Faces de Keanu Reeves

Ma mère m’a demandé « Pis, la fertilité? » en fin de semaine. Je lui ai raconté ce qui se passe (en gros, HCG trop bas annonçant une 3e fausse couche qui se paserait d’un moment à l’autre, puis on allait avoir des tests, etc.J’ai juste raconté ce qui se passe. Pas de larmes, de drame, de grands épanchements.). Ben, câline, elle et mon père (son chum) ont eu ZÉRO réaction. Pas de soupir, de grognement. Pas un regard. Pas de « Câline, c’est poche ». Pas de « Oh non, je ne sais pas quoi dire. ». RIEN.

Là, je suis dans l’émotion avec ça parce que je ne suis pas surprise, ce n’est pas la première fois qu’ils font ça quand je leur annonce quelque chose de gros (pis je leur ai annoncé des affaires ben ben pires), mais je suis quand même fâchée. Ma mère passe sont temps à se plaindre de ses bobos et elle veut qu’on compatisse, qu’on la plaigne. Elle a eu le cancer. Elle a été extrêmement chanceuse dans sa malchance et elle a quand même vécu des affaires très poches. J’ai été là dès le début quand elle a fini par me le dire (elle me l’a dit parce qu’elle savait que j’allais être fâchée si elle gardait ça pour elle…ça faisait des mois!!!). Anyway, c’est ça. Hier, j’avais besoin de sortir ça de mon système en disant au monde que quand on ne sait pas quoi dire, un bonhomme pas de sourire ça fait la job (juste une expression faciale, me semble que c’est pas compliqué). Je suis sûre que je ne suis pas seule à avoir des parents robotisés avec une face de Keanu Reeves. Mon vrai père est comme ça aussi (en pire si ça se peut). Je suis exaspérée, je ne sais pas quoi faire avec eux autres, vraiment, là. Une psy me dirait que j’ai le deuil des parents parfaits ou de la famille parfaite à faire. Mais, c’est pourtant fait. C’est peut-être le deuil du respect des conventions sociales ? Soupir. Bref, je suis en turmoil comme on dit en anglais. Ben tiens, au début je parlais d’attentes. C’est ça le problème, je savais que mes parents ne réagiraient pas, je ne suis pas surprise…je devais avoir des attentes que suite au cancer de ma mère, elle aurait changé au moins ça. Elle continue de boire et de ne pas faire d’exercice. Mais, c’est sa vie…elle dit même qu’elle espère ne pas vivre trop longtemps. 0_O Ça, c’est un autre travail à faire… Ça a l’air que le cancer, c’est pas comme dans les films. C’est pas vrai que la personne malade a des grandes révélations et décide de changer sa vie.

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Fini

10 mai 2007

De Ma Soeur : Salut, j’espère que tu vas bien… Je voulais juste te dire que pour la fête des mères, je ne serai pas chez ta marraine, donc, ne te gêne pas pour y aller si jamais tu ne voulais pas y aller à cause que tu ne voulais pas me voir… Bonne journée

De moi  : Salut, Je vois que tu es consciente que j’évite les rencontres familiales. Si un jour, tu veux savoir pourquoi, on en parlera. Mais, je préfère les discussions calmes et adultes. La vérité n’est jamais facile.

De Ma Soeur : Salut encore, Je me doute bien que tu ne viens pas dans la famille à cause de moi, même si maman est certaine que c’est à cause d’elle… Petite soeur aussi et Bob, lui, il laisse passer. Par contre, puisque nous n’avons jamais su se comprendre, et que chacune de notre côté on est sûre de notre vérité sur l’autre, peut-être que ça ne vaut même pas la peine que je te demande ce que tu as à me reprocher. Peut-être qu’on se reparlera sur notre lit de mort ! Bref, maman en souffre et je sais que ça lui ferait plaisir que tu sois là pour la fête des mères. Tout ce que je voulais te dire c’est que je n’y serai pas.
Sortons les violons ici. Se joue un drame à grand déploiement…

Envoyé à Ma Soeur, ma mère, son chum et à ma petite soeur.
Eh bien,
je vois que tu n’as pas l’intention de résoudre ce très vieux problème qu’est notre non-relation. Pour ma part, je n’ai qu’une vie à vivre et rendue sur mon lit de mort, je vais avoir d’autre monde à voir. Je ne vais pas attendre au jour de ma mort pour passer à autre chose.

