Blues

19 février 2005

Je suis assise dans ma cuisine. J’écoute Carmina Consoli en attendant que mes biscuits finissent de cuire. Ces biscuits, je ne les mangerai probablement pas, je les vendrai et je les donnerai. Je fais de bons biscuits. En fait, mes biscuits sont excellents. Pourquoi, ne les mangent-je pas ? Parce que je n’ai jamais faim pour ce que je me fais quand je suis seule.

De toute façon, je n’ai pas très faim en général. Je ne suis pas anorexique. J’ai presque mon poids santé, mais, pas tout à fait. Mais, mon poids est stable depuis 2000. Ce soir, aujourd’hui, toute la semaine, ce mois-ci, cette année, je suis triste.

Mes amis ne savent plus quoi faire pour me rendre « mieux ». C’est mon meilleur ami qui m’a donné cet ordi. Mais, rien ne me fait rire comme avant. Rien ne peut me rendre mieux.

En 2004, et en ce début de 2005, j’ai rencontré l’amour et je l’ai perdu, j’ai eu un avortement, j’ai travaillé jusqu’à en perdre l’esprit, j’ai eu un coup de foudre qui s’est soldé par un échec, j’ai tout donné jusqu’à ne rien garder pour moi, je me suis fait mal à la cheville et j’ai dû arrêter toutes mes activités sportives, j’ai fait le deuil de ma relation avec ma sœur, mon meilleur ami s’est fait une blonde, ma chatte de dix ans est morte, j’ai retrouvé mon ex et je l’ai reperdu, j’ai passé les Fêtes seule.

Ma vie est chaotique. Les seuls succès que je remporte sont au travail. Mon estime est à zéro, mon énergie est à zéro, je ne m’en vais nulle part. Les seuls hommes qui s’intéressent à moi veulent mon corps, celui qui m’aime a peur de moi, les autres sont intimidés. Je suis seule. Seule dans mon emploi. Seule dans ma vie. Seule à vivre comme je vis, toujours à travailler comme une dingue puis, à être zombie chez moi.

Je n’ai pas envie de sortir et je n’ai pas envie de nouveaux amis. Je vais passer à travers de ce que je vis comme je passe à travers tout. Mais, je trouve ça dur. Je suis déçue. Je suis triste. Je me sens lourde à l’intérieur de moi. Je me sens comme si je ne serai plus jamais la même, comme si je ne serai plus capable de croire quelqu’un. C’est déjà tellement difficile de trouver quelqu’un. Quand on finit par rencontrer la bonne personne, on s’aperçoit trop vite que tout n’est que mirage. Le voile tombe, il faut déjà partir.

Je n’en peux plus d’être adulte. Je n’en peux plus de ne plus savoir c’est quoi l’amour, de me poser des questions, de tout analyser. Je voudrais seulement aimer et vivre. Je veux vivre mes rêves. Je ne veux pas savoir que j’ai une amie qui n’aime plus son chum mais qu’elle reste avec lui quand même. Je ne veux plus savoir que mon ami n’a jamais su c’était quoi être amoureux et qu’il fait semblant d’être amoureux. Je ne veux plus savoir que mon autre ami n’aime pas sa blonde mais qu’il reste avec parce qu’ils ont une belle complicité. C’est trop dur ! Je veux croire à l’amour ! Je le veux, moi, l’amour ! Je veux être aimée et je veux aimer !

Et, pourquoi je ne l’aurais pas ? Je mérite d’être aimée. Je ne vois pas pourquoi un homme ne m’aimerait pas, un jour, comme je suis. Malgré mes défauts. Et, avec mes qualités. Je trouve juste ça long d’attendre et de repousser, de ne pas avoir le goût. Je suis jolie, intelligente, passionnée, aimante, pétillante, cultivée, bonne communicatrice, dynamique, pleine d’humour… Je suis créative, bonne cuisinière, bilingue, je suis une peintre colorée, je dessine bien, je m’intéresse à plein de choses, je suis sportive en autant que ça soit individuel…

Pourquoi, hein, pourquoi un gars ne s’intéresserait pas à moi ? Je suis grognonne le matin; si je ne connais pas la personne, je ne veux pas qu’elle me demande comment ça va; je ne suis pas diplomate, je suis exigeante avec moi et les autres, je suis intolérante envers ceux qui ne « sont pas capables », ceux qui sont profonds comme une casserole et j’ai ben de la misère avec ceux qui pensent juste à voyager.

