10 chansons préférées

Oh…je sais, je sais, celle-là…Okay attends…Euh…Me semble que je l’aimais celle-là ?…Oh boy, qu’est-ce que ça va dire de moi…ah oui, celle-là…Bref, ça doit faire 20 minutes que je regarde ce que j’ai sur itunes. Okay, là, ça fait une heure…

Bon, j’ai 28 chansons que j’aime vraiment beaucoup. Je vais tricher et en metter 10 sur mon autre blog, héhé.

Voyons voir…J’ai pas le choix, ça me prend une liste de chansons anglos et une liste de chansons francos.

Je dois dire que je suis étonnée de voir que la plupart des chansons ont rapport avec mes ex ou avec mon enfance.

  1. If I Were Your Woman / Gladys Knight and the Pips : Quand j’ai découvert cette toune-là, je la chantais plusieurs fois de suite par jour, à tue-tête, bien sûr. C’était pendant ma période de célibat et des chasteté, je pense.
  2. Dreams / Fleetwood Mac : Cette chanson-là a marqué ma vingtaine. Je me rappelle la première fois où je l’ai entendue. C’était dans la chambre d’un de mes colocs. On était une gang à écouter de la musique pendant qu’ils fumaient. M.T. était là et cette chanson-là va toujours me faire penser à lui. Quand je l’écoute, j’ai l’impression qu’il pleut. La chanson a été reprise par The Corrs sur un disque hommage à Fleetwood Mac, Legacy.
  3. Like it or not / Madonna : C’est la chanson de mon indépendance et de mes phases Fuck You. J’adore cette chanson-là parce que ça met des mots sur ce que je pense : Je suis qui je suis, that’s it.
  4. Sarasa / Susheela Raman : C’est la chanson qui a fait que je me suis mise à écouter les disques de Putumayo et la musique internationale.
  5. If You Were a Carpenter / Dolly Parton & Joe Nichols : J’ai plusieurs versions de cette chanson, mais celle-ci est celle que je préfère parce qu’elle est enjouée. Quand j’étais petite, Ma Soeur et moi étions fascinées par Dolly Parton…je vous laisse deviner pourquoi. C’est une version country et ça doit me venir de mon père qui trippe country.
  6. One / Johnny Cash : J’avais demandé à Y. de me faire des CD et j’ai écouté ces cd-là à répétition et je trouvais des messages cachés partout. J’aurais donc aimé que Y. m’ait choisi ces chansons-là pour m’envoyer un message pour vrai…Quand je veux penser à lui, j’écoute ses CD. J’étais surprise de trouver cette chanson-là dans ses compilations…punk. J’avais aimé la version de U2, mais celle de Johnny Cash est émouvante à cause de sa voix. Frissons.
  7. Way Back into Love / Hugh Grant and Drew Barrymore : Oui, je suis quétaine. Mais, bon, j’aime les comédies romantiques et j’aime Drew Barrymore et pendant ma période de célibat, le soundtrack de Music and Lyrics m’a donné de l’espoir et de la joie.
  8. Anyone at all / Carol King : Encore une chanson de trame sonore. Je trippe sur Meg Ryan et j’ai écouté You’ve Got Mail mille fois. C’est la chanson de la fin du film et elle me faisait pleurer chaque fois. Je m’en fous de déjà savoir la fin. C’est comme si la fin pouvait changer, on sait jamais. Alors quand la toune jouait et que je voyais arriver Tom Hanks avec son chien…je braillais. Et je pensais à mes ex que j’aurais aimé aimer plus longtemps. Pis ça me donne l’impression d’être dans The Sound of Music. Allez savoir.
  9. It Wouldn’t Have Made Any Difference / Todd Rundgren : Ah cette chanson-là je l’associe aux ruptures, ça me rend triste. Je l’ai découverte dans le film Almost Famous, un de mes films préférés. Et son autre chanson qui me rend triste je l’associe à l’amitié entre hommes et femmes. J’ai découvert Can we still be friends ? par le film Vanilla Sky.
  10. Slingshots / Morley : Celle-là vient de la trame sonore de Felicity, la série télé. J’avais une période de déprime et Felicity m’amenait dans cet état-là, le genre de funk où je descendais quand je pensais à mes ex. C’était dans la vingtaine et j’étais encore plus nostalgique que maintenant.
  1. Toutes les chances / Mara Tremblay : Au travail, j’écoutais souvent Espace Musique et j’ai découvert Mara tremblay comme ça. Eh bien, cette chanson, me fait penser à mon chum. Amourrrr. Je passe mon temps à penser à toi…J’ai toutes les chances d’échapper mon coeur.
  2. Les oreillons / Tricot Machine : C’est une amie qui m’a fait écouter ça pendant qu’on passait du temps à son chalet et il a fallu que je me retienne de pleurer quand j’ai écouté cette chanson-là. Je pensais à C. mais, je ne suis jamais passée proche de lui dire…mais, j’ai pensé à Y., à M., à ma solitude. Ça fait cent fois que je me rends pas à ton oreille…cent fois que j’t’le dis pas…Grosse émotions.
  3. Fais-moi une place / Julien Clerc : J’ai fait mon spectacle de ballet sur cette chanson quand j’avais six ou sept ans. Mais, c’est le Troll qui est venu me chercher dans les trippes avec ça. C’était tellement pathétique et triste que j’ai craqué. Je pense que c’est la seule fois où il a été honnête et vulnérable avec moi.
  4. Je suis venue te dire que je m’en vais / Carmen Consoli : La soeur de H. est revenue d’Italie avec le CD de carmen Consoli dans ses valises. Je comprends rien à l’Italien mais cette chanson en français a frappé juste. Pour la salope en moi qui a cassé avec bien des hommes sans me retourner…hum. A aussi été chantée par Jane Birkin ainsi que  par Jo Lemaire.
  5. Je m’appelle Solitude / Romane Serda : J’étais curieuse d’entendre le CD de la blonde de Renaud et j’ai été enchantée. Et toute pognée. Aime-moi, aime-moi comme si tu m’avais inventée…Je pensais à l’homme que je voulais rencontrer quand j’écoutais ça.
  6. Montréal / Ariane Moffatt : Encore le Troll. J’avais le coeur qui volait dans ma poitrine quand j’écoutais la chanson qui me faisait vivre l’espoir pendant qu’il était en voyage. Elle est restée une chanson que j’aime parce qu’elle est joyeuse. J’ai des visions d’aéroports ensoleillés.
  7. Saskatchewan / Trois Accords : Okay c’est niaiseux les chansons des Trois Accords, mais je ne peux pas résister à celle-ci. Pathétique, évocatrice, triste. Bouhou.
  8. Et si tu n’existais pas / Doba Caracol : La version est encore mieux que celle de Joe Dassin. Une chanson qui me fait penser à J. D. La chanson des peines d’amour, du romantisme.

