C’est sûr que je pense juste à ça…

J’ai été capable de penser à autre chose pendant ma grossesse. Mais, là, à quelques heures/jours de l’accouchement, je pense juste à ÇA. Au bébé. Chaque matin, je me réveille en me disant : ben coudonc, j’ai pas accouché cette nuit !

Mais, une tempête s’en vient sur le Québec. C’est un signe ! La soeur de mon chum a dit qu’elle avait accouché chaque fois pendant une tempête. Le bébé a sûrement entendu et il a attendu SA tempête à LUI tout le mois de février ! Ça s’adonne qu’on a eu l’hiver le plus chaud que j’ai connu. Le mois de février le plus chaud…j’ai jamais vu ça.

Mais, là…

J’ai donc hâte ! J’espère juste que j’accoucherai pas dans le taxi… 🙂

Je pars pour mon rendez-vous en acupuncture bientôt !

Je vais faire un effort pour penser à autre chose :

  • Hier, au IGA, un gars s’est essayé à me donner une carte de crédit qui n’est pas une carte de crédit, supposément sans frais pour accumuler plus de points Air Miles. Hey. Si ça a le format d’une carte de crédit, une puce comme une carte de crédit, que ça sert à payer des affaires sans vrai argent, même si ça te fais accumuler trois trilliards de points Air Miles, c’est une ostie de carte de crédit. Tsé ?
  • Les écureuils s’en donnent à coeur joie dans le toit. Ça se chicane, ça se bouscule, ça crie comme des perdus ! Là, on dirait qu’il y en a un qui pleure. Bizarre.
  • J’ai fini Heartless, hier. J’attends le dernier volume de la série avec grande impatience. La publication est pour mars, je pense.

Heartless (The Parasol Protectorate, #4)Heartless by Gail Carriger
My rating: 5 of 5 stars

Super fun to read ! Can’t wait for the next volume and the Abroad series !

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Séparée dans ma tête

Je n’ai jamais fait de tentatives de suicide. Je n’ai jamais été hospitalisée. Je n’ai jamais pris de drogues. Je ne suis ni accro au jeu, alcoolique ou fumeuse.

J’ai toutefois pensé être en relation avec Dieu. J’ai vraiment cru que j’étais en relation télépathique avec un de mes collègues. J’étais sûre que les chiens et les chevaux communiquaient avec moi. Et j’ai vu une de mes collègues en Robocop. J’ai pensé être invisible. J’ai aussi cru qu’on me suivait et qu’on me surveillait pendant vraiment longtemps.

Dans les yeux des médecins et des thérapeutes, je suis courageuse, un phénomène, une source d’incrédulité et un mystère.

Des fois, je ne suis pas sûre qu’on me croit quand je dis que je n’ai pas eu de problèmes de dépendances (excepté la dépendance affective). Ils sont incrédules quand je dis que j’avais fait mes plans pour mourir mais que je ne suis pas allée plus loin parce que je me suis rendue compte que j’avais des plans. C’est ce qui m’a menée chez l’infirmière pour lui dire que « peut-être que quelque chose n’est pas normal ». Je suis allée chercher de l’aide et ça les soulage. La façon que j’ai d’être séparée dans ma tête, ça les intrigue. Ça leur fait dire que je suis courageuse parce que je suis allée chercher de l’aide.

Une partie de moi sait toujours que quelque chose ne tourne pas rond quand l’autre partie prend le contrôle. Je ne suis pas exactement capable de mettre le doigt dessus mais je peux entendre cette partie de moi dire « Ohoh » ou essayer de me retenir avec les notions de bien ou de mal. C’est la partie qui s’est étonnée et a ressenti de la honte quand j’ai lancé des ciseaux par terre. Mais ça prend longtemps avant de s’enclencher.

Je me vois aller.

Alors, non, je n’ai jamais tenté de me suicider. Ça ne veut pas dire que je n’y ai pas pensé. Constamment. De toutes les façons. Avec ou sans lettre. Avec ou sans sang. Dramatique ou pathétique. Je voulais arrêter de me sentir aussi mal. Je voulais arrêter de souffrir.

À un moment donné j’ai suivi une formation sur le suicide. Je sais comment intervenir et j’ai eu à le faire. Mais, je ne suis même pas sûre que je veux empêcher quelqu’un de se suicider. Si la personne a décidé ça et qu’elle veut le faire c’est qu’elle souffre. Je compatis. Je sais c’est quoi. Je peux lui parler pour voir si elle a pensé à d’autres solutions mais, je ne la forcerai pas à vivre.

