Coeur brisé = Dépression

La capacité à s’abîmer dans les idées noires en temps de rupture amoureuse est familiale ça a l’air.

Ma petite soeur s’est encore fait joué un tour par son moron de Y. Elle est donc déprimée de nouveau. je la vois se ronger, y penser. Je l’entends se traiter de niaiseuse. Son estime est sous zéro, son dos est courbé, elle perd son appétit et deviens maigre.

Je pourrais lui dire que ça va passer. Je pourrais lui dire « un de perdu, dix de retrouvés ». Je pourrais lui dire « botte-toi le cul ». Rien de ça ne fonctionnera. Il faut vivre sa tristesse, pleurer, être en colère, pour pouvoir passer à autre chose.

Ce que je lui dis c’est que c’est normal d’avoir mal, d’être triste et en colère quand on se fait laisser après avoir investi du temps, nos émotions et nos rêves dans quelqu’un qui ne le méritait pas. Pour chaque personne, ça passe plus ou moins vite. Plus grandes sont nos illusions, plus ça fait mal.

Je l’aime ma soeur. Ça me fais mal de la voir aussi triste. Je sais ce qu’elle traverse. Les nuits blanches, la gorge serrée, la couverte mouillée, la grisaille.

Je vais l’appeler plus souvent. Elle ne sait pas qu’il faut qu’elle appelle quand elle a besoin de parler. Elle ne sait pas que tout se passe et que quand une porte se ferme, une autre fenêtre s’ouvre.

 

Blues

19 février 2005

Je suis assise dans ma cuisine. J’écoute Carmina Consoli en attendant que mes biscuits finissent de cuire. Ces biscuits, je ne les mangerai probablement pas, je les vendrai et je les donnerai. Je fais de bons biscuits. En fait, mes biscuits sont excellents. Pourquoi, ne les mangent-je pas ? Parce que je n’ai jamais faim pour ce que je me fais quand je suis seule.

De toute façon, je n’ai pas très faim en général. Je ne suis pas anorexique. J’ai presque mon poids santé, mais, pas tout à fait. Mais, mon poids est stable depuis 2000. Ce soir, aujourd’hui, toute la semaine, ce mois-ci, cette année, je suis triste.

Mes amis ne savent plus quoi faire pour me rendre « mieux ». C’est mon meilleur ami qui m’a donné cet ordi. Mais, rien ne me fait rire comme avant. Rien ne peut me rendre mieux.

En 2004, et en ce début de 2005, j’ai rencontré l’amour et je l’ai perdu, j’ai eu un avortement, j’ai travaillé jusqu’à en perdre l’esprit, j’ai eu un coup de foudre qui s’est soldé par un échec, j’ai tout donné jusqu’à ne rien garder pour moi, je me suis fait mal à la cheville et j’ai dû arrêter toutes mes activités sportives, j’ai fait le deuil de ma relation avec ma sœur, mon meilleur ami s’est fait une blonde, ma chatte de dix ans est morte, j’ai retrouvé mon ex et je l’ai reperdu, j’ai passé les Fêtes seule.

Ma vie est chaotique. Les seuls succès que je remporte sont au travail. Mon estime est à zéro, mon énergie est à zéro, je ne m’en vais nulle part. Les seuls hommes qui s’intéressent à moi veulent mon corps, celui qui m’aime a peur de moi, les autres sont intimidés. Je suis seule. Seule dans mon emploi. Seule dans ma vie. Seule à vivre comme je vis, toujours à travailler comme une dingue puis, à être zombie chez moi.

Je n’ai pas envie de sortir et je n’ai pas envie de nouveaux amis. Je vais passer à travers de ce que je vis comme je passe à travers tout. Mais, je trouve ça dur. Je suis déçue. Je suis triste. Je me sens lourde à l’intérieur de moi. Je me sens comme si je ne serai plus jamais la même, comme si je ne serai plus capable de croire quelqu’un. C’est déjà tellement difficile de trouver quelqu’un. Quand on finit par rencontrer la bonne personne, on s’aperçoit trop vite que tout n’est que mirage. Le voile tombe, il faut déjà partir.

