Legacy

J’aimerais léguer les choses suivantes à ma future fille ou mon futur garçon. Il y a sûrement des choses qui se recoupent :

  1. L’importance d’une bonne santé financière. Payer ses dettes avant de mettre de l’argent de côté, planifier le règlement des comptes en fonction des paies, mettre un petit peu d’argent au cas où, que payer ses comptes et l’épicerie c’est une richesse parce que tu mets l’argent où t’en a besoin.
  2. Le respect de son corps. Ne pas laisser les gens te toucher si tu ne veux pas et être capable de le dire, faire de l’exercice chaque semaine vu qu’on vit longtemps, ne pas se priver côté bouffe mais bien manger quand même, que la sexualité n’est pas sale et qu’elle est bénéfique et très le fun (inclut la masturbation), que tout le monde a un corps et que personne n’est parfait donc il faut aimer ce qu’on a.
  3. L’importance d’une bonne santé mentale. Gérer son stress, diviser les grosses tâches pour qu’elles paraissent moins grosses, se réserver des moments de loisirs pour mieux travailler, avoir du fun, savoir prendre du recul face au jugement des gens et face au travail, ne pas laisser les autres dicter nos émotions ou nos actions, exprimer ses émotions, savoir pleurer pour décompresser, respirer par le ventre, accepter ses limites, savoir laisser aller, reconnaître et accepter ses émotions, reconnaître ses torts et s’excuser, reconnaître avoir besoin d’aide n’est pas un signe de faiblesse.
  4. L’amitié passe presque avant tout et en amitié comme en amour… Savoir choisir ses amis et ses amoureux, reconnaître les bons coups, être capable de reconnaître les drapeaux rouges, savoir communiquer sans crier ni frapper, savoir quand lâcher prise, être capable d’être là pour les autres en écoutant et en posant des questions sans chercher à réparer ce qui nous semble brisé mais qui ne l’est pas, savoir exprimer ses besoins, savoir quand partir…
  5. Cuisiner ! Entre autres, comment suivre une recette et quand improviser, l’hygiène dans la cuisine.
  6. C’est bien d’être inquiet pour certaines choses, mais c’est pas nécessaire de virer fou.
  7. Si on ne réussit pas du premier coup, réessayer en gardant en tête que si tu fais toujours les choses de la même façon en espérant des résultats différents, c’est pas logique. Ça marche avec tout. Quand il se passe toujours la même chose, qu’il y a des patterns, il est temps de changer de chemin !
  8. Ça donne rien de chiâler pendant cent ans. Si tu es insatisfait, change les choses.
  9. Personne ne lit dans tes pensées, exprime-toi.
  10. Les adultes ne sont pas des super héros, ils sont humains. Ils font des erreurs. Les adultes tombent amoureux aussi, ils ont de la peine aussi, ils méritent une vie à part de leurs enfants.
  11. Les dents ne sont pas faites que pour mordre, il faut aussi sourire.
  12. Qui pense peu se trompe beaucoup.

Et bien d’autres !

I can do it by myself

My mom once told me that I was already saying it when I was 2 years-old : chus capable toute seule. Je suis capable de le faire toute seule. I can do it on my own. It could be by myself or alone.

I didn’t ask for help when it was time to go to the doctor’s, the psychiatrist or the psychologist. I didn’t ask for help when it was time to shop for home insurance, for clothes, for a gym membership. I didn’t ask for help when it was time to go job hunting, to prepare for interviews, to go to the library, to go to work or school at -40 celsius, to apply for a loan. I didn’t ask for help when it was time to go to the police, to court, to the hospital for operations. And if I had had my say in it, I would have gone alone to the abortion clinic.

I didn’t ask for help. The one time I tried, I was 19 and couldn’t stop crying. My boyfriend had dumped me and I was hysterical. Don’t think shy wallflower shedding a few tears silently. Think massive hysteria, sobbing, dropping to the floor, screaming, head pounding on the wall. I’m not exaggerating. I called a suicidal helpline. I wa sin distress, I wanted to kill myself (seriously). The woman clearly thought I was exaggerating and asked me how much time we had been together. When I told her two years, she said « oh ». As in « ah, I thought it might be two weeks ». Anyway, I learned my lesson. If you couldn’t get help from people on the phone, who were there for it, might as well do it on my own. As usual.

