Hypersensible, le pôv monsieur

1er novembre 2005

Je viens de passer deux heures au téléphone avec J-F. La conversation s’est mieux déroulée que les précédentes. Il est clair qu’il a de la misère à « dealer » avec ce que je lui ai raconté sur mon passé.

Je regrette de le lui avoir raconté. En même temps, ça me fait voir des choses de lui. Hypersensible, il se sent visé par tout. Et là, il pense que je vais le laisser s’il fait ou dit quelque chose qui me rappelle ce que j’ai vécu.

En attente

20 mai 2006

Veuillez rester en ligne…un préposé sera avec vous sous peu…votre appel est important pour nous…

Il paraît qu’il n’y a pas de hasards. Que chaque fois qu’une porte se ferme, une fenêtre s’ouvre. Paulo Coelho nous fait comprendre dans ses livres qu’il faut saisir les indices quand ils se présentent à nous, saisir les opportunités. Alors voilà. Je ne peux pas toujours repousser les gens. Je le fais mais il faut que j’arrête. Et si je prends l’opportunité de me laisser approcher ou d’approcher quelqu’un, bien, je devrais le faire de la bonne façon, hein. En maintenant mes limites et en respectant celles des autres.

Je viens d’arriver chez moi, il est 18h, j’ai passé la journée ailleurs. J’ai déjeuné à la Binerie avec le Troll, j’ai été à mon cours de yoga puis j’ai été à la bibliothèque et j’ai été lire et manger dans un restau. Je n’ai aucun message sur mon répondeur. Je ne suis pas surprise mais, je suis désenchantée. C’est ce qui arrive quand depuis près de deux ans, je m’isole et je rejette les peu de propositions de sorties de mes amis ou que j’essaie de modifier ma vie. C’est ce qui arrive quand tout le monde autour de moi change : nouveaux couples, emménagements, bébés…

Pour ma part, ma thérapie fait en sorte que j’ai encore plus le goût d’être seule. J’ai encore moins le goût de parler, je ne sais pas quoi dire ou comment le dire. Ou je ne veux pas en parler. Pas facile non plus quand tu ne peux en parler à personne. Pas de la thérapie, juste de…tout.

J’ai tellement de trucs dans ma tête, il me semble. Avant, je parlais tout le temps. Maintenant, il me semble que je n’ai plus rien à dire. Je suis vide. Est-ce que ça se peut ? En fait, le fait que ma vie n’a aucun sens, que je ne sache pas où je vais, que mon enfance fait de moi une adulte qui fait exprès de tout saboter pourrait expliquer au moins mon vide. Si tu savais la violence qu’il y a eu dans ma vie. Je n’ai jamais réussi à expliquer ça à personne sauf à mon ex, J-F. Pauvre lui, il a pété sa coche. J’ai encore plus appris à fermer ma gueule de peur…de faire peur. De peur d’être jugée, mal comprise, d’être encore plus abandonnée et rejetée. Puis, de le faire à mon tour, en réaction.

J’ai des nouvelles portes dans mon appartement. Bientôt, je vais avoir des nouvelles fenêtres. Je me sens plus en sécurité. J’ai moins peur la nuit. Mon histoire avec la police s’est soldée par un échec. La bataille était perdue d’avance. Il aurait fallu que j’ai des bleus, des os cassés, pour que la policière me prenne au sérieux. Mais, le fait d’y repenser en détail, de l’écrire, de me fâcher, de pleurer, d’en parler, enfin après tout ce temps m’a fait beaucoup de bien. Cette histoire me hantait encore avec mes chums suivants. Ça me rendait folle. Des fois, j’ai encore des visions. En fait, j’en ai de plus en plus. Il paraît que c’est parce que je recommence à habiter mon corps, à vivre mes émotions. Je trouve ça dur. Hyperventilation, palpitations, visions, panique, rêves. Plein de choses qui se superposent. Ça aide pas à aimer le sexe ou le sexe opposé.

Mes cours de yoga et d’aquaforme sont amusants et m’aident à relaxer. Et la semaine passée, j’ai fait un super ménage dans mon appart. J’ai pas fini, je veux réorganiser mes épices, nettoyer mes armoires. Depuis deux ans, je suis folle de ménage on dirait. Il y a des périodes où je nettoie comme une dingue. J’achète plein de gadgets au Dollarama et je frotte, ça libère l’esprit. Je donne des affaires que je ne veux plus avoir aussi, je vends mes livres, mes CD. J’ai vendu presque tous mes DVD. PAS mes DVD de Anne la Maiosn aux Pignons Verts, jamais ! Je les ai regardés plusieurs fois cette année. Je n’ai pas regardé la télé de novembre à avril. J’ai regardé des DVD. Je faisais une cure de télé après avoir été quatre mois avec Monsieur qui passait sa vie devant la télé. J’en pouvais pus.

