Booking through Thursday : useful

The book I found most useful was He’s just not that into you.

It’s a girly book but it gave me the push I needed to :

  • Not get involved with someone who didn’t present certain characteristic
  • Be detached about dating
  • See more clearly red flags
  • Get rid of some of my patterns

It made me laugh !! It really made me thing about my dating experiences and ouf! did I ever needed to do that. My life as a singleton was worthy of a TV series…and my adventures are copied in this blog for the most part. I’m so glad I read this book. So, sooo glad.

Your Friend’s Just Not That Into You

Après ce que j’ai vécu en fin de semaine, je me suis dit que si j’avais vu venir les choses, je n’en serais pas là. Il y avait des signes que je n’ai pas vu parce que…bien…pour les mêmes raisons qui font qu’une fille ne veut pas comprendre que le gars n’est pas intéressé : je lui ai fait des excuses. Je n’ai pas été logique, rationnelle. J’ai passé à côté de la plaque.

J’ai donc décidé de voir si He’s Just Not That Into You pouvait s’appliquer à l’amitié. Je l,ai mis au masculin pour simplifier l’écriture.

  • Your Friend’s Just Not That Into You If He’s Not Asking You Out

Si ton ami ne te demande pas de sortir : café, resto, marche, musée. Ou si ton ami ne veut pas te voir chez lui ou chez toi.Check

  • Your Friend’s Just Not That Into You If He’s Not Calling You

S’il ne t’appelle pas. Il y a des téléphones, des cellulaires, des téléphones publics. S’il veut t’appeler, il va t’appeler. Sors, va dehors, il laissera un message…s’il appelle. Arrête de regarder ton téléphone comme ça et oui, le téléphone fonctionne encore. Check

  • Your Friend’s Just Not That Into You If He’s Not Dating You

S’il ne te voit pas ou ne te parle pas plus qu’une fois. « En attendant », ça compte pas ! En remplacement de ses autres amis non plus. Pour avoir tes notes de cours, ta passe de métro, de l’argent…non plus.

  • Your Friend’s Just Not That Into You If He’s Not Having Sex with You

Ton ami n’es pas intéressé à l’amitié s’il veut baiser avec toi. Kind of checked, il a regardé ma craque de seins.

  • Your Friend’s Just Not That Into You If He’s Using You To Have Sex with Someone Else

Ton ami n’est pas intéressé s’il est ton ami pour se rapprocher de ta soeur ou ton frère, ton amie super hot ou ton ami super babe.

  • Your Friend’s Just Not That Into You If He Only Wants to See You When He’s Drunk

S’il veut te voir seulement quand il est saoûl, ou qu’il a fumé, ou sniffé. Pas à jeun, quoi. Pas capable de passer deux secondes à jeun ? Même pas quand il est avec toi ? Pas intéressé.

  • Your Friend’s Just Not That Into You If He Doesn’t Want to Be With You

S’il ne veut pas s’engager plus loin que dans deux secondes peut-être ? Si ton ami ne fait pas de plans à long terme (on se voit dans deux semaines, un concert au mois d’août, etc.), il ne te veut pas vraiment dans sa vie. Il va se marier un jour avec quelqu’un d’autre. Probablement une p’tite blonde végétarienne qui va au gym, qui ronfle, qui dépense 300$ par année en rouges à lèvres, mais qui est aussi capable de conduire un truck, qui fait du bénévolat et qui fait de l’escalade. Check

  • Your Friend’s Just Not That Into You If He’s Breaking Up with You

S’il casse avec toi (duh)…c’est pas toi, c’est moi….je ne veux pas être dans les pattes de ton bonheur, il faut que je travaille sur moi, tu mérites mieux, etc. C’est un post-it, un email, un coup de téléphone ? Pas grave. Cassé. Check

  • Your Friend’s Just Not That Into You If He’s Disappeared on You

S’il a disparu. Non, il n’est pas déménagé, mort, à l’étranger en voyage, occupé. Sa grand-mère n’est pas morte. Il n’a pas oublié ton numéro de téléphone. Mais, il a peut-être oublié ton nom. Check

  • Your Friend’s Just Not That Into You If He’s Unavailable

Si ton ami te laisse toujours de côté pour son chum ou sa blonde, pour ses autres amis. S’il annule régulièrement les rendez-vous, s’il « oublie ». Il travaille 70 heures par semaine et te pose un lapin régulièrement. Même s’il a vécu une vie difficile, qu’il sort d’une relation, qu’il pense à devenir prêtre ou astronaute.  Même s’il a de l’argent, une voiture, un meilleur ballon de soccer, même si vous avez plein de choses en commun, , il n’est pas intéressé s’il n’est pas disponible. Check

  • Your Friend’s Just Not That Into You If He’s a Selfish Jerk, a Bully, or a Really Big Freak

S’il est égoïste, violent verbalement et/ou physiquement, s’il est manipulateur ou un crackpot. S’il t’envoie 20 emails par jour, t’écrit, viens te voir à la job, débarque chez vous sans appeler…eesh. Et si ton ami avait à être idéal, il le serait. Il ne changera pas. Check Je pense qu’un gars qui mement depuis des années, ça rentre là-dedans.

