Évolution de mon poids

Évolution de mon poids

C’est un tableau que j’ai fait sur le site de Patients like me.

On peut voir toute une courbe !!

En 2000, je pesais 160 et c’était quand je prenais du Lithium. Quand j’ai pris du Topamax, j’ai chuté à 108, en 2001.

Puis, j’ai repris un peu de poids au fur et à mesure que je me remettais de ma grosse dépression. On voit aussi qu’en 2007, j’ai commencé à prendre du poids d’une façon plutôt verticale…c’est quand j’ai diminué les doses de Topamax et de Manerix.

Puis, on voit que j’ai pris encore plus de poids en 2009 alors que je vais au gym quatre fois par semaine. Ma forme physique est meilleure qu’en 2000, ma masse musculaire est plus importante et ma « shape » est vraiment mieux, je trouve.

J’espère que je vais redescendre éventuellement parce que même si je suis musclée…je suis musclée en-dessous du gras. 🙂

Allez, on avale les p'tites Smarties

1er décembre 2007

Open the bottle, take the pill, drop it in the mouth and wash it down with water. Repeat. Repeat, repeat, repeat for 13 years. Lithium, Tofranil, Synthroid, Wellbutrin, Manerix, Topamax…Bipolar disorder, depression, headaches, migraines, thyroid dysfunction…

Tomorrow morning I will take the last dose of antidepressants I have. Goodbye Manerix !

In a couple of weeks I will take my last Topamax. Goodbye Topamax.

I finally get to have my emotions back. My doses were higher since 2005 because of my depressed state. I had been harassed at work, I lost faith in my job and my future, my fiance just up and left, my cat died. I lowered the dosage to get some emotions back and now I get to finally have my life back.

Being bipolar was getting heavy. It was okay while I was sick but now that I am better, this box I’m in just doesn’t work for me.

All of this is okay with the psychologist and the psychiatrist. Sigh…no more pills. Wow.

Ne pas avoir honte d'être bipolaire

Juillet 2007…

Je suis bipolaire.

Je n’ai pas honte d’être bipolaire. C’est une maladie. Point. Mais, des gens évitent les bipolaires à cause qu’il y en a qui ne se soignent pas. Je n’ai jamais joué avec mes médicaments. Je ne ferais pas ça aux gens qui m’entourent.

Je ne sais pas si je l’ai écrit. Troubles bipolaires c’est le nouveau mot pour maniaco-dépression. Bi-Deux, polaire, deux pôles. High, down. Pas vraiment d’état « normal » dans mon cas, dans le temps. Pour avoir plus d’informations, allez sur ce site : www.revivre.org.

J’ai essayé d’expliquer à un ami, la semaine passée, comment on en venait à flipper à ce point-là psychologiquement. J’ai floppé.

J’ai été diagnostiquée à 20 ans et j’étais tellement soulagée de savoir ce que j’avais. Je n’en pouvais plus d’enfiler des highs qui me faisait devenir enragée, ambitieuse, arrogante, agressive. Je travaillais 14 heures par jour, je pensais à mille à l’heure, j’avais toujours deux cent idées en même temps, je fonctionnais comme un ordi. J’avais une connexion privilégiée avec Dieu, j’étais sur terre pour sauver un autre ami à moi qui, je le sentais, voulait se suicider. Le pire c’est que j’avais raison et que mes comportements débiles le raccrochaient à sa vie pathétique. Je sortais avec des gars dangereux et je restais dans la relation quand même, je me mettais dans des situations dangereuses, je pensais que j’étais invisible, invincible aussi. Je sortais jusqu’aux petites heures du matin et je travaillais à six heures du matin. Je comprenais tout, tout de suite. J’avais des super bonnes notes à l’école. Mes émotions étaient tellement hors de contrôle que la plupart du temps, je ne sais pas comment je faisais pour emmagasiner l’information. Mon cerveau était déconnecté du reste de mon corps. Je faisais des flammèches, j’étais une tornade et j’entraînais les gens avec moi. Je n’avais aucun problème à me trouver des hommes et aucune envie de les garder; j’étais toujours dans le pétrin, incapable de me sauver de moi-même. C’était l’fun, mouvementé, dangereux, j’imagine.

