Maudite communication, maudits secrets

J’ai été tellement toute seule longtemps. Peu d’amis, une famille que j’haïssais, des chums insignifiants, pas importants. J’ai été seule dans une famille de cinq, seule dans un couple, seule toute-toute-seule. Seule face à un agresseur, seule face à l’échec, seule devant le temps qui s’étire, qui finit pus.

Entre les secrets qu’on m’a demandé de tenir, les miens que je ne pouvais pas raconter, les choses que j’ai découvert par hasard, j’ai ressenti beaucoup de colère.Il y a, en plus, les choses « pas importantes » qu’on tait. J’ai découvert la solitude. Le silence.

Je ne sais pas combien de fois j’ai tu des choses vraies, des émotions intenses, des malaises profonds. Je ne sais pas combien de fois je suis allée seule à l’hôpital sans en parler à personne ou en faisant semblant que ce n’est pas grave. Combien de secrets j’ai gardé, importants ou non. Des secrets sur des viols, de l’inceste, des maladies mentales, ces choses qui devraient être dites. Des secrets niaiseux sur qui reçoit un plus gros cadeau, qui a un blog, qui a le plus gros salaire. Pourquoi on se dit rien ? Pourquoi, comment ça se fait que les gens ne posent pas les vraies questions ?

Au primaire, j’ai eu une amie qui se faisait battre par sa mère. J’en ai eu une autre que son père avait touchée. Et ce n’étaient même pas mes premiers secrets. J’étais troublée. Mais, je n’avais personne avec qui en parler de toute façon.

Il y a quelques années, ma mère ET ma soeur m’ont raconté qu’elles ont vécu de l’inceste. C’était un premier pas qui s’est pas mal fini là. Pas moyen de vider le sac, de faire le tour de la question. Moi, j’étais pognée avec ça parce que c’est un secret. Moi, j’étais en ébullition, mais je ne pouvais raconter ça à personne. J’haïs les secrets. Pis les surprises. Ça m’est tombé dessus comme une brique. Ma mère n’a pas jugé important de nous dire ça avant. Elle n’a pas jugé important de me dire qui lui avait fait ça. On a probablement cette personne-là dans notre entourage encore… Pour ma soeur, eh bien, je suis tombée malade. À retenir ce secret-là, j’ai fait une dépression.

Je déteste les surprises. Comme quand j’ai appris sur internet qu’un membre de la famille était décédé. Deux fois! Comme quand j’ai appris juste avant que ça arrive que mon chum crissait sa job là sans en avoir une autre qui l’attend ou comme quand j’ai appris qu’un de mes ex avait écrit sur son blog qu’il m’avait trompée.

Est-ce que c’est par peur de la colère que les gens se taisent ? Par peur de se faire juger ? Ou, comme mon chum m’a dit tantôt, parce que c’est pas important ? Comment est-ce que quelqu’un peut juger de ce qui est sans importance ? Parler de ce qui se passe, ça permet de dédramatiser, de rire, de ne plus être seul, de voir la vérité, de se soulager, d’être avec la personne qui écoute. Parler peut rapprocher. Et si ça éloigne, c’est que l’autre personne ne mérite pas de faire partie de notre vie.

Comment faire pour qu’un couple sacre le camp dans les poubelles ? Ne rien se dire. Parce que c’est pas important ou que c’est platte. Laisse-moi te dire que « j’ai fait une lasagne aujourd’hui » c’est crissement plus platte à se dire que « hey, ma prof n’a pas transmis nos notes et l’école nous a mis un échec sur notre bulletin ». Chacun dans sa cuisine, dans son bureau, dans son salon, il y a un tas de mots qui se perdent dans l’espace. Je trouve ça enrageant d’entendre les affaires les plus poches du genre « on as-tu quelque chose à écouter », d’être obligée de poser des questions pour savoir ce qui se passe, peu importe ce que c’est. « Il ne se passe rien ». Ça me décourage quand quelqu’un me dit ça. Il ne se passe rien, ça veut dire que la vie est platte en maudit. Il n’y a pas de découvertes, pas de réflexions, pas de questions existentielles, pas de comédie loufoque sur la vie quotidienne.