Je n’en peux plus d’être adulte. Je n’en peux plus de ne plus savoir c’est quoi l’amour, de me poser des questions, de tout analyser. Je voudrais seulement aimer et vivre. Je veux vivre mes rêves. Je ne veux pas savoir que j’ai une amie qui n’aime plus son chum mais qu’elle reste avec lui quand même. Je ne veux plus savoir que mon ami n’a jamais su c’était quoi être amoureux et qu’il fait semblant d’être amoureux. Je ne veux plus savoir que mon autre ami n’aime pas sa blonde mais qu’il reste avec parce qu’ils ont une belle complicité. C’est trop dur ! Je veux croire à l’amour ! Je le veux, moi, l’amour ! Je veux être aimée et je veux aimer !

Et, pourquoi je ne l’aurais pas ? Je mérite d’être aimée. Je ne vois pas pourquoi un homme ne m’aimerait pas, un jour, comme je suis. Malgré mes défauts. Et, avec mes qualités. Je trouve juste ça long d’attendre et de repousser, de ne pas avoir le goût. Je suis jolie, intelligente, passionnée, aimante, pétillante, cultivée, bonne communicatrice, dynamique, pleine d’humour… Je suis créative, bonne cuisinière, bilingue, je suis une peintre colorée, je dessine bien, je m’intéresse à plein de choses, je suis sportive en autant que ça soit individuel…

Pourquoi, hein, pourquoi un gars ne s’intéresserait pas à moi ? Je suis grognonne le matin; si je ne connais pas la personne, je ne veux pas qu’elle me demande comment ça va; je ne suis pas diplomate, je suis exigeante avec moi et les autres, je suis intolérante envers ceux qui ne « sont pas capables », ceux qui sont profonds comme une casserole et j’ai ben de la misère avec ceux qui pensent juste à voyager.

Je suis déprimée en automne, agressive en hiver, irritable au printemps et pas si pire en été. Je ne sais jamais ce que je veux, je suis contradictoire, j’aime, j’aime pas, je suis stressée.

À part les décisions professionnelles ça fait des mois que je ne me fais plus confiance pour prendre une décision. Je ne fais confiance à personne parce que je ne les connais pas et je ne veux pas les connaître parce que les gens me déçoivent.

Finalement, ma vie m’épuise. Je m’épuise.

Oui, je vois une psy. Ça ne m’aide pas vraiment à voir plus clair dans mes relations amoureuses. Juste à respirer par le nez une fois de temps à temps. C’est de famille virer sur le top. Ma mère m’a déjà lancé un poulet qu’elle venait de faire cuire parce que je riais d’elle. Quand j’étais plus jeune, et moins stable, j’ai déjà lancé des ciseaux. Et un cadre. Je ne fais plus ça, je considère que :

1. C’est dangereux;

2. C’est du chantage émotionnel;

3. Je pourrais me ramasser dans le trouble.

4. Je pourrais tuer quelqu’un.

Pas de contrôle

26 mai 2006

Je me sens tellement fatiguée et lourde. La tristesse commence à rentrer. Je suis tannée aussi de ces relations-là qui ne vont nulle part. Il faut que je me rappelle que si j’ai rompu avec le Troll c’est justement pour être seule, savoir ce que je veux pour ne plus avoir à vivre ça.

Mais, je trouve très dur de voir comment on était ensemble, d’entendre ses commentaires, de voir comment il redevient. Il recommence à dormir au travail. Je ne peux pas contrôler sa vie mais ça me fait de la peine.

Dépression majeure

Décembre 1999

After learning big bad info on my family, I went into denial, then my body somatized and then I went into depression. My boyfriend dumped me in December. I was already researching my illness because my meds were not working very good and I changed my doctor and my meds.

I lost 50lbs and became the thin me I was when I was 20 years-old, the awckward me I was. It took me months to recover me with my meds, years to recover from the breakup.

I felt abandoned, even worse, stabbed to death, betrayed. We were together for three years and a half, he told me he loved me everyday and wanted to marry me which was the reason I hanged in there. He was leaving me when I needed him most.

I was dependent of him, I couldn’t live alone, I was afraid of what would happen if I was alone and depressed. I was sad all the time, tired, and ate mostly soups and crackers at dinner time. The rest of the day I was too depressed to eat, I felt like water was crushing me and I couldn’t swim anymore, I had survived all these years and now, I was drowning…