Je ne sais plus quoi choisir.

Mike

The Photographer is on Facebook. My age, dark hair and dark eyes, yummy to look at and quite a chaser…I remember having danced with him in a way that still makes my heart beat faster. As usual he contacted me first…we didn’t become FB friends.

We had met on Lavalife. I was « somewhat » single, going out with C. but not steady and serious. I was bored and thought that the web site would take my mind off of the situation : the guy was afraid of me, didn’t want to committ, I felt lonely and cold.

It was summer and I agreed to meet the Photographer on the Mont-Royal mountain. We talked and watched the people. I was taking my time as usual, didn’t want to rush into anything. But eventually he kissed me and it was good but not earth-shattering.

Well, I felt a bit guilty. But hey, when I’m a serious committment I don’t meet strangers ! If the Artist wanted me to be faithful, he should act like what we were living together was important to him.

We walked back to the metro station and he asked me to be his model. I said yes but when he showed me the pictures he had already taken, I felt like it would be a mistake. I have been photographed nude a couple of times but in the digital era it made me think a lot more about it. So I said no. He kept asking me again and again and I said no.

Since I would leave the Artist only for something serious and he didn’t want that with anyone at the moment having broken up with a girl not so long ago; and I wasn’t interested in being photographed naked, we parted ways.

He called me a bit more than a year later to ask me again. I said no. He said he would call me back and never did. I didn’t mind.

And this week he contacted me on Facebook. HE asked me to go for a drink and I said yes. Then HE said he was quite busy for the next few WEEKS. I bet you I won’t hear from him again…as usual. He is a fun guy, charming and sooo sexy.

But I’m not the kind of girl to wait by my phone or Facebook for a guy.

Good thing I didn’t wait, good thing I didn’t bet with someone. I would’ve become a millionaire.

Another one of those days where the Exes come out of nowhere

It is one of those days where exes come out of the woodwork. Am I upset ? A lot less than the last time in May.

I still don’t know what happens. I am betting on a cosmic conspiration to make me lose my mind, or my hability to think and talk at the same time.

First thing this morning, a friend, who happens to be an ex just decided to come by work to give back some books I lent him. God…he smells good, he hugs heavenly, and he is just so damn likeable…sometimes. Thank goodness he has a girlfriend now. He’s just so easy to cuddle. Coffee is scheduled sometime during the next weeks.

Then someone I hadn’t heard of in years just popped out in Facebook and I’m kind of excited. He’s much fun, likeable as well as in he’s intoxicating. He’s my ex’s brother…Oh, brother indeed. No emails were exchanged, nothing. Just a Friend add. It’s just that memories poured in as I saw his picture. There was a time where I would have gone away with him if he hadn’t been my ex’s brother…and unavailable. He’s always unavailable. Always has (a) girlfriend(s).

Then, when I left work, I took the orange line to go pick up book boxes at an author’s house. Unusual route. It’s not my line, I wasn’t at my usual spot either on the platform. I was reading while walking (yes, very dangerous as described in a previous murder story) and I felt someone grab my coat sleeve. There was my ex-fiancé. As tall, as good-looking, as married as ever. He asked if he could kiss me even if I told him to never call, email, drop in again. I said yes, he kissed my cheek. And I missed him. The comfort, the smells. It was easier to talk today. We parted, him for his house in Laval, I for the library where I would wait for the hour to take a taxi to the author’s house.

