Hypersensible, le pôv monsieur

1er novembre 2005

Je viens de passer deux heures au téléphone avec J-F. La conversation s’est mieux déroulée que les précédentes. Il est clair qu’il a de la misère à « dealer » avec ce que je lui ai raconté sur mon passé.

Je regrette de le lui avoir raconté. En même temps, ça me fait voir des choses de lui. Hypersensible, il se sent visé par tout. Et là, il pense que je vais le laisser s’il fait ou dit quelque chose qui me rappelle ce que j’ai vécu.

Je vis dans The Matrix

19 septembre 2007

Does it happen to you that you feel like most people live in an illusion, concentrating on material things, never really living true emotions or talking about real stuff; never asking themselves questions about the world, their Self or taking hold of their spiritual environment ?

I feel like I live in the Matrix, surrounded by people who live like this. And I feel like everything is an illusion and will not last for ever. The sun is shining now. But it may not be shining tomorrow.

I know that we are conceived a blank slate, fresh and pure, full of possibilities. When we are born we are already on a journey influenced by what happened while we were growing inside the womb and we already have the possibility to become good or evil. I can’t just be bubbly. I sense and see and feel what surrounds me. I can’t be in denial thinking nothing is ever going to happen to me, I know what is out there. There is a Power greater than us but there is not just A Power there is more.

Denying this is what gets me in trouble with myself and denying what I feel in general is what gets me in trouble with myself and others. Usually I just shut up. I won’t anymore.

Perception et obligation

Je suis en train de lire sur l’approche phénoménologique de Rogers quand je lis cette phrase (pas pour la première fois et elle me saute à la figure chaque fois) : « Les individus se comportent toujours de manière à conserver et à confirmer la perception qu’ils ont d’eux-mêmes ».

Et il y a ce mot qui revient toujours : perception.

Ça revenait toujours en thérapie. On était souvent dans le domaine de la perception. Comment je perçois les choses par rapport à comment une autre personne perçoit les mêmes choses. Chaque personne vit les choses différemment. Ce qui est traumatisant pour moi va passer six pieds au-dessus de la tête de quelqu’un d’autre. Ce qui me laisse indifférente va vraiment fâcher quelqu’un d’autre.

Puis, il y a la perception qu’on a de soi-même. Une de mes amies se perçoit comme quelqu’un qui a toujours besoin d’aide, qui n’a pas le choix, qui est perdue. Comme la phrase le dit plus haut, les gens se comportent de façon à conserver et confirmer la perception qu’ils ont d’eux-mêmes…mon amie persiste à dire qu’elle se perd toujours, qu’elle est incapable de trouver son chemin seule, elle refuse qu’on lui explique où est le nord. Elle se voit comme une personne vulnérable. Moi, je ne la vois pas du tout comme ça.

Je ne sais pas pourquoi, mais rendue là dans mes réflections, je me rappelle chaque fois comment j’avais dit à ma psy que je ne m’attachais pas à elle. Comment pourrais-je m’attacher à quelqu’un que je paie ? Elle n’a pas le choix de m’écouter, je la paie. Elle travaille pour moi.

Pis ça me rappelle comment je disais à ma mère qu’elle n’avait pas le choix de m’aimer ou de s’occuper de moi parce que c’est ma mère. C’est à ce moment que ma mère m’a appris que…elle ne devrait peut-être pas me dire ça mais…il y a des mères qui n’aiment pas leurs enfants, qui ne s’en occupent pas. J’étais surprise mais pas tant que ça. Ça ne m’a pas troublée. mais, en ce moment, je vois un parallèle entre ce que j’ai dit à ma mère et ce que j’ai dit à ma psy.

Un p’tit melting pot, ce soir.

Après mon post d'hier

Après mon post d’hier, que j’ai relu, je me suis rendue compte de quelque chose.

Avant, quand je rencontrais quelqu’un, je me faisais tout un tas d’histoires. Au moment où j’ai écrit ça, j’avais 17 ans, je venais de commencer le cégep et j’étais dans un high après avoir été dans un down. Je reconnais un high à cause des « pressentiments », des idées que j’avais sur la mort, de l’intensité de mes sentiments et, entre autres, d’y aller pas mal plus fort que dans ce que je ressentais vraiment.