Je suis séparée autant pour moi que pour les autres.

Qu'est-ce que la nymphomanie ?

Hier, une amie a utilisé le terme « nymphomanie » pour décrire son activité sexuelle de la fin de semaine. Évidemment, il n’en était rien, loin de là. J’ai essayé de lui expliquer ce que c’était, mais, j’ai échoué.

How much is too much quand on parle de sexe ?

Voilà donc, ce qu’est la nymphomanie et j’espère qu’elle le lira ! C’est quand même très basic…

La nymphomanie est en fait une amplification du désir féminin. La première notion médicale ayant été écrite au 18e siècle, il faut se rappeler que les femmes avaient un seul partenaire sexuel pendant toute leur vie (en général) et c’était leur mari. Donc, si de Bienville voyait dans son cabinet les femmes d’aujourd’hui il en concluerait que nous sommes toutes nymphomanes puisque la nymphomanie est une attitude séductrice excessive visant à accroître le nombre de partenaires sexuels pour satisfaire ses besoins impérieux.

On ne parle pas ici de coucher avec un gars une fois de temps en temps. On ne parle pas d’avoir des fréquentations, de trip à trois une fois dans sa vie ou d’avoir connu plus de dix hommes depuis ses seize ans. On parle de besoin impérieux de relations sexuelles et d’attitudes séductrices exaggérées.

Certaines nymphomanes sont frigides d’où leur envie désespérée de relations sexuelles satisfaisantes : elles vont de un à l’autre dans l’espoir d’avoir un rapport sexuel plaisant.

Ces femmes sont malheureuses de ne pas pouvoir être satisfaites. Elles cherchent à combler un manque, mais, elles n’y parviennent pas. Elles enchaînent donc les partenaires se rendant donc facilement la proie de prédateurs sexuels, des infections transmissibles sexuellement et de l’isolement. Leur comportement est aussi méprisé aujourd’hui qu’il l’était dans le temps. Si un homme est jugé viril d’enfiler des conquêtes, une femme est une salope d’avoir eu plusieurs partenaires dans sa vie.

Cette mentalité est d’ailleurs ce qui a conduit à l’étude de la nymphomanie car, dans le fond, on détermine cet état, entre autres, par le nombre de partenaires que la femme a eu selon les standards « normaux » de l’époque. C’est à y réfléchir.

À notre époque, avec combien d’hommes pensez-vous que les femmes baisent dans leur vie alors que :

a) L’âge moyen de la première relation sexuelle complète est de 16 ans ?

b) Les relations de couples durent peu de temps ?

c) 60% des femmes canadiennes ont subi de la violence sexuelle? Un viol est aussi un rapport sexuel même s’il est forcé.

d) Je pourrais en rajouter des affaires…comme les femmes donnent du sexe pour avoir de l’affection…qu’à partir de la 3e date il faut « consommer » l’union…que c’est pas à la mode de dire non…

Pour avoir plus de détails : http://www.psychologies.com/dictionnaire-psy.cfm/definition/68/Nymphomanie.html

http://www.dicopsy.com/nymphomanie.htm

http://www.alterheros.com/francais/ask_experts/ask.cfm?QID=837

http://www.doctissimo.fr/html/sexualite/mag_2001/mag0608/se_4143_nymphomanie.htm

http://fr.encarta.msn.com/dictionary_2016020402/nymphomane.html

http://www.goaskalice.columbia.edu/2268.html

Inspirer, expirer, laisser aller, répéter

I have such trouble sleeping when I think about B. that I have to think about something else. My nerves are all bunched up. Why isn’t it easier to date ? I wish it was like in my teenage years, we fancy each other, think we look hot so let’s bring it on. Let’s hold hands.

So at night when I wake up and can’t sleep, I inhale, exhale and say « let it go », inhale, exhale, let gooo. It does help. I remind myself that not all things are meant to be, that I WILL find someone who will like me however screwed up I am, that this guy will live alone, won’t have memorabilia from an ex all over the place, will not take me for a Band-Aid, a mother, a whore…

INHALE, EXHALE, LET GOOOOOOOOOOOOOOOOO

Luc

J‘étais au secondaire. En deuxième secondaire, je pense. Ma meilleure amie s’appelait J.D., elle habitait à deux-trois rues de chez moi. En plus de se voir chaque jour à l’école, j’allais presque chaque jour chez elle. On écoutait de la musique : Corey Hart, Madonna, Boy George, Michael Jackson.