Mais, quand ça retombait, ça allait mal en maudit. Je pouvais regarder le tapis pendant un bon bout de temps sans bouger. Je n’avais aucune énergie, je ne croyais plus en rien. Je n’allais plus à mes cours et je pleurais souvent, pour rien. J’étais tellement fatiguée, écoeurée de la vie, de MA vie. Le brouillard était encore plus épais dans le down que dans le high. Je dormais pendant les cours quand j’y allais. J’avais de la misère à travailler, à enclencher mes mouvements, à parler, à penser. Tout devenait un effort. J’avais tellement mal que c’était comme se noyer dans de l’odeur d’alcool : c’est fort, ça brûle, ça pogne en-dedans. Rien ne me raccrochait à cette maudite vie pourrie parce que, dans le fond, je savais que je ne vivais pas, je survivais et c’était encore pire quand je remontais la pente, je le sentais encore plus.

Pendant le high et le down, je voulais mourir. J’y pensais tout le temps, c’était une obsession. Je ne me sentais jamais bien. Mais, pendant que j’étais down, j’étais trop fatiguée pour faire quoique ce soit. Quand j’étais high, j’y pensais tout le temps. Je traversais la rue sans regarder. Quand je commençais à être médicamentée et qu’on me changeait de médicaments, j’accumulais les pilules au cas où je voudrais tout prendre d’un coup. Tout ce que je voyais me donnait des idées. Tout. Les pilules, les couteaux, les voitures, le métro, la corde, le troisième étage. Rien n’était assez garanti pour me tuer d’un coup alors je ne le faisais pas. Les pilules, quelqu’un pourrait arriver. Les couteaux, je pourrais me rater. Les voitures peuvent freiner, le métro n’est pas assez rapide, la corde peut fracturer sans faire mourir et on peut sauter sans perdre la vie.

Les autres disent qu’être dans un high c’est super trippant. Pour moi, c’est ce qu’il y a de pire. C’est le moment où je risque le plus de faire les pires conneries. J’ai sorti avec un violeur, j’ai fait du vol à l’étalage, j’ai écrit une lettre à la bibliothèque de la Ville pour leur dire que je pourrais faire la job tellement mieux qu’eux autres, j’ai lâché un bon chum qui m’aimait pour un trou de cul que je n’aimais pas et qui m’a trompée avec ma soeur…

Comment on en arrive là ?

À 20 ans, j’ai été diagnostiquée. J’étais persuadée que c’était biologique. Juste biologique. Bon, chez moi, dans ma famille, il y a des dépressifs, des alcooliques, des toxicomanes, des joueurs compulsifs. Mais, on n’a pas de maniaco-dépressifs avoués. Hm. Ben, en lisant, j’ai découvert que l’alcool et la drogue cachent souvent « autre chose ». La drogue, l’alcool et le jeu sont aussi des symptômes. Anyway, ils sont bien des choses.

Mais, j’étais sûre qu’il n’y avait rien de psychologique là-dedans. Je n’étais PAS fol-LE. Point.

Je n’étais pas assez consciente pour me rendre compte des dommages que ma famille avaient faits. Et les psychiatres ne m’avaient pas recommandé de voir un psychologue.

Mais, à 25 ans, premier boum, j’ai découvert en lisant que j’avais encore des high. Je lisais beaucoup sur ma maladie parce que j’étais en couple, on pensait à avoir des enfants. Je prenais du lithium à cette époque. Il semble que le lithium n’est pas si efficace pour ceux qui ont des états mixtes, rapides. C’était mon cas. Désir d’enfant, médicament inefficace, j’étais un cas plus lourd, j’ai donc dû changer de psychiatre, faire réévaluer ma maladie. Maniaco-dépression, état-limite, schizophrénie ? Phobie sociale ?

À ce moment, en été, dans un gros high, très près de la psychose, je « délirais » jusqu’à en devenir paranoïaque, pensant qu’une amie à moi, qui avait le même travail que moi, dans la même compagnie, complotait pour me voler ma job. Tout le monde m’en voulait, j’étais épuisée. Mais, une partie de moi savait que ce n’étais pas logique. Ça a fini par se calmer.

Je prenais du lithium, un antidépresseur, du synthroid plus un autre antidépresseur pour mes maux de tête et une autre pilule pour les migraines. J’étais sous tension. Est-ce si étonnant avec ce qu’on sait de ma famille ? C’est d’ailleurs cette année-là que j’ai su que Ma Sœur s’est fait agressée par mon père, ça faisait des années que je subissais des pressions sexuelles de la part de mon chum, je voulais être parfaite au travail et c’était un travail stressant, ma meilleure amie était bipolaire et cokée jusqu’aux oreilles…Je continuais à faire semblant que tout allait bien. Sincèrement, dans ma tête, tout allait bien, très bien ! Les dents serrées, les fesses serrées, les sourcils froncés, tout allait bien.