I announced twice that I was finishing my pills today. My two exes know about it now. I am grateful for their happy reaction. Why ? One of them always worried about my illness, projecting his father’s illness on me even if I was doing well. I thought he would protest. The other because he doesn’t know me that well. I thought he would protest also. I am not upset. Nostalgic maybe.

I didn’t call anyone when I got home with my boxes of books. It cost me 40$ of cab fare, my books are interesting, I’m keeping a low profile.

Rêve

« Why are you bothering when it’s really my time to die? » Phone with C.P. I’m calling him during the week.

I have trouble speaking, very few words are passing my lips. I’m calling him after having done some order in my magazines. We talk about Catherine and I ask him if something is still going on between them. He laughs and asks me if it’s the reason I call.

I know I could have asked this question the week before when I met her or when I saw him. In my mind (in the dream) I needed affection too much to ask the big questions. So I don’t answer.

Then he tells me the sentence at the top of this page. I feel a very intense sensation in my plexus , I feel guilty. I wake up.

Planifier un rendez-vous, porter plainte contre un monstre, être en chicane

I went to breakfast with a friend this morning. The restaurant is called Studzio and it was an apartment before it was a restaurant. The owner kept the room separations so we eat in the bedroom, the dining room or the sitting room. The food is great and inexpensive plus, for the area, Plateau Mont-Royal, there is few people when we go eat, no lineups. After, we went shopping and I found a couple of things to send to you and to another pen pal of mine.

I went grocery shopping and when I came home, I had a recorded message from Troll (Je ne l’appelais pas comme ça dans ce temps-là. Ah joyeuse époque où je ne connaissais pas le côté dégueu de sa personnalité)… I was very excited that he had finally called.  I am very sorry I missed his call because he has a cell phone and I can’t seem to be able to catch him when I call, we would like to plan our first date… He is a bit taller than I am, brown hair with very expressive features and very expressive brown eyes (Expressifs ?! Globuleux, mettons. Coudonc, j’étais aveugle.). I never thought he would be interested in me until we bumped into each other a couple of times on the street and talked a bit. Kind of a cheesy line : Viens-tu souvent par ici ? I said no. I said I used to go to there often because a friend of mine lived in the area but now he has a girlfriend we don’t see each other as much…Troll said that he found me interesting and that if I wanted to do something…I was so confused and shy !!! Smiling like an idiot I said it was very nice of him. I thought he need not take me in pity. I have other friends ! But when I saw him again, he said we should meet over dinner and I said it would be nice if we had each other’s phone numbers, n’est-ce pas ? So voilà. We are going out Saturday night after his work. He is choosing where we go. I am a bit troubled because I don’t know him much. I don’t even know if he has kids. The future will tell us. And I can’t help fearing he is alcoholic. Isn’t it terrible ? I should give it a rest.

I have not been talking to my Ex for a couple of days, we are mad at each other. I can’t stand is bad character. I have friends who are very nice, I don’t need  someone who yells instead of saying he’s angry. It is sad that many of my male friends will not be my friends for very long. I am becoming very doubtful that friendship between men and women truly exists. What do you think ?

I am still working at ****** and I like it even if it is very simple work. My biggest challenge was affirming myself towards an irrespectful employee. Very hurtful.

I am watching a lot of Stargate SG-1 lately, it is the only show I watch except for Road to Avonlea. I have it on DVD. I haven’t watched TV since I broke up with my Ex. I think that watching something unreal relaxes me. So many bad things happened to me since the last couple of years that the reality scares me more than monsters and extra-terrestrials.

I went to the police to report something that did happen involving a real human monster. But I don’t recall enough details, I have a memory problem because of him. So it won’t go in court. But a friend of mine will go in court against him and she will win. And we know he is a suspect in something else. We just don’t know what. Having reported him will give him a big handicap. I am glad I did it, I am proud of myself.

Célibataire à Verdun

Ce matin, j’ai été réveillée vers sept heures par un bruit dans la rue. Ce n’est pas toujours facile habiter Verdun. L’action commence tôt le matin. Mais, bon, sur le Plateau, on entend en tout temps les sirènes de la police, de l’ambulance ou des pompiers. Ici, on entend des coups de feu, les voisins qui gueulent, des accidents.

Ce matin, comme je disais, j’ai entendu un bruit qui m’a réveillée et j’ai pensé que c’était une explosion ou un coup de feu dans la rue. J’ai pensé me rendormir, bien au chaud, mais, suite à une formation en premiers soins, je ne compte sur personne d’autre que moi-même pour vérifier s’il y a des blessés. Bonne fille !

Je me suis levée du côté droit du lit, comme d’habitude et j’ai posé mes deux pieds sur le plancher froid de ma chambre. Bien que je sois habillée d’un pyjama en polar, je frissonne quand même. J’ai fait le tour du lit et j’ai regardé par la fenêtre de la porte. La galerie d’en avant donne sur ma chambre. Le temps que je me lève et que je fasse tout ça, j’entendais des éclats de voix et je commençais à angoisser.