Not interested as in…not interested

J’ai fait de « He’s just not that into you » ma bible pendant au moins deux ans et maintenant que j’ai un chum, que ça roule ma poule, j’aimerais que ça devienne une lecture obligatoire dès l’âge de 11 ans.

Come on. À 25 ans, 30 ans, 35 ans, quel mot de « pas intéressé » est difficile à comprendre ? Si les filles avaient lu ce livre-là à l’adolescence, elles seraient moins désespérées, plus heureuses.

Le gars suivant n’est pas intéressé :

  • Ils rient beaucoup ensemble, ils flirtent, mais il n’a jamais demandé pour une date officielle.
  • Il couche avec elle et il part le lendemain matin. Il rappelle quand il est en manque.
  • Il l’appelle une ou deux fois par année.
  • Il n’écrit pas de courriels.
  • Il ne l’a jamais présentée à ses amis ou à sa famille.
  • Il l’invite au bar pour écouter le hockey.

Celui-là non plus :

  • Il ne veut pas l’appeler sa blonde devant des gens.
  • Il est gentil seulement depuis qu’ils ne sont plus ensemble.
  • Il lui fait payer son resto, son linge.
  • Il s’en fout qu’elle trouve son appartement dégueulasse.
  • Il n’a jamais rien dans son fridge pour lui faire à manger.
  • Il est toujours gentil quand c’est le temps de baiser.
  • Il fait exprès de la contrarier en s’habillant comme un mendiant et en se peignant comme un pouilleux.

Pas compliqué, me semble.

Du piano au désintérêt

Quand je me suis réveillée, c’était de la musique de piano qui jouait. J’ai repensé à mon rêve dans lequel mon ex, le Troll, utilisait SFX dans sa librairie et j’avais peur que ça f*** mon système de bibliothèque. Dans mon rêve, mon chat me suivait partout. Il marchait à côté de moi. Il ronronnait. Ben quand je me suis réveillée, mon chat dormait sur mon dos et je recommençais à avoir chaud.

Puis la tite musique de piano m’a fait penser à B.B., je me suis demandé c’est quoi déjà le nom du gars qui faisait la musique sur le CD qu’il m’avait prêté ? Puis, j’ai pensé à son ami, P.B. Le gars mystérieux par excellence. Jamais un mot et quand il parle, il faut tendre l’oreille sinon on entend rien. Hey, j’ai eu de la misère à me rappeler son nom de famille. On travaille sur le même étage, il ne me dit toujours pas salut sauf dans des cas extrêmes…comme quand il me regarde en pleine face !

Ce gars-là n’ira jamais hors de son chemin pour dire salut à quelqu’un. Un p’tit mur de brique silencieuses. Ou silencieux. Mur silencieux ou briques silencieuses…comme avoir l’air fou (même quand t’es une fille parce que c’est l’air qui est fou). Anyway. Il ne pose pas de questions, ne raconte rien sur sa vie privée, ne rit jamais à haute voix. Quand il éclate de rire, c’est un silence secoué. Tu vois deux épaules bouger, la bouche s’ouvrir un peu, les yeux se plisser un brin. Le temps que tu te demandes s’il a ri, c’est déjà fini.

Je me suis demandé comment un gars aussi bien repassé de sa personne, aussi silencieux dans ses éclats de rire, qui ne s’intéresse à personne et dont on pourrait oublier l’existence…ben, comment il fait pour se trouver une blonde ? Il est beau bonhomme, bien préservé pour le grand âge de au moins 40-45 ans. Mais, il n’a pas de charisme, pas le quotient niaiseux québécois ou le quotient chaleur tropicale étranger pour pogner.

Bon. Moi, je l’ai toujours trouvé étrange et mystérieux. Ce qui fait que je le trouvais intrigant et donc, intéressant. Mais, je savais que mon pattern me poussait vers les grands ténébreux qui disent rien. En plus, le gars est aussi vivant qu’une roche. Comme j’ai écrit, il ne sort jamais de sa route pour venir dire bonjour. Il ne raconte rien. Mais, il réussit à se faire des blondes et il a au moins un ami.