Quoique…quand on aime quelqu’un, quand on rencontre quelqu’un pour la première fois (c’était mon 2e chum sérieux), on pense qu’on aimera plus jamais de cette façon.  On pense qu’on aime que lui, qu’il n’y en aura plus jamais d’autres hommes après celui-là, que mieux vaut mourir que de vivre sans lui.

Et je comprends pourquoi les filles qui parlent de leur chum comme s’il avait changé leurs vies me tapent sur les nerfs. Parce que j’étais comme ça, dépendante, mélodramatique, irréaliste.
High.

Ce qu’on reporche aux autres… le plus souvent c’est ce qui nous déplaît dans notre propre personne. Ce n’est pas l’inconnu mais ce qu’on reconnaît.

Surprise

11 mai 2007

Comme quoi la vie réserve des surprise. Alors que mes soeurs n’ont toujours pas répondu, mes parents ont répondu de la France.

Bonjour,
Nous venons de recevoir ton message et nous sommes contents que les choses soient dites sur la facon dont tu ressens les choses.
Nous ne sommes malheureusement pas tres organises pour te repondre longuement car nous sommes dans le hall d’ un hotel.
Nous en discuterons si tu veux bien, a notre retour.
Nous t’embrassons tres fort,

A bientot, Maman et P. XXXXXXXX

Bien sûr, je suis soulagée par cette réponse. Je me sens moins abandonnée. Après tout, ça fait des semaines que je me sens en peine d’amour. Parce que c’est ce que c’est, une peine d’amour, je fais le deuil de ma famille. Plus rien ne sera jamais comme avant.

Ça faisais depuis le mois d’octobre que je n’avais pas parlé à Ma Soeur. J’attendais qu’elle réalise qu’il se passe « quelque chose ». Rien. Jusqu’à ce qu’elle me dise que je peux aller chez ma marraine à la Fête des mères puisqu’elle ne sera pas là. Soit elle n’est pas très perspicace, soit elle ne veut rien savoir. Je penche pour la deuxième option.

C’est bien plus facile de faire semblant de rien. Glou-glou-glou. Let’s go, on planifie des Garden Partys, on s’achète des p’tits souliers, on peinture la maison, on mange des crevettes, la vie va être plus belle. Y’en aura pas de problèmes si on mange du steak à 13$.

Frrrrr.

Remise en question

29 octobre 2005

Qu’est-ce qui m’apporte de la joie ? Qu’est-ce qui est inacceptable ? Qu’est-ce que je répète et qui me tanne au point que je voudrais partir ?

N’est-ce pas une permission cette question, cette phrase : « Qu’est-ce qui me dit que tu ne vas pas partir pour t’occuper de toi? »
Aussi bien y aller puisqu’il me dit ne pas tenir à ce que je reste. La porte semble grande ouverte. Sa blessure aussi.

Ce n’est pas un homme joyeux. Et moi, avec lui, qui suis-je ? Sommes-nous vraiment bien ensemble ? Ou seulement par instants ?

Et cette incapacité à communiquer ? Et ce ton qu’il prend avec moi ? C’est si facile de rejoindre ma colère et il est si cynique.

Blues

19 février 2005

Je suis assise dans ma cuisine. J’écoute Carmina Consoli en attendant que mes biscuits finissent de cuire. Ces biscuits, je ne les mangerai probablement pas, je les vendrai et je les donnerai. Je fais de bons biscuits. En fait, mes biscuits sont excellents. Pourquoi, ne les mangent-je pas ? Parce que je n’ai jamais faim pour ce que je me fais quand je suis seule.

De toute façon, je n’ai pas très faim en général. Je ne suis pas anorexique. J’ai presque mon poids santé, mais, pas tout à fait. Mais, mon poids est stable depuis 2000. Ce soir, aujourd’hui, toute la semaine, ce mois-ci, cette année, je suis triste.

Mes amis ne savent plus quoi faire pour me rendre « mieux ». C’est mon meilleur ami qui m’a donné cet ordi. Mais, rien ne me fait rire comme avant. Rien ne peut me rendre mieux.