Là, je suis avec le Troll et vraiment, j’essaie de le faire ralentir. En fait, c’est bizarre. Il travaille 50 heures par semaine, j’ai l’impression d’être en attente depuis qu’il est revenu de vacances. On a commencé ensemble, une semaine après il partait trois semaines, puis pas longtemps après sa cousine s’en venait pour trois mois. Elle est encore ici et elle reste chez lui. Elle travaille aussi à la boutique. Bravo l’intimité. Dès la première semaine, il voulait que ça soit exclusif…pas le temps de se connaître, ni de voir si quelqu’un d’autre fittait mieux, il est intense. Quand un autre gars me regarde, il met sa main sur moi. Ou il m’embrasse à pleine bouche d’une façon vraiment dégueu. La semaine passée, il a cassé parce que je lui demandais de me respecter en me demandant si ça me dérangeait qu’il mette de la musique quand j’écoutais déjà la télé. Sa vision des choses ? Il devrait pouvoir faire ce qu’il veut chez moi. Il ne devrait pas devoir me montrer de considération ni de politesse puisque je suis sa blonde. Tant pis si ça me choque qu’il pète, rote ou mâche la bouche ouverte. Je n’ai jamais manqué d’affection. D’écoute, de temps, oui. D’affection, non. Il ne veut pas d’enfants, mais il m’en ferait un quand même. Il voudrait prendre des années avant d’habiter avec moi mais il m’a proposé ça à matin quand même. Et il ne croit pas au mariage mais il m’a demandé de le marier il y a deux semaines.


Ah, et après sa cousine, une amie vient habiter chez lui trois semaines. Je vais pouvoir faire du vélo avec lui et me baigner avec lui, à la fin du mois d’août (on est en juin et c’est maintenant, l’été). Mais, au mois d’août, la boutique ferme à minuit. Pas pire. Il a quand même changé ses horaires pour qu’on puisse se voir tous les dimanches et un samedi sur deux. Mais, il passe quand même à la boutique ces jours-là. Pourtant, dès la première soirée j’avais dit que ça ne marcherait pas si j’étais avec quelqu’un qui travaillait autant. Mais, il a fait cet effort-là. Et il appelle. Même s’il ne répond pas aux emails. À moins, que je lui dise que je veux une réponse. Je te dis, je suis en attente. J’attends qu’il grandisse, qu’il m’écoute, qu’il ait du temps.

Je ne suis pas mieux. Quand je suis frustrée, je m’éloigne. Alors, j’ai décidé de prendre du recul en général. L’avantage est qu’on sort pour déjeuner ensemble assis à la même table pour au moins une demi-heure (c’est au moins ça), on est allé au cinéma pour la première fois, on va parler d’autre chose que sa job ou de sexe. L’autre avantage c’est que je vais voir si ce gars-là est vraiment pour moi. Tsé, il a cassé la semaine passée. Mais, il a continué de faire comme si rien n’était arrivé quand je suis allé lui porter ses affaires le lendemain. Il n’a rien dit de la semaine. Il me prend pour acquis. Je lui ai dit qu’on n’était plus ensemble, il n’avait pas dit qu’on reprenait. Ça a l’air qu’il fait ça au travail aussi.

C’est platte. Mes murs s’étaient baissés au début. Là, je les sens bien remontés. Je peux voir les drapeaux rouges.

****

AH ! Eh ben, il a rencontré une fille pendant ses vacances et toutes les conneries qu’il faisait c’est pour que je casse avec !! Il continuait de lui écrire. Il se sentait mal. Ben oui, il me rendait folle avec ses conneries, il me blâmait parce que je ne faisais pas assez d’efforts alors que je lui donnais des chances depuis le début et pendant ce temps, Le Troll, se faisait aller le grand charme avec une greluche française ! Ah ! Il est chanceux que je ne lui envoie pas une pluie de poissons d’argent, la lèpre, une brique…

C’est un p’tit monde

Qui aurait cru qu’il y a un monde des librairies ? Il y en a pourtant un. Il semblerait que j’en fasse partie à mon grand désarroi. Oh, c’est pas grand-chose. Juste assez pour donner mal à la tête et me donner à penser « Ça y est, je suis grillée. Je ne pourrai plus jamais me présenter la face sur la rue une telle ! ».

