La magie de Madame Giroux


Dans mon tiroir de bureau, j’ai des boules Lindt. J’adore le chocolat à la menthe. Depuis tout à l’heure, le goût des boules à la menthe reste dans ma bouche et fait remonter des souvenirs.

Quand j’étais petite, ma mère m’amenait chez Madame Giroux après l’école. Des fois. Si j’étais fine. J’aimais tellement ça ! On passait par un tunnel sous la terre, de la quincaillerie B****** au petit resto de Madame Giroux. Je me rappelle des tabourets qui tournent. Je faisais capoter mon père à me faire aller sur le tabouret. Dans le temps, je trouvais que c’était plein de vieilles personnes et je trouve que c,est encore comme ça !

Quand j’étais au cégep, j’étudiais en Arts plastiques. Je n’avais pas beaucoup d’argent, je devais acheter des revues pour mes cours, j’avais des trous à mon horaire entre mes cours…je me ramassais donc chez Madame Giroux. À ce moment-là, Madame Giroux s’appelait juste Giroux et était sur la rue poutpoutpout. Fini le tunnel, la quincaillerie et la librairie. On y accédait par la rue comme pour n’importe quel magasin. C’est encore comme ça.

J’aimais ça choisir mes revues, commander ma sandwich aux oeufs sur pain blanc, un verre de lait et un biscuit et passer mon temps à lire. J’aimais ça me payer la traite en achetant du chocolat Lindt. C’était le seul endroit où ils en vendaient en ville. C’était tranquille et vieux.

Ça n’a pas changé. Ils ont un million de revues, des chocolats, un long comptoir avec des tabourets qui tournent. Mais, ils n’ont plus de biscuits. Je pense même qu’on ne peut plus manger là. Il y a encore du café.

Pour moi, aller chez Madame Giroux (décédée il y a quelques années dans sa jeune quatre-vingt dizaines) c’est un pélerinage. Bien sûr, maintenant, plus personne ne se rappelle de moi. Mais c’est pas grave. Entrer là, c’est comme un rêve.

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