I can do it on my own. That’s all there is to it. And if it’s something I hate doing like taxes, I pay someone to do it and I don’t need to befriend the person, I don,t need a relationship. I just make a request, fill forms, pay and voilà. It is as lonely as it seems but I didn’t see it this way until…never. I see it now but I don’t feel lonely.

However, I have learned that people around me want me to ask for their help. They want to feel useful, needed. They want to be there. And I’m so damn independent. I push them away.

I’m not a feeble woman and I’m an adult. Why would I ask for help ? I’m intelligent, resourceful, strong.

I don’t want help carrying my bags, to open the door, to get that plate on a high shelf. But I say yes when my boyfriend wants to do it for me. It makes him feel needed and he feels good.

The best example of what I learned about all of this is when it’s time to look at my bobo, to change the dressing or to get my socks on. My bobo is on my backside. I can use the mirror, I can stretch to change my dressing myself and I can put my socks on myself even if it takes 5 minutes. But my boyfriend can help me and everything takes less time, it’s less painful. To change my dressing, I just have to lie there while he does it. And he’s so gentle, I don’t feel a thing.

I feel relieved to have someone there for me even if I have to ask for help. I feel a bit disconcerted too. I still don’t feel like I need help. But my boyfriend smiles and is proud to be the one I ask pancakes from, to be the one that helps me with my bobo, my socks, my bags.

And the reason why I started asking for help is that I have friends who never requested my help or didn’t call with worries. I want to be there for them and I felt I wasn’t allowed to be the best friend I could be. I relaized it’s what I had been doing so I decided to change things.

Vagina Warrior moi aussi

Septembre 2007

Depuis que j’ai lu les Monologues du Vagin, ma vie n’est plus pareille.

J’avais déjà les yeux ouverts sur la violence faite aux femmes. Mais, pas sur la violence qu’on se fait. Que dire sur la violence faite aux femmes par l’humanité qui laisse continuer la boucherie physique et émotionnelle ?

Avoir un vagin donne un pouvoir sur l’humanité. La majorité des femmes sont inconscientes de ce pouvoir qu’elles ont, le plus puissant des pouvoirs : créer la vie ou la refuser. Les hommes savent très bien que les femmes créent la vie. Et la violence faite aux femmes dans le monde c’est du sexisme ? du racisme ? un génocide ?
On a étendu le silence sur le vagin tout-puissant en rendant ce mot tabou. Dans certains pays, on pratique l’ablation du clitoris. Le plaisir est ammoral. Dans d’autres cultures, on recouvre les femmes. Les femmes sont sales. Elles sont des objets. Y a-t-il un pays dans lequel il n’y a pas de trafic sexuel ? Partout, les femmes sont battues, violées et tuées.

Le but de cette violence ? Faire taire ce pouvoir, réduire à néant l’indépendance des femmes, les humilier, rendre impossible aux femmes leur développement personnel et social parmi les hommes. Les hommes ont peur des femmes. Ils savent qu’elles sont supérieures. Pas en tout, mais ils savent qu’elles créent la vie. Sans les femmes, aucune vie n’est possible.

Ici, au Québec, tant que la femme n’est pas attaquée, la police ne fait rien. Et lorsque la femme porte plainte pour viol, la femme doit avoir des preuves de son viol : rape kit, des photos, du linge, etc.

Qu’est-ce que j’ai fait pour mériter de me faire violer, moi ?
Hum, j’habitais avec lui, un gars que je considérais un ami, à qui je faisais confiance. Je me confiais à lui. Il savait tout de moi. Je savais que je ne lui plaisais pas et si, au début (quand on a appris à se connaître plusieurs mois avant d’habiter ensemble), j’étais attirée parce qu’il me regardait intensément, me donnant l’impression qu’il m’écoutait, je ne l’étais plus. En fait, j’étais mal à l’aise, pétrifiée quand il me touchait et je ne savais pas quoi dire. Je me sentais coupable de ne pas vouloir qu’il me voie alors je le laissais faire. On ne m’a pas appris à dire non et à cette étape de ma vie, j’étais plus que gênée, je ne savais pas qui j’étais, je sortais d’une dépression majeure, je venais de terminer une relation à long terme et mon coeur était en mille miettes.
J’étais également coupable d’être une femme et pas celle qu’il désirait. Il harcelait une collègue de travail qui ne me ressemblait pas du tout. Je n’étais pas elle mais j’étais là.
J’avais un amant et ce n’était pas lui.
J’étais moi dans toute ma force de vie même si j’étais vulnérable. Justement, j’étais vulnérable. Et j’étais la personne idéale sur qui il pouvait exercer son pouvoir.