J’ai vu trois voitures : un véhicule sport gris, une petite voiture quatre portes rouge et une autre petite voiture grise. Quinze personnes africaines-américaines (pour être politiquement correcte) s’engueulaient. Finalement, le bruit, c’était un accident. J’ai appelé le 9-1-1 parce que ça dégénérait. Le temps que je parle à la police et que l’appel finisse, les gens avaient fini de se taper dessus, de se jeter dans la rue, de casser une ou deux bouteilles, de gueuler et ils sont partis. Des femmes et des hommes, quinze en tout, qui, au lieu de sortir calmement de leur voiture et de s’échanger leurs cartes d’affaire et le numéro de leurs assurances, se sont tapés dessus et se sont même mis à cinq sur un à un certain moment.

Pourtant, je n’ai vu aucun pare-choc dans la rue, aucune lumière pétée, aucun miroir décroché. Il faut dire que je suis au troisième étage. Avant, j’habitais dans le quartier Ahuntsic. J’adorais ce quartier. J’y ai eu trois appartements et j’y ai habité quatre ou cinq ans. Deux appartements étaient sur la rue St-Denis au coin de Crémazie et un était sur la rue Tolhurst au coin de Legendre. Ce dernier a été mon préféré. Ah. Un grand cinq et demi bien éclairé, facile à aérer en été, bien isolé en hiver, beaux planchers, superbes fenêtres, grande cuisine et grand salon.

J’adorais aller à l’épicerie. Il y avait un Provigo, sur Saint-Laurent. Ce Provigo-là était grand, plein de produits ethniques, du terroir, plein de marchandises variées. J’y trouvais de tout ! Quant au IGA sur Chabanel, c’était une petite épicerie italienne au feeling familial où je ne pouvais pas trouver du camembert mais où je pouvais trouver le meilleur des parmesan et tous les meilleurs chocolats italiens pour faire des cadeaux. C’était incroyable, il fallait lire italien pour faire l’épicerie. Sur trois marques, deux étaient étrangères.

Je me sentais en sécurité dans ce quartier-là. Il y avait toujours quelqu’un à la maison. Les gens se disaient bonjour. Ici, je me méfie, je me fais accoster et même les enfants sont bruyants et insolents. Est-ce que je voudrais retourner aux années cinquante ? Peut-être. Dès ma première semaine, la voisine voulait que j’aille prendre un café. Par contre, ma proprio était folle et mon coloc était un abuseur. Dommage.

Je n’ai pas pu garder cet appartement que je voulais garder pour le reste de mes jours. Pour moi, il représentait le nid. C’est ainsi que j’ai atterri à Verdun en colocation avec l’autre coloc débile. Il voulait remplacer son ex… Ça a pas marché parce qu’il n’était pas question que qui que ce soit me touche et certainement un gars qui fumait, buvait, écoutait la lutte, et buvait deux litres de Pepsi par jour. Il était caractériel au bout, était paresseux, manipulateur, menteur. Il m’a donné trente jours pour me trouver un appartement en plein rush d’appartements au mois de septembre. Son frère a échangé ma place contre son appart à deux pas de là. Il a habité avec le coloc débile et j’ai pris un superbe quatre et demi avec puits de lumière, grande cuisine, belle lumière pour mes plantes et mes toiles, très petite chambre, grand salon-atelier.

J’habite enfin seule. L’avantage de mon appartement c’est que je suis près du métro. Je peux donc me rendre au travail facilement et rapidement. Je suis près du centre-ville, du marché Atwater, de tout. Les voisins ne me dérangent pas. Mais, moi, est-ce que je les dérange ? Ma musique est pas mal forte, des fois. J’essaie de baisser le son à partir de 21h quand j’y pense. Dès 22h, je baisse le son de tout. Les murs sont en papier. Même que c’est gênant de faire l’amour chez moi. Mais, ça vaut la peine.

Le matin, le soleil illumine les murs de ma chambre et de mon salon. Le soir, c’est la cuisine. Je ne pourrais pas habiter un endroit sombre. Je ne voulais pas d’un demi sous-sol. Je ne voulais pas d’un endroit où je n’avais pas de fenêtres, pas de soleil. Mes toiles, ma peinture, mes plantes, ma santé ont besoin de lumière.

Ça fait cliché, hein, une célibataire qui a un chat ? Mon ami se cherchait quelqu’un sur internet et il lui a semblé que toutes les célibataires avaient un chat. Vu qu’il est allergique, c’était un problème. Mais, avoir un animal brise la solitude. Il y a beaucoup de célibataires qui se sentent seuls semblent-ils. Mais où sont-ils ? Où sont-elles ? De plus, je ne veux pas tomber sur un nouveau célibataire qui va me laisser tomber comme une vieille chaussette sale dans pas long parce que j’étais juste la fille de transition. Moi, là, les rebound… J’en ai plein mon club sandwich.

On dirait que ça fait cinq ans que je suis en rebound. Ça fait cinq ans que mon ami me dit de respirer par le nez, de me calmer les hormones, de prendre mon temps. Mais, maudit, je rencontre des gars, ça marche, ça marche pus. Et, là, je sais plus. J’ai eu des relations de huit mois, deux ans et un an et pourtant, je me sens comme si j’avais été célibataire depuis cinq ans. Pourquoi ? J’ai aimé et j’ai été aimée. J’ai été fiancée, j’ai été enceinte. Je suis épuisée. Je fais un burnout amoureux.

