Show and Tell 7

When I was a kid, I used to draw houses, cats, princesses. I took arts in school every year. I was planning to get a degree in arts one day. I went to college in arts too. I used to be very figurative in what I did. It used to be that you could clearly see what I was drawing and painting. And then it changed.

Maybe it was the depression. Maybe it was that I just couldn’t concentrate or breathe or live. I started to paint more gestually. Like I had to get stuff out of my system faster. Maybe it was everything I was keeping inside but that I still needed to get out : the agression, my parent’s drinking, my breakup with D. We had to do a remake of a painting and that’s when it started. My plan was to remake the painting in another colour but it wasn’t different enough. So I went at it differently by being more gestual and it was liberating. I was in a zone and I was surprised by the result but so were the teachers and students.

After that, I went to study something else in Montreal. The depression was still there but I didn’t have the time to draw or paint. Until 2002 when everything was threatening to crash down. Well, it had crashed. I was a train wreck. New meds, a roommate I was afraid of, relationships that went nowhere, a workplace that made people lose their sanity, learning that My Sister had almost been raped by my biodad…it was horrible. And I wanted to keep everything under control all the time. But sometimes it was just bubbling inside me, threatening to eat me alive and then I had to paint or go mad.

So I started painting again and the only thing I could do was abstract. Full of colour, full of movement. Dyptics, tryptics, huge canvases or many small ones.

This one was made in the small hours of the morning.  I was thinking about my ex-roommate. I was afraid, couldn’t sleep even if I kept a knife near my bed. I write this and everything seems so far away, so unbelievable. This painting is a witness of that time when I was deeply afraid, deeply ashamed, a time when I couldn’t speak. I just couldn’t. I was lost, completely lost. The only thing I had was my job and my cat (a beautiful white and black female with huge green eyes). And all I could do was paint when I couldn’t bury myself in my work anymore, or watch TV until I black out.

I rarely have time to paint anymore but every time I do a painting, it’s abstract, it’s huge, it’s colorful and a bit haunted.

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Après mon post d'hier

Après mon post d’hier, que j’ai relu, je me suis rendue compte de quelque chose.

Avant, quand je rencontrais quelqu’un, je me faisais tout un tas d’histoires. Au moment où j’ai écrit ça, j’avais 17 ans, je venais de commencer le cégep et j’étais dans un high après avoir été dans un down. Je reconnais un high à cause des « pressentiments », des idées que j’avais sur la mort, de l’intensité de mes sentiments et, entre autres, d’y aller pas mal plus fort que dans ce que je ressentais vraiment.

Quoique…quand on aime quelqu’un, quand on rencontre quelqu’un pour la première fois (c’était mon 2e chum sérieux), on pense qu’on aimera plus jamais de cette façon.  On pense qu’on aime que lui, qu’il n’y en aura plus jamais d’autres hommes après celui-là, que mieux vaut mourir que de vivre sans lui.

Et je comprends pourquoi les filles qui parlent de leur chum comme s’il avait changé leurs vies me tapent sur les nerfs. Parce que j’étais comme ça, dépendante, mélodramatique, irréaliste.
High.

Ce qu’on reporche aux autres… le plus souvent c’est ce qui nous déplaît dans notre propre personne. Ce n’est pas l’inconnu mais ce qu’on reconnaît.

6:51 du matin

J’ai décidé d’ouvrir mes cahiers qui datent d’avant mon diagnostic. Peut-être que je vais voir quelque chose, découvrir des souvenirs que j’ai oublié. En tout cas, on peut voir que je n’écrivais pas super bien…J’ai laissé les tournures de phrases et les fautes. C’est pas mal dramatique et intense. Je me tape moi-même sur les nerfs.

J’ai même gardé les couleurs…

30 décembre 1991

Samedi, ça faisait deux semaines que D. et moi on sort ensemble. Il est arrivé un peu vers 13 heures et il est parti à 4:30 du matin.

Je ne me suis jamais sentie aussi bien avec quelqu’un. Surtout un gars. Je ne me sens pas en danger pour une fois.

Je l’aime plus que tout. Je sais que ce sera la mort qui nous sépareras. Depuis quelques temps, je suis encore plus accablée par des pressentiments. Personne ne m’empêcheras de me tuer s’il meurt. Je ne peux en parler, parce que les gens me croiront folle. J’ai tellement peur. Je l’aime. Et c’est avec lui que je veux vivre. Des fois, j’ai des flashs. Il avait une main sur mon ventre et c’est arrivé dans ma tête : « Ça va être beau avoir un enfant avec lui. » Seulement l’enfant me garderas en vie.

Je vis dans un rêve merveilleux quand il est là. Je ne me sens pas bien loin de lui. Je suis très inquiète. Je ne veux pas qu’il meure, moi! Il ne m’a pas sauvé la vie pour que je le perde. C’est un cauchemar quand j’ai mes maudits pressentiments !

J’y pense et j’en pleure. J’ai trouvé quelqu’un qui m’aime et que j’aime. C’est vrai cette fois. Je ne survivrai pas à sa mort. Ou je ferai une de ces dépressions…

J’ai besoin de lui. Il m’a tirée du trou, je ne le vois plus. D. est ma raison de vivre. On prend notre temps. C’est merveilleux de sortir avec lui. On n’aime pas le téléphone mais je n’aurai pas le choix de lui parler par ce moyen. Pas longtemps mais ça va me rassurer. Si je ne le vois pas pendant quatre jours on dirait que ça fait une semaine. Dans ma tête, dans mon coeur, ça fait un an que je sors avec lui. On allait à la même école que moi, au primaire. En plus, il est déjà venu chez moi avec B. D. se rappelle exactement de moi et se souviens que, déjà, à cette époque, j’avais « quelque chose de spécial ». On s’est perdus au secondaire. Rendus à la polyvalente, il ne m’a pas parlé mais savait qui j’étais. Moi, si on me demandais si je connaissais D.L., ça me disais quelque chose.

Le pire c’est que je le voyais souvent dans les corridors, à l’école. À chaque fois, c’était comme si son image me sautait à la figure. Je le remarquait où qu’il soie. Ça n’est jamais allé plus loin jusqu’à temps que ma soeur m’emmène au Lights, quand j’étais au fond du trou. Quand j’ai vu D. j’ai tout de suite reconnu le gars que j’avais si souvent vu. 2 semaines après on sortait ensemble.

Je le crois quand il dit qu’il m’aime. Ses gestes parlent d’eux-mêmes. Quand il voit que je suis fatiguée et qu’il me carresse le visage et les cheveux pour que je m’endorme. Quand il m’enveloppe de ses bras et qu’il me serre. Je peux sentir qu’il a besoin de moi, autant que j’ai besoin de lui. On n’a pas fait l’amour encore et c’est tant mieux. On s’embrasse, on se tiens les mains, on parle aussi. Pour une fois, je communique avec mon chum. Même si le physique est très important, le sexe n’est pas essentiel. Sauf qu’il me rend complètement folle quand il m’embrasse, surtout dans le cou. On a le temps, finalement. J’ai dû me faire des peurs, peut-être…Mais, il fait soleil et je pense que prendre mon temps, avec D., c’est sans doute, la décision la plus sage.