La magie de Noël. Not. Mais un peu quand même.

Nous sommes chez mes parents depuis hier soir. Soir. Souper de famille. Of course, ma mère en a profité pour :

  • Boire plusieurs verres. Plusieurs.
  • Prendre sa pilule pour dormir en buvant bien avant d’aller se coucher.
  • Essayer d’avoir des conversations désagréables.
  • Renverser son verre de vin sur mon ordinateur. Une chance que le couvercle était fermé…

C’est la portion non magique de Noël.

Ce matin, elle était une autre personne. Comme d’habitude. Je fais du renforcement positif, genre. Elle a droit de toucher ma bedaine juste si elle n’a pas bu. Héhé.

Et il neige ! C’est blanc ! Ça, c’est magique. Autres choses de magique :

  • Rêver que je me fais expulser de la job pour une semaine sans salaire parce que j’ai invité une femme qui vient d’accoucher de jumeaux à me montrer comment elle allaite, sur l’heure du midi.
  • Avoir chaud quand la température de la pièce est à 14.
  • Mon père qui me fait le déjeuner et le café.
  • Mon chum qui me donne du bacon.
  • Boire une 2e tasse de café.
  • Montrer à mon père comment Twitter fonctionne.

 

Thought Question 390 : Do you think your parents brought you up right ?

I put that blog in my RSS and lately I have been neglecting my RSS reader. I have been tired (I almost slept 12 hours friday night and staurday night) and I have been preoccupied with…The Good Wife. So this morning, I decided to use one of the questions to prompt a bit of writing.

No. I don’t think my parents brought me up right. But yes they did.

It depends on what I look at. Of course, this is going to look like I blame them for everything. I do. But then I didn’t stop there, I changed things. Isn’t what growing up is all about ? Moving on, forging ahead, creating the life one wants ?

Nobody’s life is perfect, right? Mine certainly wasn’t and my parents gave me what they had which isn’t that much if I look at it carefully. Slaps behind the head, control issues, alcoholism, muteness about what’s important. It all affected me and it all gave me the message that it’s better to slap someone when that person doesn’t live up to your expectations or if that person defies you…or shut up and drink if you are so mad and you can’t talk. Violence is a lack of words. My family is really super good at talking about nothing. It’s boring. I think that the only real talk we had, my mom and I, was about sex.

I had to wait to go in therapy to talk about what really bothered me, about all that was stuck inside me and I couldn’t get out. When reality is too difficult for me, and all I have learned is to act like everything is fine…it is really stretching the fabric of reality and stretching the mind and memory…I have to make everything fit so I forget things. Exactly like my mom.

So my life up to a few years back was about forgetting, shutting up and being mad. As a child it was also about being so mad and having no control and getting into fights.

However, my mom loved me. Badly but she still did. I can’t say the same about my biodad. Loving me brought me up better. Kind of.

My mom is curious and I am the same way. She loves to read and so do I. Everything I lacked I took from my books. Books brought me up better and friends also helped.

My mom showed me that people do change sometimes. Not always in the way I would like but they do change. For example, my mom is never going to stop drinking. But she became a bit more honest about herself. And I put clear boundaries that she tries not to cross.She showed me it is good to celebrate, she loves to party. I prefer celebrating every birthday as the conquest of another year. She loves food and every meal was a battle because I didn’t like food but now that I’m grown up, I love food. Superficial stuff.

My parents didn’t bring me up quite right but they sure showed me how not to be.

Hate me / Blue October

J’écoutais la radio au travail, le poste Big R Radio – The Mix sur Itunes pour être plus précise, quand la chanson est passée.

« Hate me today
Hate me tomorrow
Hate me for all the things I didn’t do for you

Hate me in ways
Yeah ways hard to swallow
Hate me so you can finally see what’s good for you

I’m sober now for 3 whole months it’s one accomplishment that you helped me with
The one thing that always tore us apart is the one thing I won’t touch again
In my sick way I want to thank you for holding my head up late at night
While I was busy waging wars on myself, you were trying to stop the fight
You never doubted my warped opinions on things like suicidal hate
You made me compliment myself when it was way too hard to take
So I’ll drive so fucking far away that I never cross your mind
And do whatever it takes in your heart to leave me behind »

Je ne sais pas pourquoi j’ai écouté les paroles plus que celles d’une autre chanson. Peut-être à cause du « hate me » qui est à l’opposé de ce qu’on entend d’habitude.

