits plaisirs !

J’ai fait venir une pizza grecque qui a coûté trop cher. J’avais faim. Je suis en pyjama à 19h34. Le train est arrivé en retard et je ne me vois pas faire des choses toute seule ici. Je n’aime pas me faire suivre. Mais, s’il y avait un Jean-Coutu ou un Shopper’s Drug Mart à côté, j’irais ! C’est tellement le fun de magasiner ailleurs, ils n’ont pas les mêmes choses. Il y a un cinéma près de l’hôtel, mais, ça ne me tente pas. J’ai pas mal de lectures à faire. Tantôt, je veux prendre un bain ! Oooouuuuuuuuuhhhhh exciting ! Oui, ce n’est pas mon bain ! Coooool. Un rien m’amuse.

C’est comme dans le métro. Je suis fascinée quand je viens à Toronto. Toutes leurs pubs sont orientées sur la santé, l’éducation et plein d’autres trucs fous qu’on n’a pas. Oublie les films, les universités, les affaires plates de téléphone. À Toronto, il faut lire les pubs, ils en ont partout et elles ne se ressemblent pas. Je ne sais pas comment expliquer ça. C’est « sociétaire » ? Tantôt, j’ai vu une devinette sur un panneau dans mon wagon. Évidemment, j’ai été incapable de la décoder, je ne suis pas très bonne là-dedans, mais j’ai lu le reste : vous ennuyez-vous encore ? quelque chose du genre et c’était une pub de la TTC, la compagnie de métros. Ils font plein de pubs divertissantes. En tout cas, moi, je trouve que c’est amusant, je réfléchis dans ce métro-là. En plus, il est propre, les bancs sont beaux et il est aéré. Les portes qui mènent vers l’extérieur sont ouvertes alors l’air circule. De plus, les wagons sortent de la terre ce qui fait qu’on est moins oppressé.

Je crois que la rue qu’on voit de ma fenêtre c’est la rue Carlton. La ville de Toronto est tellement droite. C’est presque impossible de se perdre. Tout à l’heure j’ai tout de même planifié mon trajet pour demain et dimanche. Une ligne droite finalement. Hé hé. J’ai ouvert mes rideaux, je vois les lumières des voitures, les lumières des hôtels, des buildings, c’est beau. Est-ce que je suis une fille de ville tant que ça ? Moi qui rêve des grands espaces ?

Bien oui, P.P.-The-Jerk a appelé. Maudit pas fin. « Si t’as besoin de quoique ce soit, appelle-moi pis je m’en viens ». Hein ? À Toronto ? « Ben oui ». Tu vas dropper tes affaires pis venir me chercher dans une autre province si je te dis que je suis dans le trouble ? « Oui. » J’en suis toujours pas revenue et je ne le crois pas. Crisse, le gars n’est pas là de toute l’année pis là, Môssieu l’important Trou-du-Cul ayant gagné le trophée de l’année Merde-de-2004-2005, me dit ça avant que je parte et alors que je m’en vais déjeuner avec Monsieur Presque-Parfait-Shortcake-à-la-Fraise-vient-quej’telichepartout ! Y’a l’don de faire chier. Ou d’être fin aux moments les plus pas corrects.

Si j’ai besoin de quelqu’un c’est P.B. que je vais appeler. Lui, il est toujours là et pis, c’est sa carte de crédit que j’ai dans les poches. Ah !

Je pense à P.R. et je morve parce que je ne pensais pas que ça se pouvait être aussi heureuse juste à cause d’un ami. Hum. J’ai eu a very eventful week. La blonde de P.B. qui m’écrit, je flush P.P., P.R. qui sort de la brume, Toronto.