Le lendemain, je me souviens lui avoir dit que ce ce qu’il m’avait fait était un viol. N’avait-il pas entendu mes protestations ? Il ne m’a pas répondu et je ne lui ai pas parlé pendant un temps. Un jour ? Deux jours ? Je ne sais pas. Mais, j’ai refoulé ce qui s’était passé au point de ne plus me rappeler. Ça a pris des mois avant que je m’avoue à moi-même que j’avais été violée. Avant que je m’en rappelle. J’ai eu un choc. Ça a pris des années avant que je sois capable d’en parler et de savoir quand est-ce que c’est arrivé : le premier mois du déménagement. Pas des mois après comme je pensais.

Je ne me rappelle toujours pas de tout ce qui s’est passé. Mais , la police n’a pas aidé. Ils l’ont plutôt aidé, lui, à s’en tirer en croyant son histoire malgré ses antécédents à lui. Ils n’ont eu aucune sympathie, aucune compassion ni aucune empathie pour moi.

Qu’ai-je fait pour mériter mon viol ?
Ai-je porté des vêtements sexy ? Des p’tites jupes courtes ? Des camisoles à froufrou ? Non.
Est-ce que je « savais » l’effet que je faisais sur lui ? Non. Il ne m’aimait pas, il n’était pas attiré par moi et je n’étais pas son genre.
Est-ce que je l’ai accusé de viol parce qu’on a couché ensemble et que je n’ai pas aimé ça ? Si c’était le cas, j’accuserais de viol tous les gars avec qui j’ai baisé une fois sur je sais pas combien. Dans la vraie vie (en-dehors des films porno) l’orgasme est rarement au rendez-vous et la liste d’épicerie l’est pas mal plus.
Je lui ai fait confiance. J’ai été son amie et j’ai dormi avec lui comme avec un frère. Je me suis confiée à lui et lui ai raconté mes journées. J’ai pris sa défense quand les filles de la job ont commencé à dire qu’elles étaient mal à l’aise avec lui. Puis, j’ai été au milieu du débat essayant de faire la médiatrice. Finalement, j’ai créé un groupe pour permettre aux filles de s’exprimer sur le harcèlement qu’elles subissaient.

Qu’ai-je fait pour mériter mon viol ?
J’ai été incapable de dire non à quelqu’un que je connais. J’ai été incapable de frapper, de crier et de mordre un homme que je considérais un ami, un frère, un collègue, un coloc.
J’ai réagi comme d’habitude.
Pourquoi ?
Parce qu’on m’a appris à me méfier des inconnus mais pas des gens que je connais.
Parce que j’avais peur de faire mal aux gens que je connais.
Parce qu’on m’a appris à être fine, à endurer en silence, à ne pas déplaire.
Parce que chez moi, on m’a appris que c’est normal de se faire toucher quand on veut pas, de se faire frapper par du monde qui nous aiment et qu’on aime et que je ne dois pas écouter mon sixième sens. Je ne dois pas réagir et je dois devenir invisible quand on devient violent avec moi comme ça, ça va s’en aller vite vite vite…

Parce que je ne pouvais pas croire qu’il me faisait ça et j’essayais tellement fort de croire que ça n’arrivait pas. Pas lui, pas mon ami.
Ça n’arrivait pas, je n’étais pas là, j’étais ailleurs. Loin dans ma tête.
Parce que je ne voulais pas croire que ça arrivait encore une fois, parce que je pensais que j’allais devenir folle…

Les Monologues du vagin ont changé ma vie parce que j’ai toujours su qu’Il était là, mon vagin. Je l’entends. Et je me suis demandé à mon tour…
Qu’est-ce qu’il porterait ? Un boa en plume rose et une mitraillette
Qu’est-ce qu’il dirait ? Respecte-moi quand je dis non. Avec n’importe quels mots, Non c’est Non, laisse-moi tranquille.