Je suis déprimée en automne, agressive en hiver, irritable au printemps et pas si pire en été. Je ne sais jamais ce que je veux, je suis contradictoire, j’aime, j’aime pas, je suis stressée.

À part les décisions professionnelles ça fait des mois que je ne me fais plus confiance pour prendre une décision. Je ne fais confiance à personne parce que je ne les connais pas et je ne veux pas les connaître parce que les gens me déçoivent.

Finalement, ma vie m’épuise. Je m’épuise.

Oui, je vois une psy. Ça ne m’aide pas vraiment à voir plus clair dans mes relations amoureuses. Juste à respirer par le nez une fois de temps à temps. C’est de famille virer sur le top. Ma mère m’a déjà lancé un poulet qu’elle venait de faire cuire parce que je riais d’elle. Quand j’étais plus jeune, et moins stable, j’ai déjà lancé des ciseaux. Et un cadre. Je ne fais plus ça, je considère que :

1. C’est dangereux;

2. C’est du chantage émotionnel;

3. Je pourrais me ramasser dans le trouble.

4. Je pourrais tuer quelqu’un.

Dépression saisonnière

Je pense que c’est la deuxième année où je ne souffre pas de dépression saisonnière. Habituellement, ça m’arrive en automne et au printemps. C’est une période pénible où je vais mal dormir, être irritable, déprimée, épuisée pendant quelques semaines.

Mais, là, je suis heureuse que l’automne arrive. Je respire l’air frais, je m’en délecte. J’admire les couleurs dans les arbres. Je suis contente de pouvoir porter mon manteau et mon foulard et j’ai déjà sorti mes mitaines. La noirceur ne m’appesantis plus. Pour moi, l’obscurité du matin, ça veut dire que la journée est à moi et que j’ai tout le temps du monde pour niaiser sur internet, bloguer, cuisiner, prendre ma douche, m’habiller, aller au gym. Et l’obscurité de la fin d’après-midi veut dire que c’est enfin la fin de la journée et que je peux souper tranquillement, vérifier mes statistiques de fréquentation, boire une tisane, mettre mon pyjama, préparer mes choses pour le lendemain, lire et…délice…aller me coucher.

Je ne sais pas à quoi est dû ce changement d’humeur. C’est peut-être parce que je vais au gym. Ça me donne de l’énergie, ça me réveille. Je respire mieux, je suis moins emprisonnée dans ma cage thoracique. Mon corps se sent plein de vitalité. Je me sens forte.

Quoiqu’il en soit, je suis bien heureuse de ne plus vivre ça à part moins bien dormir parfois. Mais comme j’ai lu hier « it is only a moment, it is not the rest of your life, this too shall pass ».

Les bleus de l’automne et les ovaires ratatinés

It’s getting colder, autumn leaves are carpetting the lawns and sidewalks. I will have to close my bedroom window and crank up the heat. I have goosebumps when I take my shower. My cat is getting his winter coat. I got my scarf out this morning and I even wore mitts. It was comfy but it made me warm, toasty with a side of snooze.

If I didn’t have coffee to drink each morning I would keep the sandpaper in my eyes all day. I waited to drink some yesterday and I was grumpy all day, sleepy, and I took a nap on the couch instead of eating my supper. I still went to bed at 11. Fall is really dragging me down. I guess it goes with reducing the meds. There’s no security blanket keeping me from feeling the blues.

It’s not the full-blown blues. I’m just tired and don’t feel like cooking, eating, cleaning. I really have to kick my butt to do stuff and I don’t understand how people with kids do it. The routine that you have to do even if you are completely out of it. I really hesitate to have kids because what if I didn’t feel like cooking ? What if I was the kind of mother that fed my kids mac and cheese out of the cardbox every week ? And never cleaned ? And didn’t make them take a bath because it’s too damn exhausting even to tell them to take off their clothes ?

Unh. I already talked to the therapist about this. My fear of being a bad mother. I panick way too much about this. I already have solutions for problems I won’t have for years. If I have them.

It’s just that I really fear I won’t have kids. I fear I want some. I fear I don’t want any. What if my time has run out ? What if my uterus is all dried up ?!

I don’t have to worry about it, about the eggs, the uterus and all that. I should fear about the fact that I don’t have a man in my life to have a baby with. About the time it takes me to get to know someone, to feel secure…I may be in menopause by then !

Why do I even think about this…it’s even more depressing than the gray skies, the rain, the bare trees…