Qu’est-ce que j’ai à pardonner ou à me faire pardonner?

J’ai déjà demandé à ma soeur de pardonner les affaires vraiment horribles que je lui disais quand on était petites. Je me suis excusée de bien des choses à bien du monde.

Ce que j’ai à pardonner, je ne veux pas le pardonner. Je ne pardonne pas à mon ancien coloc (entre autres) et je ne me le pardonne pas non plus. Je me sens coupable, j’ai encore peur des fois. Je ne sais pas comment pardonner et je ne pense pas que j’ai besoin de le faire. Il y a des choses qui ne se pardonnent pas mais ça ne veut pas dire que je vis dans le passé, que je suis fâchée et que j’y pense tout le temps. Quand je pardonne, je recommence tout le temps à penser que la personne a changé, je redeviens naïve. Quand je ne pardonne pas, je reste solide sur mes deux pieds. Pas question de croire à cette personne là.

C’est mon père et ma mère qui m’ont rendue comme ça. Je les en remercie. Ma mère, je lui ai pardonné bien des choses. Mon père, non. Mais, je n’ai jamais eu besoin de courir après ma mère alors que j’ai couru après mon père. J’ai espéré qu’il change, cru ses niaiseries. En ne lui pardonnant pas, je ne lui donne pas d’autres chances de me faire mal et je ne me donne pas d’occasions de recommencer à ouvrir une porte qui doit rester fermée.

Est-ce que c’est effrayant ? Oui. Mais, il faut ce qu’il faut.

J'ai tué M.N.

La nuit passée, j’ai rêvé que j’avais tué M.N. Ça m’a réveillée et je n’ai pas été capable de me rendormir. Ce matin, je suis fatiguée. Grâce aux congés des fêtes, je sais que je vais pouvoir faire une sieste plus tard.

Je ne me rappelle pas vraiment mon rêve. Mais je sais que je l’ai tué et qu’après, il fallait que je deale avec son frère. Dans la vraie vie, M.N. a deux frères. C’est lui le plus vieux et je crois que c’est le seul à avoir le genre de problèmes qu’il a. Il est érotomane et c’est un sociopathe. Je ne voulais pas tuer son frère, je voulais juste m’en aller. Je pense que j’ai poignardé M. avec le couteau que j’ai vu dans l’émission, hier.

Son frère ressemblait au fils aveugle dans l’émission de Criminal Minds que j’ai regardé hier. Dans l’émission, le tueur a tué la mère mais a développé un rapport avec le fils. Il lui dit à la fin que jamais il ne lui ferait de mal. Il utilisait un couteau pour tuer ses victimes. Dans une autre émission, il ya avait un tueur appelé le Reaper de Boston et c’est son couteau à lui que j’avais dans mon rêve. Une lame courbe.

Dans l’émission, ce tueur passait plus de temps avec ses victimes féminines plus jeunes. Plus elles étaient jeunes, plus il prenait son temps, plus il prenait de temps allant jusqu’à les poignarder 67 fois. Le tueur était un sadique sexuel qui utilisait sa lame et le geste de poignarder comme substitut pour la pénétration. La jeunesse des victimes parlait de l’âge qu’il préférait : jeune vingtaine. Pour les plus vieilles et les hommes, c’était le pistolet. Pour les femmes plus vieilles que 24 ans, c’était toujours le couteau mais moins de coups. C’était un substitut qui voulait dire qu’il était entouré de jeunes filles auxquelles il ne pouvait pas toucher, qu’il avait un poste d’autorité…dans une école.

Je me rappelle avoir ressenti quelque chose quand je me suis réveillée de mon rêve. Est-ce que c’était de la peine, de la culpabilité ? Je sais que je n’étais pas en paix, j’étais troublée. J’ai fantasmé souvent de le tuer. J’ai élaboré des plans, je les ai défaits. Je savais que je ne pourrais pas me venger sans qu’on sache que c’est moi. Pas compliqué, quelqu’un pourrait me voir et il y a seulement une poignée de filles qui ont porté plainte contre lui, seulement une qui a été en cour et a prouvé qu’il est malade. Il suffit de vérifier les alibis parmi les filles qui ont eu le plus de problèmes avec lui, de savoir que j’étais bipolaire, que j’ai fait de la thérapie pour qu’on sache que c’est moi.

De toute façon, ma méthode de choix dans mes fantasmes est la torture et les explosions en progression. Je prenais mon temps. J’allais chercher ce qu’il aimait le plus, ce qu’il utilisait pour projeter son image de lui-même. Sa voiture. Je la vandalisait, je la maganais pour qu’il ait régulièrement besoin de la faire réparer et qu’il ne puisse pas s’en servir. Je mettais le feu à sa maison…juste un peu. Puis, je faisais exploser sa maison, notre ancien appartement, en fait. Un endroit que j’estime qu’il m’a volé.

Le résultat est le même, c’est la mort.

Je ne connais pas sa famille, mais ils ne sont pas proches et il n’est pas apprécié parce qu’il est bizarre. Il n’a pas d’amis. Il ne peut plus faire de bénévolat ni avoir d’emplois. Il a passé 4 mois en prison et doit aller en thérapie pour des années.