En tout cas, ça m’a touchée. J’ai trouvé le vidéo sur Youtube et je l’ai regardé au complet (pas mon genre). Ça me fait penser à ma famille d’alcoolos, à moi et mon trouble bipolaire que les gens ont enduré…à tous ces moments où je voulais qu’on me déteste, qu’on me laisse tranquille. Combien de fois j’ai essayé d’éloigner quelqu’un avant que la personne ne « découvre » qui je suis ou avant que je m’attache ?

Fini

10 mai 2007

De Ma Soeur : Salut, j’espère que tu vas bien… Je voulais juste te dire que pour la fête des mères, je ne serai pas chez ta marraine, donc, ne te gêne pas pour y aller si jamais tu ne voulais pas y aller à cause que tu ne voulais pas me voir… Bonne journée

De moi  : Salut, Je vois que tu es consciente que j’évite les rencontres familiales. Si un jour, tu veux savoir pourquoi, on en parlera. Mais, je préfère les discussions calmes et adultes. La vérité n’est jamais facile.

De Ma Soeur : Salut encore, Je me doute bien que tu ne viens pas dans la famille à cause de moi, même si maman est certaine que c’est à cause d’elle… Petite soeur aussi et Bob, lui, il laisse passer. Par contre, puisque nous n’avons jamais su se comprendre, et que chacune de notre côté on est sûre de notre vérité sur l’autre, peut-être que ça ne vaut même pas la peine que je te demande ce que tu as à me reprocher. Peut-être qu’on se reparlera sur notre lit de mort ! Bref, maman en souffre et je sais que ça lui ferait plaisir que tu sois là pour la fête des mères. Tout ce que je voulais te dire c’est que je n’y serai pas.
Sortons les violons ici. Se joue un drame à grand déploiement…

Envoyé à Ma Soeur, ma mère, son chum et à ma petite soeur.
Eh bien,
je vois que tu n’as pas l’intention de résoudre ce très vieux problème qu’est notre non-relation. Pour ma part, je n’ai qu’une vie à vivre et rendue sur mon lit de mort, je vais avoir d’autre monde à voir. Je ne vais pas attendre au jour de ma mort pour passer à autre chose.

C’est effectivement parce que je n’endure plus les humiliations que tu m’infliges quand tu bois et même quand tu es à jeun que je ne vais plus dans les rencontres familiales. Je suis tellement en colère que je pourrais être méchante et me laisser aller. J’aime mieux garder ma dignité et ma santé mentale alors j’aime mieux rester « loin des yeux loin du coeur ». Ce n’est pas à cause de maman, ni à cause de petite soeur ni à cause de Bob. Je leur ai déjà dit. Quand on préfère penser que c’est sa faute plutôt que d’en parler c’est que c’est plus facile de se fermer les yeux. J’ai tenté de parler, d’établir un dialogue, ça n’a pas fonctionné.

Je n’en peux plus des rapports familiaux vides alors que je vois bien que vous n’êtes pas bien. Une souffre d’anxiété et de phobie sociale. Maman m’a confié un secret et refuse d’élaborer alors qu’il le faudrait. Et toi…que dire de plus sur toi ? Rien n’a été fait pour qu’on s’entende bien et que nos problèmes se règlent. Tu as raison on ne s’est jamais entendue alors qu’on aurait pu. Et Bob est Bob. Je pense qu’il évolue à son rythme. Je ne sais pas comment il fait mais il tient la route et il avance. Je me sens malade quand vous buvez. Je me sens mal à l’aise quand on parle de rien, quand on se demande comment ça va mais qu’on écoute pas. J’ai besoin de plus que ça comme famille et ça fait tellement longtemps que je sais que ma famille ne va pas bien, que ma famille est tout croche. Moi, je ne peux rien faire pour vous autres et tout ce que j’ai pu faire pour moi, pour aller mieux c’est d’arrêter de te voir Ma Soeur et de ne plus aller dans les rencontres familiales.