Je suis le genre de fille qui se pose trop de questions et qui sur-analyse. Je lis trop. Je bois du café, j’écris, je lis, je travaille, je pense. C’est pas bon, tout ça. C’est pas bon le célibat et le pas de sexe. Quand je vois un beau gars. Bof. C’est quoi, mon problème ? Le burnout amoureux.

Soir, 19h13

J’ai passé l’après-midi avec PB après avoir déjeuné avec lui. Il semble que sa blonde soit jalouse de notre lien. Je le fais rire, on se voit, je suis chanceuse qu’il soit mon ami à ce qu’elle dit. Pfft. C’est pas elle, par hasard, qui peut continuer de recevoir son affection et de lui en donner, de le voir continuellement en plus de pouvoir baiser avec lui ? Alors que moi, je dois me contenter d’un appel de temps en temps et d’un déjeuner une fois par semaine si je suis chanceuse. Elle voudrait me connaître mieux. Anyway, j’ai entendu et on verra.

Mon infâme Ex m’a appelée après trois jours de silence. Sa réflexion est terminée. Il veut revenir. Après sa maudite réflexion qui m’a laissée seule durant les Fêtes et la Saint-Valentin. Il m’avait dit qu’il serait toujours là et que je ne serais pas seule à Noël, période où notre bébé serait supposé être né. Encore des belles promesses. Ah.

Tout d’un coup, Monsieur a viré son capot de bord, mais, est aussi entêté. Il ne m’écoute toujours pas et est aussi enligné sur ce qu’il veut. Tout d’un coup, il veut la même chose que moi alors qu’il ne me l’a jamais vraiment donné. Il a annoncé à tous ses amis qu’il les verraient moins parce qu’il me verrait plus. Ça fait deux mois qu’on se voit à peine. Il est fou. C’est sa présence que je veux. Je veux qu’il me prouve qu’il peut être là.

Mais, à travers tous les évènements graves que j’ai vécu, il s’est tiré. Tout ce que ça me prouve c’est que je ne peux pas lui faire confiance. Je ne peux pas compter sur lui. Il était fatigué, il avait autre chose, il était en réflexion. Des belles excuses.

Il a eu le coup de foudre pour moi sur un site internet. Quand il m’a vue avec ma tuque débile de Safarir, il m’a encore plus trouvée de son goût. Mais, il n’avait rien à dire et je me sentais mal à l’aise. Je lui ai dit que ça ne marchait pas. Il faut dire qu’il m’avait amenée à une place vraiment pas à mon goût : Balooze. Bruyant et enfumé.

Il était séduisant. P.P. est tout en grandeurs et longueurs, un beau brun souriant. Il est un de ces nouveaux métrosexuels en vogue : bien habillé, discret, parfumé, bonnes manières et cultivé. Il a un bon emploi, mais, beaucoup trop prenant. Son métier est sa maîtresse.

Je l’ai rappelé. Il m’avait dit, en avant de la station Berri, que c’était dommage d’avoir tout fait ça pour rien. Il parlait des démarches sur internet. Pour ma part, je trouvais ça assez normal. Mais, j’avais l’impression que ça avait décliqué en personne. Je l’ai rappelé parce que je me disais qu’il fallait bien que je donne une chance à quelqu’un à un moment donné ! Ça allait bien au début. Il était romantique et passionné. Mais, il me disait qu’il m’aimait souvent. Trop. Il m’appelait cinq fois par jour ou plus et on s’écrivait plusieurs fois par jour. J’en étais accro. On sortait à des endroits superbes. Je vivais un conte de fées.

Peu de temps après, malgré des petites chicanes, nous étions fiancés. Nous nous voyions plusieurs fois par semaine, faisions nos lunchs ensemble. L’affaire c’est que, justement, mon (très peu) d’argent causait problème. Faire des lunchs coûtait cher, sortir coûtait cher. Alors qu’il s’habillait dans les grands magasins, j’avais le même linge depuis plus de deux ans. J’avais un sentiment d’infériorité.

De plus, j’étais parano. J’imaginais qu’il avait une maîtresse. Il ne me disait rien sur ce qu’il faisait quand il n’était pas avec moi. Alors que je partageais presque tout avec lui, il ne me disait rien. Puisqu’il voyait encore son ancienne flamme, j’imaginais des choses. Quand il me posait des questions, c’était pire. S’il me posait des questions sur ma maladie, j’imaginais que c’était pour m’enlever les enfants qu’on aurait plus tard. Je voyais plein d’images dans ma tête. J’avais effroyablement peur de lui, parfois. On s’est mis à avoir de plus en plus de conflits. Il n’acceptait pas ma relation avec P.B. que je voyais très souvent et je n’acceptais pas sa relation avec son ex qui, elle, n’acceptait pas ce qui se passait entre lui et moi. Elle avait fondu en larmes quand elle avait su qu’on était fiancés.