Puis, j’ai fini par avoir un rendez-vous chez un nouveau psychiatre, en automne. Nouvelle évaluation, nouveaux essais de médicaments et…dépression majeure. Tout a lâché. Je ne mangeais plus, je voulais toujours dormir, je continuais à travailler dans le brouillard mais j’avais juste envie de pleurer. Et là, quand on me demandait si ça allait, je répondais que non, là, ça allait pas du tout ! Je voulais juste me faire prendre, me faire flatter. Je me sentais petite, triste, seule.

En hiver, ça a été la révolte. Re-changement de médicaments. Mon chum et moi avons consulté une sexologue depuis le mois de septembre et c’est en décembre qu’il décide de rompre alors que j’ai le plus besoin de lui. J’ai maigri, je suis malade, je ne mange que de la soupe et des biscuits soda, la télé est ma seule amie. Je le supplie de me reprendre. Je l’accuse de saboter ma convalescence. On reprend. Puis, il me dit encore une fois : « Si tu ne veux pas faire l’amour, je casse. » Et là, je crie : « Ben casse d’abord! Casse ! Awoye! Chus tannée de tes menaces! Chus pus capable! »

Alors, l’année de mes 25 ans, l’an 2000, qui était l’année où j’étais supposé me marier, fonder une famille a été l’année où j’ai rompu, où j’ai réellement pété ma coche…puis a été l’année de ma réelle convalescence. J’ai arrêté d’avoir mal à la tête et d’avoir des migraines. Avec mes nouveaux médicaments et l’arrêt du lithium, j’ai cessé le synthroid, je n’ai plus de problèmes de thyroide. Je suis devenue d’humeur plus égale, à mon grand désarroi. Après tous les ups and downs, être égale me faisait un drôle d’effet. Je me sentais gelée, robotique. C’est bien utile quand les émotions font trop mal. Et les 10 livres par année que j’avais prises avec le lithium…elles fondaient. Je me sentais tout croche, je ne savais pas quoi faire avec mon corps.

Finies les prises de sang. Finies la dizaine de pilules par jour. Finie la peur de voir revenir le monstre qui se trouve en moi. Chaque fois que je vais chez le psychiatre, il me rappelle ce que je voulais, comment j’étais. Moi, je me rappelle ce que je ne lui disais pas en me disant que si je lui avais dit tout ce qui s’est passé, il m’aurait dit d’aller chez le psy plus vite ! On évalue mes états de fatigue, d’appétit, etc. Je lui dit des choses de ma vie. Il me suggère de sortir plus, de faire un effort pour rencontrer un homme et m’amuser. Puis, je retourne chez moi.

Ça fait sept ans que je prends ces médicaments-là. Ma vie a changé. Mais ce qui a fait le plus de différence c’est :

  • Mon engagement vis-à-vis de moi.
  • C’est réaliser à 25 ans que j’étais malade pour vrai, que ça ne s’en irait pas, que ça ne suffisait pas de prendre mes p’tites pilules. Réaliser que j’avais mes limites, plus de limites que les autres.
  • Rencontrer du monde comme moi chez Revivre et voir que, finalement, je ne suis pas seule.
  • Écouter mon docteur et faire de l’exercice toutes les semaines
  • Manger mieux
  • À 30 ans décider que, là, là, ça va faire, je m’en vais chez le psy, je n’en peux plus. C’est la meilleure chose que j’ai fait pour moi de ma vie.
  • Arrêter d’avoir peur de ma maladie.
  • Diminuer ma dose de médicaments pour ressentir mes émotions sur la recommandation de la psychologue avec l’accord du psychiatre bien sûr. À ne pas faire seul ou seule parce que « Je me sens bien », genre. C’est pas comme ça que ça marche.

Je suis fière de moi. J’aurais pu continuer à déconner, me cacher, faire semblant que tout va bien. M’enrouler dans ma cape de déni comme bien des gens que je connais. Mais j’ai choisi d’affronter mon trouble bipolaire et les conséquences de mes actes. J’ai choisi de me renseigner sur ce que j’ai, de me regarder en face.

Puis, malgré les émotions difficiles que la psychothérapie me fait vivre, ça me rapporte plus encore à la longue.

Ce qui est difficile c’est quand les gens me disent : »Hon, t’as pas l’air de ça! »

Ben oui, je suis supposé d’avoir l’air de quoi ? Légume ? On est pus dans les années 40, là. La majorité des gens prennent des Smarties et ça ne paraît même pas. Présentement, je suis tellement normale que je le suis plus que le restant de la famille !

Je dors, je mange, je fais de l’exercice, je ris, je pleure des fois, je travaille, j’ai des activités. La vie s’enchaîne. Il me reste juste à me créer un futur en plus d’avor un passé composé et je serai une Super-bipolaire.