Je pense moins à lui qu’avant. Mais, j’avoue que rêver à lui me fait toujours replonger dans l’angoisse et c’est une des raisons qui font que je blogue. Je veux me le sortir de la tête. J’ai besoin de me purger de lui. C’était une des raisons de ma thérapie. Mais, je n’ai pas vraiment été acapable d’en parler. Sauf qu’en parlant du reste, je suis arrivée à comprendre ce qui a fait que j’ai accroché sur lui, que je l’ai attiré, lui. J’ai compris pourquoi j’étais incapable de m’en sortir à ce moment-là. Les conditions étaient réunies pour que je sois victime. Une victime presque consentante, paralysée, coupable, pognée, sans autonomie, avec du stress post-traumatique, des pilules, en dépression, qui venait de rompre avec son chum, qui avait peu d’amis, qui ne parlait pas. Contrairement à A. Une chance qu’elle a tout gardé pour porter plainte.

Je suis rendue à un point dans mes rêves où je me défends, où je tue, où je crie. Pour moi, ça veut dire que j’ai confiance, que je suis plus forte.  D’ailleurs, j’ai fait une sieste tout à l’heure et j’ai rêvé qu’un homme du FBI était couché sur mon lit pour me montrer un video de lui en train de chanter. Sur l’écran il y avait aussi Fringe. FBI = autorité. Fringe = savant fou. Un chanteur avec la voix de Kevin Parent = séduction. Bref, il a failli rouler sur moi, mais j’ai été plus vite et je l’ai repoussé pour me tirer de là. Je suis bien contente. Avant, j’aurais rêvé du pire.

Ungh.

Lefebvre et filles

25 janvier 2006

I discovered the existence of this cute café while I was on my way to the police station to give my statement, to report my Ex-Roommate from Hell. I was feeling « not quite there » as I was walking and I took another route than the one I usually take to go on Wellington street.

As I was walking, I finally lifted up my head and saw the café. It was closed because it was late at night (after 8) but some lights illuminated the sign that said « Bouchées de bonheur » – Bites of happiness. The café was painted in luminous pale yellow, I could see that they had a few wooden tables and chairs, and shelves of products I couldn’t identify.

A couple of days later I decided to go there (I didn’t have a coffee machine back then so I usually went out for my morning coffee). But I couldn’t find it. So I walked on different streets until I found it again.

I never regretted going there, I was always welcomed even if I could sit for hours writing. I went there with a book or homework. The owners eventually became friends and the usual customers became friends or nice acquaintances. It was a place I felt safe and it was a place to go while I was depressed. It was easy to be myself.

Le Chemin le plus long et le moins fréquenté

10 décembre 2005

J’ai parlé à *** jeudi. Moi aussi je vais porter plainte contre lui. Pour ça il faut que j’écrive mon histoire. Mon système est tout à l’envers, je me réveille souvent. Le stress post-traumatique reprend le dessus aussitôt que je baisse la garde.

28 octobre 2008

Après avoir porté plainte, il a fallu attendre des semaines qu’on me rappelle. Puis, il a fallu que j’écrive tout ce que je me rappelais des évènements et on m’a interrogée. J’ai tenu à faire tenir ma plainte même si elle n’était pas recevable en cour. À force de trop vouloir oublier, il m’en manque des bouts. Trop pour que ça tienne ensemble.

Mon mécanisme de défense fonctionne pas mal trop bien ! Mais, *** elle, n’a pas eu ce problème. Après sept ans de démarches judiciaires, l’Ancien Coloc a été reconnu coupable de harcèlement criminel et passera en cour pour la dernière fois en janvier pour recevoir sa sentence. L’homme qui a failli me rendre folle pour vrai va enfin s’en aller. Pour un temps du moins. Mais, moi, je suis encore en thérapie…Chaque fois, qu’il est question de lui, chaque fois qu’il se passe quelque chose qui me met en danger, tout remonte. J’espère encore que ça finisse.

Ding Dong the Witch is Gone

6 février 2009

He’s in prison. He’s finally in prison. The therapist had said it wouldn’t make a difference to what I felt but it does.

When I read it, in an email, I became flustered, relieved, delirious. A smile was plastered on my face all day and it’s all I can do not to break in a dance and woot even a few days after !! I wanted to cry. That’s over but my heart still wants to leap.

It’s the first time I have an example of the Justice at work, the system finally working. My only example of justice I could say.

I don’t have to watch if I’m being followed. I don’t have to hold my breath when I go by my old metro station. Maybe the color of his car won’t make me feel faint anymore. I almost feel I could leave my doors unlocked…but I won’t. I won’t have to screen my calls, watch who’s ringing the bell, always examine everyone I go by, the crowd in a store or a conference.

Being happy about him being in prison…it’s kind of wicked. I do feel sorry for him that he’s troubled, somewhat of a sociopath. But I’m happy. He won’t bother her anymore and I don’t have to worry about him bothering me.

L'Ancien Coloc déménage en Enfer

Octobre 2007

Wouhooooo !! Let’s celebrate !!

I just learned that my ex-roommate from Hell has finally been convicted for harassment ! About time. The woman he was harassing has started the whole procedure seven years ago. After psychiatric evaluation they will decide if he goes in prison or…elsewhere.

Woohooooooo !! After living with him and having lived through far worse than harassment, I’m happy he is convicted and I hope he is put away very far, anywhere. I know there is no medical treatment for what he has, erotomania, so prescribing anything would be futile and psychotherapy probably will not help.

I just hope I will never see him again. After all my nightmares at night, flashbacks and crying, and after all she had to live through, I am so happy a judge recognized that this man is sick.

Thank you so much for this incredible woman who could have given up but didn’t. Thank you for being so strong and asking me to go to the police even if I was afraid and I knew I had no proof. At least what I said is there. Thank you for telling and keeping everything he sent and making sure he is put away so he never bothers another woman again. Maybe I can finally breathe a bit better.