Qu’est-ce qui est si dur à comprendre dans « je veux savoir ce qui se passe dans ta vie parce que je m’intéresse à toi »? Qu’est-ce qui est si dur à comprendre dans « je suis ton amie, je suis là pour toi, parle-moi »? Qu’est-ce qui est si dur à comprendre dans « on est ensemble, je veux (presque) tout savoir, je veux partager avec toi ta vie »?

J’en ai des amis maintenant. J’ai un chum que j’aime aussi. Je suis présente. Je suis LÀ. Comme je ne l’ai jamais été avant. Mes oreilles sont ouvertes. Comment ça se fait d’abord que j’ai su que mon amie avait eu peur d’avoir un cancer de la peau des semaines après le rendez-vous chez le médecin ? « Pas important » qu’elle m’a dit. Scuse ?!

Comment ça se fait que j’ai eu des tas de relations supposément intimes où on ne se disait rien ? Je n’écoutais pas ce que l’autre disait la moitié du temps et je ne parlais pas. Pas pire, hein, j’avais la paix. L’autre ne demandait pas comment ça va non plus.  Comment ça se fait que j’ai encore des relations supposément intimes qui ressemblent à ça même si j’ai changé ?

Je me demande franchement si ça vaut la peine d’être intéressée si c’est pour avoir l’impression d’achaler le monde, pour me faire dire que c’est pas important, ou, même, si c’est pour écouter du monde parler, chiâler ! pendant des heures et ne pas demander sincèrement comment, moi, je vais. Il y a ça aussi. Il y a du monde qui ne parle pas. Il y a des gens qui n’écoutent pas.

Moi, j’essaie. Maudit que j’essaie. Mais, je ne sais plus si ça vaut la peine. Je trouve ça négatif de ma part. Mais, en quelque part, si quelqu’un ne parle pas, ben, qu’elle s’arrange toute seule. Et si quelqu’un passe son temps à parler d’elle-même sans arrêter deux secondes (tsé le genre de personne qui ne dit pas comment elle se sent, elle fait juste chiâler sur tout, mais elle ne veut rien changer), ben qu’elle ne se demande pas pourquoi je n’écoute plus.

Argh.

Est-ce que ça veut dire que je ne devrais plus parler ? Que ce que je dis n’est pas important ? Comment connaître vraiment quelqu’un si la personne « cache » des choses ? Je ne veux pas tout savoir ni tout dire. Mais, il y a des choses qui sont importantes.

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Un autre bout de mon NaNoWriMo

Quand j’étais au primaire, j’avais une amie qui s’appelait Alexandra. Comme moi, elle était un peu reject. Peut-être à cause de ses pantalons à carreaux qui ressemblaient à des linges à vaisselle. C’est ce que je pensais, moi. J’en revenais pas que quelqu’un porte ça. Mais, c’était mon amie alors j’ai jamais rien dit. Elle avait des beaux yeux noisettes et un beau nez. Un nez comme celui d’Anne Shirley. C’était notre livre préféré.

On écoutait des cassettes de musique, couchées sur son lit. La chanceuse. Elle avait des couvertures de Fraisinettes et une vraie poupée Bout’Choux. Je l’enviais parce que tout ce que j’avais c’était une fausse poupée Bout’Choux et des couvertures bien ordinaire vert olive. Yark.

Sa mère lui achetait les cassettes de Corey Hart, de Wham, de Boy George. Hey quand elle m’a dit que Boy George est gay…je ne savais pas ce que ça voulait dire. Mais, ça devait expliquer le maquillage, hein. Je trouvais ça tellement drôle qu’un homme se maquille et se peigne comme ça. Mon père ne se serait jamais mis du fond de teint de geisha ni fait des tresses. Mon père, lui, il porte des chemises rentrées dans les pantalons, des bas blancs et des jeans beige. Il porte des pantoufles avec du mouton dedans et des taches de café dessus. Ses espadrilles viennent de chez Pitt et sa semelle gauche fait couic-couic. Ses cheveux sont courts et il sent toujours bon. Mais, pas comme le parfum du Jean Coutu, là. Un bon parfum cher.