Les libraires forment une communauté, ils se parlent, cancanent. Ils s’achètent des livres pour les revendre plus ou moins cher. Se traitent de cons pour ne pas avoir remarqué qu’ils avaient tel ou tel trésor en main.

Parmi certains de mes amis et collègues, je suis reconnue comme étant la « bibliothécaire » (mais je n’en suis pas une), celle qui lit tout le temps, connaît toutes les librairies, a toujours des livres à recommander. J’achète souvent des livres et je les prête, j’en donne, j’en revend. Avant, mon idée de vacances c’était les librairies et les bibliothèques. Mettons que ce qui suit a changé les affaires. Ça et le fait que, voyons donc, il y a autre chose que les librairies et les bibliothèques dans la vie ! Il y a Martha Stewart.

Quand j’ai changé de travail, j’ai utilisé les ressources de la Grande Bibliothèque à la place. Je dépensais moins d’argent. C’était difficile de résister à l’urgence d’acheter des livres, mais, faisable. Toutefois, je fréquentais de plus en plus la librairie à côté de l’université. C’était tout près, les gens étaient gentils, le stock, intéressant.

Elle est géré par trois gars. Comme je dis, gentils. Le Fumeur, Le Disquaire, et Le Libraire…qui a fini par me demander si je voulais sortir. À force de se voir puis de se recroiser à telle place, à telle autre librairie et partout, il s’est mis dans la tête que ce n’était pas un hasard, qu’on était fait pour être ensemble. Même si je crois « qu’il n’y a pas de hasard », j’étais dubitative. Mais, j’avais envie de croire à ça un peu, l’idée que j’étais faite pour être avec quelqu’un. Quoi ! J’avais encore des illusions dans le temps.

J’étais gênée quand il m’a demandé si je voulais aller souper. J’étais aussi au plus creux de la vague cet hiver-là (je venais de finir ma relation avec Mon Monsieur). Il a toujours su capter les creux, même à distance. « Et si c’était ma seule chance de ressortir avec un gars ? De toute ma vie, à jamais ? » Voilà ce que je me suis dit. Voilà pourquoi j’ai accepté.

L’autre raison que les gars ne comprendront jamais c’est qu’il me l’a demandé, LUI. Eh oui, aussi impoli, arrogant et Français qu’il soit, aussi grossier et misogyne qu’il soit, il me l’a demandé, LUI. Pathétique ? Peut-être. Mais, des fois, il faut prendre des chances. Surtout dans la trentaine. Tant qu’on le fait pas, on peut pas savoir. C’est un peu comme essayer du céleri avec du beurre d’arachides, des toasts au beurre de pinottes avec de la mélasse ou des chips all-dressed mélangées avec des M&M. Tant que t’essaies pas, tu peux pas savoir que c’est bon. Même chose avec des choux de Bruxelles, les hamburgers de la cafétéria ou le pain doré du Cora sur Mont-Royal. Tant que t’as pas essayé, tu sais pas que c’est pas mangeable, borderline à dégueuler pour deux semaines. Le goût et la texture restent en mémoire et hantent nos souvenirs gustatifs !

Les gars pensent peut-être qu’il faut attendre que la fille tombe nue, par hasard, dans leur lit ? Qu’il suffit de dire bonjour ou de sourire ? Eh bien, pas dans mon cas. Pour moi, un gars qui se contente de dire bonjour ne veut pas dire qu’il est intéressé.

Quand Le Libraire a commencé à me faire des rabais, je me suis dit « Ah. Il doit vouloir que je revienne vu que j’achète beaucoup de livres. » Logique. Puis, il a commencé à me dire salut et à me poser des questions, à retenir ce que je disais et à me suivre dans le magasin. Oui, ce gars-là est bizarre. Mais pas plus que tous les gens que je connais dans le domaine livresque. Moi inclus. Il devrait y avoir des psys juste pour nous.

Une autre chose, je sais d’expérience qu’un gars trippe jamais vraiment sur une fille si c’est la fille qui fait les premiers pas. Il va se laisser convaincre. Si c’est lui, il peut aller jusqu’au bout du monde pour elle. De toute façon, quel gars va dire non à une fille qui se propose ? Voyons donc. Le gars a une chance de scorer. Je connais assez de gars pour savoir que même en couple, les gars ne refusent pas très souvent la chance de mettre la puck dans le but. Ou s’ils refusent c’est qu’ils patinent quand même partout sur la glace. C’est vrai quoi. Mon amie dit toujours que un serveur d’un café où on va souvent, m’a dans l’œil. Juste parce qu’il me sourit. Franchement. Si c’était vrai, ça ferait des mois qu’on aurait dépassé le stade du « Bonjour, ça va? ». Et ceux qui disent que les gars sont gênés ? C’est de la bullshit. Quand un gars est intéressé, il fonce comme un terrier ou s’il est vraiment gêné, il se déniaise. Ça sort tout croche, mais ça sort !