L’argent me stressait. Ma job me stressait, sa job le stressait mais il ne m’en parlait pas. En plus de tout le reste qu’il ne me disait pas et de tout ce que j’imaginais. Son sens de l’humour ne fonctionnait pas sur moi et notre communication était défaillante. On ne se comprenait pas du tout. Deux fois, il a mis mes choses dans un sac en me montrant la porte. Il disait que je n’étais pas heureuse et que, voulant mon bonheur…

Je suis passée proche de partir, mais, je me disais que ça ne pouvait pas finir comme ça. Avoir su, je serais partie. Je voulais prendre mon temps pour le connaître alors j’ai pris un peu de distance. J’ai passé un peu plus de temps chez moi. Je me sentais abandonnée et rejetée. Je me demandais ce que je faisais de si mal. Puis, on s’est mis en tête de vouloir un enfant. J’ai arrêté la pilule dans l’optique d’être prête le temps venu. Ma mère prenant chaque fois plus de deux ans pour tomber enceinte et aucune de mes tantes n’ayant d’enfant, jamais je n’aurais pensé… La fameuse pensée magique. C’était supposé prendre du temps…des mois ou des années.

Un matin, le lendemain d’une très grosse chicane, je suis allée chez lui le surprendre, lui parler. On s’est pardonné. Puis, on a fait l’amour. En un an, on a seulement baisé. C’est la seule fois où on a fait l’amour et la seule fois qui compte, à mes yeux. Mais, j’ai su tout de suite que ça avait fonctionné. J’étais enceinte. Une fois, c’est tout ce que ça prend. On a passé au moins douze tests de grossesse. En premier, ils ne fonctionnaient pas. Puis, il fallait se convaincre.

Je ne voulais pas être enceinte à ce moment-là. On ne pouvait pas garder l’enfant. Mais, j’étais contente ou excitée. J’étais contente de pouvoir tomber enceinte et contente de l’être. J’étais immensément triste parce que je savais que je ne pourrais pas le garder. Je ne sais pas si P.P. était aussi heureux qu’il le dit. Mais, on voulait et on l’a annoncé à ma famille. Tout le monde était heureux. J’étais la première à être enceinte. Puis, je me suis mise à étouffer, à angoisser, à avoir peur de perdre mon emploi, à avoir peur de lui et de comment avoir un enfant va tout changer. Je me suis mise à me dire qu’effectivement on ne se connaissait pas assez et que j’avais trop peur de lui pour avoir un enfant avec lui. Si j’avais un bébé, je serais dépendante de lui pour toujours. Je serais obligée de l’avoir dans ma vie pour toujours. Est-ce que je l’aimais assez pour ça ? Un gars qui me courait après quand on se chicanait ? Un gars qui devenait imprévisible ?

On a eu une grosse chicane. Mais, il pensait que être enceinte annulerait mon envie de prendre mon temps et qu’il pourrait m’avoir pour lui, toute à lui. Il pensait que je recommencerais à dormir avec lui toutes les nuits, à ne penser qu’à lui, que je passerais moins de temps au travail et moins de temps avec P.B. Vu que je continuais à vouloir prendre mon temps, il s’est fâché et il a dit que peut-être ça serait mieux d’avorter. J’ai pété ma coche et j’ai dit que, ben oui, ok d’abord, c’est ça qu’il veut ? Ben, le rendez-vous du médecin du lendemain pour un check up pour garder le bébé, deviendrait un rendez-vous pour un avortement et je lui ai raccroché la ligne au nez.

J’ai tellement pleuré. Je me sentais punie parce que je voulais du temps. Je me suis rendue chez le médecin en pleurant, j’ai attendu dans la salle d’attente en pleurant. Les couples semblaient heureux et confiants alors que j’étais si malheureuse. La dame a su tout de suite pourquoi j’étais là, elle a appelé à l’hôpital pour moi. Je savais ce que je voulais. Mon rendez-vous était pour le 26. P.P. le deuxième voulait que je l’appelle après pour lui dire les détails. Je lui en voulais tellement. Le salaud. Alors que je lui dit la date de l’avortement, il me dit qu’il aurait aimé garder le bébé. Il pleuvait, il faisait froid, je me sentais seule. Mais, j’étais tellement fâchée ! c’était pathétique : je pleurais sur le coin de la rue. Seule sous mon petit parapluie.

J’ai détesté être enceinte. Je me sentais envahie par un Alien, fatiguée et déprimée. Mais, je sais que c’est cette relation si détestable qui m’a fait ressentir des émotions aussi négatives. Je savais que je changeais. J’avais un secret tellement lourd à porter et P.P. ne voulait pas que je lui en parle. Je lui ai tout de même demandé de venir à la clinique de l’hôpital avec moi. Je voulais qu’il soit là, qu’il voit. Je voulais qu’il ressente la même douleur que moi.