Oui, je me sens mieux. Triste mais mieux. Je dois faire le deuil de ma famille idéale, de celle que je voudrais : du monde capable de dire les vraies affaires, capables de se parler avec franchise sans boire, capables d’affronter le bon comme le pire avec honnêteté, qui se respectent entre eux autres, qui se regardent dans le miroir, qui respectent que j’ai des émotions et que oui, des fois, je suis déprimée et que d’autres fois, je suis de bonne humeur. Je n’en peux plus des secrets de famille. Je n’en peux plus du manque de support quand je vis quelque chose de grave. Je n’en peux plus de votre colère, de votre tristesse. Je n’en peux plus de parler de fleurs et de bouffe alors qu’à l’intérieur de vous je sais qu’il y a autre chose et que vous paraîssez tendus. C’est inacceptable de fermer les yeux sur la souffrance des membres de sa famille. J’ai ouvert les yeux sur la vôtre souvent pour me faire dire que vous ne voulez pas en parler. J’ai voulu parler de la mienne pour me faire dire que vous n’avez pas le temps ou pour recevoir de la colère de la culpabilité ou pire, le silence. J’ai fini de me sentir coupable, malade, enfermée.

On ne choisit pas la famille dans laquelle on naît, c’est vrai. Mais, on peut s’en choisir une autre. Je vous ai tellement aimés, idéalisés, j’ai eu tellement d’attente. Et toi, j’ai eu des attentes envers toi, jusqu’à ce que je lise ton dernier email. J’ai espéré que tu évolues un peu. C’est fini. Je passe à autre chose.

Mon Unité Parentale

28 novembre 2007

Today, my colleague told me that he thought it affected my boss when I said that my parents were not there for me. It could, I don’t know. What I know is that it’s true.

What makes a parent ? Is it worry ? Love ? Communication, listening ? Is it what they teach ? Gifts ?

I don’t have a « parental unit ». I have a dad and I have a mom. Then there’s my mom’s boyfriend. All are separate, they are not united. My mom took care of me the best she could which at the time was in a non linear way. It wasn’t constant. My dad was never there and when he was I was afraid of him so I wouldn’t move or talk until I exploded. My mom’s boyfriend…well, I started getting along with him when I moved out of the house because he looked like he would cry, he was going to miss me. We just started to talk more…13 years later.

Worry is what my mom is good at. Love she can do, her boyfriend too. Communication and listening is a big ZERO except for the boyfriend who surprisingly will defend what I do or say once in a while. They taught me to be clean and work hard, appearance is everything (beurk). Gifts are unimportant in my opinion.

Where is dad ? Nowhere. He is or was a big wall of brick. You know it’s there when you crash into it.

He never calls not even on birthdays. He’s drunk every time I see him. Last time was an even bigger disappointment. My Sister said he wasn’t drinking anymore. AH. He was at the bar at noon when we met. The day went downhill from there.

My mom is also an alcoholic.

None of them were there in moments where I needed them when I was growing up. I’m still looking for them now…hm. Not there.

I think that caring, loving, respecting, worrying, wondering, hoping…is part of what makes a parent. Still looking…

Do I love them ? Not sure, really. When a child is young, his love for his parents is what is strongest, nothing can and should come between a parent and his child. I did love them. I was always worried about them, I missed my dad all the time. I can’t count the times I was hurt by what they did or said. My mom was MINE, she was the most important person in my life. But drinking came before me, before My Sister. I knew this before I was a teen. Work and drinking came before everything for my dad. I stopped being happy to see them. I started getting anxious when they were there.

Now I’m just plain fed up. I can’t take anything anymore. My dad yelling just isn’t right. My mom harassing me when she drinks. Feeling like I’m a failure because I’m not military or because I put limits so I can feel better instead of shutting up. Not good enough because they just won’t act like parents and put their foot down or be there.

All I ever wanted from them is to love me and accept me. I wanted them to be there for me. Not I being there for them. I wanted guidance, respect, kindness.

Instead I don’t talk to my dad anymore. And I see my mom rarely. I’ll probably spend Christmas alone. Am I sad ? Yes.

I’m sad I had to be an adult before my time. I’m sad about getting beaten, yelled at, treated badly in many ways. I’m sad that my dad isn’t able to show me he loves me. I’m sad I’m often in relationships with guys who are like them : they won’t listen, they act like they don’t care about me, they harass me, etc.

I am sad. All the time.

Mon père boit et conduit

13 juin 2008

I became very mad, outraged, the day I realized how many times my dad had driven us back to my mom’s or anywhere while he was drunk. He did have accidents and has lost his permit because of this. I’m happy about it.

I get a very uneasy feeling when I have to refuse someone who is proposing to drive me somewhere and I know they drank. But last time, it was my uncle, and it made me feel very very ungood and I stood my ground forcefully.