Comme Le Libraire. Pas d’excuses à faire du genre il est gêné, il s’est cassé le doigt, il travaille demain, il est au chômage, il a des poux, il est puceau, il a l’herpès…blablabla. Il veut ? Il peut. J’en ai vu de toutes les couleurs. Y’a rien qui arrête un gars qui veut sauf un coup de feu…je pense.

Anyway, j’ai dit oui et c’est comme ça qu’on est allé souper. Ceux qui me connaissent savent que je suis bien bonne pour tolérer l’intolérable. D’autres disent que je décroche trop vite. D’autres comprennent rien.

Dès le premier soir, j’ai su que ça ne pourrait JAMAIS marcher. Voyons donc. Le gars s’est perdu trois fois en se rendant, mange avec ses doigts et mange la bouche ouverte en faisant du bruit, parle la bouche pleine, boit en faisant du bruit. Il n’y a pas une règle de bienséance qui n’a pas été brisée ce soir-là ! (Par moi aussi puisque je me suis ramassée chez lui…avec mon pyjama bien remonté jusque sous les bras mais tout de même). Je suis d’accord, me dire que je suis belle et fine fait gagner bien des points. Surtout après certaines des relations que j’ai eu (certains blogues vous confirmeront les creux de vagues). Mais, il est intense, insistant et semble…désespéré. Finalement, je me suis dit que peut-être que je pouvais essayer de voir si mon instinct se trompait ?

AH. Fat chance.

Le Libraire dit que j’ai même pas essayé. Hey, j’ai pas essayé…Ça a pas d’allure se fendre en quatre de même pour un gars qui vaut pas la peine. Le gars qui m’a dit « je savais pas que t’avais un frère » à propos d’une photo de moi, par exprès, devant son collègue, c’est lui. Il regrette encore ses paroles.

Après les très mauvaises manières, le manque d’écoute, le manque de soutien, l’obsession sexuelle dont il a fait preuve (hum, il en fait encore preuve), il est chanceux que je n’ai pas sacré mon camp avant avec Le Disquaire pour me venger ou que je n’ai pas mis les normes du travail sur son dos! Ou que je ne sois pas parti avec un autre libraire de la rue Mont-Royal. Il y en a qui sont vraiment, vraiment à croquer. Et qui semblent lire aussi. Très bon, ça, la lecture. D’ailleurs, c’est une des qualités que je croyais que Le Libraire possédait, le goût de lire, la culture, la curiosité. Oups, ça fait plus qu’une. Encore une fois, j’ai attribué à la personne des qualités que j’estimais reliées au travail, donc, à la personne qui faisait le travail. My Bad.

Ça m’a fait avancer plus que n’importe qui aurait pu penser cette relation-là…semblant de relation. J’ai fini par casser parce qu’il travaillait trop, passait trop de temps avec sa cousine, préférant même ne pas la laisser seule plutôt que venir chez moi ou m’invitant à les accompagner elle et lui plutôt que faire des choses avec moi, juste moiiiiii. Déjà qu’on avait coupé parce que j’aime passer du temps seule, là, je ne le voyais plus et quand je le voyais c’était au travail ou avec elle.

Après toute la merde que j’avais enduré, dont l’affaire de la photo avait été la goutte qui avait fait déborder la piscine déjà bien remplie (est-ce que j’ai mentionné qu’il avait commencé à laisser des choses chez moi dès la troisième semaine? Qu’il fouillait dans le fridge, horreur? Qu’il croyait que mon appart était aussi le sien?), ses relations que je jugeais ambigues avec sa cousine et ses collègues féminines, plus quelques autres trucs ont été juste assez.

J’ai arrêté de lui parler, je n’ai plus été à sa librairie ni aux autres pendant deux mois. Le marché livresque a périclité. C’est ma faute si l’été passé le marché du livre a autant baissé à Montréal. Mea culpa, Mea maxima culpa.

Mais, j’ai continué à aller à la librairie après avoir arrêté. Puis l’hiver passé j’y ai travaillé, réveillant ses ardeurs. Et les miennes. Oui, j’avoue au monde entier que nous avons forniqué une fois de plus. Encore une fois, il m’a pris dans le creux de la vague, au plus bas alors que ça allait mal à cause d’un autre gars, et j’ai beau avoir dit non des centaines de fois, il est arrivé un moment où, c’est con, je n’avais plus d’excuses pour la première fois de ma vie.