Conclusion ? Il est pas intéressé !! Soit il ne veut pas d’amis de la job (Sauf la pétasse de 22 ans qui travaille avec et qui le suit comme un chien de poche. Elle est vraiment conne, je vous jure. Je ne veux même plus manger sur mon étage quand elle est là. Tsé, innocente, blonde, qui connaît rien ? Anyway). Soit il ne veut rien savoir de moi. Peut-être que c’est moi qu’il trouve conne.

J’ai fini par me demander comment les gens font pour s’accrocher à des gens qui sont pas fins, pas drôles, pas intéressés. Patterns, nianiania blabla. Ça fait un bout que j’ai décroché de vouloir avoir des bonnes relations avec lui. Nos relations sont bonnes parce qu’elles sont inexistantes. Mais, j’ai jamais renoncé à la faire éclater de rire comme une tomate trop mûre échappée par terre en revenant du marché Atwater. Anyway.

Bon, là, c’est une espèce de musique de chambre qui joue et je n’ai pas fait mon lunch. Pis j’ai un stagiaire aujourd’hui. Il faut que j’y aille.

Un petit bout de mon NaNoWriMo

Dédié à Martin Tremblay, natif de l’Annonciation

On a tous dans notre vie un ou des moments où on s’est tourné la langue sept fois dans la bouche avant de se taire. Par choix, par gentillesse, par peur, peu importe.

J’ai eu une relation complète de cette façon. Je ne sais même pas si c’était vraiment une relation puisqu’on ne s’est rien dit. On ne s’est rien dit qui ressemblait à ce qu’il y avait dans ma tête où je vivais mon fantasme de relation.

 

J’avais 20 ans quand on s’est rencontré. Il s’appelait…Martin, tiens, c’est assez simple. C’était l’ami d’un de mes colocs. Je vivais avec trois colocataires : Hugo, Guillaume et Benoît. J’allais à l’école avec Benoît.

 

J’avais tout un crush sur Martin. Je le trouvais « différent ». C’est sûr que comparé à mes colocs, tout le monde était pas mal différent. Mais, quand on est jeune, je pense qu’on veut tellement vivre quelque chose d’unique qu’on mise sur ces différences-là, celles qu’on perçoit. On mise sur le monde « original », « spécial ». Bref, Martin ne fumait plus de pot. Je n’en fumais pas mais mes colocs, oui. Et leurs amis et les amis de leurs amis. Il ne buvait pas autant que les autres ou ça ne paraissait pas.

 

Pendant que je faisais mes devoirs, il venait me voir et s’assoyait avec moi. Il me parlait de sa job un peu, il me posait des questions, il me lisait ses poèmes. Je n’aimais pas vraiment la poésie mais j’étais touchée par ce qu’il écrivait et j’étais flattée qu’il me lise ce qu’il écrivait. On ne se connaissait pas, et la poésie, c’est personnel. Je voyais un côté de lui que peu de gens voyaient. C’est ce que je pensais parce qu’il m’avait dit qu’il ne partageait ça avec personne.

 

On était tellement différents. J’étais straight, conformiste. Je portais du linge ordinaire : jeans, t-shirt, DocMarten’s. Mes cheveux étaient attachés la plupart du temps. Je ne pensais pas qu’il pouvait être intéressé par moi et j’avais éloigné de mes pensées l’idée qu’on soit ensemble. Je ne lui en ai pas parlé. Ma règle générale c’était de ne pas poser de questions, de ne rien dire. Je ne pensais pas qu’il était intéressé à moi. Point. Dans ma tête, il n’y avait pas de signes. Dans ce temps-là, je ne savais pas que « actions speak louder than words ». Je pensais que les mots étaient importants. Pour moi, les mots voulaient tout dire. Mais, c’était à l’autre de parler, pas à moi.

 

Lui, il avait les cheveux plus longs que les miens. Ses cheveux étaient raides et d’un beau brun chaud, avec des reflets presque roux. Ils étaient tellement doux. Parfois, il portait un kilt et ce qu’il aimait par-dessus tou c’était porter ses vieux t-shirts de groupes Heavy Metal. Avec ses bottes d’armée, sa guitare, ses cheveux longs et son kilt, il ressemblait à un bum. Je pourrais dire que c’était nouveau pour moi, mais, si j’y pense comme il faut…des bums il y en a eu avant lui. Mais, aucun bum qui lui ressemble.