Lettre à mon père

Avril 2006

Je suis fâchée après toi. Je reproduis tes comportements, je suis méfiante à cause de toi. Mon cœur est emprisonné à cause de toi. Et pourquoi ? Pour cause de négligence ? Après tout ce temps, on pourrait penser que je m’en serais remise.

Mais non. Surtout que j’ai revécu ces blessures-là avec d’autres hommes. L’abandon, le rejet, le manque de communication. C’est assez banal quand on y pense. Alors pourquoi ça fait aussi mal ?

Pourquoi l’engagement fait-il aussi peur ?

J’ai peur d’être abandonnée si je m’attache, d’être rejetée si je m’exprime. J’ai peur de revivre l’indifférence. J’ai peur de me sentir seule à deux, seule dans mon couple comme j’ai été seule avec toi. Comment quelqu’un peut-il être aussi entouré de murs ? Te rends-tu compte que tu m’as rendue comme toi ? Je suis prisonnière de moi-même. Dès que je saute mes barrières, baisse la garde, les murs remontent plus solides.

Je n’avais pas le droit d’être moi-même. Je n’étais pas assez bien. Du coup, je ne suis bien pour personne. Je porte ça en moi.

Si tu partais, ne revenais pas, ne m’appelais pas, c’était ma faute. Qu’est-ce que j’avais fait ? Pourquoi tu ne m’aimais pas ? c’est ce que je me demandais. Maintenant, je sais que ce n’est pas ma faute. Mais je t’en veux encore de m’avoir fait vivre ça parce que ça m’affecte encore.

Comment as-tu pu oublier nos dates de fête ? Ne pas nous appeler toutes ces années ?
Comment as-tu pu nous laisser seules alors que tu travaillais ? C’était la fin de semaine. Je voulais être avec toi.
Comment as-tu pu être assez irresponsable pour nous laisser louer n’importe quel genre de films débiles avec des femmes nues ?
Comment as-tu pu me demander de garder le secret sur ce que tu as fait à Ann ? Comment as-tu pu lui faire ça ?
Tu ne te rends pas compte de ce que ça m’a fait. De ce que ça me fait encore.

Je suis fâchée après toi pour toute les fois où tu as fait des remarques sur mon corps quand j’étais petite. Mon corps m’appartiens. Mes seins n’ont pas à retenir ton attention ni mes fesses. Tu es mon père. Je ne suis pas pour toi. Je ne suis pas un objet de désir pour toi. Je ne veux pas être touchée et je t’en veux pour toutes les fois où je t’ai dit que je ne voulais pas l’être et tu l’as fait quand même. Je n’aime pas être claquée sur les fesses et je ne tiens pas à être près des gens. J’aime avoir ma bulle.

Et je suis fâchée pour toutes ces fois où tu as prétendu revenir dans nos vies, où je t’ai cru. Tu es reparti, tu es disparu. Pourquoi cette fois-ci serait-elle différente ?

Et pourquoi croirais-je que tu bois moins quand moi, je te vois boire chaque fois que je te vois ? Tu es comme maman, c’est ça ? Je te donne envie de boire ? Tough luck.

J’ai décidé d’entrer en thérapie l’année passée après t’avoir vu. Je n’en pouvais plus. Je n’en peux plus de ton comportement. J’ai claqué la porte sur l’idée de recevoir ton amour, ton affection, sur l’idée d’avoir un père responsable il y a des années. Mais, je voulais voir quand même si pour une fois tu pouvais tenir parole. À midi, tu étais à la Légion. Pfft. C’était perdu d’avance. A. va te donner son support puisqu’elle est alcoolique. Moi, je ne crois plus rien.

À la fin de cette journée-là, tu m’as perdue. Si tu voulais être mon père, tu n’avais qu’à l’être quand c’était le temps. J’ai 31 ans. Tu avais 31 ans pour être mon père. J’ai couru après toi trop longtemps. Tu ne peux pas espérer réintégrer ma vie en claquant des doigts.

Tu pourrais me demander ce que je veux de plus que des excuses. Rien. Un jour, tu vas mourir et je vais regretter que nos choses ne se soient pas arrangé. Je sais ça. Mais, rien ne peut arranger ce que tu nous a fait, ton absence ni le fait que tu boives. Rien ne peut racheter que A. boit aussi et que moi je suis complètement fuckée.

Est-ce que ça fait du bien d’écrire ces choses-là ? Oui. Je crois.