C’est effectivement parce que je n’endure plus les humiliations que tu m’infliges quand tu bois et même quand tu es à jeun que je ne vais plus dans les rencontres familiales. Je suis tellement en colère que je pourrais être méchante et me laisser aller. J’aime mieux garder ma dignité et ma santé mentale alors j’aime mieux rester « loin des yeux loin du coeur ». Ce n’est pas à cause de maman, ni à cause de petite soeur ni à cause de Bob. Je leur ai déjà dit. Quand on préfère penser que c’est sa faute plutôt que d’en parler c’est que c’est plus facile de se fermer les yeux. J’ai tenté de parler, d’établir un dialogue, ça n’a pas fonctionné.

Je n’en peux plus des rapports familiaux vides alors que je vois bien que vous n’êtes pas bien. Une souffre d’anxiété et de phobie sociale. Maman m’a confié un secret et refuse d’élaborer alors qu’il le faudrait. Et toi…que dire de plus sur toi ? Rien n’a été fait pour qu’on s’entende bien et que nos problèmes se règlent. Tu as raison on ne s’est jamais entendue alors qu’on aurait pu. Et Bob est Bob. Je pense qu’il évolue à son rythme. Je ne sais pas comment il fait mais il tient la route et il avance. Je me sens malade quand vous buvez. Je me sens mal à l’aise quand on parle de rien, quand on se demande comment ça va mais qu’on écoute pas. J’ai besoin de plus que ça comme famille et ça fait tellement longtemps que je sais que ma famille ne va pas bien, que ma famille est tout croche. Moi, je ne peux rien faire pour vous autres et tout ce que j’ai pu faire pour moi, pour aller mieux c’est d’arrêter de te voir Ma Soeur et de ne plus aller dans les rencontres familiales.

Oui, je me sens mieux. Triste mais mieux. Je dois faire le deuil de ma famille idéale, de celle que je voudrais : du monde capable de dire les vraies affaires, capables de se parler avec franchise sans boire, capables d’affronter le bon comme le pire avec honnêteté, qui se respectent entre eux autres, qui se regardent dans le miroir, qui respectent que j’ai des émotions et que oui, des fois, je suis déprimée et que d’autres fois, je suis de bonne humeur. Je n’en peux plus des secrets de famille. Je n’en peux plus du manque de support quand je vis quelque chose de grave. Je n’en peux plus de votre colère, de votre tristesse. Je n’en peux plus de parler de fleurs et de bouffe alors qu’à l’intérieur de vous je sais qu’il y a autre chose et que vous paraîssez tendus. C’est inacceptable de fermer les yeux sur la souffrance des membres de sa famille. J’ai ouvert les yeux sur la vôtre souvent pour me faire dire que vous ne voulez pas en parler. J’ai voulu parler de la mienne pour me faire dire que vous n’avez pas le temps ou pour recevoir de la colère de la culpabilité ou pire, le silence. J’ai fini de me sentir coupable, malade, enfermée.

On ne choisit pas la famille dans laquelle on naît, c’est vrai. Mais, on peut s’en choisir une autre. Je vous ai tellement aimés, idéalisés, j’ai eu tellement d’attente. Et toi, j’ai eu des attentes envers toi, jusqu’à ce que je lise ton dernier email. J’ai espéré que tu évolues un peu. C’est fini. Je passe à autre chose.

Harcèlement sexuel, fini !

19 janvier 2005

I have gone through my meeting with Flying Colors ! It is finally over.

M. really considers all this as a joke. As a game. I can’t control or change his thoughts and perceptions. I had the support and that is worth something.

I am very proud of myself ! Thank you me !

M. had been sexually harassing me for 2 years and a half before I couldn’t take it anymore. After reliving other abuses I had lived because of it, fearing for my life (irrational thought but it was still very much printed in my body) and hearing « Let’s keep this a secret » I cracked. I stopped loving my job and I decided I had had ENOUGH.
For him, everything was a joke. The fact that he had said he would never hurt me and then had done the exact opposite had gained me points in the boardroom while I had to tell everything I could remember. I did a lot of memory searching. Once again, my memory played games with me, hiding things. I never was easy for me to stand up having been raised to shut up and deal with whatever came my way.
I decided to go against everything I had ever done. Even if I had talked to him, reacted violently, shouted, nothing had worked. I decided to seak council from an organization dealing with sexual harassment in the workplace. I really had tried but my patterns were there telling me to bend my head, don’t talk.
I felt finally free ! I had talked and written everything, I had cried.
I didn’t have the support of my family or the support of my boyfriend but I discovered I had better learn to do things for me, on my own.
He went on leave for a couple of months and I tried recovering but I had a burnout. When he came back without my bosses telling me about it even if they had promised to, I left for a month and then moved on to another job.
Then, I took an self-defense class. No one is ever going to make me go through this again.