 

Il travaillait avec Hugo. Il fallait qu’ils se lèvent très tôt pour aller travailler, alors Martin couchait à l’appartement au moins 4 soirs par semaine. J’étais contente de le voir aussi souvent, c’était une personne agréable. Quand il n’était pas là, je m’ennuyais de lui. J’espèrais toujours le voir. En fait, j’avais probablement l’air d’un chien qui cherche son maître, à faire semblant de rien mais à tourner la tête 360 degrés pour voir s’il était là. Pathétique, mais vrai.

 

Vu que je ne voyais pas de futur pour nous deux, j’ai commencé à voir quelqu’un d’autre…un autre ami de mes colocs. Après tout, je trouvais ça niaiseux de tripper sur lui comme ça, sans aucun encouragement. L’expérience m’avait enseignée que ça ne donnait rien de bon d’avoir des sentiments aussi forts pour quelqu’un.

 

 

Ce qui est ironique c’est que le gars qui a pris la place de Martin, je le trouvais de mon goût quand je l’avais rencontré et j’avais laissé tomber parce que je pensais ne pas l’intéresser. Grand, musclé, cheveux noirs, yeux sombres, une belle gueule. Il avait l’air relax en permanence. Tellement sexy dans ses jeans droites, ses bottes d’armée (Ben oui, un autre avec des bottes d’armée! Mais,lui, elles avaient vraiment servi à son training dans l’armée!). J’étais surprise quand il m’a démontré son intérêt. À ce moment, j’avais déjà rencontré Martin et je m’étais dit « aussi bien être avec le deuxième meilleur si je ne peux pas être avec le premier ». Et ce n’était pas comme si je ne le trouvais pas à mon goût. mais, je ne trippais pas dessus et je n’aimais pas son odeur. En plus, il m’avait dit qu’il allait étudier à Vancouver…ça voulait dire que je ne serais pas avec lui longtemps. Et je m’en foutais.

 

Mais, Martin et moi avons fini par nous rapprocher. Ça avait tout à voir avec le fait qu’on était seuls dans l’appartement et que je savais que je pouvais aller le voir ce matin-là. On s’est collé, on s’est massé les pieds. Ah, les pieds. C’est peut-être comme ça que j’ai développé mon fétiche… Je ne sais pas ce qui m’a passé par la tête, pourquoi je suis allée le voir ce matin-là, pourquoi je lui ai massé les pieds. Si c’était à refaire, j’irais prendre un café avec lui à la place. Mais, je ne buvais pas de café encore. Bref, on a couché ensemble.

 

Et c’était merveilleux.

 

Il fallait que je termine mon autre relation qui s’en allait nulle part rapidement. Je n’étais pas amoureuse, je me sentais seule et je voulais arrêter de penser à Martin. Pendant une semaine ou deux, je les ai vu les deux. Ça ne se pouvait pas que Martin ne sache pas pour l’autre. Surtout que Guillaume m’avait surprise un matin avec Martin et le lendemain avec l’autre. Je ne me suis jamais justifiée, personne ne m’a rien dit. Ils me jugeaient dans mos dos. Ça me faisait mal mais je n’ai rien dit.

 

 

Je ne sais plus comment j’ai terminé ça avec l’autre. Peut-être qu’on a juste arrêté de s’appeler, de se voir. Ou bien Guillaume lui a dit pour Martin. Ça avait peu d’importance. Être avec Martin était le meilleur moment que je vivais de l’année, et même le meilleur moment que je vivrais pour plusieurs années. Il me faisait rire, il faisait des folies. Il était gentil avec moi et tendre. Je me sentais proche de lui. C’était peut-être dans ma tête. Je ne me rappelle aucune conversation…aucune parole ne m’a marquée. À part sa ville natale et le nom de son ex. Il voulait avoir des enfants plus tard et voulait que sa fille s’appelle comme son ex (si c’est pas un drapeau rouge gros comme la tour SunLife, ça, je sais pas ce que c’est).

Je sens encore ses bras autour de moi et ses cheveux sur ma peau. Il me semble que je revois le soleil sur les murs blancs de ma chambre, la porte ouverte sur une rue Saint-Denis bruyante. Je me sentais heureuse et légère avec lui. La dépression semblait lointaine; la police, la cour municipale, mon trouble bipolaire, l’agression subie pas longtemps avant semblaient irréels. Je me sentais comme si j’avais changé de peau, changé de vie. C’est dans cette vie-là avec lui que je voulais être et rester. Je voulais que ça dure, que le silence dure, que l’impression de compter pour quelqu’un dure.

Il avait l’habitude de m’attendre dans ma chambre, assis sur mon lit, quand je finissais de travailler tard et que je devais rentrer en autobus. Il attendait dans le noir que j’arrive. J’étais fatiguée mais toujours contente de le voir. Toujours très contente de ne pas parler, de le laisser me déshabiller, de l’embrasser.