Ce qu’il peut fatiguer une fille, lui. Le lendemain, j’étais encore plus fatiguée.

Plusieurs mois plus tard, j’ai raisonné, tempêté, écrit, parlé, chanté. Puis, j’ai arrêté de répondre au téléphone. Éventuellement, il allait comprendre, hein, que non seulement c’était fini depuis très longtemps mais que je n’irais pas en voyage avec lui et sa cousine (une autre) cet été. C’est gentil, les invitations à voyager, à souper, à dormir. Mais, non, pour n’importe quelle raison, c’est toujours non dans ma langue. Et c’est la seule qui compte. Dès que je dis non, ça devrait arrêter là.

J’ai arrêté d’aller à sa librairie. Il appelait, je ne répondais pas. Puis, un jour j’ai répondu parce qu’à cette heure-là j’étais sûre que c’était mon amie qui m’appelait en rentrant de travailler. Elle venait de faire euthanasier son chat. Ça aurait pu être mon autre amie, elle vient de casser avec son chum. C’était lui. Soupir. Je crois qu’il a compris. Je lui ai dit que je n’irais plus chez lui, à sa librairie, parce que c’était trop dur d’être moi-même quand il était là (je deviens folle un peu, l’extrême maniaque de ma personnalité, je fais des choses dingues, je deviens déraisonnable et hors de contrôle) et que j’étais tannée de me faire inviter en voyage ou à souper. Je ne veux plus aller souper avec lui pour les mêmes raisons. Non seulement ça, mais, je veux me faire le Disquaire et puisque c’est impossible je dois partir à Pohénégamook.

C’est alors qu’il me dit qu’il a menacé le Disquaire de lui péter les genoux s’il arrivait quoi que ce soit avec moi. Ah. Bon. Ça doit être pour ça que je n’ai pas eu de propositions indécentes dernièrement.

Et est-ce que ça veut dire qu’on ne peut pas sortir des fois ou coucher ensemble qu’il me demande ? GROARG. Pas question ! Il raccroche en disant que c’est dommage. Ouin, c’est ça. J’ai besoin, moi, de me faire roter et péter dans la face. C’est TELLEMENT romantique.

C’est alors que je découvre une nouvelle librairie sur une certaine rue. Je crois m’être sauvée de la librairie, de la honte de cette relation. J’ai une migraine épouvantable et des vertiges ce jour-là. C’est la deuxième fois que j’y vais, je reconnais le gars derrière le comptoir parce qu’il travaillait ailleurs avant, on se sourit et c’est alors que je paie mon livre qu’il me demande : « C’est toi qui a sorti avec…? »

AH, putain, je n’y échapperai pas, je suis grillée. Je pensais m’être sortie de la schnoutte et je retombe dans le crottin. J’essaie de passer inaperçue à la librairie x, chez telle autre libairie…à une autre où tout le monde passe inaperçu, c’est pas dur, je ne suis qu’une cliente parmi tant d’autres…et là, BAM!

Je n’y allais plus à celle de mon ex mais on m’en parle ! Je n’ai pourtant pas sorti avec Brad Pitt ni circulé à poil dans la Grande Bibliothèque à 17h à ce que je sache. Je suis seulement sortie avec un libraire quelques malheureux mois. Moi qui trouvais que ce gars-là avait l’air gentil, qu’il avait un sourire charmant…il se met à me parler de Lui. Il a perdu des points, là.

Et moi, j’embarque comme une belle imbécile. J’en ai perdu une couple, de points, à mes yeux. Le pire c’est qu’il l’imite à la perfection au point de me donner la nausée. Et là, je me dis, mais c’est qu’il l’a observé et analysé autant que moi pour pouvoir l’imiter aussi bien. Il semble presque le détester. Il le méprise en tout cas. Comment cela se peut-il ? Tout le monde à qui je l’ai présenté l’ont trouvé drôle et charmant. Ben oui, comme un serpent à sonnettes. Mais, lui, le gars de la librairie Machin, c’est quoi son histoire avec lui ? Jalousie, envie ? Question de territoire ? Est-ce que c’est dû au travail ou est-ce que c’est personnel ? Mystère. Y’a rien de mieux qu’un mystère à mes yeux. Mais, après avoir fait une folle de moi à cause de tout ça, est-ce que j’oserai me présenter encore à Machin ? Ou dans n’importe quelle librairie de Montréal…sauf Archambault (crache, crache) et Parchemin (j’endosse totalement). Oh, et la Coop.