J’étais nerveuse. J’avais peur. Les docteurs m’ont traitée comme un numéro, comme un animal. J’ai subi un examen non nécessaire qui m’a fait mal, je pleurais, j’étais perdue. Au lieu de me tenir la main, Paul regardait les écrans en souriant. Il dit qu’il ne savait pas quoi faire. Est-ce trop demander d’être là ? Autrement qu’en présence ? Être là avec moi ? J’ai décidé d’arrêter les procédures et d’aller en clinique privée. J’ai lui ai fait payer , mais je suis allée avec Ma Sœur. Je savais qu’à cette clinique, le service serait personnalisé et que les gens seraient gentils et délicats. Je ne m’étais pas trompée. On a pris soin de moi du début à la fin. Quand je me suis réveillée, je ne me rappelais rien. J’ai pleuré, j’étais fatiguée, soulagée, triste. Je cherchais mon bébé, je ne l’avais plus. L’infirmière avait beau me dire que ce n’était pas un bébé, je pleurais chaque fois que je me réveillais. Ça a pris des jours avant que j’arrête de me demander ce qui s’était passé pour que j’oublie. Je ne regrette pas mon avortement, mais, pour moi, le fœtus était mon bébé. J’étais enceinte de seulement deux mois, je ne voulais pas attendre plus logtemps pour m’en débarrasser, ça commençait déjà à paraître.

Je n’ai jamais vraiment pu en parler avec lui. Même si je me sentais libérée, du bébé, du stress, j’ai rompu avec P.P. Après des mois, le sujet est toujours aussi inabordable. Il se sent coupable. Il m’en veut également. Je ne l’ai presque pas vu de l’été. Je ne l’ai pas appelé et j’ai effacé ses courriels. J’ai fait le ménage chez moi. J’ai descendu trois à cinq sacs verts remplis de vieux souvenirs. J’avais rencontré F.D. à ce moment-là et je voulais me débarrasser de mon passé, enfin. Ça faisait trop longtemps que je traînais mes souvenirs, alors, j’ai tout jeté ou presque : lettres d’amour, cassettes et CD, toutous, linge, bijoux, photos… Je me suis sentie plus légère.

Lorsque F. et moi sommes allés au chalet de ses amis, j’ai lancé ma bague de fiançailles dans le lac. Je ne voulais pas être tentée de la remettre et je voulais laisser cette partie de moi derrière pour avancer. Mais, c’est encore là.

Après F., j’ai pris du temps pour me retrouver et me convaincre et ça valait la peine de rencontrer quelqu’un de nouveau. Tous les hommes ne pouvaient pas être égocentriques, dépressifs, workaholics, incapable de communiquer et fous. Je voulais croire que j’étais bonne, fine, belle etc. F. ne me touchait pas, ne me disait rien de gentil et on se voyait peu. Avec lui aussi, les conflits se multipliaient. F. était un champ de mine. Sa dépression était lourde à porter et j’ai rompu. J’ai tout donné jusqu’à être épuisée.

À la fin de l’été, j’ai contacté P.P. Je voulais pratiquer un conte (j’étais conteuse aussi). Je voulais également voir si j’avais enfin passé à travers mes peines, ma colère. Mais, je ne comptais pas sur l’opération « Grosse Cruise » qu’il entreprendrait. Ce n’était nullement dans mes intentions de reprendre avec lui, mais, j’avais été négligée par F. Les flatteries de P. ont atteint leur but. Quand il m’a embrassée, je me suis laissé faire. Mais, je n’avais toujours pas envie d’être avec lui sauf sexuellement.

Pourquoi m’embarrasser d’une relation alors que je sortais d’une relation très douloureuse et que celle que j’avais eue avec P. avait fini lamentablement ? Plus le temps passait, plus je me sentais mal. Il y avait beaucoup de distance entre nous, par ma faute. Je ne voulais pas être touchée. Je traînais mon histoire avec F. J’avais énormément souffert et je me trouvais laide et grosse.

Je me sentais comme si je ne méritais pas l’attention que P.P me donnait. Enfin, le peu qu’il me donnait. Il était si raide. Il décide ce qui est mieux et le fait. Le soir où j’ai conté, il s’est levé et est parti. Il portait son manteau dès la fin de mon conte alors que je voulais écouter les autres conteurs. Il m’a à peine embrassée et est parti, raide comme un robot. Je ne sais pas combien de fois on a cassé.

Toujours est-il que chaque fois qu’on reprend, ça ne marche pas, ça empire. En automne, il s’est mis à avoir un « bloquage ». Il était encore plus distant. Les problèmes qu’on avait avant étaient encore présents. Mais, j’étais de plus en plus intolérante.

J’endure mal d’endosser les responsabilités de ces non-relations avec un homme qui a de belles qualités, de belles valeurs mais qui est incapable de les partager. P. est incapable de les partager mais, il est incapable d’aller chercher ce qui se trouve chez l’autre également. Je l’ai aimé mais sa distance ne m’aidait pas à sortir mes émotions.

Je n’ai pas envie d’être avec mon père. Je travaille sur mes émotions et sur mon passé. Retourner avec lui serait tout répéter. On se voyait de moins en moins. Moi, depuis le printemps, je voyais mes amis de moins en moins. Lui, voyait une certaine J. Il savait que j’étais jalouse. Pourquoi fréquenter une femme qu’il a commencé à voir dans le but d’avoir une relation avec elle s’il est revenu avec moi ? Il ne lui parlait pas de moi et il ne savait même pas si elle était avec quelqu’un. Après m’avoir dit que son ex était une bombe sexuelle, qu’elle aimait le sexe, « elle », il a fallu que j’entende que J. est une blonde séduisante. Super. Il ne m’a jamais présenté ses amis sauf quand on les voyait par hasard. Il ne m’invitait jamais chez sa sœur quand il y allait. Il ne me voyait pas le vendredi ou le dimanche, ne me voyait que quelques heures à la fois.