J’allais chez elle après l’école et on niaisait en écoutant ses cassettes. On faisait les filles. On parlait, parlait, parlait. Je ne sais pas ce qu’on pouvait bien se dire après avoir passé la journée ensemble à l’école. Je ne sais pas comment ça se fait mais ses soeurs nous laissaient toujours tranquilles. Des jumelles blondes aux yeux bleus. Chanceuse…deux soeurs jumelles blondes aux yeux bleus. Comme Barbie. Moi, tout ce que j’avais c’était un frère. Avec des cheveux bruns. Un vrai bébé. Tout le monde l’aimait mais moi, maudine qu’il me tapait sur les nerfs. Toujours à se cacher dans mon garde-robe pour me faire « Bouh ! ». Même pas drôle.

Ils mangeaient souvent de la soupe à la tomate. Pas toujours de la Campbell’s. Je faisais semblant d’aimer ça. Ma mère me disait toujours d’être polie, de dire merci. Alors c’est ce que je faisais. Quand je dis qu’ils mangeaient cette soupe-là souvent…c’était presque chaque fois que j’étais là. J’y allais presque tous les jours. Mais c’est toujours ben mieux que le poisson de ma mère. Ma mère pis son poisson…Mais, au moins, la cuisine de ma mère était toujours propre, elle. Et le frigidaire de ma mère était toujours plein. Je ne trouvais jamais rien à manger mais ma mère faisait plein de recettes avec ce qu’elle trouvait dans sa cuisine.

Son père habitait pas là. Je savais pas trop pourquoi. Ils en parlaient pas. Je n’ai jamais vu de photo. Chez mon amie Nathalie, mon autre amie, il y avait des photos de son père sur les murs. Son père est mort. Chez nous, il y a des photos aussi parce que mon père, il aime les souvenirs.

Mais pas chez Alexandra. Je pense qu’elle avait même pas d’albums photo. Ça serait impensable chez moi. On a un million d’albums !

Un jour, je lui ai demandé si elle voyait son père des fois. J’avais assumé que ses parents étaient séparés comme les parents de Marc dans notre classe. Chanceux, son père restait à Québec et il allait le voir en train. Moi, j’avais juste à aller dans le salon pour voir mon père.

Je pense qu’Alexandra m’a dit que son père avait pas le droit de les voir elle et ses soeurs. Mais, que des fois, il venait en camion à l’école et qu’elle allait le voir en cachette. Pendant que je m’habillais pour rentrer chez nous, elle m’a dit que son père lui avait fait des affaires. C’est quoi des affaires ? Elle a dit qu’elle s’en rappelait plus, elle était trop petite. Mais que sa mère l’avait amenée à l’hôpital parce qu’elle saignait un peu dans ses culottes. Son père avait menacé sa mère avec un couteau aussi. Il paraît que quand elle est revenue de l’hôpital, son père était parti. J’ai fini de mettre mon manteau et ma tuque et je lui ai souhaité bonne nuit après qu’elle m’ait demandé de garder le secret.

C’est pas dur hein garder un secret quand tu sais pas si c’est vrai et que tu ne comprends pas trop ce que tu viens d’entendre.

Être capable de dire "Non"

8 novembre 2007

Hm. No one has ever said I could say it and I had every reason to say it. No one has ever said I had to defend myself and I could.

Saying no is difficult, I feel guilty and I’m always afraid that I might be at the receiving end of an extended arm going very fast. Why ? I don’t know. maybe because it happened often enough home when I was little. Just because. Not because I said no, I hardly said anything.