Et pourquoi ça me dérange tout ça ? Parce que trop de monde est au courant. Lui, là, Le Libraire, j’aurais quand même voulu que ça marche, prouver que mon instinct est complètement dans le champ. Mais non ! Alors c’est comme si une vedette de cinéma archi connue venait de prendre 50 livres en deux mois et que tout le monde le savait ! C’est comme si ma photo et sa photo étaient à la une du Journal de Montréal. On m’en parle même au travail étant donné que c’est à côté.

Je passe beaucoup de temps dans les librairies, seule ou accompagnée, et j’ai envie qu’on me reconnaisse pour qui je suis et pas parce que je suis l’ex blonde d’un gars trop con, trop nombriliste et pogné dans ses bagages pour être capable de se conscientiser et de changer. C****, quand on a cassé, il dormait à la librairie ! Et il recommençait à fumer du pot.

C’est comme gratter une gale ! Chaque fois que je réussis à avancer, quelqu’un me repogne par le collet pour me ramener en arrière : « Hey tite-fille, t’es pas l’ex du loser qui est workaholic, fumeux de pot, misogyne, fendant qui fait chier tout le monde ? » Ou ben, hey…tu trouves pas qu’il ressemble à quelqu’un que tu connais bien ? Quelqu’un de ta famille ? Comme je dis, c’est comme une esti de gale qui veut juste pas guérir.

Oui, je suis son EX. Ex comme dans Passé. Fini. Terminé. On en parle plus svp. Je peux-tu acheter mes livres en paix !!!

Planifier un rendez-vous, porter plainte contre un monstre, être en chicane

I went to breakfast with a friend this morning. The restaurant is called Studzio and it was an apartment before it was a restaurant. The owner kept the room separations so we eat in the bedroom, the dining room or the sitting room. The food is great and inexpensive plus, for the area, Plateau Mont-Royal, there is few people when we go eat, no lineups. After, we went shopping and I found a couple of things to send to you and to another pen pal of mine.

I went grocery shopping and when I came home, I had a recorded message from Troll (Je ne l’appelais pas comme ça dans ce temps-là. Ah joyeuse époque où je ne connaissais pas le côté dégueu de sa personnalité)… I was very excited that he had finally called.  I am very sorry I missed his call because he has a cell phone and I can’t seem to be able to catch him when I call, we would like to plan our first date… He is a bit taller than I am, brown hair with very expressive features and very expressive brown eyes (Expressifs ?! Globuleux, mettons. Coudonc, j’étais aveugle.). I never thought he would be interested in me until we bumped into each other a couple of times on the street and talked a bit. Kind of a cheesy line : Viens-tu souvent par ici ? I said no. I said I used to go to there often because a friend of mine lived in the area but now he has a girlfriend we don’t see each other as much…Troll said that he found me interesting and that if I wanted to do something…I was so confused and shy !!! Smiling like an idiot I said it was very nice of him. I thought he need not take me in pity. I have other friends ! But when I saw him again, he said we should meet over dinner and I said it would be nice if we had each other’s phone numbers, n’est-ce pas ? So voilà. We are going out Saturday night after his work. He is choosing where we go. I am a bit troubled because I don’t know him much. I don’t even know if he has kids. The future will tell us. And I can’t help fearing he is alcoholic. Isn’t it terrible ? I should give it a rest.

I have not been talking to my Ex for a couple of days, we are mad at each other. I can’t stand is bad character. I have friends who are very nice, I don’t need  someone who yells instead of saying he’s angry. It is sad that many of my male friends will not be my friends for very long. I am becoming very doubtful that friendship between men and women truly exists. What do you think ?

I am still working at ****** and I like it even if it is very simple work. My biggest challenge was affirming myself towards an irrespectful employee. Very hurtful.

I am watching a lot of Stargate SG-1 lately, it is the only show I watch except for Road to Avonlea. I have it on DVD. I haven’t watched TV since I broke up with my Ex. I think that watching something unreal relaxes me. So many bad things happened to me since the last couple of years that the reality scares me more than monsters and extra-terrestrials.

I went to the police to report something that did happen involving a real human monster. But I don’t recall enough details, I have a memory problem because of him. So it won’t go in court. But a friend of mine will go in court against him and she will win. And we know he is a suspect in something else. We just don’t know what. Having reported him will give him a big handicap. I am glad I did it, I am proud of myself.

Seule à deux…encore

Puisque c’est impossible de te parler, je t’écris.

Quand tu réponds « bof » chaque jour lorsque je demande si ta journée s’est bien passé, je trouve ça lourd. Quand tu me crie après comme tout à l’heure, j’ai de la peine et je trouve que je mérite mieux. Quand j’entends que je t’énerve avec mes « tsé », « là », je me dis que je mérite mieux qu’un gars aussi bête. Quand tu baisses les bras, je me dis, mais pourquoi je reste là ?