En 2004, et en ce début de 2005, j’ai rencontré l’amour et je l’ai perdu, j’ai eu un avortement, j’ai travaillé jusqu’à en perdre l’esprit, j’ai eu un coup de foudre qui s’est soldé par un échec, j’ai tout donné jusqu’à ne rien garder pour moi, je me suis fait mal à la cheville et j’ai dû arrêter toutes mes activités sportives, j’ai fait le deuil de ma relation avec ma sœur, mon meilleur ami s’est fait une blonde, ma chatte de dix ans est morte, j’ai retrouvé mon ex et je l’ai reperdu, j’ai passé les Fêtes seule.

Ma vie est chaotique. Les seuls succès que je remporte sont au travail. Mon estime est à zéro, mon énergie est à zéro, je ne m’en vais nulle part. Les seuls hommes qui s’intéressent à moi veulent mon corps, celui qui m’aime a peur de moi, les autres sont intimidés. Je suis seule. Seule dans mon emploi. Seule dans ma vie. Seule à vivre comme je vis, toujours à travailler comme une dingue puis, à être zombie chez moi.

Je n’ai pas envie de sortir et je n’ai pas envie de nouveaux amis. Je vais passer à travers de ce que je vis comme je passe à travers tout. Mais, je trouve ça dur. Je suis déçue. Je suis triste. Je me sens lourde à l’intérieur de moi. Je me sens comme si je ne serai plus jamais la même, comme si je ne serai plus capable de croire quelqu’un. C’est déjà tellement difficile de trouver quelqu’un. Quand on finit par rencontrer la bonne personne, on s’aperçoit trop vite que tout n’est que mirage. Le voile tombe, il faut déjà partir.

Je n’en peux plus d’être adulte. Je n’en peux plus de ne plus savoir c’est quoi l’amour, de me poser des questions, de tout analyser. Je voudrais seulement aimer et vivre. Je veux vivre mes rêves. Je ne veux pas savoir que j’ai une amie qui n’aime plus son chum mais qu’elle reste avec lui quand même. Je ne veux plus savoir que mon ami n’a jamais su c’était quoi être amoureux et qu’il fait semblant d’être amoureux. Je ne veux plus savoir que mon autre ami n’aime pas sa blonde mais qu’il reste avec parce qu’ils ont une belle complicité. C’est trop dur ! Je veux croire à l’amour ! Je le veux, moi, l’amour ! Je veux être aimée et je veux aimer !

Et, pourquoi je ne l’aurais pas ? Je mérite d’être aimée. Je ne vois pas pourquoi un homme ne m’aimerait pas, un jour, comme je suis. Malgré mes défauts. Et, avec mes qualités. Je trouve juste ça long d’attendre et de repousser, de ne pas avoir le goût. Je suis jolie, intelligente, passionnée, aimante, pétillante, cultivée, bonne communicatrice, dynamique, pleine d’humour… Je suis créative, bonne cuisinière, bilingue, je suis une peintre colorée, je dessine bien, je m’intéresse à plein de choses, je suis sportive en autant que ça soit individuel…

Pourquoi, hein, pourquoi un gars ne s’intéresserait pas à moi ? Je suis grognonne le matin; si je ne connais pas la personne, je ne veux pas qu’elle me demande comment ça va; je ne suis pas diplomate, je suis exigeante avec moi et les autres, je suis intolérante envers ceux qui ne « sont pas capables », ceux qui sont profonds comme une casserole et j’ai ben de la misère avec ceux qui pensent juste à voyager.

Je suis déprimée en automne, agressive en hiver, irritable au printemps et pas si pire en été. Je ne sais jamais ce que je veux, je suis contradictoire, j’aime, j’aime pas, je suis stressée.

À part les décisions professionnelles ça fait des mois que je ne me fais plus confiance pour prendre une décision. Je ne fais confiance à personne parce que je ne les connais pas et je ne veux pas les connaître parce que les gens me déçoivent.

Finalement, ma vie m’épuise. Je m’épuise.

Oui, je vois une psy. Ça ne m’aide pas vraiment à voir plus clair dans mes relations amoureuses. Juste à respirer par le nez une fois de temps à temps. C’est de famille virer sur le top. Ma mère m’a déjà lancé un poulet qu’elle venait de faire cuire parce que je riais d’elle. Quand j’étais plus jeune, et moins stable, j’ai déjà lancé des ciseaux. Et un cadre. Je ne fais plus ça, je considère que :

1. C’est dangereux;

2. C’est du chantage émotionnel;

3. Je pourrais me ramasser dans le trouble.

4. Je pourrais tuer quelqu’un.