My parents always said I had to be careful with strangers. But no one ever told me that I had to be careful with people I know. My parents never told me. Maybe because they would have been the first I would have looked at as « a bad person ». I did go to the school counselor when I was in junior high but even if I had a lot to tell, I just couldn’t talk. No words came out after « I want to change houses ». I just couldn’t talk.

I often feel the same way again. I can’t talk. I can’t cry. When I talk too much it’s because I hope what I say will fall in someone’s ear, any ear just as long as my words find someone who will truly listen to me. Not like my family.

Saying no requires being angry. And being angry isn’t well seen for a woman. A woman can’t be angry in public or even in private. It isn’t polite or lady-like. I have a lot of difficulty with my anger. I stifle it until it explodes and it usually is too late. I am trying, I’m better at feeling it. Last year I didn’t feel a thing, ever. Not a feeling, ever. Everything was buried deep.

Now I do feel anger. I can say no. But I feel like a bad person. I don’t want to reject someone, hurt the person. But I have to don’t I ? I can’t just do everything people want me to do. I can’t be what people want me to be.

Being myself is saying no. Being myself is difficult and it makes me feel guilty, angry and afraid.

De A à C, passez par-dessus B

28 novembre 2007

so I went to my meeting this morning. I had a meeting with a nice woman from an organization that helps victims of crimes and I thought I was taking way too much of her time, it lasted two hours. I took the day off to go there and have the day to myself so I could go through my emotions alone if I needed to. But we didn’t really go into details…yeah even in two hours. I got phone numbers, documents, references for places to go to and meet people about this. It’s good, I wanted that.

I guess that’s why I need help. I just circle the subject, don’t really say the words, hint at things, I have trouble really talking about what I lived through. There is just sooo much ! I just can’t get it out and I’m alone with it so I do what I always do when I’m really stressed. I forget. It’s unconscious but my body just finds a way for me to forget or skip over stuff, block out emotions. I can’t talk about it with anyone around me so I have to find ways to cope by myself. Therapy is useful but I’m there once a week and sometimes I should be there every day !

You see, I talked about one of the firsts sexual attacks I had and since then I ate at restaurants more than three times a week, started eating chocolate again, slept more than ten hours once and feel like sleeping more every morning. That’s the way my body and mind works when all my post-trauma wakes up. I eat and sleep. Yoga is good for relaxing but it doesn’t help me spend my energy so I’ll have to go to toning again so I can just grunt the pain away.

I also bought a bra today. Impulse buying. Very big when stressed out. But I really needed a new bra. I keep pushing this aside because shopping for underwear is like going to the dentist. I hate it. So I finally bought a new bra and the lady says I’m a C cup. I can’t beee !!!! Last time I was a C was when I weighed 160. So I have to check what I eat and drink and exercise cause there is no way I’m going back up to 160. NO f*** WAY. (Au moment où je vous copie ça de mon ancien blog, j’ai dépassé le 160 parce que je vais au gym plusieurs fois par semaine alors je suis moins ronde qu’avant). No wonder that guy said I had a nice rack last time…I still thought I was an A. I also wear 38 instead of 34 and 36. Am I blowing up or something ? is it all that unspent sexual energy that goes to my boobs to attract males and populate the planet ? Am I going to look like a pidgeon soon ? I should test if I can put a glass between my breasts or a plate on them as if it was a shelf.

You’re wondering why I’m freaking out at having bigger boobs. AH. Have you tried girl’s clothes lately ? It’s like trying on kiddy clothes. Everything is made for twigs. You can’t have a butt, breasts, round arms or thighs. You can’t be a woman. You have to be anorexic or twelve to fit in what is in stores. OH GOOOD will I have to go shopping in Plus sizes now that my boobs are ten times the size I thought they were ?!

Pfft. It’s good to have some drama in non-existential places of my life. It gets things in perspective. Let’s forget about death threats, police arrests, rapes, harassment, my supposed future and my budget and let’s focus on my weight and boobs size !

I don’t have to complain. Last time I measured, in the last two weeks, I still was pretty okay. But phew…C cup.