On n’avait pas de cours ensemble. Mais, on passait nos récrés ensemble. De toute façon, la passe intense de notre amitié on l’a passée au primaire à l’École Sacré-Cœur dans le quartier Nord. C’est là que J. et moi nous nous sommes connues. Elle portait des pantalons à carreaux. On les appelait ses pantalons « linge à vaisselle ».

Là, au secondaire, j’étais obsédée par un gars qui s’appelait Luc. Lui, il habitait derrière la maison de J. et il allait à la même école que nous, Édgar-Hébert. Ah, Luc. Je le connaissais depuis le primaire.

Luc, il était dans les cadets, il fumait du pot, il s’était fait jeter en dehors de plusieurs écoles. Il y avait plein de rumeurs à son sujet. Je ne savais pas quoi croire. En plus, il était menteur. Mais, ça, je ne le savais pas. J’essayais d’être ouverte d’esprit, d’être cool.

Il était du genre intense. Les filles collaient à lui comme les mouches au papier spirale. Et lui, il se débarrassait des filles comme on jette le papier spirale après une couple de jours. Avec facilité et dégoût. Pourtant, ce gars-là, il n’était pas particulièrement beau. Pas grand, maigre, dents croches, cheveux en bataille, yeux ordinaires. Belles mains nerveuses et bras d’artistes. Oui, il avait les bras et les mains d’un gars qui dessine, qui peint, qui passe son temps à « pas faire grand-chose ». Ah, il avait souvent des boutons pustuleux qui donnaient le goût de les péter. Ça, c’était vraiment intense et difficile à ne pas regarder.

Moi, j’en étais obsédée. Je le trouvais mystérieux. Il ne disait pas grand-chose mais il avait le don de me donner l’impression que j’étais privilégiée d’être en sa compagnie, de mériter son attention.

Un jour, en attendant l’autobus au coin de la rue des Érables, il m’a glissé un papier. Il me demandait si je voulais sortir avec lui, si je voulais être sa blonde. Je considérais avec méfiance son attention de Don Juan. Ben oui, j’étais flattée. « Ah, enfin, je savais bien que les filles avec plus de cerveau que de seins finiraient par dominer la planète…et les hommes. » Je lui ai demandé du temps pour y penser. Moi, la blonde d’un gars comme ça ? En plus, je ne savais pas ce que ça voulait dire. À 13 ans, je savais très bien qu’embrasser me dégoûtait, je n’avais pas de seins et que, finalement, je n’avais rien à offrir. Être intelligente, cultivée et lire tout le temps enfermée dans sa chambre, c’est pas grand-chose quand un gars veut que tu sortes avec. Je me disais que c’était pas pour mes beaux yeux. J’étais innocente mais pas pour Ça quand ça le concernais.

J’avais tellement de papillons dans le ventre. J’arrêtais pas d’y penser. Fallais-tu que je dise oui ? J’y ai pensé et repensé au point de presque oublier mais de considérer Luc comme un bien acquis, comme un gars qui devait quand même bien m’aimer. Je croyais qu’il m’appréciait, mieux, qu’il trippait sur moi depuis aussi longtemps que je trippais sur lui et aussi fort que moi.

Puis, est venu le jour où J. m’a appelée…

-Hey ! Luc, là, c’est-tu ton chum ?
-Non, mais y me l’a demandé pourquoi ?
Je sentais que quelque chose n’allait pas du tout.
-Ah. Y’as-tu demandé à ta sœur pour sortir avec aussi ?
-Hein ? Comment ça ? De quoi tu parles ?
-Ben je viens de la voir arriver chez lui en vélo.
-Je comprends pas. Ma Sœur ?
-J’ai vu ta soeur arriver en vélo dans l’entrée de Luc, sonner à la porte sur le côté. Ils sont en avant de la maison.
-Non, non, non. Ça se peut pas. Pourquoi elle irait le voir? Je m’en viens!! Euh, peux-tu les espionner ?
-Tu veux que je les espionnent ?
-Ouin, peux-tu faire le tour de la maison? Passer par ton terrain ?
-Ok, mais kessé je fais s’il me pogne ?
-Je m’en viens.

J’ai pris mon vélo, j’ai pédalé tellement vite. Mais ça passait trop lentement. J’avais mal au cœur. J’avais les mains moites et glacées. Je sentais, je savais donc que c’était vrai mais je ne comprenais pas comment Ma Sœur pouvait me faire ça à moi. J’ai débarqué de mon vélo et je l’ai laissé tomber, j’ai couru tout le long du terrain de J. C’était le soir, le soleil se couchait. Le gazon était déjà plus froid. J’ai rejoint J. sur le côté de la maison de Luc.

