Dear John final au Troll


Le Troll,

Voilà, je te rends ces livres. Tu pourras les revendre ou faire ce que tu veux avec. Je te dois plus de vérités que je t’en ai écrit, hier.

Tout le temps que je t’ai connu, j’ai senti que je n’aurais rien pu dire ou faire pour changer quoi que ce soit à ton état. Ta rancœur, ta colère et ta peine étaient déjà tout là avant que j’ai passé du temps avec L’Autre. J’en ressentais déjà des effets dans le mépris, le manque d’écoute et la jalousie dont tu faisais preuve avec moi. Nous n’avons partagé aucune réelle intimité et je n’ai vu aucune preuve de respect de ta part. J’ai été humiliée régulièrement devant les gens par toi avec tes remarques stupides.

Je te remet tes émotions, tes cadeaux coupables, tes fausses excuses. Ce n’est pas à moi que sont destinés tes émotions alors je ne les accepte plus. Puisque tu ne te respecte pas et que tu ne me respecte pas, j’ai décidé de ne plus te respecter. Tu ne le méritais pas.

Éventuellement, l’amitié devient impossible dans un climat comme celui que tu as créé : pas d’écoute, pas de partage, du mépris, du jugement en masse. Ce n’est pas moi que tu aimais, ce sont les débats que tu créais pour me faire pomper et susciter mes réactions. Des réactions que j’ai fini par me tanner d’avoir. Mes vrais amis ne me traitent pas comme ça et je ne les traitent pas comme ça non plus. Je t’ai laissé seul dans la forteresse que tu t’es créé. Seul avec tes émotions négatives, tes croyances stériles et je m’en sens mieux.

L’Autre, c’était pour MOI. Parce que j’ai le droit de tenter ma chance. J’ai le droit d’aimer. J’ai le droit d’être aimée en retour. C’est ma vie. Tu n’y a aucune place. Et si une relation avait été possible, j’aurais continué de le voir. Parce que je dis « oui » à qui je veux et quand je veux de la même façon que je dis « non » à qui je veux, quand je le veux.

J’avais beau me sentir mal face à ce qu’on s’était dit, en rapport à la façon dont tu m’as traitée, en regard de notre relation qui n’existait plus, toi et moi c’était plus que fini et pour toujours. Je ne regrette rien. J’ai été claire avec L’Autre et avec toi que je ne reviendrais pas à la librairie et que je ne voulais plus te voir. Étrangement, L’Autre pense que tu en reviendras et que de te le dire me permettra de revenir à la librairie. C’est mal me connaître. Et mal te connaître.

J’en ai assez d’être ton ex. J’en ai assez de passer à la librairie et de devoir faire semblant d’être contente de te voir alors que j’attends ta prochaine attaque. C’était donc final. Je préfère aller ailleurs et être tranquille. Et que tu sois tranquille. Et L’Autre, je le verrais seulement en-dehors de la librairie, pas en-dedans alors c’est fini aussi.

Je comprends que tu sois fâché d’avoir foutu en l’air l’atmosphère de la librairie. Non seulement tu as brisé la règle « Don’t fuck with the payroll » en sortant avec une cliente toi-même, mais cette même cliente s’est fait faire des avances par ton associé alors qu’elle était employée par vous deux. Puis, quand elle a arrêté de travailler à la librairie et qu’elle a arrêté de BAISER avec toi et qu’elle avait totalement fini ses relations avec toi et qu’elle ne t’aimais plus parce que tu es un goujat, elle a finalement accepté les avances de l’autre, qui a aussi brisé la règle donc. Même si la cliente et l’associé n’ont techniquement pas baisé ensemble. En plus, la cliente est partie pour toujours. Alors tu t’emmerdes, t’as plus personne avec qui jouer et tu fais chier tout le monde et ton associé s’ennuie.

Ouf. Pas facile hein. Au lieu d’être fâché avec lui c’est tellement plus facile d’être fâché avec moi. Au moins, on travaille pus ensemble. Je sais comment tu te sens. Mais, ça ne m’appartiens pas. Rien de ce que tu ressens depuis qu’on a été ensemble, aucun de tes problèmes ne m’appartiens. Je ne peux rien régler pour toi, je ne peux rien changer. Puisque tu ne veux rien faire, que tu crois que tu n’as rien à faire, que tu es « correct », je te laisse avec tes dépendances, tes émotions négatives, drapé dans ta mentalité « J’ai toujours raison et tu as toujours tort » et c’est tout. Je ne peux rien faire.

C’était la vérité. La grosse vérité. J’ai fait ma malle et je t’ai laissé encore et toujours. Tu n’as rien changé avant pendant ni après. J’ai arrêté d’avoir quelques émotions pour toi, j’ai décidé de voir L’Autre. Point. That’s it. Je ne me sens pas mal, je ne regrette rien. Je vis.