Je m’acharne pour quoi, là ? Pour quatre mois avec quelqu’un qui ne veut pas me parler, ne veut pas m’entendre, mais veut bien me baiser ? Je m’acharne sur une relation avec quelqu’un d’instable qui est capable de rester calme une journée et qui pète l’autre journée, qui se dit malheureux.

Ce soir, c’est encore pire. Je ne suis pas un chien et je ne mérite pas de me faire parler sur le ton sur lequel tu m’as parlé. Je peux comprendre que si on se chicane, ça arrive, mais là, c’est trop. J’en ai assez. Tu as dépassé la ligne de non retour.

Ne viens pas au chalet, je paierai ta part. N’achète pas de cadeaux, je m’en charge. Trouve une excuse à mes absences. Je n’ai plus envie d’arranger les choses.

Je mérite mieux que quelqu’un que j’énerve avec mes mots, avec ma présence et qui crie après moi. Tu n’es pas prêt pour une relation. Apelle-moi si tu veux m’entendre de vive voix te dire que c’est fini. Sinon, tu peux laisser faire, j’en ai ras le chapeau de ton attitude. Dire que Carrie s’est fait plaqué par post-it…on en est pas loin. C’est ce qui arrive quand on est pas capable d’écouter et de parler, j’imagine.

Dans les restaurants, on reconnaît les jeunes couples parce qu’ils parlent, s’interrompent, ont toujours quelque chose à partager. Les vieux couples, eux, n’ont plus rien à se dire. Ils regardent ailleurs en mangeant, leurs expressions figées dans l’ennui. Nous, chacun dans notre bulle, bien installés dans notre journal, devant la télé ou dans le silence, eh bien, nous ne sommes pas mieux que les vieux couples qui ne trouvent plus rien à se dire.

Pour ma part, j’essaie de ne pas t’emmerder et je n’y réussis pas. Pour ta part, tu veux lire ou écouter la télé, tranquille. Je me sens comme si je n’avais pas besoin d’être là. Je ne vois pas pourquoi je suis là.

J’ai parlé de manger à la table et je n’ai pas mis la table parce que je me suis dit, ensuite t’en avoir parlé, que si tu n’en parlais pas et que tu ne le faisais pas c’est que tu n’étais pas intéressé ou que tu n’en voyais pas l’utilité. J’ai baissé les bras. Puis, je m’en suis foutu, puis je m’en suis arrangé, la télé me permettait de ne pas te parler puisque je sentais que c’est ce que tu voulais. Finalement, ça a commencé à m’énerver entre le journal et le livre. Quand est-ce qu’on pouvait se parler des vraies choses ? Les vraies choses étant la vie en général.

Il ne restait que la voiture. Et là, il fallait que je ne parle plus non plus parce que tu devenais distrait. Je me sentais vraiment pognée et irritée. Rien à faire, j’avais un chum introverti et non communicatif. Aurais-je un chum fuyant l’intimité ?

Les problèmes du mois précédents étaient encore là, non réglés et se répétaient. On en avait parlé, les solutions étaient là et bien que j’en ai appliqué quelques-unes, je me sentais seule dans mon camp. Avec cette communication défaillante, vient le désir sexuel qui chute. Pour moi, l’envie baisse quand je n’ai pas de vrai contact avec la personne. Pourquoi je me laisserais prendre par quelqu’un qui s’isole quand ça lui tente et veut me « sauter » quand ça lui tente aussi ? J’avais de moins en moins envie de contact physique.

Le temps que tu choisissais pour me faire sentir ton désir était très mal choisi. Le matin, je pense déjà à combien de temps il reste pour la douche, s’habiller, déjeuner et à quelle heure tu vas dire qu’on est pas en avance. Une fois de temps en temps, le matin, ça va. Autrement, je n’ai pas le temps d’avoir du plaisir, je suis précipitée et je déteste ça.

La frustration s’est installée parce qu’avec la télé, même en se couchant à 21h, tu lisais tout de suite et ça devenait impossible de te faire des avances. Même les plus timides se faisaient recevoir de façon glaciale. La seule façon que j’ai trouvé de te séduire c’est en retardant le souper. Il faudrait carrément couper la télé, mais j’ai peur que tu souffres d’un symptôme de sevrage ou que tu me fasses une crise d’apoplexie.