-Elle l’a embrassé.
-Uuuuuhhhh.
Je regardais la scène sur le balcon. Ils étaient collés sur un petit banc. Ils se tenaient les mains.

Je me mets à pleurer. Ma gorge fait mal, ma tête fait mal, j’ai mal au cœur. Je pense que la terre vient d’arrêter de tourner. Comment ça se fait qu’il m’a demandé à moi de sortir avec lui et qu’il l’embrasse, elle ? Comment ça se fait qu’elle fait ça, elle ?

Je laisse Julie là et je cours jusque chez moi.

-Hey ! Ton vélo ! Es-tu correct !
-Noooooon !

À ce point-là, c’est clair que Ma Sœur a dû entendre et Luc aussi. Mais je m’en fous. Je veux tuer. Je veux mourir. Je veux me faire mal tellement j’ai mal. Je veux oublier, je veux devenir aveugle et sourde et oublier.

Arrivée chez moi, je pleure tellement fort qu’on dirait que j’ai perdu mon p’tit. Quand mes parents arrivent de travailler, il sortent de l’auto et me demandent ce qui se passe. Je les revois, les yeux ronds.
-C’est ELLE !!! Elle m’a volé mon chuuuuuuuuuuuummm ! Elle m’a volééé mon chuuuuuummmm !!!
-Mon Dieu, tu pleurais tellement fort que je pensais qu’on t’avais arraché un bras.
Ça c’est ma mère. D’une phrase, elle anéantit toutes les émotions, la peine que j’ai le droit de ressentir. Elle a le don de ne pas écouter ce qui se passe aussi.
-AAAAAAAAAAAAAAAHHHHHH !!!
-Calme-toi là, ça va passer.
-Non, ELLE a embrassé Luuuuuuuuucccc !!!
-Rentre en-dedans, le voisins, là.
Je rentre dans la maison.
-Un chum, ça se vole pas. Ça se laisse voler.
Ça, c’est le chum de ma mère. Il connaît ça, les gars, lui. Mais il a pas encore compris les filles.
-AAAAAAAAAAAHHHH, elle me l’a volé, OUI, elle me l’a volééééééééééééééééé
– C’était vraiment ton chum?
-Il me l’avait demandééé, j’avais pas décidéééé, elle le savaiiittt !!!
-Ah. Alors, c’est fair game. Bon, arrête de pleurer, là, comme j’ai dit, un chum ça se vole pas.
-Le drame, le drame.

j’ai failli défoncer les escaliers en descendant pour aller dans ma chambre. J’ai claqué la porte. J’ai pleuré encore plus fort. Assise sur le plancher, à côté de ma porte, je me suis tapé la tête une couple de fois sur le mur pour me soulager. Et oui, ça a fait du bien.

Non, Ma Sœur n’a eu aucune conséquence pour ses actions. Je crois qu’elle s’est excusé à contrecoeur quand elle a eu près de 27 ans. Elle en avait 10 ou 11 au moment du drame. Elle ne pensait pas mal agir. Ben oui, c’est ça. Et Darth Vader est doux comme un agneau.

Oui, on s’est crêpé le chignon ben comme il faut. Je l’ai traitée de salope souvent, de pute même. Je ne lui ai plus jamais fait confiance. Chaque fois qu’un de mes chums la trouvais fine ou belle, je la démolissais et je racontais cet incident. C’est con. C’est un incident arrivé au début de l’adolescence. Mais ce n’était pas la première fois ni la dernière. Il y a même eu un gars avec qui j’ai su que ça arriverait et j’ai eu raison. Je ne savais pas quand ça arriverait, mais j’ai eu raison. Ça a pris quatre jours de fréquentation. J’étais malade, il était venu me voir à la maison. J’étais dans ma chambre, il était au salon, elle en a profité pour l’embrasser. Je me suis contenté d’en finir avec lui et de la mépriser, elle, une fois de plus.

Inconsciente de ses actions, incapable de s’excuser, narcissique.
Mais, en quelque part, à ce moment là, elle m’a rendu service en sautant sur des cons, des salauds. Des insectes.

Mais, Luc, c’était mon obsession. Aller chez lui et l’embrasser c’était une trahison. Une de plus. Son existence était déjà quelque chose de pénible à endurer, c’était la trahison de mes parents. Qu’elle n’ait aucune conséquence pour ses actions, c’était une autre trahison. Mes sentiments n’avaient aucune valeur aux yeux de mes parents. Je n’étais pas assez importante pour qu’ils dealent avec moi.