Ça laisserait songeur plus d’une personne. Puis, peu avant Noël, il m’a dit qu’il avait besoin de réfléchir, au moment où je commençais à lui faire un petit peu faire confiance quand même. C’était également au moment où j’avais vraiment besoin de lui. Je venais de porter plainte pour harcèlement sexuel contre M.L., un autre employé. Mon cœur s’est brisé. Je revivais un enfer d’abandon et de trahison. J’étais là, je voulais m’abandonner, je faisais tout ce qui était possible. Lui, ne me disait rien, vivait une vie loin de la mienne, et finissait par me dire qu’il voulait réfléchir.

Quand ma chatte est devenue malade, je l’ai appelé. Je voulais qu’il vienne avec moi chez le vétérinaire. Il est venu avec moi. Mais, il n’est pas resté pour me consoler. Je ne comprends tout simplement pas. Ma chatte avait dix ans, j’avais de la peine. Il est reparti chez lui. Il était fatigué, il avait une grosse journée le lendemain. Tout est prétexte à réflexion et une dénégation. Il me refuse tout ce que je demande.

Mais, je dois dire oui à ce qu’il me demande ? Il m’avait dit qu’il ne me laisserait jamais, qu’il serait avec moi même pendant les Fêtes. J’ai été seule. Je me suis sentie seule pendant l’avortement, pendant ces derniers mois. Il m’a laissée seule pendant trop longtemps. Comment un homme peut-il être aussi distant et penser que les choses peuvent s’arranger juste parce que lui, il le veut ? Comment peut-il passer à côté d’évènements aussi importants pour moi, me laisser seule et espérer que je vais continuer à le vouloir près de moi ? Il m’a demandé du temps que je lui ai laissé. Il devrait savoir que « loin des yeux, loin du cœur ».

La semaine passée, je le voulais encore. Je pensais que tout était possible. Je voulais qu’il vienne avec moi à Toronto. Il voulait voir une exposition au musée. Je l’ai achalé avec ça, je lui ai dit que j’aurais de la nouvelle lingerie (il trippe lingerie solide mais j’en achète pas! Je ne trouve pas ça pratique). Il semblait tenté. Il a dit qu’il fallait que je lui donne vingt-quatre heures ou quarante-huit heures. Il ne m’en a plus jamais parlé. J’ai arrangé mon voyage toute seule. Je ne veux plus qu’il vienne. Une autre fois, j’ai été recalée.

La dernière fois que je l’ai appelé, mercredi, j’étais de bonne humeur malgré une Saint-Valentin morbide et solitaire. Je l’avais appelé pour lui souhaiter une bonne Saint-Valentin. Il m’a souhaité la même chose. Ça a fini là.

Ce mercredi, il a encore parlé de réflexion et là, j’ai décroché. Je ne suis plus capable, je n’en peux plus. En couple, on se tient. C’est même lui qui disait que un est là pour l’autre à un moment puis c’est le contraire. Pourtant, tout ce que je vois c’est P. qui vit dans son monde tout seul, qui suit son beat et moi qui est forcée de faire la même chose parce que je n’ai pas le choix.

Mais, je n’ai plus le goût de m’embarquer, de m’engager et de voir que ça ne donne rien. Je m’oblige à vivre une vie qui ne me convient pas et je n’ai pas envie de continuer. Même si on passait plus de temps ensemble, P. finit de travailler tard et travaille le dimanche. Il faut que je l’écoute, il faut que je fasse ce qu’il veut, que je suive sa vie, sa voie, ses envies sexuelles.

Où est-ce que j’en suis ? J’ai peur des hommes et je pense que c’est pire qu’être fâchée. Je n’ai plus d’estime de moi-même. J’en veux à mort à un homme que je pensais aimer. Plus je suis seule, plus je veux être seule. P.B. m’a dit que P.P. n’est pas bon pour moi. Sincèrement, je crois que c’est vrai. On n’est pas fait pour être ensemble. Le seul moment de paix qu’on connaît c’est quand on ne parle pas du tout. Quand je ne parle pas c’est que je cache quelque chose ou que je ne veux plus parler. J’ai mal avec P.P. Pourquoi les choses changeraient-elles ?

Puis, les avantages que je voyais dans cette relation, qui est devenue une non-relation, n’existent plus. On a une sexualité inexistante, on ne se voit plus, on ne fait plus rien, il est encore plus fatigué que moi, on ne parle de rien, on a trop peu de points en commun et notre passé est trop lourd. Les points en commun qu’on a divergent. Notre communication est vraiment poche. Je ne suis pas capable d’accepter ses cadeaux.

P.P. est plein de belles qualités. J’ai eu beau essayer de le toucher depuis des mois, rien n’a changé. Il ne comprend pas le pouvoir des gestes et il ne comprend pas qu’il faut parfois se mettre de côté pour les autres. Il y en a qui l’ont et d’autres qui ne l’ont pas. J’ai longtemps cru que c’était moi qui ne l’avait pas. Je sais que je vaux plus. Je veux plus.