« Les oreillons » de Tricot machine a sûrement été écrite pour notre histoire d’amour ordinaire. Je ne me suis jamais rendue à son oreille. Mais, je ne le pensais pas moins pareil. On marchait ensemble, on s’assoyait sur un banc de la rue St-Hubert pendant la nuit. On regardait les vitrines. J’avais toujours l’impression que ça allait sortir de sa bouche ou de la mienne. Comme une paire de poissons, notre bouche s’ouvrait puis se fermait sans un son. Le cri des poissons, ça doit être des je t’aime silencieux qui résonnent. Je n’étais jamais capable de le dire. Il ne l’a jamais dit.

 

Je venais d’être diagnostiquée bipolaire, j’étais déménagée à Montréal pas longtemps auparavant et j’avais rompu une relation extrêmement passionnée quelques mois avant de rencontrer Martin. J’étais très triste. Je voulais mourir ou devenir religieuse dans un couvent. Aucune de ces options n’en était une.
À force de me taire, de piler sur mes sentiments pour lui, j’ai créé un bouchon et l’illusion que je ne l’aimais pas. Je n’étais pas amoureuse et c’était juste pour le fun.

La fin du printemps est arrivé avec la fin de session. L’été approchait. Martin est parti chez ses parents en me disant qu’il appellerait. Il n’a pas appelé.

Il est revenu après quelques semaines que j’ai passées entre l’agonie et l’espoir, les questionnements et la colère. On a été marcher puis on est revenu chez moi. On s’est retrouvés. Il a dit qu’il avait perdu mon numéro de téléphone.

Il est reparti en disant qu’il appellerait. Il n’a pas appelé.

J’étais très triste et je me répétais que je n’étais pas amoureuse. Lorsqu’il est revenu, tous les colocataires étaient partis. J’avais des nouveaux colocataires et j’avais un nouveau chum qui, je le savais, ne partirait pas. J’étais déchirée. Mon coeur débattait, je pensais faire une crise cardiaque. J’aurais voulu balayer mon chum sous le tapis et aller dans ma chambre avec Martin. J’aurais voulu hurler ma frustration. J’aurais voulu hurler que ça ne se faisait pas de partir et revenir comme ça ! Mais, non. J’ai fait la fille qui s’en foutait et que c’était donc une belle surprise de le revoir, que faisait-il donc dans le coin !? Je te présente mon chum, mes nouveaux colocs.

Je ne l’ai plus revu.

Inconsciemment, je le cherchais partout et je le voyais partout. Mon coeur bondissait douloureusement dans ma poitrine quand je voyais un homme avec les cheveux longs dans la foule, par la fenêtre d’un autobus, dans le métro…dans une revue, à la télé…dans ma soupe, au travail…dans mes rêves… J’attendais qu’il cogne à ma porte en me disant qu’il était revenu.

 

Six ans plus tard, je racontais cette histoire à une psychologue que je voyais pour un problème de couple. C’était la première fois que j’en parlais. Je m’étranglais dans mes mots, le bouchon dans ma gorge m’étouffais, je pleurais et je répétais que je n’étais pas amoureuse. « Vraiment ? » m’a-t-elle demandé. « Je crois que tu l’es. » Et j’ai craqué. J’ai pleuré encore plus fort et j’ai dit que oui, je l’aimais. Je l’ai enfin avoué et maudit que ça faisait mal. Ce trou que je ressentais mais que j’essyais de combler avec mon chum, mes chats, les biscuits, le chocolat, la job, des pensées pour le futur…il était béant. Il faisait mal. Je pensais me vider…je sentais que le bonheur illusionnel que je m’étais créé coulait, suintait de ce trou-là et que tout ce qu’il resterait c’est de l’amertume, de la tristesse. C’était ce qui ressemblait à la fin du monde à mes yeux. Assise sur un petit fauteuil rembourré, une boîte de kleenex sur les genoux, j’entendais mon coeur craquer. Se briser.
Puis, le deuil s’est terminé. Éventuellement. J’ai arrêté de le chercher partout. J’ai gardé mon histoire en moi jusqu’à maintenant. Je n’en avais même pas parlé à mon chum avec qui j’ai cassé quelques semaines après cette rencontre avec la psychologue.

Je ne dis pas que je ne le cherche pas sur Facebook ou LinkedIn des fois. Mais savez-vous il y en a combien des Martin Tremblay ? Beaucoup. Et en quelque part, je suis contente de ne pas le trouver. Que pourrais-je bien lui dire ? « Je t’aimais. Tu avais le plus merveilleux des sourires. »