En attente

20 mai 2006

Veuillez rester en ligne…un préposé sera avec vous sous peu…votre appel est important pour nous…

Il paraît qu’il n’y a pas de hasards. Que chaque fois qu’une porte se ferme, une fenêtre s’ouvre. Paulo Coelho nous fait comprendre dans ses livres qu’il faut saisir les indices quand ils se présentent à nous, saisir les opportunités. Alors voilà. Je ne peux pas toujours repousser les gens. Je le fais mais il faut que j’arrête. Et si je prends l’opportunité de me laisser approcher ou d’approcher quelqu’un, bien, je devrais le faire de la bonne façon, hein. En maintenant mes limites et en respectant celles des autres.

Je viens d’arriver chez moi, il est 18h, j’ai passé la journée ailleurs. J’ai déjeuné à la Binerie avec le Troll, j’ai été à mon cours de yoga puis j’ai été à la bibliothèque et j’ai été lire et manger dans un restau. Je n’ai aucun message sur mon répondeur. Je ne suis pas surprise mais, je suis désenchantée. C’est ce qui arrive quand depuis près de deux ans, je m’isole et je rejette les peu de propositions de sorties de mes amis ou que j’essaie de modifier ma vie. C’est ce qui arrive quand tout le monde autour de moi change : nouveaux couples, emménagements, bébés…

Pour ma part, ma thérapie fait en sorte que j’ai encore plus le goût d’être seule. J’ai encore moins le goût de parler, je ne sais pas quoi dire ou comment le dire. Ou je ne veux pas en parler. Pas facile non plus quand tu ne peux en parler à personne. Pas de la thérapie, juste de…tout.

J’ai tellement de trucs dans ma tête, il me semble. Avant, je parlais tout le temps. Maintenant, il me semble que je n’ai plus rien à dire. Je suis vide. Est-ce que ça se peut ? En fait, le fait que ma vie n’a aucun sens, que je ne sache pas où je vais, que mon enfance fait de moi une adulte qui fait exprès de tout saboter pourrait expliquer au moins mon vide. Si tu savais la violence qu’il y a eu dans ma vie. Je n’ai jamais réussi à expliquer ça à personne sauf à mon ex, J-F. Pauvre lui, il a pété sa coche. J’ai encore plus appris à fermer ma gueule de peur…de faire peur. De peur d’être jugée, mal comprise, d’être encore plus abandonnée et rejetée. Puis, de le faire à mon tour, en réaction.

J’ai des nouvelles portes dans mon appartement. Bientôt, je vais avoir des nouvelles fenêtres. Je me sens plus en sécurité. J’ai moins peur la nuit. Mon histoire avec la police s’est soldée par un échec. La bataille était perdue d’avance. Il aurait fallu que j’ai des bleus, des os cassés, pour que la policière me prenne au sérieux. Mais, le fait d’y repenser en détail, de l’écrire, de me fâcher, de pleurer, d’en parler, enfin après tout ce temps m’a fait beaucoup de bien. Cette histoire me hantait encore avec mes chums suivants. Ça me rendait folle. Des fois, j’ai encore des visions. En fait, j’en ai de plus en plus. Il paraît que c’est parce que je recommence à habiter mon corps, à vivre mes émotions. Je trouve ça dur. Hyperventilation, palpitations, visions, panique, rêves. Plein de choses qui se superposent. Ça aide pas à aimer le sexe ou le sexe opposé.

Mes cours de yoga et d’aquaforme sont amusants et m’aident à relaxer. Et la semaine passée, j’ai fait un super ménage dans mon appart. J’ai pas fini, je veux réorganiser mes épices, nettoyer mes armoires. Depuis deux ans, je suis folle de ménage on dirait. Il y a des périodes où je nettoie comme une dingue. J’achète plein de gadgets au Dollarama et je frotte, ça libère l’esprit. Je donne des affaires que je ne veux plus avoir aussi, je vends mes livres, mes CD. J’ai vendu presque tous mes DVD. PAS mes DVD de Anne la Maiosn aux Pignons Verts, jamais ! Je les ai regardés plusieurs fois cette année. Je n’ai pas regardé la télé de novembre à avril. J’ai regardé des DVD. Je faisais une cure de télé après avoir été quatre mois avec Monsieur qui passait sa vie devant la télé. J’en pouvais pus.