Sexuellement, les femmes se font dire par les hommes d’être plus directes, de dire leurs préférences. C’est ce que je fais. Je n’ai pas le tour, c’est reçu comme des reproches. Je suis désolée. Mais le fait est là. Je veux être excitée avant de faire l’amour, pas juste mouillée et ça prend plus de cinq minutes. Des fois, plus de quinze minutes. Je ne peux pas gémir aussi fort que toi et, des fois, je te dis des choses que tu n’entends pas. Je dois répéter. « J’aime ça. Continue. » Ou autre chose. Des fois, je pense que tu entends. Peut-être pas. Je n’ai pas les mêmes réactions physiques que toi non plus et c’est comme ça. Je cherche à être bien plutôt qu’avoir un orgasme. Je veux avoir du plaisir, je cherche l’intensité. Il m’arrive d’être dans tous mes états. Par exemple : quand tu me joues dans le cou, quand on a joué avec ton jouet, quand je me caresse à côté de toi et que tu t’installes pour te caresser près de moi, quand tu me prends pendant que je me caresse.

Je ne tiens pas à avoir « une liaison pornographique » spectaculaire. Mais, dans la sexualité, mon plaisir est important et quand j’en parle c’est seulement pour te faire comprendre ça. Je veux participer, pas juste être bonne à pénétrer comme si j’étais là pour ça.

Quant à ton jouet, on en a parlé. Dans ma tête, c’était clair que tu devais faire l’intro et à l’avenir ce sera comme ça aussi. C’est ton jouet, tu l’amènes. Je ne suis pas celle qui doit tout faire (en faisant allusion que si je veux quelque chose, il faut que je le fasse genre fermer la télé et mettre la table dans la cuisine). Je te ferai plaisir…avec plaisir si les choses finissent par s’arranger.

Je réalise que je suis bien chez moi, seule. Souvent, j’avais envie d’être chez moi, mais il était tard le soir. Pourquoi je n’ai pas demandé que tu me reconduises chez moi ? Parce que je ne voulais pas que tu te sentes rejeté, parce que je ne voulais pas remballer mes affaires, parce qu’il était tard. Parce que je ne voulais pas que ça sente l’échec dans notre « essai ».

La caverne était invitante en cas de dispute, mais autrement, je n’avais pas vraiment envie d’y être. Pas dans l’état où elle est. Je n’aime pas l’abondance d’objets dans un endroit où je suis supposée me reposer.

Je conçois très bien que tu m’a trouvé étouffante. Je voyais très bien mon comportement, mais je ne savais plus comment attirer ton attention. Je ne comprenais pas ton attitude. La situation actuelle.

Sincèrement, je me sens mieux chez moi. Chaque fois qu’on se voit, notre irritation refait surface. Je me sens malheureuse et angoissée, irritée et sur le bord de la crise de nerfs pendant nos « discussions ». Je me sens tellement inadéquate, je ne comprends pas comment on a fait pendant quatre mois pour penser qu’on pouvait être bien ensemble. Absolument rien dans tes mots ou dans ton attitude ne me rassure sur tes émotions ou sur tes envies. Je déteste l’incertitude et dans ce cas, je dois me retenir de trancher.

Il me semble que durant le mois précédent, on s’est dit qu’on s’aimait. En quelques semaines, ça s’est arrêté. Moi, je ne peux pas vivre une relation yo-yo. Je t’aime, je ne t’aime plus, je te touche, je ne te touche plus sauf quand ça fait mon affaire.

Au cours du mois, je t’ai donné autant d’affection qu’au début du mois puisque c’est ce que tu me demandais. En même temps, au début du mois, tu semblais très heureux. Puis, à la fin tu m’as dit que c’était trop. Je ne veux pas la même relation qu’avec mes parents : trop, pas assez, bien, pas bien. Je t’aime, je ne t’aime pas.

J’ai envie d’être acceptée comme je suis avec mes insécurités, avec mon passé tout croche. J’ai envie d’un gars qui s’assume et qui veut une vraie relation, avec des mots, des regards, une vie faite d’autre chose que sa bulle de tranquillité. Une vraie vie. Je veux un gars que je peux coller autant que je veux et qui va être capable de me le dire qu’il veut être seul. Ou qui est capable de me le dire comment il se sent : fâché, déçu, triste, content. Et qui comprend qu’écouter avec toutes ses oreilles c’est mieux qu’interrompre. Que ne pas être intéressée par les rouages subtils de la vente internet, c’est pas pire que ne pas être intéressé par le classement Dewey, LC ou par le système informatique de la bibliothèque.

Je suis intéressée par ce qui s’est passé dans ta journée, par toi, par tes collègues, ce qui t’a affecté, les bonnes nouvelles, pas par comment tu fais ta job, je ne la fais pas ta job. T’intéresses-tu à ma job, toi?

Anyway.