Là, je suis avec le Troll et vraiment, j’essaie de le faire ralentir. En fait, c’est bizarre. Il travaille 50 heures par semaine, j’ai l’impression d’être en attente depuis qu’il est revenu de vacances. On a commencé ensemble, une semaine après il partait trois semaines, puis pas longtemps après sa cousine s’en venait pour trois mois. Elle est encore ici et elle reste chez lui. Elle travaille aussi à la boutique. Bravo l’intimité. Dès la première semaine, il voulait que ça soit exclusif…pas le temps de se connaître, ni de voir si quelqu’un d’autre fittait mieux, il est intense. Quand un autre gars me regarde, il met sa main sur moi. Ou il m’embrasse à pleine bouche d’une façon vraiment dégueu. La semaine passée, il a cassé parce que je lui demandais de me respecter en me demandant si ça me dérangeait qu’il mette de la musique quand j’écoutais déjà la télé. Sa vision des choses ? Il devrait pouvoir faire ce qu’il veut chez moi. Il ne devrait pas devoir me montrer de considération ni de politesse puisque je suis sa blonde. Tant pis si ça me choque qu’il pète, rote ou mâche la bouche ouverte. Je n’ai jamais manqué d’affection. D’écoute, de temps, oui. D’affection, non. Il ne veut pas d’enfants, mais il m’en ferait un quand même. Il voudrait prendre des années avant d’habiter avec moi mais il m’a proposé ça à matin quand même. Et il ne croit pas au mariage mais il m’a demandé de le marier il y a deux semaines.


Ah, et après sa cousine, une amie vient habiter chez lui trois semaines. Je vais pouvoir faire du vélo avec lui et me baigner avec lui, à la fin du mois d’août (on est en juin et c’est maintenant, l’été). Mais, au mois d’août, la boutique ferme à minuit. Pas pire. Il a quand même changé ses horaires pour qu’on puisse se voir tous les dimanches et un samedi sur deux. Mais, il passe quand même à la boutique ces jours-là. Pourtant, dès la première soirée j’avais dit que ça ne marcherait pas si j’étais avec quelqu’un qui travaillait autant. Mais, il a fait cet effort-là. Et il appelle. Même s’il ne répond pas aux emails. À moins, que je lui dise que je veux une réponse. Je te dis, je suis en attente. J’attends qu’il grandisse, qu’il m’écoute, qu’il ait du temps.

Je ne suis pas mieux. Quand je suis frustrée, je m’éloigne. Alors, j’ai décidé de prendre du recul en général. L’avantage est qu’on sort pour déjeuner ensemble assis à la même table pour au moins une demi-heure (c’est au moins ça), on est allé au cinéma pour la première fois, on va parler d’autre chose que sa job ou de sexe. L’autre avantage c’est que je vais voir si ce gars-là est vraiment pour moi. Tsé, il a cassé la semaine passée. Mais, il a continué de faire comme si rien n’était arrivé quand je suis allé lui porter ses affaires le lendemain. Il n’a rien dit de la semaine. Il me prend pour acquis. Je lui ai dit qu’on n’était plus ensemble, il n’avait pas dit qu’on reprenait. Ça a l’air qu’il fait ça au travail aussi.

C’est platte. Mes murs s’étaient baissés au début. Là, je les sens bien remontés. Je peux voir les drapeaux rouges.

****

AH ! Eh ben, il a rencontré une fille pendant ses vacances et toutes les conneries qu’il faisait c’est pour que je casse avec !! Il continuait de lui écrire. Il se sentait mal. Ben oui, il me rendait folle avec ses conneries, il me blâmait parce que je ne faisais pas assez d’efforts alors que je lui donnais des chances depuis le début et pendant ce temps, Le Troll, se faisait aller le grand charme avec une greluche française ! Ah ! Il est chanceux que je ne lui envoie pas une pluie de poissons d’argent, la lèpre, une brique…

Oh what a feeling

25 octobre 2007…

Oh what a feeling indeed. All I want is to eat Doritos and chocolate, drink some Coke with a twist of lime, watch DVDs until it is so late that I can hear birds outside, stop everything good I do…Oh what a feeling.

I don’t do any of this. But I’m in a crappy mood since I discovered The Troll had an affair someone else while we were together. I have written about it and talked about it in therapy and with my school councillor (I couldn’t concentrate on what classes had to be taken first) and since last week, I have just been like a wolverine. It started as hot red anger, rage pulsing through me like hot lava. Then blue sadness, tears menacing to erupt, choking me. After that it was white anger, I would have pulvarized him with my Jedi powers if I had seen him (but it would have made me a partisan of the Dark side so…). Now I’m just hurting all over. And no I don’t want to be hugged.

I feel betrayed.

I know it’s less painful than it was last week and I try not thinking about it. It’s just another very good reason not to have a boyfriend, so he won’t betray you. I was afraid he was going to but he did it before I was thinking it…it makes it worse. I didn’t see how all his very bad habits and behavior came from him feeling like crap.

Someone asked me to trust them last week or this week and I asked why should I. He said for certain things I could and it’s not good enough for me. I trust or not so I don’t. Why should I when he says stuff so unconsequent with other things he just said ? His behaviour is illogical. He projects an image that I don’t like most of the time and I don’t trust him completely. « I like you » and then « What you just said is so stupid ». It stings and for me, liking me means nothing if the person thinks I’m stupid. Saying he disagrees would have been okay. It made me angry that he was so judgemental when I make a lot of efforts not to reply sharply at all the stupid things he says. But he doesn’t mind saying things to me and I have lost patience lately. I have tried not judging and accepting but he’s making it very hard for me.

Enough ranting.

Demander "comment ça va ?"

Il me semble que ce n’est pas difficile demander à quelqu’un « comment ça va? »

Quand j’étais malade, en train d’essayer des nouveaux médicaments, ou bien quand j’ai arrêté mes médicaments, j’aurais bien aimé qu’on me demande comment ça va.

Ma mère a bien de la misère avec ça. Et j’ai déjà rompu avec quelqu’un parce qu’il ne me le demandait jamais. Comment est-on supposé parler, ventiler, s’exprimer sans un beau « comment ça va »? Ça fait du bien d’en parler.

Je pense que les gens ont peur de se faire répondre que ça ne va pas. Ils ont peur d’avoir à écouter qu’on est déprimé, découragé. Bon, il faut dire que ça arrive souvent que les gens sont tellement négatifs ou ennuyeux qu’on ne veut pas ouvrir la porte… Personnellement, je ne demande pas à mes collègues comment ça va. Je ne veux pas le savoir, je m’en fous. Mais, mes amis, ma famille, je veux savoir. Je suis assez forte et détachée pour pouvoir écouter et sympathiser. Pas eux.

Une fois, en pleine dépression, un de mes anciens patrons est passé à toute vitesse en lançant le traditionnel et non menaçant « salut ça va »…il marchait tellement vite que le temps que je dise « non, ça va pas », il était rendu à l’autre bout du couloir. Ben, il a fait demi-tour, inquiet. Je n’étais pas capable de lui dire pourquoi je n’allais pas, je ne parlais pas beaucoup à l’époque. Je parlais pour ne rien dire comme la plupart des gens. J’ai trouvé ça drôle qu’il revienne, pas sûr de vouloir savoir, ne voulant pas être indifférent.

À partir de ce moment, quand on me demandait comment ça va, je n’hésitais pas à le dire. Ça va supeeer bien. Ça va pas du tout. Je sais pas. Je n’ai pas envie d’en parler. Ça déboussole. Ça questionne. Ça force les gens à voir la réalité.